FDSEA du Haut-Rhin
« Engageons-nous, engagez-vous ! »
FDSEA du Haut-Rhin
Publié le 31/01/2020
« L’agriculture mérite expertise et respect. » Lors de l’assemblée générale de la FDSEA du Haut-Rhin qui s’est tenue vendredi 24 janvier à Mulhouse, il a été question d’engagement. Dans un monde en mouvement et face à une société qui se transforme, pour assurer leur avenir et celle des professionnels, les filières devront déployer plus d’énergie encore.
Alors que le monde agricole n’est pas épargné par les critiques des uns, les certitudes des autres et la méfiance des derniers, l’assemblée générale de la FDSEA du Haut-Rhin s’annonçait dense. En tête d’affiche : l’agribashing et son « affligeante banalité ». « Nous devons désormais tous combattre cette pandémie. Et en premier lieu, responsabiliser nos élus de proximité », reconnaît le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. Devant une assistance très fournie, il a multiplié les exemples de cet agribashing quotidien, tout en faisant le constat d’une population qui a confiance en ses agriculteurs comme en ses infirmiers et ses pompiers. « L’agriculture et nos modèles sont sur le podium. Et faire de l’environnement est aussi notre métier. Pour autant, expérimenter de nouvelles pratiques suppose de disposer des avancées d’aujourd’hui. Et en premier la science qu’il s’agisse d’agriculture de conservation, d’agriculture biologique, de filières sans traces de phytosanitaires, et surtout de produits alimentaires sanitairement exemplaires », ajoute Pascal Wittmann. Cette science, cette agronomie, cette recherche apparaissent comme bien plus sérieuses et pertinentes que la somme de déclarations publiques, d’arrêtés ou de décrets pris ici et là. Et qui vont à l’encontre de la réalité agricole. « Affirmer que nous voulons être les plus vertueux est bien. Mais, pendant ce temps, notre agriculture va mourir en bonne santé. La science est aujourd’hui agrégée par des prises de position dogmatique et toutes les évaluations faites par des « comités de pairs » sont mises aux oubliettes. On s’autoproclame expert », s’agace Pascal Wittmann. Augmenter la surface de 1 000 hectares Les débats nationaux influencent les politiques régionales et locales. Que devient dans ce contexte le modèle des fermes haut-rhinoises ? « Que cela déplaise ou non, la colonne vertébrale qui maintient à flot notre économie locale dépend quasi exclusivement du maïs. Cette plante si décriée et pourtant si vertueuse qui s’adapte aux conditions climatiques extrêmes, apporte une sécurité fourragère à nos troupeaux. Elle valorise également l'eau avec une efficience remarquable et abaisse significativement les températures estivales lors des canicules. Elle est enfin le gage d’une agriculture diversifiée et de qualité », constate Pascal Wittmann. Il observe cependant que les agriculteurs perdent chaque année en compétitivité et/ou en qualité sanitaire des grains. Il est donc temps de s’interroger sur les outils de travail à disposition. Les politiques propres aux productions doivent également être cohérentes. On pense notamment à la filière de la betterave alsacienne et sa marque Erstein. « Va-t-on laisser filer ce potentiel économique au simple motif des contraintes culturales comme les traitements ? Il y a un vrai problème cercosporiose. Mais, la génétique y répond dorénavant ! L’utilisation de biocides nous oblige à plus de fréquence. Ce qui peut freiner l’engouement face au ronronnement médiatique qui prône l’« anti-tout ». Si la betterave freine l’obtention du HVE3, elle est une vraie solution pour notre agriculture face aux remous futurs de la politique agricole commune. Aux prescripteurs, quel est votre plan B ? Il faut se bouger. Car une usine qui ferme n’ouvrira plus jamais. Il est temps pour nous tous, comme pour les élus de notre territoire, de soutenir ouvertement cette filière. Plusieurs centaines d’emplois sont dépendantes d’Erstein. Plaçons ensemble le débat sur la lucidité. Montrons notre attachement à une agriculture responsable et solidaire. Et, tous ensemble, allons au charbon pour augmenter de 1 000 hectares la surface dédiée à la betterave dans le Haut-Rhin. C’est l’objectif pour l’avenir de cette marque, pour de vrais emplois de proximité, pour l’image de notre département et l’avenir de nos entreprises », plaide Pascal Wittmann. Assurer la pérennité du statut du fermage Le président de la FDSEA du Haut-Rhin a incité les professionnels à réfléchir au futur. La pyramide des âges des chefs d’exploitants se transforme. Les structures des fermes sont petites. Le resteront-elles à l’avenir ? Et comment seront-elles gérées ? « Il nous faut une vraie politique foncière. Une politique de cohérence, au prix juste, et un accès des plus transparents. Nous avons la chance d’avoir un merveilleux statut de fermage. Nous devons en assurer sa pérennité. Il ne saurait y avoir en la matière des choix à la carte. Je me fais le garant de ces équilibres. Le prix de la terre ne s’envolera pas. Ceux qui tenteront de faire je ne sais quel montage juridique découvriront la définition d’une action syndicale. Quant aux collectivités territoriales, nous pouvons ensemble en discuter. Mais, ne passez plus en force en targuant d’un prix. Le foncier agricole est notre support de travail. Il ne peut être une source d’ajustement monétaire », prévient Pascal Wittmann. Un dernier message a été lancé à l’adresse des services départementaux de l’administration et de l’État. « Changez de méthodes. Osez le discernement. Soyez capables de relayer avec force et justesse les spécificités de nos territoires. L’agriculture mérite expertise et respect. Et, surtout, cette belle construction ne pourra pas demain se résumer à une gestion des organisations salariales, fussent-elles agricoles. L’agriculture gagne et gagnera car elle est accompagnée et défendue par ses pairs. La FDSEA est bien présente. Elle s’engage et concilie les besoins de l’ensemble des filières. Continuons. Accélérons nos dynamiques pour assurer l’avenir des femmes et des hommes qui croient en l’agriculture », conclut Pascal Wittmann.












