Vie professionnelle

Ordre œnophile de Marlenheim et de la Couronne d’or

Florent Heckmann succède à Xavier Muller

Publié le 24/04/2019

Florent Heckmann, nouveau grand chancelier de l’Ordre œnophile de Marlenheim, souhaite ouvrir davantage l’association philanthropique aux vignerons de la Couronne d’or et au grand public.

Personne ne contestera à Xavier Muller son mérite dans l’idée de rassembler les vignobles de la grande périphérie strasbourgeoise sous l'étiquette de la Couronne d’or. Il en résulte aujourd’hui un sentiment d’appartenance identitaire des vignerons. Cela leur permet de proposer des manifestations viniques à succès comme la fête des vendanges ou d’être bien présents et bien identifiés sur les très prisés marchés de Noël de la capitale européenne. Mais au-delà de leur dynamisme, il manquait à ces vignerons de la Couronne d’or un conseil des sages et des jeunes. Garant des traditions viniques et des identités. Et bien représentatif de l’ensemble des bans viticoles de la grande périphérie de Strasbourg. Situé à mi-chemin entre la confrérie de la Corne à Ottrott et la confrérie des Quatre bans à Cleebourg, l’Ordre œnophile de Marlenheim a décidé de s’ouvrir davantage à la Couronne d’or, sous l’impulsion de son nouveau grand chancelier, Florent Heckmann. Dans ce monde feutré des associations viniques philanthropiques, les choses évoluent avec sagesse. Après 20 années de présidence de l’ordre, Xavier Muller a jugé bon de passer le flambeau à Florent Heckmann. C’est ce vigneron, jeune retraité de Kirchheim, particulièrement investi, tant dans sa commune qu’au service de la profession viticole et agricole, qui a été élu à l’unanimité des membres de la confrérie. « Tous les sociétaires de la Couronne d’or sont les bienvenus à la confrérie », annonce Florent Heckmann, qui compte également sur les jeunes vignerons pour être force de proposition et acteurs de la confrérie. Une gouvernance à deux têtes Mais une confrérie vinique n’est jamais aussi performante dans sa vocation philanthropique de partager les connaissances œnologiques que quand elle accueille à bras ouverts de simples œnophiles de la société civile. En ce sens, Florent Heckmann a souhaité une gouvernance bicéphale, avec d’un côté l’homme de l’art vigneron qu’il représente, et de l’autre un fin connaisseur des arcanes de la société civile : « François Jehl, c’est un homme très informé », pointe Florent Heckmann, à propos du maire d’Odratzheim. « Sous l’égide de Saint Vincent », saint patron des vignerons, le nouveau tandem entend « miser sur la cohésion », pour porter haut les couleurs des vignerons de la Couronne d’or. C’est que Florent Heckmann, lui aussi, dispose d’une solide expérience en matière de représentation professionnelle. Dans un parcours qui n’a pas toujours été facile, il a toujours su jouer de sagesse et de diplomatie. L’épisode le plus sensible a sans doute été d’accompagner les associations de producteurs de l’Unidal (Union des producteurs d’Alsace), dont il en était vice-président, et de l’UVVA, lors de la transition de la maison Laugel à Marlenheim, d’abord reprise par Rémy Pannier, puis cédée à Joseph Helfrich, PDG des Grands Chais de France. Il s’agissait à l’époque de négocier la reprise « avec une récolte et demie en suspens », rappelle Florent Heckmann. Ensemble, avec Xavier Muller et François Bernhard, assistés de juristes, les négociations ont finalement abouti pour donner aujourd’hui le tandem Univa - maison Arthur Metz, l’un des trois grands opérateurs en vins d’Alsace, bénéficiant de la puissance logistique des Grands Chais de France.

Publié le 23/04/2019

Il est possible de ne plus boire une seule goutte de boisson alcoolisée sans forcément devenir un ennemi de la viticulture et du vin. L’approche lucide de Roger Ohresser, président local d’Alcool assistance.

« Roger, avons-nous du souci à nous faire ? » C’est la question que les viticulteurs d’Obernai ont posée en 2004 à leur ancien collègue Roger Ohresser, alors qu’il venait d’être élu à la présidence de la section locale d’Alcool assistance. Une association nationale qui vient en aide aux personnes dépendantes de l’alcool depuis 1910. Roger ne s’est pas démonté. « Je ne suis pas contre l’alcool. Je mets simplement en garde sur la façon de le consommer », leur a-t-il expliqué. Roger met tous les alcools dans le même sac. Y compris des boissons faiblement dosées comme le cidre. « Ce n’est pas le degré qui est important, c’est la molécule. Elle est la même dans toute boisson alcoolisée. Le problème c’est que le cerveau la garde en mémoire. C’est ce qui pose problème. Même après vingt ans sans y toucher. Et c’est pourquoi quasiment toutes les personnes abstinentes qui reprennent un jour une boisson alcoolisée replongent. » Le parcours de Roger Ohresser est déroutant. Dans sa jeunesse, il a été… viticulteur ! Comme feu son père. Dans les années 80, ce dernier démarre la bouteille sur 3 ha. Roger participe avec lui à plusieurs foires aux vins à l’hôtel de ville. Les deux hommes travaillent deux ans de concert avant de renoncer. « Il nous manquait la volonté commerciale », se rappelle Roger. Il bifurque successivement vers plusieurs emplois salariés. Mais il continue à y avoir, dans la cave familiale, du vin destiné à la « consommation personnelle »… En 2001, Roger se déclare « abstinent ». Pour autant il n’a pas jeté « l’époque d’avant » aux orties. « J’assume », déclare Roger. Le visiteur n’a pas besoin d’insister pour visiter la cave. Elle loge toujours un fût de 30 hl qui porte encore à la craie la date du 10.10.99, la dernière fois où son père l’a méché avec du soufre. L’ancienne pompe à bras pourrait encore servir. Et les caisses en bois façonnées de la main de Roger et marquées d’un « OHRESSER » en grandes lettres capitales noires stockent des bocaux à défaut de transporter des bouteilles. « Le vin fait partie de ma vie » « Le fait d’être proche de la route des vins change mon approche de celle de mes collègues ailleurs en Alsace ou d’extrémistes qui souhaitent la disparition de la vigne. Elle est génératrice de paysage, d’emploi et de culture. Le vin fait partie de ma vie. Consommé normalement, il ne pose aucun problème. Tout est dans la mesure. Ce n’est pas le diable, même s’il peut le devenir. Certaines personnes tombent petit à petit dans le piège et après c’est très difficile d’en sortir », analyse Roger. À ses yeux, l’agrandissement du logo femme enceinte sur l’étiquette serait une bonne chose, tout comme le retour des subventions permettant l’intervention de capitaines de soirée en fin de fête dans les discothèques. Sur le reste de la réglementation anti-alcool, Roger est assez partagé. Augmenter les prix ? « La plupart du temps, ce n’est pas un frein pour ceux qui veulent consommer et qui recherchent l’effet que leur procure l’alcool. Et les premiers prix restent très abordables. » La nouvelle campagne de santé publique qui préconise un « maximum de deux verres par jour, et pas tous les jours » ? « Personne n’en sait rien ! Se restreindre sur tout, et pas seulement sur l’alcool, ça va un peu trop loin. On peut traverser une vie entière en buvant du vin. Le danger vient de l’excès. » Et produire moins de vin ? « Ce n’est pas la peine si on arrive à le vendre. » En 2013, il manque quelques trimestres à Roger avant de pouvoir prétendre à sa retraite. Il se présente pour un emploi chez… un viticulteur. Son profil d’ancien dans le métier convient au professionnel. Il l’embauche comme salarié occasionnel. « Je plante, je taille, j’arque, je palisse. Les travaux de la vigne m’occupent entre 300 et 500 heures par an. Je ne suis qu’indirectement en relation avec le vin », raconte Roger. Il a informé de son engagement associatif son employeur qui ne s’en est pas plus ému que cela. À l’automne, Roger participe aux vendanges. Il ne rate pas les réjouissances qui clôturent la récolte du millésime. Comme tous les vendangeurs, Roger a une flûte en main. Sauf que de l’eau pétillante y remplace le crémant !   À lire aussi : Notre article sur les bières sans alcool d'Heineken  

Publié le 23/04/2019

La nouvelle fédération régionale de la coopération du Grand Est a concrétisé son existence juridique le 12 avril, à Épernay. Présidée par Sylvain Hinschberger, elle est le produit de la fusion de cinq fédérations et union, précédemment en exercice sur les trois anciennes régions.

Coop de France Grand Est est née officiellement le 12 avril à Épernay. La Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne (Fcvc) a en effet ratifié à son tour sa fusion avec Coop de France Lorraine, l’Union régionale des groupements de producteurs d’Alsace Lorraine (Urgepal), Coop de France Alsace et Coop de France Champagne-Ardenne. Fusion-absorption L’opération consiste en une absorption par la Fcvc des quatre autres fédérations, après dissolution sans liquidation, l’ensemble se fondant dans une seule structure : Coop de France Grand Est, avec effet rétroactif au 1er janvier 2019. La gouvernance s’instaure autour d’un conseil d’administration de douze membres dont la présidence a été confiée à Sylvain Hinschberger, agriculteur meusien, vice-président de Vivescia, et préfigurateur de la nouvelle structure.     Sylvain Hinschberger, agriculteur et membre du Bureau de @Vivescia a été élu Président de @CoopdeFrance Nord-Est. pic.twitter.com/q92H3pDqqx — Coopération Agricole (@lacoopagricole) 15 juin 2016     Les objectifs qui ont présidé à ce rapprochement, en préparation depuis plus de deux ans, se situent dans la complémentarité des missions exercées sur des filières ou des secteurs géographiques différents. Toutes se reliaient à Coop de France nationale. La nécessité de disposer d’une organisation représentative pour peser sur la région Grand Est, mais aussi sur le niveau national, s’est imposée. Le rapprochement des filières agricoles et viticoles est aussi ressorti de cette volonté commune. Trois pôles seront créés : animal, viticole et végétal, avec la mise en place de sections dans les deux premiers et la désignation de délégués au conseil d’administration. Le siège social de Coop de France Grand Est est confirmé à Laxou, sur le pôle agricole régional. Deux antennes sont situées sur la route du vin à Beblenheim dans le Haut-Rhin et avenue de Champagne à Épernay. Alexandrine Legras-Populus, la directrice de la Fcvc devient directrice de Coop de France Grand Est. Treize collaborateurs La nouvelle fédération régionale de la coopération disposera de treize collaborateurs, dont quatre juristes, trois spécialistes des affaires sociales et trois animateurs du service production et agroalimentaire. « L’intérêt de coordonner les services rendus aux adhérents, en mutualisant les ressources, en pérennisant l’existant et en créant de nouveaux services », justifie Alexandrine Legras-Populus. Sylvain Hinschberger incite ses mandants à être les acteurs de cette évolution, argumentant sur le fait que beaucoup de sujets dépassent désormais les stricts contours géographiques ou ceux des métiers de base. Il indique vouloir travailler sur le rôle et le statut des administrateurs par la formation. Un objectif qu’il s’est fixé, considérant que les États généraux de l’alimentation ont traduit une forme de suspicion envers la transparence à l’intérieur des coopératives. La nouvelle entité Coop de France Grand Est revendique son rôle de porte-parole de 260 entreprises regroupant plus de 56 000 adhérents sur dix départements. Ces coopératives disposent de plus de 11 250 salariés et pèsent économiquement l’équivalent d’un chiffre d’affaires consolidé d’environ 14,4 milliards d’euros.   Texte : Jean-Luc Masson

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