Vie professionnelle

Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

Faire comprendre la réalité de nos métiers

Publié le 21/12/2018

Voici encore une année qui se termine. Originale sur le plan climatique, elle en a favorisé certains et en même temps, fait souffrir d’autres… Chaque nouvel épisode climatique exceptionnel nous oblige à modifier nos habitudes, à trouver d’autres solutions de productions, de stockages, d’entraides. C’est perturbant et stressant, mais ça nous permet aussi de l’innovation, même de l’audace parfois ! Dans un autre domaine, l’incompréhension, c’est ce mot qui semble le plus adapté pour décrire les attaques régulières, voire quotidienne que subit l’Agriculture. Il nous reste donc beaucoup de travail pour faire comprendre à tous, la réalité de Notre métier. Nos Assemblées Générales vont commencer. Il s’agit d’un moment important de la vie de nos organisations. Je compte sur la présence de tous ! 2019, va commencer par une échéance importante pour notre profession, les élections aux chambres d’agricultures. Vous aurez le devoir de choisir, les femmes et les hommes qui vont soutenir l’agriculture départementale dans les 6 années à venir. Toutes les voix sont importantes, alors ensemble votons et incitons tous nos collègues à voter. En attendant, je vous souhaite de passer d’agréables fêtes de fin d’année. Et bien évidemment, une merveilleuse année 2019 ! Qu’elle vous apporte la réussite dans tous vos projets autant personnels, familiaux que professionnels. Et dans tous les cas, nous serons à vos côtés !

Publié le 21/12/2018

La tendance actuelle est à la défiance, 2018 ne fait pas exception à la règle, au contraire. Tandis que l’agriculture subit les soubresauts de la météo, nous constatons le manque d’ambition de l’État pour notre secteur comme s’il était impossible de faire rimer l’un des plus anciens métiers de notre planète avec un peu d’économie. Offrir des paysages variés et manger une alimentation saine, n’intéressent pas nos dirigeants qui préfèrent surfer sur l’écologie de la décroissance, pour alimenter les palabres de certains soi-disant intellectuels, histoire de monopoliser les canaux d’informations. Cette course à la fracture de notre société qui repose sur l’invective nous a secoués toute l’année 2018 : les feuilletons L214, les campagnes de dénigrement des ONG, le glyphosate en sont les nombreuses illustrations. Et pourtant, dans un sondage de novembre (La Croix), 92 % des Français interrogés considèrent que l’agriculture est le secteur stratégique le plus important derrière l’énergie. Les Français aiment nos métiers mais affirment néanmoins (3 sur 5) que les aliments d’aujourd’hui sont moins sains et de moins bonne qualité qu’il y a 40 ans. Un sacré paradoxe pour ceux qui suivent la réalité scientifique et qui démontrent que le populisme est une arme redoutable. Nous aimons tous notre métier et nous acceptons ses aléas climatiques voire économiques. Mais le jeu politique qui vise à empiler des règles absurdes par méconnaissance de notre travail, qui nous prend pour des vaches à lait pour servir de gage écologique à gens en mal d’exister et surtout incapables d’honorer leurs engagements financiers, est ignoble. La révolution agraire française a offert ses lettres de noblesse à notre pays ; elle laisse la place aujourd’hui à une fonctionnarisation de l’agriculture basée sur des théorèmes absurdes mettant à vif les nerfs des plus sages. Cependant, nous pouvons être fiers de toutes nos filières, de notre savoir-faire et de notre écoute face aux attentes particulières de nos concitoyens, et ce travail mérite une juste rémunération. 2018 fut rude, rude par la sécheresse qui a déstabilisé nombre d’entre nous… Notre syndicalisme de terrain a été présent pour que chacun soit accompagné au mieux. C’est cela notre ADN, bien loin des clichés mais proche de toutes les entreprises agricoles. Notre agriculture se bâtit par notre expertise, nos apprentissages, notre proximité. Ces ingrédients sont essentiels pour affronter les négociations de la Pac, mais aussi pour faire reconnaître nos métiers sur chaque territoire de chaque commune. Les challenges sont nombreux et nous voulons partager avec chaque habitant, ici, la réalité, rapportée par le journal « The Economist » : « le modèle agricole français est le plus durable du monde »… Partageons ensemble cette ambition pour nous, nos familles et surtout soyons fiers du métier que nous faisons avec passion. En cette période de fête, mettons nos familles, notre famille agricole à l’honneur. goûtons, partageons et mangeons nos merveilleux produits de chez nous. À vous toutes et tous, je vous souhaite de merveilleuses fêtes de fin d’année et une très belle année 2019.

Chambre d’agriculture d’Alsace

Retrouver la confiance

Publié le 21/12/2018

2018 restera douloureusement dans nos mémoires après les attentats qui ont endeuillé Strasbourg et l’ensemble de notre pays. En cette période de fêtes, l’Alsace a été touchée au cœur avec le symbole de son marché de noël. Face à ce drame, l’actualité agitée des dernières semaines peut sembler parfois bien décalée. Mais force est de reconnaître que le malaise incarné par les « gilets jaunes » reste bien présent dans notre société. Les réseaux sociaux et les chaînes d’information alimentent en continu les inquiétudes et les colères qui se répandent sur les ronds-points, et bien au-delà. Les agriculteurs ne sont pas épargnés, loin s’en faut, par ce sentiment d’abandon, voire parfois de déclassement. Aux difficultés économiques et climatiques s’additionnent des critiques souvent injustifiées de leurs pratiques, de leur façon de produire, de leur mode d’élevage. Les agriculteurs vivent difficilement cette remise en cause systématique de leur métier alors qu’ils soignent et nourrissent leurs animaux avec passion, et qu’ils cultivent leurs champs avec raison. Il est malheureusement plus facile de faire la « une » de l’actualité en déversant de la peinture rouge devant une boucherie plutôt que de montrer le travail quotidien des éleveurs. Tout comme il est plus facile de passer au « 20 heures » en saccageant les Champs-Élysées que de manifester pacifiquement devant une préfecture. Il faut bien reconnaître que cette société de l’image instantanée et du direct peut poser un vrai problème pour le bon fonctionnement de notre démocratie et de nos institutions ! Nous l’avons tous constaté ces dernières semaines. Nos gouvernants doivent redonner du sens au dialogue social, ils doivent davantage considérer les corps intermédiaires, écouter et entendre leurs propositions. Et des propositions, la profession agricole alsacienne en a de nombreuses, pour trouver les bonnes solutions aux vrais problèmes des agriculteurs. Nos filières d’élevage doivent être soutenues et accompagnées en priorité pour éviter la décapitalisation et le découragement. La Région Grand Est s’est positionnée pour accompagner les éleveurs qui ont dû recourir à des achats de fourrage suite à la sécheresse. Les Départements aussi, ont affirmé leur volonté d’accompagner ces difficultés climatiques. La Chambre d’agriculture s’est engagée à assurer le rôle de « guichet unique » pour aider les éleveurs à monter leur dossier de demande. Les éleveurs concernés peuvent s’adresser dès aujourd’hui à leur ADAR ou au service Économie. Nous attendons toujours du Ministère de l’agriculture le classement de nos prairies en calamités agricoles… Il est nécessaire à l’avenir de se prémunir davantage contre ces aléas climatiques. L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée, avec une vraie politique fiscale adaptée. L’irrigation constitue aussi une réponse pertinente, pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau, y compris avec du stockage en l’absence de ressource disponible. Il faudra aussi stocker davantage de fourrages les bonnes années pour puiser dans les réserves quand c’est nécessaire. De nouveaux dispositifs ont été finalisés dans le « plan bâtiment » pour vous aider à investir dans ce sens. Mais il est évident que ces investissements ne sont possibles que si les revenus le permettent. Après plusieurs années compliquées, il faut que l’agriculture puisse retrouver des perspectives économiques plus favorables sur le moyen et le long terme. Nous faisons collectivement des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phyto. La Chambre d’agriculture s’emploie au quotidien pour vous accompagner, avec le concours de toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire qui sont bien conscientes que nous devons travailler de concert, pour préserver nos sols, préserver la qualité de l’eau et notre environnement en général. Nous travaillons pour mettre au point des techniques alternatives, pour développer l’agriculture biologique, mais toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation et des moyens d’accompagnement. Nous fondons beaucoup d’espoirs dans la recherche, l’innovation, le numérique pour trouver des solutions, pour éviter les impasses techniques ou économiques. Il faudra aussi nous mobiliser au niveau de l’Europe pour prendre les bonnes décisions sur la nouvelle PAC 2020. Le projet qui est aujourd’hui sur la table n’est pas satisfaisant ! Il faut maintenir un budget ambitieux et renforcer les outils de gestion du marché en cas de crise. Il n’est pas normal que tous les grands pays développés, USA en tête, protègent leurs agriculteurs contre les aléas du marché et qu’en Europe, on laisse libre cours à l’ultra libéralisme économique. Les agriculteurs français et européens ne peuvent pas lutter à armes égales avec des pays moins disant au niveau social, réglementaire et environnemental ! Nous avons besoin de plus d’Europe, de plus de protection, de plus de considération et surtout de moins de technocratie ! Nous devons redonner du sens et des perspectives pour l’agriculture de notre pays. L’agriculture reste un moteur de l’économie française et la garante du dynamisme de nos territoires. Nous devons surtout retrouver de la confiance. L’agriculture alsacienne dispose de solides atouts avec des filières diversifiées et un vaste bassin de consommateurs. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio ou le conventionnel. Avec Jean-Paul Bastian, dont nous saluons la mémoire, nous pouvons légitimement être fiers d’avoir construit une Chambre d’agriculture qui a su s’organiser au niveau de l’Alsace dès 2013, qui a su se remettre en cause et s’adapter aux évolutions institutionnelles. Nous sommes fiers d’avoir pu, avec tous les élus, avec l’ensemble de nos cadres et collaborateurs, insuffler cette dynamique qui a permis à la Chambre d’agriculture de se restructurer, de rester performante au service des agriculteurs et des viticulteurs de notre territoire. Nous vous souhaitons une excellente année 2019 avec beaucoup de satisfactions professionnelles et personnelles. Que cette nouvelle année soit pour vous et vos proches, source de joie, de bonheur, de santé et de réussite.  

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