Vie professionnelle

Employeurs de main-d’œuvre agricole

Le prélèvement à la source « démystifié »

Publié le 25/02/2019

En vigueur depuis le 1er janvier 2019, le prélèvement de l’impôt à la source suscite de nombreuses interrogations pour les employeurs de main-d’œuvre agricole. La dernière réunion annuelle Emploi FDSEA/AVA du 6 février dernier a permis, entre autres, de faire le point sur le dossier chaud de ce début d’année.

Source de problèmes ou source de facilité ? Le prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source interroge les employeurs de main-d’œuvre agricole. Certains se voyant ainsi devenir « percepteurs à la place de l’État » avec toutes les contraintes qui vont avec. Afin de « démystifier » ce dossier, l’Association des viticulteurs d’Alsace, et les FDSEA du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont invité François Huppert, coordonnateur du prélèvement à la source aux finances publiques du Grand Est, lors de la réunion annuelle employeurs qui s’est déroulée le 6 février. Avec cette réforme, l’entreprise a comme responsabilité de reverser à l’administration fiscale le montant de l’impôt déduit de la fiche de paie du salarié. S’il n’effectue pas le prélèvement, c’est perçu comme un non-versement des charges sociales et salariales. « C’est là la plus grosse responsabilité de l’employeur. S’il est honnête, il n’y a pas lieu d’arriver à ce genre de situation », explique François Huppert. En cas de « défaillance » de l’employeur, l’administration fiscale ne va pas réclamer à nouveau le paiement de l’impôt au salarié. « Si on peut justifier que la paie a bien été amputée par le prélèvement à la source, ça sera pris en compte lors du calcul du montant de l’impôt en fin d’année », précise François Huppert. Concernant le taux du prélèvement, l’employeur n’a rien à faire. C’est l’administration qui le calcule directement en fonction des informations fournies par le salarié. Même si ce prélèvement à la source « induit des changements » confie Joseph Lechner, président de la Commission paritaire régionale de l’emploi (CRPE) Agriculture Grand Est, il ne devrait pas bouleverser les habitudes des employeurs de main-d’œuvre agricole dans la mesure où il est totalement intégré à la DSN. « Certes, il y a un léger poids pour les entreprises car cela nécessite une mise à jour des logiciels. Mais objectivement, cela reste assez marginal », argumente François Huppert. Dans beaucoup de situations en effet, la gestion des fiches de paie est sous-traitée à une société d’expertise-comptable. Et pour celles et ceux qui utilisent le Tesa, c’est la MSA qui joue le rôle de collecteur. « Dans ce cas, le montant du prélèvement à la source est inclus dans les charges que vous payez à la MSA. Et nous nous occupons de reverser l’impôt aux services fiscaux », clarifie Marie-Eve Schnoebelen, conseillère à la MSA d’Alsace. Stéphane Chaise, responsable de la commission sociale à l’Ava reste néanmoins sceptique sur ce prélèvement à la source. « On était jusqu’à maintenant dans une logique de simplification administrative. Là, on ne la ressent pas, notamment pour les petites PME. » François Huppert le reconnaît : « C’est vrai, le prélèvement à la source n’a pas été conçu pour simplifier la vie des entreprises. Il l’a été avant tout pour faciliter le paiement de l’impôt sur le revenu. »

Assemblée générale Planète Légumes

Une place qui se consolide dans le Grand Est

Publié le 20/02/2019

La station Planète Légumes confirme année après année son rayonnement dans la région Grand Est. En plus de ses missions premières d’expérimentation et de recommandation, elle est maintenant sollicitée par les collectivités et les agriculteurs pour d’autres domaines d’expertise comme la création de serres, les économies d’énergie ou le stockage des fruits et légumes.

Petit à petit, Planète Légumes trace sa route dans la région Grand Est et en France. Créée à l’origine en Alsace, la station d’expérimentation est de plus en plus sollicitée par des agriculteurs et des collectivités au niveau du Grand Est pour des projets de méthanisation, de créations de serre, de stockage des fruits et légumes, ou d’économies d’énergie. « Nous sommes reconnus en tant qu’experts sur ces points. Il nous manque encore la compétence pour les études économiques et les coûts de distribution dans les différents circuits de commercialisation », souligne le président de Planète Légumes, Pierre Lammert. Si le développement en Grand Est a été favorisé par la relation étroite tissée avec la Chambre d'agriculture régionale, il y a encore un peu de travail de promotion à faire auprès des chambres départementales lorraine et champardennaise. « C’est une démarche essentielle pour nous faire connaître. Beaucoup de départements ne savent pas ce qu’on fait au niveau des légumes », poursuit Pierre Lammert. Dans le Grand Est, Planète Légumes est en effet la seule station légumière sur les trois stations expérimentales existantes. Une station régionale dans un réseau national Elle a la chance de pouvoir s’appuyer sur une filière « bien structurée » dans la grande région. Encore plus depuis la signature du contrat de filière en 2018 avec le Conseil régional. « Cela a été une avancée importante pour la collectivité mais aussi pour les professionnels », se félicite Pierre Lammert. Parmi les points qui composent ce contrat de filière, l’expérimentation occupe une place essentielle. « C’est avec elle que nous pouvons apporter des nouvelles solutions et des conseils pointus à nos producteurs. C’est une étape clé pour une meilleure compétitivité de l’exploitation, et cela offre des perspectives à pour les jeunes qui souhaitent s’installer », continue le président de Planète Légumes. Des problématiques qui ne sont pas que régionales mais aussi nationales. À ce titre, la présence de Planète Légumes au sein de l’association nationale des stations d’expérimentation fruits et légumes, Irfel, est « plus qu’enrichissante » pour les techniciens. « Sur la trentaine de stations expérimentales qui existent en France, 25 stations font partie de cette association. Du coup, on peut avoir de nombreux échanges sur les différentes problématiques que nous rencontrons », indique Pierre Lammert. Dans cette quête continue d’amélioration et d’expertise, Planète Légumes peut compter sur le soutien financier de divers organismes : la Chambre régionale d’agriculture à hauteur de 100 000 euros, mais aussi le Conseil régional, les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la Draaf, le Casdar les BSV d’Alsace et de Lorraine ou encore l’Agence de l’Eau. Un panel de partenaires qui légitime encore davantage les missions principales de Planète Légumes : répondre aux problématiques des producteurs, être force de proposition et anticiper les besoins des consommateurs. La station expérimentale donne d’ailleurs rendez-vous à ces derniers du 3 au 13 octobre prochain au Parc des expositions du Mulhouse à l’occasion de la nouvelle édition de Folie’Flore dédiée aux fruits et aux légumes.  

Publié le 20/02/2019

La dynamique perdure au club Holstein 68. L’année 2018 a permis à de nombreux éleveurs d’être présents sur de nombreux concours et de mettre en valeur la race. 2019 doit pérenniser cet état d’esprit positif. Réunis en assemblée générale mercredi 13 février à Ranspach-le-Bas, les professionnels ont également honoré l’un des leurs, Thomas Prinz. Il s’est vu remettre le mérite agricole.

Avec ses 45 adhérents et ses 3 444 vaches, le club Holstein 68 que préside David Butsch cherche avant tout à positiver, en dépit d’une année 2018 difficile au niveau économique et météorologique. Néanmoins, cette réalité n’empêche pas les éleveurs d’aller de l’avant. « Nous venons de vivre une superbe année avec le club Holstein 68. Nous avons organisé une sortie technique en Suisse qui nous a permis, notamment, de visiter la Waebera, une ferme et coopérative agricole très intéressante. Des échanges entre éleveurs ont rehaussé encore davantage cette journée. Nous avons également participé au concours de la Holstein à Brumath dans le Bas-Rhin avec 17 animaux. Nous avons proposé une journée de formation chez Thomas Prinz dans le cadre de l’école des jeunes présentateurs. Et nous étions représentés au SPACE à Rennes avec trois animaux du Gaec Gutzwiller », explique David Butsch. Six élevages et quinze animaux se sont également rendus à Lausanne pour la Swiss Expo. Sans oublier, évidemment, la foire Simon et Jude à Habsheim fin octobre. « Partout, nous sommes représentés. Partout, nous progressons et nous mettons en valeur la Holstein », se félicite David Butsch. Et les projets ne manquent pas. À commencer par cette présence annoncée à la confrontation européenne à Libramont en Belgique, les 12 et 13 avril prochains. Génotypage et carrière des vaches Si les éleveurs et leurs vaches obtiennent ces résultats et ces places d’honneur dans les concours, c’est aussi en raison de la qualité du cheptel dans le département. De nombreux professionnels suivent le programme de génotypage qui leur permet de mieux connaître le potentiel génétique de leurs génisses. Cette connaissance nouvelle leur permet d’avoir le choix, d’anticiper, d’avoir différents index pour les animaux à utiliser en fonction de leur système d’élevage. En 2018, quelque 200 génotypages ont ainsi été effectués dans le Haut-Rhin. Ce qui représente 25 à 30 exploitations. Une génisse génotypée permet de connaître sa suite. La génétique progresse. L’assemblée générale a permis d’analyser tous les résultats techniques des troupeaux, pour la Holstein, mais aussi toutes races confondues. Un focus a été réalisé sur la Holstein dans le Haut-Rhin. Trois élevages ont été honorés pour l’une de leurs vaches qui ont dépassé les 100 000 kg de lait : 8 735 (Heldostar) avec 118 550 kg du Gaec Karrer de Ranspach-le-Bas, sortie le 17 août 2017, SH Bianca (Mr Sam) avec 107 210 kg du Gaec du Trèfle Blanc de Gommersdorf, et Sissia (Blitz) avec 104 137 kg de l’EARL Prinz d’Hausgauen. Visite de la ferme Butsch Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité la ferme de leur président, David Butsch. Ce dernier s’est installé avec son frère Mickaël sur l’exploitation familiale à Ranspach-le-Haut en 2014. Un million de litres de lait y est produit. On trouve dans le nouveau bâtiment entièrement robotisé 123 places pour les animaux. Les Butsch occupent 134 hectares de surface agricole utile (SAU) pour les cultures de maïs (fourrage et grain) et de blé, mais également pour les prairies permanentes et temporaires. Entre deux maïs, il y est produit du méteil qui est riche en protéagineux pour l’alimentation des bovins. La moyenne est de 33 kg de lait par vache avec des TP de 33,5 et des TB de 42,5. Dans son travail, David Butsch a opté pour une augmentation de la part de semence sexée et, par conséquent, un fort taux de croisement. De nombreux taureaux ont fait leur preuve et sont utilisés comme critères de sélection pour la qualité du cheptel.

Pages

Les vidéos