Vie professionnelle

Forum Agri Handicap

Atteindre le monde agricole

Publié le 27/11/2019

Le Forum Agri Handicap a réuni des spécialistes de l’insertion professionnelle des personnes handicapées, mardi 12 novembre à Sélestat. Agnès Gerber-Haupert, l’organisatrice, revient sur les objectifs et le bilan de cette première édition.

Organismes de placement de personnes handicapées (Cap emploi, Pôle emploi), gestionnaires d’aides financières (Agefiph, MSA) et employeurs (Ava, ONF) se sont retrouvés mardi 12 novembre pour le premier Forum Agri Handicap. À l’initiative de ce salon : Agnès Gerber-Haupert, directrice d’Action et compétence. Son association gère le service Cap emploi, qui aide les personnes handicapées à trouver un travail adapté à leur situation. Entretien. L’Est Agricole et Viticole/Paysan du Haut-Rhin (EAVPHR) : Quel est le but du Forum Agri Handicap ? Agnès Gerber-Haupert (A G-H) : Avant tout de rapprocher deux mondes : les acteurs de l’insertion professionnelle des personnes handicapées et les agriculteurs. Car c’est un secteur qu’on a du mal à toucher. EAVPHR : Pourquoi ? A G-H : Les préjugés sont encore très ancrés dans l’agriculture. C’est un travail manuel qui peut sembler inapproprié pour des personnes handicapées. Pourtant, 80 % des handicaps sont invisibles. La majorité n’affecte pas la condition physique. En plus, les personnes handicapées sont souvent en reconversion professionnelle (suite à un accident par exemple Ndlr.). Elles disposent déjà d’une bonne expérience du monde du travail et de solides compétences. Et toutes les études montrent qu’elles sont plus motivées qu’un salarié valide.   « 80% des handicaps sont invisibles. La représentation dans les médias est de 0,6% alors qu’il y a 10 millions de personnes handicapées !Les #DuoDay donnent de la visibilité, c’est une superbe initiative. Il faut parler du handicap, et changer le regard. »@scpoenmarche — Sophie Cluzel (@s_cluzel) 6 novembre 2018   EAV : Accéder à une information claire semble aussi poser problème… A G-H : Effectivement. Les entreprises de l’industrie et des services sont plus structurées, mieux informées sur leurs droits et les dispositifs d’accompagnement mis en place. Les agriculteurs peuvent se retrouver un peu seuls par moments. Et cela renforce la défiance vis-à-vis de l’embauche d’employés handicapés. Par exemple, certains employeurs agricoles pensent que les aides financières ne sont destinées qu’aux salariés et pas à l’entreprise. C’est faux. Mais ils ne le savent pas. EAV : Comment comptez-vous les informer davantage ? A G-H : D’abord avec des événements comme le Forum Agri Handicap. Cela met un coup de projecteur sur le sujet. Ces moments permettent aussi d’articuler les compétences entre professionnels. Afin de proposer les meilleures combinaisons d’aides et d’accompagnement possibles. Car on s’est rendu compte que de nombreux acteurs de l’insertion professionnelle ne se connaissent pas. Ensuite, on a créé une vidéo et un guide explicatifs à destination des employeurs. Ils doivent apporter un premier niveau de réponse aux questions que se pose un patron. EAV : Quel bilan tirez-vous de cette première édition ? A G-H : On a enregistré 50 participants dont 20 employeurs. On est très satisfaits car c’est une première et on cible un secteur très spécifique. À l’avenir il faudra peut-être s’adosser à un autre événement professionnel. Afin de toucher encore plus d’employeurs.    

États généraux de la restauration collective

Un vaste potentiel à nourrir sur le Grand Est

Publié le 07/11/2019

Franchir un cap en matière d’approvisionnement local de la restauration collective du Grand Est, c’est l’objectif que se fixent conjointement la Région et la Chambre d’agriculture. États des lieux, témoignages et perspectives lors d’un colloque tenu à Nancy, le 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation.

La restauration collective en région Grand Est, selon les termes d’un recensement non exhaustif des principaux donneurs d’ordre publics, représente un potentiel de « plusieurs dizaines de millions de repas par an ». Or aujourd’hui les filières agricoles ont du mal à franchir un cap pour approvisionner cette cible en produits de proximité. Décortiquer la chaîne de valeur La région Grand Est et la Chambre régionale d’agriculture travaillent de concert pour faire évoluer ce chantier. Elles organisaient des États généraux sur le sujet le 16 octobre à l’Hôtel de ville de Nancy. De nombreux témoins sont venus apporter de l’eau au moulin, à l’occasion de plusieurs tables rondes. « Nous devons organiser et structurer l’offre de proximité et de qualité, introduit Sébastien Loriette, le vice-président de la Chambre régionale. Nous sommes déficitaires sur certains secteurs. » Les assises régionales pour le développement des filières en 2017 ont permis un rapprochement des acteurs qui ne se connaissaient pas. L’élu ardennais refuse d’opposer circuits courts et circuits longs. « La solution n’est pas unique. L’objectif se situe dans un juste retour du prix au producteur, en prenant en compte les éléments de crises sociales, économiques et environnementales. » Des initiatives sont prises dans les territoires autour des établissements scolaires, des intercommunalités ou par l’intermédiaire de micro-plateformes de producteurs locaux. « Malgré cette dynamique, l’intégration des produits issus des circuits de proximité peine à décoller, regrette Pascale Gaillot, la vice-présidente du Conseil régional, en charge de l’agriculture. Jusqu’à 10 % à 20 % du potentiel, vous réussissez à mettre en place des initiatives pérennisées, mais l’ambition est de prétendre à 50 % en 2022. » Pour y parvenir, il s’agit de « décortiquer la chaîne de valeur ». La demande et l’offre locales existent-elles ? Le produit est-il adapté aux exigences de la cantine qui le conditionne ? Qui le réceptionne ? Comment est-il préparé ? Approfondir dans quatre filières Un travail titanesque qui se voit opposer au moins dix freins opérationnels, constate Pascale Gaillot. Pour dépasser ces contraintes, la vice-présidente préconise une approche globale autour de quatre pôles de compétences : l’engagement de la collectivité, le projet collectif de l’établissement, l’organisation des circuits logistiques locaux et la structuration d’une offre locale. « Nous voulons approfondir en investiguant la chaîne de valeur dans quatre filières : la viande, les légumes, le pain et les produits laitiers. » Trois sites seront retenus dans chacune des anciennes régions constitutives du Grand Est, de taille suffisamment conséquente avec des centrales d’achat regroupant plusieurs établissements scolaires. « Nous souhaitons nous donner des clés de cadrage reproductibles dans d’autres territoires : à quel prix sorti de l’exploitation agricole ? À quel prix dans l’assiette de l’enfant ? « Cela reste théorique, nous aurons besoin de vos témoignages pour encadrer la démarche, requiert Pascale Gaillot, la Région n’a pas vocation à remplacer les acteurs, mais à animer le réseau. » Strasbourg dispose d’une longueur d’avance. La démarche de proximité a été lancée dès 2009. « Pas facile avec la réglementation des marchés publics, se remémore Françoise Buffet, adjointe au maire. Nous avons détourné la question en demandant au prestataire de diminuer son impact en termes de gaz à effet de serre de 3 % par an, qui s’additionnent. » Un seuil atteint à Strasbourg L'élue a la chance de cumuler la délégation à l’Agriculture et à l’Education. « L’offre est faible sur nos territoires, nous sommes dans une grande fragilité avec énormément d’agriculteurs doubles actifs. Il nous faut toucher la nouvelle génération. » La ville est propriétaire de 10 % des terres agricoles de son ban, sans bénéficier de sa liberté d’usage. Elle a déboursé 200 000 € pour acquérir 20 hectares. « Il nous faut aider les agriculteurs dans cette transformation, accompagner les jeunes vers ce qu’ils veulent sans en avoir les moyens. » En 2019, Strasbourg a atteint 47 % d’approvisionnement local en volume (+ de 50 % en valeur), dont 30 % en bio. « Mais nous arrivons à un seuil », concède Françoise Buffet. Nancy n’est pas en reste avec 44 % d’approvisionnement local affiché. « Nous serons à 20 % en bio en janvier prochain », précise Romain Pierronnet, adjoint au maire. La cité ducale investit dans « l’éducation alimentaire. Les nouvelles habitudes alimentaires se construisent, les efforts débutent dès la maternelle », insiste le délégué aux écoles. Une médiation est organisée avec les familles, en présence des producteurs. « Il faut sortir de l’image industrielle de la restauration collective, en réhumanisant les rapports », détaille Romain Pierronnet. « Il est possible d’apprivoiser les enfants par rapport aux produits, explique Laurent Miclo, enseignant chercheur à l’Université de Lorraine. On peut les faire cuisiner ; ils imitent volontiers leurs frères ou leurs copains ; une astuce consiste à rendre plus accessibles en libre-service les produits qu’on souhaite qu’ils mangent. » Les tarifs de repas pratiqués varient dans une fourchette de 1 à 6 €, en fonction du revenu des familles, pour un prix de revient inférieur à 8 €. Le responsable nancéien comme sa collègue alsacienne sont attentifs à ne pas supprimer de la valeur aux produits, en refusant par exemple la gratuité.   Jean-Luc Masson

Foire Simon et Jude à Habsheim

De l’étable au podium

Publié le 24/10/2019

Les éleveurs exposants s’activent aux derniers préparatifs. Dans deux jours, la foire Simon et Jude qui sert de cadre au concours interraces de Habsheim ouvre ses portes. Les 27 et 28 octobre, le cœur du Sundgau battra au rythme de celui de ces éleveurs passionnés et de leurs animaux qui concourent.

Un concours de l’envergure de Habsheim suppose une organisation sans faille et des partenaires tous azimuts. Les éleveurs du Syndicat montbéliard du Haut-Rhin et du Club Holstein 68 sont les piliers du concours interdépartemental. Avec l’appui de la Chambre d’agriculture d’Alsace, les éleveurs s’investissent dans la mise en place de la manifestation. Dans le catalogue des animaux, sur les banderoles du ring, à travers les différents stands et les clips vidéo, se retrouvent les nombreux partenaires organisationnels et financiers qui contribuent à mettre en œuvre cet événement annuel.     Mettre en valeur son travail À quelques jours du lancement, les éleveurs s’affairent : ils assurent le montage des structures sous chapiteau, l’acheminement de matériels, fignolent la préparation de leurs animaux, tout en assurant - et c’est là que se mesure la passion - la conduite de leur exploitation. Car la mise en valeur du travail au quotidien de l’éleveur constitue l’essence de ce concours départemental. À l’aide des conseils prodigués par les techniciens, les éleveurs ont réalisé une importante tâche de sélection des animaux et de conduite du troupeau. Les performances zootechniques et la morphologie des sujets viennent récompenser cet investissement. C’est sur les critères morphologiques - aplombs, gabarit, mamelle - que le juge est appelé à réaliser son classement. Mais Simon et Jude, ce n’est pas seulement une compétition. C’est également l’occasion d’échanger, de comparer, de tirer des objectifs pour la conduite future de troupeau et de préparer les animaux pour d’autres concours nationaux et internationaux. Vers la première marche Chaque race est examinée par un juge unique qui classe les animaux par section selon leur conformation. La constitution des sections s’effectue selon le rang de lactations des animaux, puis leur âge. Les sections sont elles-mêmes subdivisées en sous-sections. Dans chaque sous-section, le juge désigne la première et la meilleure mamelle (pour les vaches laitières). Les premières et deuxièmes de section, et les meilleures mamelles, se retrouvent en fin des opérations du jury pour les championnats. Les juges officiant en 2019 sont Bruno Toussaint pour la race holstein et Franck Tournier pour la race montbéliarde. Les juges ont également pour mission de départager les meilleurs présentateurs, chacun pour la race le concernant. Présenter un animal sur un ring est tout un art, auquel des jeunes se sont formés au cours de l’année, sous la conduite de Maxime Springinsfeld et Alexandre Wintzenried. Toutes les techniques apprises seront mises à profit lors du concours du meilleur présentateur. Elles sont nécessaires pour persévérer dans la professionnalisation du concours de Habsheim. Elles sont indispensables pour prétendre à des concours de plus grande envergure, Paris ou Swiss Expo, et c’est bien là une des vocations du concours départemental de Habsheim : être un tremplin vers d’autres concours. Un bel animal augmente ses chances de se classer s’il est bien présenté. Le jugement final La finale est habituellement organisée par le lycée agricole de Rouffach, sous la conduite de Christine Lagel, responsable formations agricoles au Centre de formation d’apprentis de Rouffach, en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Elle rassemble des candidats issus des divers établissements d’enseignement agricole ou agronomique : lycée de Rouffach, CFA de Rouffach, IUT d’agronomie de Colmar. La finale trouve sa place dans la fête de l’élevage, lors d’opérations de pointage qui auront lieu dimanche matin. Une présélection a retenu 20 candidats, 10 par race. Ils doivent pointer deux animaux de la race pour laquelle ils ont été retenus. Les vainqueurs auront l’honneur de représenter l’élevage départemental lors de la finale nationale, au prochain Salon international de l’agriculture à Paris. Les prix des trois premiers par race seront remis sur le ring dimanche 27 octobre à 11 h 45. Après les adultes confirmés, les jeunes… place aux enfants. Le métier d’éleveur, ça commence tout petit : les plus petits défileront avec leur veau dimanche et lundi, et se prêteront au jeu des questions d’Armand Mathieu, notre Jacques Martin régional. Pour tout renseignement complémentaire, contacter le service élevage : Nathalie Buchholz, tél. 03 89 20 97 60, n.buchholz@alsace.chambagri.fr Isabelle Hofstetter, tél. 06 23 59 97 74, i.hofstetter@alsace.chambagri.fr

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