Vie professionnelle

JA - Canton de Lapoutroie/Sainte-Marie-aux-Mines

Ferme ouverte sur l’agriculture de montagne

Publié le 22/08/2019

La ferme Desaga à Lapoutroie ouvre ses portes ce dimanche 25 août. C’est l’occasion de découvrir les spécificités de l’agriculture de montagne. Cyril Desaga et son futur associé Antoine Baradel seront présents pour expliquer leur système de travail.

Située au-dessus de Lapoutroie, à 730 mètres d’altitude, cette exploitation laitière familiale transforme 100 % de sa production. Cyril Desaga, 34 ans, s’est installé en septembre 2009. Il est la quatrième génération à s’occuper de la ferme. L’année passée, il a transformé 300 000 litres de lait, soit 38 tonnes de fromage. Une partie est vendue à une entreprise à Wittenheim. Une autre est transformée en tomme et en blanc Munster que l’exploitation affine et commercialise. Le cheptel est composé d’une quarantaine de vaches de deux races, Holstein et Montbéliarde, et des croisées des deux races. « Historiquement, nous n’avions que des Holstein. Mais, je vais passer le troupeau exclusivement en Montbéliarde à l’avenir car c’est une race plus facile à valoriser tant pour la suite que pour les veaux. Et j’ai personnellement de l’affection pour la vache Montbéliarde. C’est un argument supplémentaire », sourit Cyril Desaga. L’exploitant est seul sur l’exploitation même s’il est toujours aidé par ses parents retraités et par un apprenti, Antoine Baradel, son futur associé (voir encadré). L’éleveur travaille sur soixante hectares. Ce sont exclusivement des prairies naturelles situées autour de l’exploitation. « La parcelle la plus éloignée est à six kilomètres. Nous avons aussi des pâtures sur Sainte-Marie-aux-Mines sur quinze hectares où nous mettons les génisses. Un exploitant s’est arrêté il y a une dizaine d’années. Nous avons eu l’opportunité de louer ses terrains. Daniel Obliger et ses fils ont accepté de s’en occuper et de rester sur place », précise Cyril Desaga. Animer le canton Après une première expérience en 2011, Cyril Desaga a accepté d’ouvrir une seconde fois son exploitation pour une ferme ouverte qui devrait attirer du monde. « J’ai été président des Jeunes agriculteurs du canton de Lapoutroie/Sainte-Marie-aux-Mines jusque très récemment, et ce depuis 2014. Désormais, je suis vice-président de la FDSEA Montagne pour le canton. C’est Julien Baradel (frère de son futur associé Antoine) qui lui a succédé à la présidence des JA. « Cette ferme ouverte, c’est l’occasion de parler de l’agriculture de montagne, de communiquer, de montrer notre savoir-faire et encore d’animer le monde rural. C’est l’occasion de faire découvrir l’exploitation. Il y aura également un marché paysan avec des producteurs du secteur. Bien évidemment, il sera possible de déjeuner sur place avec des grillades. Nous voulons pérenniser le dynamisme actuel de la montagne impulsé par les jeunes agriculteurs », poursuit Cyril Desaga. Car, même s’il est difficile d’exploiter dans ce parcellaire accidenté et ces terrains en pente, l’ex-président des JA comptait il y a encore cinq ans 115 exploitations environ sur les dix communes du canton. « Pour pérenniser nos exploitations, nous multiplions les animations. Cette année, dans le cadre de l’opération « Tellus », nous sommes intervenus à l’école d’Orbey avec ensuite une soirée tarte flambée chez Ange Loing à Hachimette. Nous avons également effectué quatre interventions avec le périscolaire de Lapoutroie sur quatre types d’exploitations. L’idée était de montrer aux enfants la diversité de ce que l’on peut faire en agriculture de montagne. Nous avons également organisé une ferme ouverte à la fonderie à Sainte-Marie-aux-Mines, tenu un stand à la fête du Munster à Lapoutroie et participé à des actions syndicales, ici en montagne et ailleurs dans le département. Nous essayons d’être représentés à chaque fois », précise en conclusion le nouveau président des JA du canton, Julien Baradel.

Publié le 09/08/2019

Les JA du canton Sierentz/Huningue ont profité de la trêve hivernale pour préparer la plus grande fête agricole en plein air du département : la finale de labour. Rendez-vous incontournable de l’été, la Fête de l’Agriculture aura lieu le dimanche 18 août prochain à Dietwiller.

Sur près de 32 hectares, cet évènement proposera au grand public une véritable immersion dans les coulisses de l’agriculture locale, au travers de nombreuses animations pour petits et grands. Les visiteurs pourront se perdre dans un labyrinthe de maïs géant, tout en découvrant tous les secrets de cette belle plante et de sa production. Ils assisteront également à des animations thématiques sur les céréales dans notre quotidien, l’irrigation et la valorisation des déchets. Les plus courageux pourront se défier au lancer de bottes de paille ! Les JA ont également prévu un petit saut dans le passé, à travers une exposition de tracteurs anciens mais aussi avec des démonstrations de labour à cheval. Le quartier des Organismes professionnels agricoles (OPA) regroupera une dizaine de stands d’entreprises ayant un lien avec le domaine agricole. C’est un lieu privilégié pour les échanges entre les professionnels et le grand public. Au travers d’une exposition de matériel agricole, les visiteurs admireront les tracteurs les plus récents et pourront découvrir toute la technologie qui se cache dans les machines agricoles. Les enfants ne seront pas en reste puisque les JA leur ont préparé de nombreux jeux comme des structures gonflables et un circuit en tracteurs à pédales. Ils pourront faire connaissance avec les animaux d’élevage, regroupés dans une mini-ferme. Une ferme pédagogique sera également présente et proposera de nombreuses activités pour découvrir la vie à la ferme, les animaux et les cultures. Enfin, pour mettre en avant la qualité de leur terroir, les JA serviront des repas 100 % locaux et inviteront les visiteurs à découvrir les produits alsaciens dans leur marché du terroir. Le midi, les JA vous proposeront ainsi de déguster un bon cochon à la broche (menu à 14 €, avec frites, crudités et yaourt fermier). Réservation obligatoire au 03 89 22 28 25 ou sur le site des JA68. Sur place, vous pourrez commander grillades, échine, sandwichs et frites, sans réservation. Cette manifestation accueillera également la 66e finale départementale de labour, temps fort de la profession agricole. Elle rassemble chaque année une vingtaine de concurrents et fait rimer expertise avec dextérité. Véritable vitrine du savoir-faire des agriculteurs alsaciens, cette finale départementale de labour est un évènement à ne louper sous aucun prétexte !   Souvenirs de l'édition 2015    

Filière forêt-bois

La forêt en urgence sanitaire

Publié le 08/08/2019

Touchée par les sécheresses à répétition, la forêt a subi de plein fouet les deux dernières canicules de cet été qui ont entraîné des dégâts visibles dans le paysage. La forêt haut-rhinoise est même considérée comme en « urgence sanitaire ». Localement, on tente de trouver des solutions. Le président de la Région Grand Est, Jean Rottner, a rencontré le 31 juillet, les élus de la région de Masevaux pour échanger sur ce phénomène inquiétant.

Le dépérissement de la forêt est en cours. La couleur rouge devient omniprésente. Ces constats viennent de nombreux observateurs d’une forêt qui brûle. « Nous sommes vraiment très inquiets. Il s’agit de notre patrimoine, de notre cadre de vie. Mais également de questions environnementales et économiques. On a tout d’abord évoqué les problèmes des maladies du bois avec les scolytes. Il y a ensuite eu ces canicules et cette sécheresse. Nous nous interrogeons sur un possible phénomène de pollution atmosphérique. Il y a un gros problème, c’est une certitude. » C’est en ces termes que Laurent Lerch, maire de Masevaux-Niederbruck, a ouvert la réunion qui s’est dérouéle en présence d’élus locaux, de conseillers régionaux et de représentants de l’Office national des forêts (ONF) et de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).     L’image est en effet frappante. En visitant, notamment, le col du Schirm, les sapins rougis occupent de plus en plus d’espace au milieu de la forêt. « Je suis attristé par cette situation dans cette vallée qui est ma vallée d’origine. C’est pourquoi je suis venu rencontrer les élus, scientifiques et techniciens. Pour évoquer des solutions et répondre aux enjeux économiques et de développement durable », explique le président de la Région Grand Est, Jean Rottner. La conséquence économique de la mortalité des sapins ? La commune de Masevaux-Niederbruck craint de devoir emprunter au budget principal pour abonder le budget forêt. « Les coûts d’entretien, mais aussi les frais d’exploitation seront plus importants pour couper le bois sec, qui ne nous rapporte rien en comparaison du bois frais », déplore Raymond Trommenschlager, l’adjoint au maire de Masevaux chargé des finances. Il appréhende de voir fondre comme neige au soleil les 120 000 € de recettes annuelles que représente la forêt pour la commune. Le problème des sangliers Pour tenter de trouver des solutions à ce phénomène qui se prolonge, le maire de Masevaux a fait appel à l’Inra. « L’objectif est de mettre en place une expérimentation. Il faut tester et diversifier. On pourrait sélectionner des essences de sapins qui ne sont pas natives d’ici et les planter. Il faut aller vite. On va d’abord tester le reboisement par îlots, puis nous ferons d’autres expériences », précise le directeur de recherche, Laurent Saint-André. Sachant qu’un « site atelier » pour replanter en îlot coûte 200 000 €. « La Région accorde des aides spécifiques pour les scieries et la replantation, qui peuvent monter jusqu’à 40 %. Mais j’ai le sentiment qu’il faut aller plus loin. Nous pourrions débloquer de nouvelles aides cet automne, à condition qu’elles soient adaptées aux besoins », prévient Jean Rottner. « Nous sommes prêts à ce que Masevaux devienne ce laboratoire, ce territoire d’expérimentations. Nous avons pris un peu d’avance et j’espère que notre vallée servira à d’autres, également concernées par ce phénomène », réagit Laurent Lerch. Un travail d’autant plus immense que ce problème est européen. Plus de 80 millions de m3 d'épicéas sont touchés sur tout le continent. Et l’Allemagne est encore plus impactée sur les résineux. « Au niveau commercial, deux années de récolte sont arrivées en six mois. Il y a saturation du marché. Ici en France, mais aussi dans des pays comme l’Allemagne et l’Autriche. La plupart des arbres n’ont même plus d’écorce. Le bois est difficilement vendable », constate l’ONF. Préserver la filière bois Tout en gérant le présent, il va falloir adapter les forêts au futur. « Un travail s’impose avec les acteurs de la forêt, chasseurs, pêcheurs, randonneurs. Les sangliers surconsomment en forêt. Et c’est un problème pour les jeunes pousses d’arbres et pour les insectes. Il faut donc contenir cette population. Si on ne permet pas à la nature de se développer, la végétation ne pourra plus s’exprimer et la forêt va continuer de dépérir », prévient Laurent Saint-André. En conclusion, Jean Rottner a proposé aux élus locaux une rencontre plus importante en septembre. « La filière forêt-bois est un modèle d’économie durable que nous devons préserver. Elle est identifiée comme l’une des filières majeures du Grand Est. À ce titre, la Région s’est dotée d’une politique ambitieuse, à travers le contrat de filière bois 2017-2020 qui vise à valoriser une ressource régionale significative et à développer les activités économiques des territoires, notamment ruraux. Nous devons désormais aller plus loin. Surtout après ces canicules et cette sécheresse. Et sachant que ces événements climatiques sont amenés à se répéter de plus en plus souvent. En parallèle, nous soutenons la filière dans la crise du scolyte à travers la mise en place de plusieurs mesures, comme le soutien aux entreprises de transformation du bois pour les inciter à acheter ce bois malade. À la rentrée, nous devrons reparler de tout cela », conclut Jean Rottner.

Pages

Les vidéos