Vie professionnelle

Twitter, Facebook, Instagram

Choisir son réseau

Publié le 04/10/2019

Les agriculteurs, viticulteurs et autres professionnels du monde rural s’engagent sur les réseaux sociaux. Ils défendent leur métier, le valoriser et constituent un réseau d’entraide. Selon l’objectif recherché, il faut savoir choisir son réseau. Portraits…

Sébastien Stoessel : « Une image vaut mille mots ! » Présent sur Facebook, Twitter, Instagram ou encore Snapchat, Sébastien Stoessel, éleveur à Feldbach, est très actif sur les réseaux sociaux. Il tape sur les touches de son portable depuis dix ans. « Au départ, j’étais spécifiquement sur Facebook. C’était en 2009. Je cherchais à découvrir ce réseau social de façon privée. Très rapidement, mes engagements professionnels et mon activité ont fait évoluer mon attitude. Je suis allé sur Twitter et sur Instagram. C’est là que l’on passe des messages. On y trouve également de nombreuses sources d’information », explique-t-il. Dans la quasi-totalité des cas, c’est l’éleveur qui s’exprime. Rarement, le simple citoyen. Il n’hésite pas à publier de courtes vidéos sur son métier ou ses humeurs. « Je suis passionné par mon métier. Je tente de l’exprimer au mieux. Je suis également là pour répondre à nos détracteurs en argumentant mes propos, en les expliquant. C’est devenu un impératif. Je ne cherche pas à convaincre. Je tente simplement d’apporter un autre point de vue. Je montre que ce que je fais sur ma ferme est pertinent. Que cela répond à des enjeux. Que, comme mes collègues, je fais de mon mieux avec les moyens que l’on me donne. » Pour lui, les photos et les vidéos, même courtes, sont bien plus pertinentes que les longs textes. « Une image vaut mille mots ! Elle doit surtout refléter la réalité du terrain. Je suis quelqu’un qui prend tout en photo. Chaque semaine, je dois en publier une quinzaine ». Les réseaux sociaux sont également une source de débats internes à la profession agricole. Il fait partie de groupes d’échanges et de discussions. Sur ce plan-là, les réseaux sociaux sont positifs. En revanche, il y a le côté négatif. « Facebook est un bon exemple. L’arrivée de personnes plus âgées sur le réseau fait qu’elles sont désormais nombreuses à écrire tout et n’importe quoi. Elles s’expriment beaucoup. Cela renforce leur poids car elles sont visibles. Sur Twitter, tu te fais vite rappeler à l’ordre. Sur Facebook, c’est bien plus pervers. » Il se lève sur Twitter chaque matin. Avec les applications qui sont présentes sur son téléphone portable, il pense passer une moyenne de deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Il a pourtant évolué au fil des années. « Je n’écris plus sous le coup de l’émotion. Je ne publie que très rarement des choses privées. Sur Twitter, dès que j’ai une info, j’appelle mes collègues pour les informer ou je la retweete immédiatement. Enfin, Facebook, je l’utilise de moins en moins. Ce sera le premier réseau que je vais quitter », conclut-il. #Actualité du #jour . Encore une #enquête . #FrAgTw @Fragritwittos pic.twitter.com/YnA2sF2uJp — Sébastien Stoessel (@Bachty68) June 5, 2019

Publié le 19/09/2019

Très attendus, les projets d’arrêtés et de décrets sur les zones de non-traitement (ZNT) et les chartes de bon voisinage ont été mis en consultation publique le 9 septembre. Analyse et mode d’emploi.

Le gouvernement était attendu au tournant. Les projets d’arrêtés et décrets sur les zones de non-traitement (ZNT) ont été dévoilés le 9 septembre. Initialement prévue pour octobre, la consultation a été avancée d’un mois, signe que le sujet a pris une importance considérable, avec la multiplication des arrêtés municipaux anti-phytos ces dernières semaines, qui ont fait monter la pression sur l’exécutif. Au grand désarroi des organisations agricoles, le texte fixe unilatéralement des distances de non-traitement. Pour les substances les plus dangereuses, classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques, ainsi que pour les substances considérées comme des « perturbateurs endocriniens », le projet impose une ZNT de 10 m non négociables autour des habitations. Pour les autres produits phytosanitaires, la distance de non-traitement est fixée à 10 m pour le traitement des parties aériennes pour l’arboriculture et la viticulture, les petits fruits, les cultures ornementales de plus de 50 cm, les bananiers et le houblon. Pour les autres cultures, les grandes cultures notamment, le texte impose 5 m de zone de sécurité. [#CP] Le projet d’arrêté encadrant les ZNT (zones de non-traitement) est désormais officiel, avec des obligations qui n’ont été ni concertées ni même évoquées. Le projet d’arrêté est inacceptable ! ➡️ https://t.co/uEpkbEOryp pic.twitter.com/3JcY9JDeX6 — La FNSEA (@FNSEA) September 10, 2019 Marge de manœuvre locale Si on excepte les substances considérées comme dangereuses, les agriculteurs gardent une certaine marge de manœuvre pour définir les distances de non-traitement au niveau local. Celles-ci pourront être en effet « adaptées », grâce aux chartes de bon voisinage, négociées au niveau départemental par les organisations agricoles, les organisations de riverains et les élus. Deux cas de figure sont prévus. Premièrement, lorsque les agriculteurs s’engagent, au sein de la charte, à mettre en place des équipements « anti-dérives » (buses, panneaux récupérateurs, etc.), listés dans une annexe au décret. La charte pourra, dans ce cas, aménager la distance, sans toutefois descendre en deçà de 3 m pour les cultures basses et 5 m pour les cultures hautes. Deuxièmement, si des dispositifs de protection alternatifs « permettant de maîtriser le risque d’exposition » et « d’adapter les conditions d’utilisation » (murs, haies, etc.) sont mis en place, un dossier doit être déposé au ministère de l’Agriculture, qui décidera d’homologuer, ou pas, ce dispositif, après un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans ce cas de figure, aucune distance minimale n’est indiquée, ce qui semble ouvrir la voie à la possibilité de déroger totalement aux ZNT. Charte élaborée par les agriculteurs C’est en tout cas ce qu’affirme le cabinet de Didier Guillaume : « Ce qui est décidé dans la charte prévaudra quoi qu’il arrive, à condition que des mesures alternatives de protection soient mises en place », indique-t-on au ministère. Des propos accueillis avec scepticisme par la profession. « Cette interprétation de l’arrêté n’est pas claire », affirme Christian Durlin, chargé de ces questions à la FNSEA. Contacté pour donner son interprétation de l’arrêté, le ministère de la Transition écologique et solidaire n’a, pour le moment, pas donné suite aux sollicitations de la presse. Le monde agricole garde toutefois globalement la main sur l’élaboration des chartes. Le texte prévoit en effet que les chartes soient « élaborées » par les « organisations syndicales représentatives » ou la « Chambre d’agriculture compétente ». Le projet de charte est ensuite soumis à une « concertation publique », permettant de « recueillir les observations » des riverains, associations et élus locaux. La « synthèse » de ces observations, ainsi que le projet de charte, sont ensuite envoyés au préfet, qui devra se prononcer « dans les trois mois » sur le « caractère adapté des mesures » et leur « conformité aux règles » visant à « garantir les objectifs » de santé publique et de protection de l’environnement. Le préfet peut demander de « remédier aux manquements » dans un délai de maximum de trois mois. Les chartes devront enfin prévoir des « délais d’information préalable » des riverains, avec notamment des « délais de prévenance ». Une relative victoire pour le syndicalisme agricole majoritaire, dans la mesure où le premier projet d’arrêté définissait unilatéralement un délai préalable minimal d’information des riverains de 12 heures avant chaque utilisation de produits phytosanitaires.   Donner son avis : comment ça marche ? Rendez-vous sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire En bas de la page, cliquez sur « Déposez votre commentaire ». Vous avez jusqu’au 1er octobre pour vous exprimer.   Vu sur le net La commune de #chevrycossigny veux m’interdire de cultiver mes terres en bon père de famille. N’est ce pas la ville qui se rapproche et grignote les terres. #ZNT #fdsea77 #ja pic.twitter.com/2KL7UcANum — VDD (@VDD77) September 18, 2019

Publié le 11/09/2019

La campagne de recrutement des lieutenants de louveterie s’achève dans quelques jours. Gros plan sur les missions de ces agents bénévoles assermentés qui sont en place pour cinq ans.

Les agriculteurs victimes de dégâts de sangliers les connaissent bien : les lieutenants de louveterie viennent régulièrement sur le terrain constater les dégâts. Ils prennent contact avec le locataire de chasse concerné et l’enjoignent de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les dégâts. Si le locataire ne tire pas suffisamment d’animaux ou ne met pas en place d’actions dissuasives, ils concourent à déclencher des battues administratives afin de réduire la population de sangliers. De novembre 2018 à avril 2019, 17 battues administratives ont ainsi été ordonnées par le préfet du Bas-Rhin, 12 par le préfet du Haut-Rhin. Elles ont été conduites sous la responsabilité des lieutenants de louveterie et ont abouti au prélèvement de 570 sangliers. Trop peu, diront les agriculteurs. Mais au-delà du nombre, ces battues constituent surtout un rappel à l’ordre pour le locataire de chasse qui ne régule pas le gibier sur son lot. Désiré Jehl, de Hœrdt, achève son deuxième mandat de lieutenant de louveterie. Il est en charge de la circonscription de Haguenau, qui s’étend sur 47 communes, et assure la suppléance sur l’ensemble du Bas-Rhin avec son collègue, Jean-Noël Sontot. Il est candidat à un troisième mandat, qui courra du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2024. Pour être lieutenant de louveterie, il faut être « motivé et disponible » : c’est le cas de Désiré Jehl qui met en avant le côté « passionnant » de sa fonction. Bien sûr, il a parfois l’impression d’être pris « entre le marteau et l’enclume » lorsqu’il fait l’intermédiaire entre un agriculteur excédé et un locataire de chasse qui ne respecte pas ses obligations. Mais son expertise est reconnue puisqu’il conseille l’administration pour la régulation des espèces et qu’il est présent lors des réunions associant maire, agriculteurs et chasseurs pour proposer des solutions aux dégâts de gibier. Il a également qualité pour constater les infractions à la police de la chasse. Du renouvellement dans les rangs Les personnes intéressées ont jusqu’au 15 septembre pour faire parvenir leur candidature à la Direction départementale des territoires (jusqu’au 20 septembre inclus dans le Haut-Rhin). À ce jour, les deux départements alsaciens comptent chacun 17 lieutenants de louveterie, qui se répartissent dans autant de circonscriptions. Certains agents ayant atteint la limite d’âge (75 ans), il y aura du renouvellement, prévoit Jean-Luc Ries, président du groupement des lieutenants de louveterie à l’échelle départementale, régionale et du Grand Est. Dans le Haut-Rhin, quelques places restent à pourvoir, confirme la DDT du Haut-Rhin. Les lieutenants de louveterie sont des bénévoles assermentés, dont la fonction a été instituée par Charlemagne. À l’époque, leur mission consistait à capturer les loups sur le domaine royal, à présenter les peaux et à rechercher, au printemps, les portées et les louveteaux. Ils s’attachent aujourd’hui à maintenir une vie animale compatible avec les activités humaines, la santé publique, l’agriculture et la sylviculture. En Alsace, ce sont les sangliers qui leur donnent le plus de travail, tant ils se sont multipliés ces dernières années. « Il y a 1 200 lots de chasse dans le Bas-Rhin, 460 sont situés dans des secteurs à dégâts », précise Jean-Luc Ries. C’est dans ces lots que les lieutenants de louveterie interviennent prioritairement. Leur intervention peut déboucher sur l’organisation de tirs de nuit (sur arrêté préfectoral), sur la mise en place de clôtures électriques et d’un agrainage de dissuasion, afin de garder les suidés à distance des champs de maïs.

Pages

Les vidéos