Vie professionnelle

Publié le 20/12/2019

Médiateur animal est un métier nouveau* en France. Découverte, à Ehnwihr, avec Stéphanie De Sousa, médiatrice animale pour l’association À portée de crins, et les jeunes autistes et leurs éducateurs de l’IMPro du Ried Don Bosco.

« Ramenez une balle bleue », commande Stéphanie De Sousa. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha, s’activent. Les six adolescents de 15 à 20 ans fréquentent le service d’accueil des jeunes autistes (Saja) de l’IMPro du Ried (Institut médico-professionnel), à Huttenheim. Depuis deux ans et demi, ils viennent une fois par semaine, pour une séance d’une heure à La Ferme du pays d’eaux, à Ehnwihr (Muttersholtz). Là, Stéphanie De Sousa les accueille en tant que médiatrice animale pour l’association À portée de crins. Les jeunes ne cherchent pas les balles bleues seuls… Mais avec des poneys et des ânes, qu’ils tiennent au licol. Chaque binôme marche vers l’un des seaux disposés aux quatre coins du paddock, dans lesquels sont mélangées des balles de couleurs vives. Les ados piochent chacun une balle bleue et l’amènent à Stéphanie, qui enchaîne les consignes… de plus en plus vite, pour stimuler la troupe, doper le jeu, quitte à ce que l’un ou l’autre soit momentanément largué. « Promenez-vous », annonce la médiatrice animale. Exercices et pure détente Justine et Mathieu, les éducateurs qui accompagnent le groupe, veillent, avec Stéphanie, à ce que les jeunes s’approprient tout l’espace. L’objectif pour ce groupe d’ados, parmi les plus indépendants des autistes que reçoit Stéphanie, est d’acquérir un maximum d’autonomie tout en prenant les autres en considération. Justine et Mathieu constatent les progrès réalisés par les jeunes : « Ils se sont ouverts. Ils sont de plus en plus à l’aise avec les animaux, plus enclins à collaborer, à communiquer, à se déplacer en faisant attention aux autres… et aux consignes ! » Stéphanie interrompt : « On suit Mathis sur le parcours ». Chef de file, Mathis avance fièrement sur le pont de bois, à une extrémité de la carrière, suivi de ses camarades… sauf un. On répète la directive pour lui. Puis les jeunes rentrent les animaux à l’étable. Ils troquent les poneys pour des moutons. Là, les jeunes doivent les nourrir. Félicien qui a les granulés se tient à l’écart pour éviter l’émeute. La météo est bonne, en ce début de mois de décembre. Moment de pure détente, au soleil, dans cette carrière bordée de prairies. Non loin coule une rivière. Le couple d’oies de la ferme s’approche du paddock, confiantes. « Comme on dit, les oies sont de retour », s’amuse Marie. « Un jour, on a même pu les caresser », se souvient Mathieu. Mathis, d’ailleurs, a « un truc » avec elles. C’est aussi que tous les animaux de Stéphanie sont élevés pour trouver le contact humain « sympa », précise la médiatrice. Mettre en confiance et garantir la liberté de tous, telles sont les missions de Stéphanie. Dépasser ses phobies, un blocage, s’intégrer dans un groupe. La médiatrice animale évalue à chaque fin de séance les progrès ou du moins le maintien des acquis des jeunes autistes pour qui elle a construit un programme, en lien avec les thérapeutes. Communication non verbale Stéphanie fonctionne avec différents ateliers : préparation du nourrissage, brossage et pansage, parcours ludique, jeu de mémoires, moment tactile, observation des comportements des animaux, connaissance des lieux et conditions de vies des différentes espèces. La séance avec le groupe de l’IMPro du Ried se termine par du portage de petits animaux et de l’observation. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha prennent chacun à leur tour l’un des lapins ou l’une des poules à qui ils ont apporté des carottes et des feuilles de chou à leur arrivée à la ferme. Mathis pose sa main sous un lapin et sent battre son cœur. Alexandre porte son rongeur enroulé dans une couverture. Le contact pour lui n’est pas chose aisée. « Il faut faire preuve d’humilité et de patience, souligne Stéphanie. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui le sera peut-être demain. » Laurena est la seule à caresser une poule. « J’ai un pouvoir avec les poules », lâche-t-elle. En effet, l’oiseau est tranquille. Laurena glousse : « les poules sont drôles. J’aime leurs plumes et le bec. Et le bruit qu’elles font ! » Sacha confie qu’il a une préférence pour les chiens et les poneys en liberté. Quand il faut faire claquer le fouet dans les airs pour qu’ils courent. Un vrai cowboy. Stéphanie se réjouit de sa loquacité. « Certains autistes ne parlent pas du tout, rappelle-t-elle. Travailler avec eux a de suite été une évidence. Je sais décrypter le langage corporel et entrer en communication non verbale, une communication accessible, a priori, au plus grand nombre : humains et animaux », explique Stéphanie, hyper attentive à tous. Les jeunes du Saja de l’IMPro du Ried sont parmi les plus bavards qu’accueille Stéphanie. Il n’empêche que détecter les signes de nervosité ou de surstimulation permet de circonscrire disputes et stress. La bande d’ados quitte les lieux dans la bonne humeur.

Gérard Lorber, président de la section d’Erstein

« À nous de savoir ce que nous voulons ! »

Publié le 18/12/2019

Président de la section d’Erstein de Cristal Union, Gérard Lorber en appelle à la responsabilité des planteurs pour pérenniser l’outil industriel d’Erstein et, au-delà, toute une filière construite et maîtrisée, qui contribue à la diversité des productions alsaciennes, et à la sécurisation du revenu des agriculteurs.

Pour Gérard Lorber, président de la section d’Erstein, les racines de la baisse d’intérêt des planteurs pour la betterave sont à chercher dans deux années sanitairement compliquées, et un contexte économique difficile. Il évoque le plan de restructuration mené par Cristal Union l’année dernière qui a « jeté une onde négative » dans l’esprit des planteurs. Ainsi que le résultat négatif du groupe, qui a pu engendrer des craintes quant à la solidité de son capital. Lui se veut confiant en l’avenir. « Les crises commencent et s’arrêtent. La cercosporiose est déjà mieux maîtrisée, le point bas de la crise du marché du sucre est passé… » Pour lui, cette désaffection n’a pas lieu d’être. « La filière betteravière existe et elle est structurée. Tout est maîtrisé, du semis à l’usine grâce notamment à des entrepreneurs de travaux agricoles équipés pour le bâchage, la récolte, et à des techniciens qualifiés, qui ont une réelle expertise, doublée d’une grande réactivité. » Autres atouts des planteurs alsaciens : leur niveau de technicité élevé, des terres propices, l’accès à l’irrigation… Autant d’éléments qui font de l’Alsace un bassin betteravier propice à l’obtention de rendements stables malgré les variations climatiques de plus en plus importantes. Enfin, Gérard Lorber met aussi en avant le bassin de consommation important que représente l’Alsace. Avec des industries alimentaires qui utilisent du sucre liquide, une exclusivité d’Erstein, et des particuliers attachés à la marque. Cristal Union s’engage sur des prix compris entre 23 et 25 €/t Si l’Alsace est propice à la betterave, la culture le lui rend bien. Tout simplement parce qu’elle permet de construire des assolements diversifiés, encouragés à la fois par la réglementation et l’agronomie. Rappelons que la lutte contre l’extension de la chrysomèle des racines du maïs passe par l’instauration de mesures rotationnelles pour priver l’insecte de sa ressource trophique favorite : les racines de maïs. Le maintien de la structure est également important pour l’élevage, puisque les pulpes de betterave participent à la sécurisation de la ressource fourragère du cheptel alsacien. Rappelons aussi que, si la fin des quotas s’est traduite par une baisse des cours du sucre et donc de la betterave, Cristal Union s’est engagé à payer les betteraves 23 €/t pour 75 % des betteraves et 25 €/t pour 25 % des betteraves pour les agriculteurs qui ont contractualisé un tonnage et une surface en 2020. Si les surfaces alsaciennes devaient ne pas suffire, Cristal Union n’hésitera pas à aller frapper à la porte des agriculteurs allemands, rappelle Gérard Lorber. « La sucrerie a été construite alors que l’Alsace était allemande. Alors qu’il était impossible de travailler avec les agriculteurs allemands durant la période des quotas, aujourd’hui ce n’est plus le cas. C’est une piste que nous creusons pour solidifier l’outil afin de garantir de meilleures retombées économiques aux producteurs. » Enfin, il évoque l’actualité. Le « green deal » européen vient d’être présenté. Son objectif final ? Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Ses moyens : 25 % du budget de l’Union européenne (UE) devra, à terme, être consacré à la transition écologique. Une orientation de la politique européenne qui peut constituer « une nouvelle opportunité pour l’éthanol et donc pour la betterave », estime Gérard Lorber. Certes, on ne transformera pas Erstein en usine de production d’éthanol. Mais si les autres unités font plus d’éthanol, elles feront moins de sucre. Et cette production pourrait être reportée à Erstein. Il avance un dernier argument : « L’histoire sucrière ne s’arrêtera pas, ni dans le monde, ni en Europe, ni en France. Mais si on ne fait pas attention, elle pourrait s’arrêter en Alsace. Donc à nous de savoir ce que nous voulons ! » Il ne s’agit donc pas de compter uniquement sur des surfaces allemandes pour sauver la sucrerie. Pour Gérard Lorber, il est important que la solution vienne d’Alsace : « Chaque planteur devra faire un effort et augmenter ses surfaces. Il en va de l’avenir de la filière. Une filière qui a surmonté d’autres crises, et qui est toujours vaillante grâce à l’engagement des planteurs. »

Publié le 12/12/2019

Le Cegar (Comptabilité, expertise, gestion agricole et rurale) assure aux adhérents un accompagnement de proximité, personnalisé et de qualité, basé sur une relation de confiance mutuelle. Encadrées par des professionnels de l’expertise comptable, les missions sont variées en termes de prestations et de secteurs géographiques.

L’association de gestion et de comptabilité exerce depuis plus de 28 ans dans la comptabilité, la gestion et le conseil. Elle accompagne aujourd’hui des dossiers pour l’ensemble du monde rural, mais également des artisans, des commerçants, des associations ainsi que des professions libérales. Elle intervient en matière de suivi et d’expertise comptable, de conseil fiscal, juridique et économique, mais aussi dans les domaines du social, de la création d’entreprise, de l’audit, de l’informatique et de la formation. « Nous accompagnons nos adhérents tant dans le suivi de leur comptabilité, que pour les différentes analyses de leurs comptes annuels. Ils bénéficient du conseil fiscal, social et juridique pour la création et la gestion de leur entreprise agricole, viticole et/ou commerciale », explique Christian Rellé, conseiller et responsable de l’antenne du Cegar à Obernai. Comme pour l’antenne d’Hattstatt dans le Haut-Rhin ou au siège à Rouffach, de nombreux dossiers concernent la viticulture. « En raison du développement de l’activité d’Obernai, nous allons déménager au début de l’année 2020 à Bernardswiller dans des locaux plus spacieux. L’antenne compte aujourd’hui neuf salariés et une apprentie. Les assistantes comptables s’occupent de la saisie ou de l’intégration des écritures comptables, du pointage des comptes et de la déclaration de TVA. L’expert-comptable et les conseillers interviennent sur les dossiers pour finaliser les déclarations fiscales de l’entreprise, et surtout pour conseiller et accompagner l’adhérent dans son quotidien et dans les projets d’avenir », ajoute Christian Rellé. À Obernai, le Cegar s’occupe d’environ 260 dossiers. 50 % concernent le milieu viticole. L’association fournit à ses adhérents les logiciels adaptés (Istea, un logiciel de comptabilité agricole commerciale, libérale, associative ; Gescom, un logiciel de gestion commerciale et viticole). Elle assure leur maintenance technique ainsi que l’assistance des utilisateurs. « Nous informons nos adhérents des nouveautés et évolutions réglementaires à travers une newsletter. Pour les employeurs de main-d’œuvre, nous proposons la gestion de fiches de paie de leurs salariés. Nous accompagnons également les adhérents dans toutes les obligations liées à l’embauche (contrats de travail, déclarations sociales) », précise Christian Rellé. Une réflexion est en cours La priorité de l’association se concentre sur le conseil. « Nous menons une réflexion commune avec nos adhérents. Nous ne leur imposons rien. Mais, nous co-construisons leurs dossiers afin qu’ils soient les plus réactifs et efficaces possible. Nous accompagnons celles et ceux qui en font la demande sur des sujets variés tels que le calcul et l’analyse des marges. Nous conseillons nos adhérents pour une optimisation fiscale et sociale en réfléchissant au statut des personnes de la famille. Nous les aidons et les sensibilisons sur le fait de renforcer le statut du conjoint. La réflexion englobe l’ensemble de la famille. L’idée est toujours de valoriser et d’optimiser le budget dépensé, tant au niveau social que fiscal », indique Christian Rellé. Enfin, le Cegar propose à ses adhérents un accompagnement sur la transmission de leur patrimoine en utilisant les outils disponibles pour optimiser la succession. Le Cegar a un appui « extérieur » avec le Ciceva (Centre interprofessionnel conseil à l’entreprise viticole) pour la partie juridique et notamment le conseil en matière de création de société et le suivi des évolutions de la société (changement d’associé, modification de la structure, etc.). Un autre outil important concerne la comptabilité analytique. Elle permet d’affiner le conseil. « Nous analysons les résultats obtenus en distinguant par exemple le prix de revient fiscal et le prix de revient économique », poursuit Christian Rellé. Afin d’améliorer encore davantage ce travail et ce partenariat avec les adhérents, une réflexion est en cours pour créer un groupe de travail viticole dont l’objectif serait d’échanger sur le fonctionnement des uns et des autres. « Nous avons débuté avec un groupe de céréaliers avec une réunion au printemps 2019 sur les résultats de la dernière campagne. Nous avons comparé les résultats économiques, les rendements, les marges, les itinéraires de culture. Si on veut progresser, il faut discuter et échanger en commun. À nous d’impulser cette dynamique dans le milieu agricole et viticole », conclut l’équipe d’Obernai.

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