Vie professionnelle

Élections Chambre d'agriculture Alsace

Doublé gagnant pour les listes FDSEA-AVA-JA

Publié le 06/02/2019

Les élections Chambre ont rendu leur verdict mercredi 6 février. Les listes d’union FDSEA-AVA-JA conservent la majorité dans les deux départements alsaciens. La participation recule légèrement, mais reste bien supérieure à la moyenne nationale. Autre enseignement : le vote électronique, utilisé pour la première fois, n'a pas révolutionné les habitudes des électeurs.

• Les listes d'union en tête dans le collège des exploitants Les résultats sont tombés dans la soirée de mercredi. Sans grande surprise, les listes FDSEA-AVA-JA conservent leur majorité auprès du collège des exploitants. Cet électorat est le plus scruté car il représente 18 des 33 sièges alloués à chaque département à la Chambre d'agriculture d'Alsace.  Dans le Bas-Rhin, la liste d’union enregistre 63,54 % des voix et place quinze colistiers. La Coordination Rurale compte 23,92 % des voix et conserve deux sièges. La Confédération paysanne, avec 12,55 %, conserve un siège. Dans le Haut-Rhin, la liste d’union s’impose avec 67,39 % des voix et obtient quinze sièges. La Confédération paysanne, avec 17,44 % des voix, maintient ses deux sièges et la Coordination Rurale conserve un siège avec 15,17 %. Avec 63,54% des votes (61,25% de participation), la liste @FDSEA67 /JA/AVA remporte 15 sièges sur 18 dans le collège 1 des #ECA2019. Merci pour votre confiance et votre participation, ensemble nous serons à la hauteur des défis! #FNSEA — FDSEA du Bas Rhin (@FDSEA67) February 7, 2019 Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a assisté à toute la journée de dépouillement. Il se dit satisfait du taux de participation alsacien « qui garantit la représentativité du monde agricole. Faire 60 % à une élection professionnelle, c’est une belle performance aujourd’hui. » Un point de vue partagé par Denis Ramspacher, tête de liste de la FDSEA-AVA-JA : « ce résultat traduit le travail réalisé sur le terrain avec des gens connus et reconnus. Cela permet d’envisager un travail serein pour l’agriculture alsacienne. » Denis Nass, tête de liste dans le Haut-Rhin remercie lui aussi tous les agriculteurs « qui ont considéré que le vote était important. Je souhaite que l’agriculture puisse désormais se mettre en mode projet et non plus en mode contraintes. »   • Un paysage syndical stable Comme on pouvait s'y attendre, le rapport de force entre les syndicats reste inchangé par rapport à la précédente mandature. Chaque organisation remporte le même nombre de sièges que lors des élections de 2013. Mais la liste d'union accuse une légère baisse dans les pourcentages de vote.  Dans le Bas-Rhin, la liste FDSEA-AVA-JA (63,54 %) perd 5 points comparé à 2013 (68,31%). La Coordination rurale gagne trois points dans la même intervalle. Le syndicat passe ainsi de 20,45 % en 2013 à 23,92 % cette année. La Confédération paysanne remporte un point supplémentaire, de 11,23 % à 12,55 %.  Dans le Haut-Rhin, l'alliance FDSEA-AVA-JA recule de quatre points. Elle pointe à 67,39 % contre 71,66 % en 2013. La Confédération paysanne conserve sa deuxième place et gagne un peu moins d'un point. La Coordination rurale progresse de 3,5 %.    • La participation tient le coup Au niveau national, les chiffres de la participation s’annoncent partout en baisse. En Alsace, l’érosion est perceptible dans une moindre mesure. Le collège des exploitants mobilise 56,8 % des électeurs alsaciens, soit un recul de participation de 3,9 points. Les agriculteurs bas-rhinois ont voté à 61,1 %. Les Haut-rhinois à 50,7 %. Juste au-dessus de la barre symbolique des 50 %. Mais au niveau national, c'est la dégringolade. Le chiffre de 45 % de participation des exploitants est avancé. Soit 10 points de moins que lors du scrutin de 2013 ! Le collège des salariés enregistre les plus fortes baisses. Dans le Bas-Rhin le collège 3A (salariés de la production) chute ainsi de 29,3 % en 2013 à 21,4 % cette année. Dans le Haut-Rhin, il passe de 23,3 % à 18,8 %. Pire. Les salariés des groupements professionnels du Bas-Rhin (collège 3B) décrochent de 9 points. Ils étaient 24,4 % à voter cette année contre 33,1 % en 2013. Leurs voisins haut-rhinois se sont mobilisés à 26,7 % contre 32,3 % lors du scrutin précédent.  Les anciens exploitants se situent au-dessus de la moyenne nationale avec un taux de participation de 39,4 % dans le Bas-Rhin et de 35,1 % dans le Haut-Rhin. En légère baisse par rapport à 2013 (respectivement 1 et 3 points).     • Le vote électronique fait un flop Le vote en ligne a été mis en place pour la première fois. On pouvait imaginer que ce nouvel outil boosterait la participation générale. Perdu. Seulement 9,44 % des électeurs ont été séduits par le vote internet. Les autres restent attachés aux bon vieux bulletins papier. Le collège des exploitants (collège 1) s’est davantage emparé de cet outil avec 21,46 % de vote électronique. En Alsace, le vote par internet est légèrement au-dessus de la moyenne : le Bas-Rhin se place à 11,5 % tous collèges confondus, et à 25,1 % pour le collège 1. Un électeur sur quatre a choisi cette voie pour s’exprimer. Le Haut-Rhin enregistre un taux de vote électronique de 10,4 % tous collèges confondus, et de 20,8 % pour le collège 1, soit un électeur sur cinq. L’ensemble des départements métropolitains se situent dans une moyenne de participation électronique de 5,5 % à 15 %. Les seuls départements qui se distinguent sont ceux de l’île de beauté : la Corse du Sud performe avec 34,4 % de vote électronique et 77,5 % dans le collège 1. La Haute-Corse se place en 2e position avec 32,6 % et 60,2 %. Les collèges des propriétaires et des anciens exploitants ont été peu convaincus par la proposition internet. Par contre, elle a été plébiscitée par les électeurs des collèges 5 (mutuelle agricole, organisations syndicales, sociétés coopératives...).

FDSEA - Cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill

Se « réconcilier » avec la société

Publié le 01/02/2019

En plus des habituels dossiers syndicaux, l’assemblée générale des cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill de la FDSEA du Haut-Rhin a permis de débattre sur la nécessité, pour le monde agricole, de recréer du « lien » avec la société civile.

Comment recréer du lien avec la société ? Cette question a animé les discussions lors de l’assemblée générale des cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill de la FDSEA du Haut-Rhin. D’un côté, il y a le monde agricole avec ses codes, son vocabulaire, ses connaissances, ses certitudes aussi. De l’autre, il y a une société « qui part dans tous les sens » résume Thierry Engasser, agriculteur à Hombourg. Dans ce monde qui défile à cent à l’heure, l’agriculture peine à s’accrocher au wagon, peine à se faire comprendre d’une société de plus en plus urbanisée, en déconnexion progressive avec ses origines rurales. Pourtant, il ne peut y avoir de société sans agriculture, comme il ne peut y avoir d’agriculture sans quelqu’un pour acheter et consommer les produits au bout de le chaîne. Alors que faire pour recréer un « pont » entre l’un et l’autre ? Pour le président du canton de la Hardt, Jean Goetz, il va falloir mettre en place une « communication positive » du métier dans laquelle on doit aussi parler du « bien-être de l’agriculteur ». « C’est vrai qu’il y a une pression sociale sur le glyphosate. Il y a pourtant pour le moment peu de solutions alternatives qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, malgré les exigences qu’on peut avoir à notre égard, et le fait qu’on ne tienne pas compte des efforts qu’on fournit, il faut rester positif. » Thomas Thuet, agriculteur à Rumersheim-le-Haut, et ex-président de la Coopérative Agricole de Céréales, est lui plus circonspect. « Tout ce que je constate, c’est qu’on assiste à une perte de rentabilité de nos exploitations depuis dix ans. Et clairement, je ne vois pas d’issue. » Il se demande au passage si la profession agricole n’aurait pas dû s’associer au mouvement des Gilets Gaunes pour faire entendre sa cause. « Ils nous ont piqué la ruralité. Qu’est-ce qui nous reste maintenant ? Nous, on récupère des clopinettes quand on manifeste. Eux ont réussi à débloquer des milliards. » Tête de liste aux élections Chambre sous la bannière FDSEA/JA/AVA, Denis Nass se veut, lui, plus confiant sur l’avenir de la profession. « Plus de 75 % des gens soutiennent les paysans. Alors, arrêtons d’être complexés et tâchons de croire en nous-mêmes ! Oui, nous devons changer. Oui, nous devons innover. Et c’est à chaque agriculteur sur son territoire d’être un acteur de cette innovation. Nous avons des belles choses sur nos territoires, il faut en avoir conscience. Nous, on peut irriguer par exemple, c’est une chance que tout le monde n’a pas. » Trouver des « alliés » sur les territoires Être « bon », produire mieux, créer de la valeur ajoutée sont autant de solutions que prône Thierry Engasser. « On ne peut pas lutter contre les changements qui ont lieu autour de nous. On ne peut pas être nostalgique et répéter que c’était mieux avant. Non, maintenant nous devons déjà réussir à anticiper l’année prochaine. Et pour y arriver, nous devons, entre autres, nous réconcilier avec les gens. Si nous n’y arrivons pas, nous allons être marginalisés. » C’est dans cet esprit de dialogue et d’ouverture que Denis Nass souhaite créer un débat avec la société civile « tous les deux mois » à la Chambre d'agriculture en cas de victoire aux élections. « On pourrait ainsi échanger et répondre aux questions qui peuvent se poser quant à nos métiers. » Dans sa commune de Roggenhouse, Danielle Bras a pris les devants. Mais plutôt que d’organiser des tables rondes où l’on discute, elle s’est rapprochée de la directrice de l’école communale pour faire découvrir la filière céréalière aux quinze élèves de primaire. Une bonne manière selon elle d’insuffler des connaissances à des jeunes déconnectés de l’agriculture, aussi ruraux soient-ils. « Combien d’enfants d’aujourd’hui ont encore quelqu’un de leur famille dans le monde agricole ? Avant, on avait tous un grand-père, un oncle ou son père qui était dans le métier. Ce n’est plus le cas maintenant. Du coup, les savoirs se perdent. La connaissance est pourtant la base de tout. » L’agricultrice et vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace est persuadée qu’un partenariat avec l’Éducation Nationale serait une idée à creuser. Dans son cas, la maîtresse de l’école de Roggenhouse a décliné l’agriculture dans différentes matières comme les SVT, la géographie ou l’histoire. « Plus les enfants en savent, plus ils sont demandeurs de plein de choses », précise-t-elle. Si une telle initiative mérite d’être creusée, il va néanmoins falloir du temps avant que ces enfants deviennent des adultes décisionnaires et influenceurs auprès de leurs pairs. C’est pourquoi le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, propose de trouver des « alliés » sur le territoire. « Avec les associations de consommateurs, il faut savoir si on peut trouver des points de convergence. Idem avec Alsace Nature avec qui il ne faut pas avoir de tabous. Il faut les écouter tout en essayant de les convaincre. Ça ne sera pas facile de mettre tout le monde de notre côté, mais il faut le faire. »

Publié le 31/01/2019

Vendredi 25 janvier dernier, s’est tenu le dernier Bureau de la Chambre d'agriculture Alsace, au domaine Jacques Cattin à Voegtlinshoffen.

Lors de ce Bureau, les membres ont traité les derniers sujets et dossiers de la mandature. À la fin de la réunion, Laurent Wendlinger a pris la parole autour d’un verre pour retracer sa carrière et dire toute la fierté qu’il a eue de présider avec Jean-Paul Bastian, la 1re mandature de la Chambre d'agriculture de région Alsace, devenue depuis la Chambre interdépartementale Alsace. Avant que le président ne lève son verre, Denis Ramspacher a pris la parole à son tour pour lui adresser un vibrant hommage, rappelant qu’il a été le moteur avec Jean-Paul Bastian de la fusion de la Chambre d’agriculture Alsace. Il a également mis en avant les grandes valeurs humaines de Laurent Wendlinger, le bon sens qui le caractérise et un engagement sans faille faisant de lui un président reconnu de tous. Il a reçu une médaille de reconnaissance et de mérite au nom de la Chambre d'agriculture.

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