Vie professionnelle

Publié le 05/03/2019

Installé dans de nouveaux locaux à Sainte-Croix-en-Plaine, le Cerfrance Alsace développe ses activités, notamment de comptabilité et de conseil en patrimoine. L’association connaît un changement dans sa direction. Tout en restant dans la structure, Sylvie Venner, directrice du centre de comptabilité depuis 1999, a souhaité quitter ses fonctions. Elle est remplacée par Blandine Coutelas, directrice du Cerfrance des Vosges depuis 2010.

Pour sa huitième assemblée générale en tant que président, Paul Deguille n’a pas caché sa fierté : les activités de Cerfrance Alsace sont en croissance. De plus, le déménagement du centre de comptabilité à une autre adresse, toujours situé dans la zone industrielle de Sainte-Croix-en-Plaine, n’a pas causé de difficulté. Au contraire, le centre est désormais propriétaire de ses murs. Des locaux parfaitement adaptés au travail des 21 salariés répartis en deux équipes dirigées par Véronique Herrscher et Jean-Marc Heinrich. La tenue de la comptabilité reste l’activité principale du centre avec 564 dossiers traités en 2018. Le suivi agricole est majoritaire (78 %) devant les clients liés à l’artisanat, au commerce et aux services (19 %) et aux SCI, CUMA et autres entreprises (3 %). « Nous ouvrons à tout type de comptabilité. Nous sommes en effet membres du conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables depuis 2006. Et notre travail est apprécié pour sa proximité, son sérieux, son efficacité. Notre fourchette de facturation va de 450 € à 6 200 €. L’agrément des dossiers est vérifié par CE.GEST.I qui est un centre de gestion lui-même agréé par l’administration fiscale », explique Paul Deguille. Créé à l’initiative des fédérations de la boulangerie de Meurthe-et-Moselle et de Meuse, le CE.GEST.I a depuis élargi son champ d’intervention. Aujourd’hui, il est un véritable « centre gestion interprofessionnel » qui s’adresse à toute entreprise agricole, industrielle, commerciale et artisanale, relevant de l’impôt sur le revenu (IR) de Lorraine et d’Alsace. C’est lui qui, pour le Cerfrance Alsace, effectue des examens périodiques de sincérité sur les dossiers ou vérifie les déductions fiscales. L’actualité fiscale, et plus généralement de comptabilité, est en pleine évolution. Les salariés de Cerfrance Alsace doivent ainsi répondre à leurs clients concernant leurs déclarations fiscales avec, par exemple, la déduction d’épargne de précaution, la suppression de la déduction pour investissement (DPI) et celle pour aléas (DPA) dans le cadre de la réforme de la fiscalité agricole. Il faut également s’intéresser au prélèvement à la source avec les risques cette année d’un double prélèvement pour certaines entreprises. « Nous avançons ensemble » La seconde grosse activité, celle du conseil patrimoine, se fait en collaboration avec les Cerfrance des Vosges et de la Moselle. Il s’agit de dossiers concernant la protection de la famille, l’optimisation des placements, l’anticipation de la transmission. Pour chaque dossier, le centre est présent pour fournir un travail de conseil neutre et indépendant. Toutes ces activités se font dans le cadre d’un budget général qui est contraint d’un peu plus d’1,20 M€ avec un minimum d’excédent. En 2019, les nouveautés ne manqueront pourtant pas. À l’image du changement de logiciel comptable et de la bascule vers Isagri. Là également, en lien avec les Cerfrance des Vosges et de la Moselle. La saisie se fera toutefois dans Isanet pour la clôture 2019. À noter également ce partenariat annoncé avec le Ciceva. L’objectif étant de renforcer les compétences des salariés du Cerfrance Alsace et d’asseoir le conseil. C’est dans ce cadre, et au sein du réseau des 64 Cerfrance avec leurs 700 agences, 12 000 collaborateurs et 320 000 adhérents, que le centre va évoluer dans son fonctionnement interne. « Notre directrice depuis 1999, présente à la création du Cerfrance Alsace, nous a fait part de sa volonté de quitter la direction tout en restant parmi nous. Cela implique une gouvernance différente. Nous avons pris la décision de là remplacer avec une embauche sous forme de mise à disposition. C’est Blandine Coutelas, directrice depuis 2010 du Cerfrance de Vosges, qui a été désignée. Nous nous connaissons déjà et nous travaillons déjà ensemble sur de nombreux dossiers. Cela va nous permettre de continuer la mutualisation en cours à l’échelle des trois départements. Nous avançons ensemble », se félicite Paul Deguille. L’assemblée générale s’est terminée avec une conférence sur le thème du foncier agricole. La directrice du Ciceva, Marie-Christine Maillard, la conseillère « Pôle Patrimoine » pour le Cerfrance Alsace-Vosges-Moselle, Léa Thouvenot, et Maître Jean-Marc Hassler, notaire à Wittelsheim, ont échangé sur ces liens profonds qui lient les agriculteurs à leurs terres agricoles et la réalité économique. Léa Thouvenot a ainsi évoqué l’indivision - où plusieurs personnes ont des droits de même nature sur un même ou plusieurs biens -, une situation le plus souvent subie et imposée. « Dans tous les cas, on vous encourage à être dans l’anticipation », a-t-elle précisé.

Salon international de l’agriculture 2019

Le stand Grand Est, symbole d’une co-construction intelligente

Publié le 28/02/2019

Le 26 février sonnait le lancement officiel du Salon international de l’agriculture pour la Région Grand Est. Au cœur du hall 3, où flottent les odeurs des produits des quatre coins de la France, les représentants de la Région ont convié les amis des régions historiques de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine et de l’Alsace.

Dans le brouhaha qui caractérise tout salon parisien, Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, a ouvert le temps des discours en saluant ce « moment sacré pour l’agriculture ». Tout en revenant sur les trois dernières années marquées par une conjoncture difficile, il a noté que « le moral des agriculteurs est reparti à la hausse en 2018 ». Parmi les défis de la Chambre, Jean-Luc Pelletier a tenu à mettre en avant la nécessité de « répondre à des attentes sociétales précises, amplifiées par les médias, mais qui révèlent aussi des évidences ». Pour réussir cela, il est donc impératif de développer des pratiques respectueuses et innovantes comme avec le pacte de responsabilité défendu par la FNSEA. Une collaboration étroite entre l’administration et les syndicats qui s’écrit comme « une belle histoire qui ne peut que continuer avec une nouvelle équipe fraîchement élue ». Jean Rottner, président du Conseil régional du Grand Est, a longuement énuméré les actions de la région pour l’agriculture. Présentant notamment une nouvelle phase d’action : « La ferme du futur », qui verra, par exemple, se débloquer un fonds pour la modernisation des 17 lycées agricoles du Grand Est. Avec fierté, il a aussi souligné les progrès de la filière bio alors que le Grand Est est à la tête de la production française de lait bio. Le Grand Est, c’est aussi le premier vignoble à s’être engagé à cesser d’utiliser des herbicides d'ici 2025. Il a ensuite évoqué les actions menées en faveur de la bioéconomie, en premier lieu, la méthanisation qui mobilise un investissement de 40 M€ de la Région. « Le Grand Est se différencie, c’est tout à fait nécessaire », a-t-il affirmé. Invité à l’événement, le député président de la région Paca, Renaud Muselier, a finalement rappelé à l’audience le rôle essentiel du « bon sens paysan qui façonne nos territoires ». Du Nord au Sud, la France s’est rassemblée aujourd’hui en son centre pour montrer à tous la solidarité qui lie les agriculteurs de toutes les régions. Une région généreuse et charmante Les discours ont été suivis par un cocktail au goût de bière et de champagne, de munster et de fromage marcaire. Ce dernier était d’ailleurs à l’honneur, puisque c’est autour d’un exemplaire de belle taille, produit pour l’occasion que le public s’est rassemblé. C’est Jean-Luc Georges, exploitant retraité de la Fromagerie de l’Ermitage à Bulgnéville près de Vittel, qui a eu le plaisir de créer ce fromage unique avec 500 litres de lait. Il n’en fallait pas moins pour régaler le public et les curieux de passage sur le stand du Grand Est. Comme l’a dit Jean Rottner, cette inauguration était « généreuse à l’image de ce fromage, et charmante, à l’image de Margaux, reine des vins d’Alsace 2018 », également présente pour l’occasion.

Mobilisation des éleveurs devant le Buffalo Grill de Cernay

La viande « locale » manque au menu

Publié le 28/02/2019

Vendredi dernier, la FDSEA et les JA du Haut-Rhin ont mené une action devant le Buffalo Grill de Cernay pour exiger la transparence des approvisionnements en viande et la mise en avant de l’origine française sur les cartes. Une opération pour sensibiliser les consommateurs et prouver que des steaks hachés « locaux » pourraient très bien être intégrés aux menus du restaurant.

« Chouette, on va au Buffalo Grill ! » Pour beaucoup d’enfants, ce restaurant franchisé est synonyme de « bons trucs à manger », de jouets offerts et d’une ambiance sympa. Un établissement qui a fait de la viande - bovine majoritairement - l’ingrédient principal de la plupart de ses plats. Et il y a le choix : steak haché façon bouchère, steak aux trois poivres, entrecôte, etc. La liste est longue pour satisfaire les clients les plus carnivores. Sur la carte, on distingue ici et là quelques drapeaux français confirmant que la viande provient bien d’élevages de nos terroirs. Un bleu blanc rouge pas assez présent pour les éleveurs haut-rhinois. Le 22 février, une trentaine d’entre eux s’est réunie devant le Buffalo Grill de Cernay suite à l’appel national lancé par la Fédération Nationale Bovine (FNB). Avec deux tracteurs, quelques banderoles, des tracts et un barbecue, ils s’étaient fixé un objectif simple : sensibiliser les clients du restaurant sur l’origine des viandes qui leur sont servies dans ce type d’établissement. Le tout, dans une ambiance bon enfant avec dégustation de steaks hachés « locaux » à la clé. « C’est une première action « light » pour faire passer un message auprès du public, et aussi pour que les choses qui ont été dites durant les États Généraux de l’Alimentation (EGA) soient désormais mises en œuvre », explique le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. La contractualisation, c’est possible Ces EGA, qui se sont traduits par une loi promulguée le 1er novembre 2018, ont abouti à plusieurs choses : la prise en compte des enjeux environnementaux et de territoire liés au modèle d’élevage français, une attention renforcée de la qualité et de la traçabilité des produits, et donner la priorité à l’approvisionnement local et régional des produits agricoles. « Pour la viande bovine, on est clairement loin du compte pour le moment en restauration hors foyer. Seuls 30 % viennent des élevages français, le reste provient des pays étrangers, avec l’achat au plus bas prix qui prédomine », déplore Pascal Wittmann. Outre Buffalo Grill, d’autres enseignes comme Courtepaille et Compass sont pointées du doigt par les agriculteurs pour « faire la sourde oreille à leurs attentes ». Pourtant, on peut être un grand groupe de restauration et privilégier le « local » pour l’origine de sa matière première. C’est le cas de McDonald’s - décriée par certains comme « l’icône de la malbouffe » - qui pratique la contractualisation avec ses fournisseurs agricoles français, que ce soit pour les pommes de terre, le blé ou la viande. En 2016, McDonald’s France a ainsi acheté 280 000 tonnes de matières premières agricoles françaises, soit 70 % de ses besoins ; le reste provenant d’autres pays de l’Union Européenne. « Comme quoi c’est possible », fait remarquer le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing. Des steaks hachés « locaux » bientôt au menu ? Bien conscients que tout ne pourra pas être révolutionné du jour au lendemain, la FDSEA et les JA du Haut-Rhin aimeraient faire évoluer les rapports avec Buffalo Grill en commençant « doucement ». « Nous pourrions leur fournir les steaks hachés dont ils ont besoin. Dans l’état actuel des choses, c’est quelque chose qui serait réalisable », indique Ange Loing. D’autant plus que ces steaks hachés haut-rhinois sont standardisés comme ceux qui sont servis actuellement dans les restaurants de la franchise. « Ça serait un bon début. Après, on pourrait très bien envisager des discussions autour de produits plus nobles », poursuit le président des JA 68. Cette demande a en tout cas été adressée à la responsable régionale de Buffalo Grill. Celle-ci a par ailleurs assuré que la marque s’approvisionnait « majoritairement » depuis les élevages bovins français. « Nos logiques d’achat privilégient les origines France afin d’assurer des débouchés aux éleveurs français et une qualité reconnue pour nos consommateurs. Notre enseigne offre ainsi 60 % de viandes bovines origine France. De plus, 100 % de nos steaks hachés, de nos carpaccios et de nos tartares sont VBF. Nos équipes travaillent au quotidien à ce que les origines France représentent une part plus importante de nos approvisionnements. » Du côté des syndicats agricoles, le scepticisme reste de mise face à cette réponse. « Quand on regarde leurs cartes, ce n’est pas vraiment l’impression qu’on a. Je pense que pour lever toute ambiguïté, il faudrait indiquer l’origine pour chaque viande proposée sur la carte histoire que cela soit vraiment transparent vis-à-vis des consommateurs », estime Pascal Wittmann. « Manger mieux et local » Les clients rencontrés devant le restaurant semblent découvrir la problématique liée à l’origine de la viande. « Je n’imaginais pas qu’il y avait aussi peu de viande française », glisse, un peu étonnée, une jeune maman accompagnée de son fils en bas âge. « On leur explique aussi qu’on est en concurrence avec une viande qui n’a pas les mêmes cahiers des charges que nous, et qui vient de pays où la main-d’œuvre coûte quatre à cinq fois moins chère. Ils découvrent également qu’on peut mettre un étiquetage français du moment que la viande est transformée et conditionnée chez nous », ajoute Pascal Wittmann. Enfin, le dernier message que souhaitent faire passer les professionnels avec ce type de manifestation, c’est l’importance de l’élevage pour la préservation du paysage tel qu’on le connaît aujourd’hui. « Cela fait des années que l’élevage est en difficulté. Heureusement qu’on a notre abattoir de proximité pour valoriser une partie de notre production en vente directe. Malgré cela, la situation de nos exploitations reste délicate. Beaucoup arrêtent le lait pour continuer à valoriser leurs prairies avec des races allaitantes. Mais si demain on disparaît, qui va s’occuper de ces espaces ? Alors on peut manger moins de viande comme beaucoup le suggèrent, mais dans ce cas il faut manger mieux et local », conclut Nicolas Dieterich, responsable bovins viande chez les JA 68.

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