Emploi agricole
Du RSA à la réinsertion professionnelle
Emploi agricole
Publié le 30/07/2019
Depuis deux ans, le Conseil départemental du Haut-Rhin multiplie les actions et les partenariats pour favoriser le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA. Une bouffée d’air pour les filières agricoles et viticoles qui peinent de plus en plus à trouver de la main-d’œuvre, tant pour les travaux saisonniers que pour les postes plus pérennes.
D’un côté, l’agriculture, un secteur dynamique en quête désespérée de main-d’œuvre. De l’autre, des personnes déconnectées du monde du travail et dont le Revenu de solidarité active (RSA) constitue l’essentiel, parfois le seul, revenu. Entre les deux, le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) qui a placé le retour à l’emploi comme « priorité absolue » sur son territoire. Depuis quelques années, la collectivité présidée par Brigitte Klinkert met en œuvre une série d’actions concrètes et « innovantes » destinées à réinsérer professionnellement les bénéficiaires du RSA, en particulier dans les filières où les besoins en main-d’œuvre sont élevés, l’agriculture et la viticulture en tête de liste. Des besoins croissants en main-d’œuvre Dans le cadre de la nouvelle convention signée avec la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), le CD 68 a ainsi prévu une subvention totale de 340 000 euros, dont 25 000 euros destinés à l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA. Elle a également établi un partenariat avec l’Interprofession des fruits et légumes (Ifla) et Pôle Emploi pour identifier les bénéficiaires du RSA pouvant répondre aux besoins de main-d’œuvre dans cette filière. Depuis le mois de mai, 37 entreprises agricoles, dont 25 affiliées à l’Ifla, ont été auditées afin de recueillir leurs besoins en personnel. À l’heure actuelle, quinze candidatures « sérieuses » ont été identifiées, dont celle de Rindra Rakotosalama, embauché par l’Ifla pour assurer la promotion de la marque « Fruits et Légumes d’Alsace » dans près de 200 points de vente de Wissembourg à Ferrette. Une première expérience dans le monde agricole qui lui plaît beaucoup et dans laquelle il peut mettre en œuvre les compétences apprises dans son école de management et de commerce. Un « tremplin » vers le CDD Reste à séduire les Alsaciens actuellement sans emploi qu'ils s’investissent quelques semaines, quelques mois, voire de manière plus pérenne dans l’activité agricole. « Toutes les filières recrutent. Même si c’est vrai que ce ne sont pas toujours des métiers faciles. Mais quand des gens se cherchent, quand ils sont en situation compliquée, le fait de pouvoir repartir de la base, dans la nature, peut leur redonner un nouvel élan. L’agriculture est un métier noble, il faut le faire savoir. Nous sommes prêts à accueillir de nouvelles forces vives prêtes à s’émanciper dans nos travaux », poursuit Denis Nass. S’émanciper et établir un nouveau départ comme a pu le faire Daniel Bauer, l’un des 187 bénéficiaires du dispositif « RSA Vendanges » créé en 2018 par le CD 68. « Cette expérience m’a bien aidé. Depuis, j’ai réussi à décrocher un CDD dans une grande enseigne de bricolage », se réjouit le jeune homme. Un exemple parmi d’autres qui illustre le côté « gagnant-gagnant » vantée par le CD 68 autour de cette mesure. « Cela a le double avantage d’inciter les allocataires du RSA à trouver un emploi, même de courte durée, et de permettre aux viticulteurs de recruter des saisonniers locaux. Grâce à cette action, un tiers des personnes y ayant participé est sorti du RSA. Fort de ces résultats encourageants, l’opération est reconduite pour les vendanges 2019, et le dispositif sera étendu en 2020 pour la récolte des asperges et des fraises », annonce la présidente du CD 68, Brigitte Klinkert. Un problème d’image à résoudre Une annonce forcément bien accueillie par la profession agricole après une saison d’asperges où plusieurs hectares n’ont pu être récoltés faute de main-d’œuvre au grand dam de Michel Busch, directeur de la FDSEA du Haut-Rhin, représentant les employeurs du secteur agricole. « Notre profession souffre d’un problème d’image au sein de la société. Il est temps qu’on sorte des clichés, qu’on se rapproche des territoires pour voir ce qui se fait réellement. Nous devons prendre l’habitude de regarder ce qui se passe chez nous, plutôt que de regarder et reproduire ce qui se fait ailleurs. Nous avons des outils de formation de qualité, et nous avons besoin de compétences dans tous les domaines, il faut le faire savoir. » C’est ce qu’a entrepris le CD 68, en partenariat avec la Région Grand Est et Pôle Emploi, le 11 juillet dernier en organisant une rencontre au CFPPA de Rouffach pour faire connaître aux bénéficiaires du RSA et leurs référents les cursus qui démarrent cet automne. L’enjeu est simple : pouvoir professionnaliser ces personnes sans emploi pour répondre ensuite aux besoins en personnels des filières agricoles et viticoles.












