Vie professionnelle

Publié le 12/04/2019

Le vendredi 5 avril, le café librairie La libellule à Colmar organisait une rencontre autour de cinq producteurs de la région, engagés dans le mouvement Slow Food. L’occasion de promouvoir leur livre, le « Grand guide Slow Food des produits du terroir français ».

Le mouvement Slow Food a un « but ultime et inavoué, commence son président dans le Haut-Rhin, Jérôme Koehler. C’est de sauver les produits et les techniques de nos ancêtres ». Vendredi 5 avril, le café librairie de Sophie Pépin et Mathilde Dentzer a ouvert sa porte aux représentants de Slow Food, mais également à Gabriel Willem et Léa Pallagés des Jardins En-Chantants à Herrlisheim, Violette Botter de la Ferme de la Bouille à Sainte-Croix-aux-Mines, Christine Quesnot de la Fromagerie Saint-Nicolas à Colmar et Simon Baltenweck du Domaine Clé de Sol à Ribeauvillé. Tous partagent cette envie de défendre des « produits bons, propres et justes », explique Jérôme Koehler, également chef à l’auberge du Cheval Blance à Westhalten. Adhérent au mouvement depuis deux ans, il était déjà engagé dans cette démarche auparavant. « Ce mouvement permet de faire bouger les choses, poursuit-il. Malheureusement, on a l’impression qu’il faut toucher le fond pour remonter. Heureusement, en Alsace nous sommes en avance sur le vin. » Poule noire d’Alsace, pomme Christkindel… De vin donc, celui du Domaine Clé de Sol, mais aussi du munster au lait cru de race vosgienne, de la saucisse sèche, des tomates séchées et autres pickles au vinaigre. Des curieux de passage et des habitués du lieu, des novices du Slow Food et des convaincus, ont défilé dans le salon de La libellule. Autour de quelques tables où les produits étaient offerts à la dégustation, les échanges sont allés bon train. Une réussite pour les cogérantes de l’établissement qui, depuis trois ans maintenant, essaient de mettre « le fond en avant », avec le développement d’une libraire au sein même du café. Jusque-là, elles proposaient principalement des romans. Plume de carotte, la maison d’édition du « Grand guide Slow Food des produits du terroir français », cherchait justement des lieux intimistes pour le lancement. Bonne pioche puisque Sophie Pépin et Mathilde Dentzer adhèrent totalement aux valeurs défendues dans cet ouvrage. « Il faut préserver les pépites culinaires au-delà de la choucroute et des winstubs », concluent-elles. La poule noire d’Alsace ou encore la pomme Christkindel ont ainsi une chance de retrouver une place dans les basses-cours et les vergers alsaciens. Un destin qu’a connu il y a quelques années, le porc noir de Bigorne, menacé de disparition. Et pour que ça marche, une stratégie de communication bien rodée : « inonder les réseaux sociaux et faire adhérer des producteurs qui vont apporter ce discours sur les marchés », détaille Jérôme Koehler. Voici comment Slow Food compte se faire entendre.   Le « Grand guide Slow Food des produits du terroir français », aux éditions Plume de carottes, est disponible au café libraire La libellule, 6 rue de la grenouillère à Colmar.

Produits locaux en restauration

Un « gros potentiel » à développer

Publié le 12/04/2019

Le premier salon CHR Pro Expo Alsace a permis de mesurer l’intérêt des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration pour les fruits et légumes estampillés « Alsace ». Si l’intérêt est bel et bien là chez bon nombre d’entre eux, un travail « de fourmi » est nécessaire pour en faire un marché vraiment porteur et lucratif pour l’ensemble des producteurs.

Depuis quelques années, la mode alimentaire est à un retour vers le « local ». Dans les grandes surfaces, les produits dits « régionaux » ou « made in France » sont devenus pour beaucoup de consommateurs le critère d’achat numéro un, avant le prix. Dans la restauration, la situation est plus nuancée. Si beaucoup de chefs sont enclins à privilégier les produits de saison de leur région, nombre d’entre eux restent encore focalisés en premier lieu sur la rentabilité de leur entreprise. C’est ce qu’a pu constater Yannick Wir, animateur Sud Alsace à l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), lors des trois jours qu’il a passés au premier salon CHR Pro Expo Alsace, à Colmar, dédié aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. « Ceux qui privilégient l’approvisionnement local pour élaborer leurs menus sont des gens qui souhaitent raconter une histoire à leurs clients, celle du producteur à côté de chez eux. De l’autre côté, il y a ceux qui veulent des fraises d’Alsace toute l’année avec un prix au niveau de l’Espagne car c’est ce que leurs clients attendent. » Qu’il soit ou non locavore dans sa démarche, le restaurateur est avant tout un professionnel très exigeant. « Il veut des produits standardisés, livrés tous les jours et à un prix compétitif », témoigne Yannick Wir. Difficile pour un producteur seul dans son coin de satisfaire ces demandes, à moins d’être situé juste à côté du restaurant en question. « Du producteur au restaurateur en direct, cela reste très compliqué quand même. Il y a toute une logistique à prendre en compte. C’est pourquoi les grossistes, qui assurent efficacement cette transition, sont importants », explique Yannick Wir. Ils le sont d’autant plus qu’il y a, dans la restauration, un « énorme potentiel » pour la marque « Fruits et légumes d’Alsace ». Mais le chemin est encore long pour en faire un marché qui soit porteur et lucratif. « Autant on est bien présent dans la restauration collective, autant on a encore beaucoup à construire dans la restauration traditionnelle. » Yannick Wir évoque l’opération Folle choucroute d’Alsace, en partenariat avec des chefs. « Pourquoi ne pas reproduire des choses similaires ? On a des idées pour développer ce marché, mais ça reste un travail de fourmi. » Des légumes bios et locaux prêts à l’emploi Pour intégrer le monde de la restauration, l’association Terra Alter Est, créée en juillet 2018, a opté pour une autre approche : livrer des légumes bios et locaux découpés et prêts à l’emploi. Un concept qui a déjà séduit de nombreuses collectivités pour les cantines de leurs différentes structures (écoles, maisons de retraite, etc.), mais qui peine à gagner les chefs des restaurants. Plusieurs raisons à cela, souligne Marion Moreaux, responsable du développement chez Terra Alter Est : « Tout d’abord, les petits restaurants préfèrent travailler avec des produits bruts. Ensuite, beaucoup de restaurateurs commandent du jour au lendemain. Or, nous avons besoin d’un jour ou deux pour récupérer légumes frais, les découper dans nos ateliers et les mettre sous vide. » Actuellement, Terra Alter Est s’alimente en légumes bios auprès de quatre maraîchers haut-rhinois et complète ce qui lui manque auprès de producteurs bas-rhinois. Elle emploie six personnes en situation de réinsertion professionnelle qui découpent chaque jour 600 kg de légumes. L’objectif serait de monter à 1 tonne quotidienne, voire plus, développer des partenariats avec d’autres maraîchers bios situés dans un rayon de 120 km autour de Wittenheim et, enfin, nouer des relations étroites avec des restaurateurs « locavores ».

Association régionale des retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles et agroalimentaires Alsace

Viser le cap des 1 000 adhérents

Publié le 11/04/2019

Pour Raymond Clément, « le baromètre d’une association, c’est l’évolution du nombre de ses adhérents ». Un baromètre au beau fixe pour l’Aropa Alsace qui frôle les 800 adhérents.

L’assemblée générale de l’Association régionale des retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles et agroalimentaires (Aropa) Alsace a fait salle comble, le 22 mars à Schiltigheim, pour la plus grande joie de son président, Raymond Clément. Le plaisir de se retrouver entre anciens collègues, mais aussi l’impérieuse nécessité de s’informer sur les récentes évolutions réglementaires, expliquent en grande partie ce succès. Ce fut encore le cas cette fois-ci, avec un programme digne d’une session parlementaire. Une bonne nouvelle pour commencer : Ernest Freyburger, secrétaire de l’association, annonce une croissance importante des effectifs. Si l’adhésion de plusieurs nouveaux membres a été enregistrée, en raison de l’attrait du contrat Frage (assurance complémentaire santé Mutualia), c’est surtout le ralliement de 147 membres de l’amicale des retraités de la Mutualité sociale agricole du Bas-Rhin qui a gonflé les chiffres. L’Aropa Alsace frôle ainsi les 800 membres. « Nos actions pour faire connaître notre association et ses avantages - grâce aux différents partenariats conclus - ont permis cette évolution », déclare le président, dont l’ambition est de franchir la barre des 1 000 adhérents pour le dixième anniversaire de l’association. Un objectif qui n’est pas hors de portée : chaque année, 2 000 salariés affiliés à la MSA prennent leur retraite. Dans cette optique, l’association a mis en place un réseau de référents chargés d’assurer sa promotion auprès des collègues de l’entreprise où ils travaillaient. Par ailleurs, des flyers sont distribués aux salariés lors de la constitution de leur dossier de retraite. Des partenariats bons pour le pouvoir d’achat Justement, cette assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur les différents partenariats conclus. Deux d’entre eux sont gérés par la fédération Grand Est (Frage), Mutualia et Groupama, deux par la fédération nationale (Fnaropa), Présence Verte et Butterfly, le Crédit Agricole et les caves vinicoles relevant directement du niveau alsacien. L’attrait des contrats Mutualia n’est plus à démontrer : leur nombre a plus que doublé en quatre ans. « Les assurés bénéficiant du régime local, c’est-à-dire les Alsaciens et les Mosellans, représentent 47 % du total des contrats souscrits », note Raymond Clément. Malgré une augmentation de 5 % des cotisations en 2019, « ce contrat nous permet d’avoir un rapport qualité-prix haut de gamme. » 2018 a vu l’amélioration de la convention signée avec le Crédit Agricole Alsace Vosges, en matière d’assurances de biens et de personnes (contrat Pacifica), mais aussi de l’acquisition des cartes bancaires, avec une réduction de 50 % sur les cartes Gold ou Mastercard. Groupama Grand Est accorde des réductions pouvant aller jusqu’à 10 % sur ses contrats. « Je vous recommande l’assurance Accidents de la vie », très abordable. Les adhérents de l’Aropa bénéficient de six mois gratuits à la souscription. Des conditions tarifaires intéressantes sont également consenties pour le service de téléassistance Présence Verte, piloté par la MSA. Quant à la carte Butterfly, elle donne accès à une foule de réductions chez les commerçants, à un tarif hautement préférentiel pour les adhérents de l’Aropa (3 €/an au lieu de 25 €/an). Un service présenté par Daniel Crance, responsable national au sein de la Fnaropa. Enfin, les caves coopératives alsaciennes accordent une réduction de 10 % aux porteurs de la carte d’adhérent. Tous ces avantages cumulés permettent aux membres de l’Aropa Alsace de conforter leur pouvoir d’achat, explique Hubert Muller. « Les grands perdants, ce sont les retraités ! » Le président de l’Aropa Alsace a évoqué l’épineuse question de la CSG (contribution sociale généralisée). L’augmentation de 1,7 point de la CSG (+ 25 %) décrétée par le gouvernement pénalise les retraités, tout comme la revalorisation de 0,30 % des retraites, inférieure à l’inflation de 1,60 %. « Par l’intermédiaire de la Confédération française des retraités (CFR), nous avons réclamé une compensation, comme pour les salariés actifs, mais le gouvernement n’a pas donné suite. Les grands perdants de la politique nationale actuelle, ce sont bien les retraités ! Pourtant, combien d’associations ou d’institutions démocratiques cesseraient de fonctionner si les retraités n’étaient pas là ? » Un thème repris par le président de la Fnaropa, Philippe Barbier (lire l’article ci-dessous). L’Aropa Alsace a décidé de maintenir le tarif de sa cotisation à 25 € pour 2020. Et propose à ses adhérents un voyage en Centre Alsace le 15 octobre prochain. Au programme, l’usine de chaussettes Labonal de Dambach-la-Ville et la maison du distillateur de Châtenois. En 2018, cette journée de convivialité avait mené les participants dans le Sundgau, a rappelé Dorette Tuchscherer, coordinatrice de la commission animation.

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