Vie professionnelle

Publié le 20/02/2020

Diluée dans le Grand Est, l’identité alsacienne avait quelque peu été atténuée ces derniers temps dans ce grand concert des territoires qu’est le salon de l’agriculture. Pour cette édition 2020, l’Alsace est de retour en force avec deux stands dédiés. Premier signe des effets concrets de la Collectivité européenne d’Alsace.

« On avait perdu en lisibilité », reconnaît Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin. « Le stand était noyé dans le Grand Est », indique de son côté Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. « Il y avait une ambition partagée de retrouver enfin l’Alsace au salon de l’agriculture », poursuit-elle. Ce sera fait ! L’Alsace revient en force sur le salon de l’agriculture et donne rendez-vous du 22 février au 1er mars dans le hall 4 sur le stand « TerrAlsace » de 120 m2, et dans le hall 3 sur le stand « Village d’Alsace » au sein du Grand Est. Deux stands donc : le Village d’Alsace, à vocation plutôt commerciale avec ses 13 producteurs, porté par la grande région Grand Est, et TerrAlsace, plus institutionnel, porté par la Chambre d’agriculture Alsace, Alsace destination tourisme, les deux conseils départementaux et la future Collectivité européenne d’Alsace. Les deux stands utilisent la même thématique d’illustration. Où il est question d’identité Pour TerrAlsace, les collectivités territoriales et la chambre consulaire ont mis le paquet sur les codes identitaires. Objectif : rendre l’Alsace visible dans ce grand concert des territoires et des terroirs qu’est le salon de l’agriculture et bien sûr séduire. Avec ses produits du terroir et ses agriculteurs « façonneurs de paysage », l’agriculture est au centre du propos intitulé « agriculteur et plus encore… ». TerrAlsace se compose d’un coin stammtich avec ses chaises typiques et ses moules à kougelhopf faisant office de suspension d’éclairage, une cuisine qui sera animée cette année par les chefs cuisiniers des collèges, un jardin d’arrière-cour, une bàbbel plàtz avec un grand pommier où pourront être cueillies quotidiennement 1 500 pommes de variété alsacienne natti, décrit Anne Lienhart, de l’agence Au Trente Deux à Strasbourg, conceptrice du projet. Côté décorations murales, les deux stands sont ornés des illustrations de l’artiste Missy, avec ses cigognes, son houblon, son raisin aux traits fins caractéristiques… Le nouveau stand TerrAlsace mise également sur l’angle humain avec des visuels de portraits géants d’animateurs du territoire : des viticulteurs, maraîchers, céréaliers, fermiers aubergistes qui incarnent l’agriculture alsacienne. Les heureux acteurs agricoles retenus, engagés dans leur territoire, sont Christophe Diss, agriculteur à Landersheim, Fatima Riahi, maraîchère urbaine et créatrice de lieux sociaux, André Frieh, apiculteur, Jacques Lochert, fermier aubergiste, Sophie Barmès, vigneronne, et Bernard Ingwiller, houblonnier. S’agissant des animations sur ce stand du hall 4, chaque journée sera consacrée à une thématique de produit du terroir (crémant, lait, fruits, houblon, pain…) associés à une proposition gastronomique très identitaire, à des ateliers pédagogiques, à des cook show. Les cuisiniers des collèges feront également le show gastronomique. Le Village d’Alsace : « moins institutionnel » Dans le hall 3, le Village d’Alsace « moins institutionnel » accueillera pour sa part les exposants : vignerons, distillateurs, choucroutiers, biscuitiers, brasseurs… L’occasion de valoriser les savoir-faire régionaux « et de le faire savoir, souligne Frédéric Bierry. C’est important dans ce contexte d’enjeux comme l’agribashing, le défi climatique, les prix agricoles… ». Car le salon de l’agriculture devrait accueillir plus de 600 000 visiteurs. « C’est un acte de foi dans l’Alsace et son agriculture », conclut le président du Conseil départemental du Bas-Rhin. Pas de rivalité donc entre les deux stands et une cause commune, celle de « défendre l’agriculture », martèle Denis Ramspacher, président de la chambre consulaire, « ravi de la collaboration » avec les collectivités territoriales. Car, reconnaît Denis Rampacher, « avec (uniquement) la grande région, c’était tout de même devenu plus difficile de vendre les produits du territoire ». Surtout quand ceux-ci s’appuient sur des identités territoriales fortes. Un sentiment unanimement partagé, ce jeudi 13 février au magasin de producteurs du Verger expérimental d’Alsace (Verexal) à Obernai, lieu emblématique des produits du terroir, où se tenait la conférence de presse.    

Publié le 17/02/2020

Entre le 20 et le 31 janvier, 2,5 millions d’assurés de la MSA étaient appelés à élire 13 760 délégués cantonaux pour un mandat de cinq ans. 26,08 % des assurés ont participé au scrutin, soit 652 000 personnes. C’est la caisse Alsace qui se place sur la première place du podium de la participation avec 33,97 %.

Le 7 février en conférence de presse, la CCMSA (Caisse centrale de la mutualité sociale agricole) a présenté les résultats des élections. Avec un taux de participation de 26,08 %, le score est en dessous des ambitions annoncées par le président de la MSA Pascal Cormery. Déjà entre 2015 et 2010, le taux de participation au scrutin était passé de 38,8 à 31 %. Malgré cette « légère baisse », Pascal Cormery s’est dit « satisfait » vu le contexte de « problèmes économiques, l’agribashing, les ZNT… ». Il a estimé que la loi NOTRe sur la refonte du découpage territorial « n’a pas favorisé le vote » en créant « une sensation d’éloignement des délégués dans certains endroits ». 13 760 délégués sur le territoire national Par rapport à 2015, le taux de participation a baissé de 5,6 points pour le collège 1 (chefs d’exploitation), de 3,08 points pour le collège 2 (salariés agricoles) et de 5,24 points pour le collège 3 (employeurs). En 2020, le taux de participation a été meilleur chez les exploitants (32,89 %) et les employeurs agricoles (31,16 %) que chez les salariés où il n’a atteint que 20,32 %. Néanmoins, « ce taux de participation, malgré un recul par rapport à l’élection précédente, reste élevé par rapport aux autres élections professionnelles. Il montre l’attachement des ressortissants agricoles à une protection sociale de proximité, efficace et gérée par les élus », note la FNSEA et les JA, qui ont remporté ces élections. En Alsace, la liste d’union FDSEA-JA-AVA Alsace s’est à nouveau largement imposée en remportant l’ensemble des sièges des collèges 1 et 3. Un électeur alsacien sur trois a voté Côté participation, l’Alsace fait mieux que le reste du pays avec plus d’un adhérent sur trois mobilisé. 16 261 représentants du monde agricole ont voté pour leurs délégués MSA en Alsace, soit 33,97 % des adhérents. « C’est un bon résultat, notamment au regard du contexte difficile dans lequel s’est inscrite cette élection, où coïncident crises sociales (défiance envers les institutions) et agricoles (rémunérations insuffisantes, agribashing, réglementations…). Nous sommes fiers d’enregistrer la plus forte participation à ces élections, toutes régions confondues », a déclaré David Herrscher, président de la MSA d’Alsace. « J’en profite pour remercier tous les gens qui ont voté, en ligne et par correspondance, ainsi que l’ensemble des partenaires et la liste d’union pour leur mobilisation. » Autre résultat qui mérite d’être commenté : le vote en ligne. « À noter cette année, 29 % des votants ont fait le choix du vote en ligne sur notre territoire, en forte hausse par rapport à 2015 où ils étaient 17 %. C’est un mode qu’il nous faudra continuer à développer », a indiqué Arnaud Crochant, directeur général de la MSA d’Alsace. Prochains rendez-vous : le 6 avril et le 26 mai « À l’aube de ce nouveau mandat, les 314 élus alsaciens pourront poursuivre leur engagement sur le territoire en remontant les souhaits émanant des adhérents et des territoires ainsi qu’en développant et proposant de nouvelles actions de prévention, a énoncé David Herrscher. De beaux projets prennent déjà forme pour 2020 : la consolidation de la plateforme pour l’emploi Terra Job créée en association avec nos partenaires agricoles ou encore l’ouverture de la maison de santé à Guebwiller. » Ces élections se clôturent à l’aube de la publication d’un Livre blanc portant les 20 propositions de la MSA pour la cohésion des territoires en France. L’objectif : jouer le rôle de relais du monde agricole et accompagner l’action des pouvoirs publics dans la reconquête des territoires annoncée pour l’Acte 2 du Gouvernement. Ces propositions concernent notamment le renforcement des actions de la MSA en faveur de l’inclusion numérique, de la lutte contre le mal-être agricole, ou encore l’instauration d’un montant de pension minimal à 85 % du SMIC dès cette année. Après l’élection des délégués cantonaux, l’élection des conseils d’administration au sein de chaque MSA aura lieu d’ici le 6 avril. Les délégués d’assemblées générales se réuniront le 26 mai prochain pour élire le conseil d’administration de la Caisse centrale de la MSA, son bureau et son président.     A lire aussi : « La MSA se pose en défenseur de l’agriculture »

Vie des journaux

Une page se tourne

Publié le 10/02/2020

Directrice de la publication de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin depuis 2011, Sophie Schwendenmann quitte ses fonctions. Quelques jours avant son départ, nous l’avons interrogée sur ces neuf années de vie commune avec la presse agricole, l’agriculture et la viticulture alsacienne.

Vous avez pris vos fonctions au sein des journaux en 2011. Quelles étaient alors vos motivations pour candidater à la direction de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin ? Sophie Schwendenmann : « Je ne partais pas en terre inconnue. Je connaissais le Paysan du Haut-Rhin. J’avais eu l’occasion d’y collaborer en 2003 quand je suis arrivée en Alsace. Après quelques années à d’autres fonctions, j’avais envie de renouer le contact avec la viticulture et l’agriculture. Et puis, je souhaitais un poste à responsabilités avec des projets à mener à moyen et à long terme. C’est quelque chose qui me manquait. Le challenge de ce poste était intéressant : deux journaux et deux équipes à faire avancer dans la même direction. Mon objectif était d’améliorer le fonctionnement des deux entreprises en allant jusqu’au bout de la mutualisation de moyens qui avait été initiée et de s’adapter aux nouveaux usages de la presse. »   Parmi les projets que vous avez menés au sein des deux journaux, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ? « Sans aucun doute, la mise en place d’un outil éditorial commun aux deux journaux. Il a permis aux différents services de travailler ensemble, de la même manière, ce qui a réellement amélioré la synergie. Cette interface a eu un impact important sur l’ambiance interne notamment lors des bouclages - chaque mercredi, avant 18 h - qui sont une source de stress importante. Le niveau de tension a fortement baissé, et ça fait du bien ! Je retiens aussi la mise en place de la plateforme de gestion des annonces légales. C’était compliqué pour de petites structures comme les nôtres mais nécessaire et utile car internet a bouleversé la façon de penser ce service, dont les règles ont été établies en 1945… Enfin, il y a un chantier permanent, un ouvrage qu’il faut sans cesse remettre sur le métier : c’est l’adaptation aux nouveaux usages en matière d’information. Cela passe par l’évolution du métier de journaliste, des outils numériques, des réseaux sociaux, le lancement d’un service vidéo… Tout en gardant à l’esprit notre raison d’être : répondre aux attentes de nos abonnés. »   Selon vous, quels sont les chantiers qu’il reste à mener ? « La relation avec les abonnés, justement. Ils ne sont pas simplement des adresses postales, mais des professionnels avec qui les journaux sont en interaction. Il faut mieux cerner les besoins spécifiques, que ce soit en termes de contenus rédactionnels, sur le web ou le papier, ou encore de contenus publicitaires. Il est également primordial de revoir le modèle économique de la Presse agricole départementale (PAD), né lui aussi après-guerre. L’érosion du nombre d’agriculteurs, donc d’abonnés potentiels à l’échelle d’un département, oblige les petits éditeurs à réfléchir. Il faut se détacher de ce qui a été, pour construire ce qui demain sera pérenne. Des outils transversaux permettant une mutualisation de moyens à l’échelle supra-départementale font partie des solutions. Il y va de la survie de la PAD construite sur des circonscriptions départementales devenues trop étroite. À titre de comparaison, en Allemagne, en Suisse, la presse agricole fonctionne à l’échelle de grande région. »   Vous avez constamment fait bouger les lignes du journal, innové dans le travail des équipes, stimulé la créativité des uns et des autres. À chaque semaine, une nouvelle idée. Que se cache-t-il derrière cette grande activité ? « Avoir pour seul objectif de « boucler » un journal chaque semaine ne me suffit pas. Je n’arrive pas à concevoir le travail comme quelque chose de routinier. J’ai besoin de challenges. Cet état d’esprit, je me suis efforcée de le transmettre aux équipes des deux journaux en responsabilisant chacun et chacune, pour tirer l’ensemble vers le haut. De la rédaction à la création en passant par le service commercial, abonnement ou administratif, nous sommes une seule et même équipe. Le monde bouge autour de nous. Nous devons bouger avec lui et pour cela, il faut remettre en question ses certitudes chaque jour. »   Vous vous êtes investie au sein du Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), où vous êtes secrétaire générale. Pour quelles raisons ? « Au-delà de la défense syndicale des intérêts de notre famille de presse, échanger entre collègues permet de s’enrichir. Personne n’a le monopole des bonnes idées. Il faut garder un œil sur ce que font les autres, comprendre pourquoi ils ont tenté telle expérience, se demander, en cas de réussite, si c’est transposable… C’est une sorte de bourse aux idées, dans laquelle j’ai fait mon marché. Ces rencontres et ces réunions ont été une source d’épanouissement personnel. J’ai également pris conscience que l’agriculture a une grande chance d’avoir une presse agricole aussi diversifiée avec, d’une part, des titres de proximités et, de l’autre, des revues nationales généralistes ou spécialisées. Mais au regard des moyens des éditeurs de presse en général, nos sociétés départementales font figure de petit Poucet. En Alsace, grâce à la mutualisation des moyens entrepris depuis douze ans, nous avons pu innover et proposer de nouvelles sources de diversifications. Il ne faut pas attendre qu’on fasse les choses à notre place. »   Au 31 décembre, vous laissez votre place. Quelle conclusion faites-vous ? « Cela a été une superbe expérience professionnelle. Elle m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires. Je remercie les élus qui m’ont fait confiance, même si parfois ils étaient dubitatifs sur certaines propositions… Et je veux avoir une pensée particulière pour les salariés des deux journaux. J’avais pour habitude de surnommer « mon équipe » : la « Dream Team », parce que la complémentarité de chacun d’entre eux nous a permis de réunir une multitude de compétences et ainsi de réaliser de grandes choses. Rigueur, exigence, professionnalisme, investissement personnel, créativité sont autant de qualités qui les caractérisent. Et je ne veux pas qu’ils l’oublient. Je suis fière du travail réalisé ensemble. Nous avons pu mener à bien des projets que, chaque journal dans son coin, n’aurait pas pu envisager. Nous avons démontré que l’intérêt général des deux journaux est supérieur à l’addition de leurs intérêts particuliers. »

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