À l’initiative des JA et de la FDSEA du Haut-Rhin
L’agribashing doit cesser !
À l’initiative des JA et de la FDSEA du Haut-Rhin
Publié le 20/12/2018
Les JA et leurs aînés de la FDSEA du Haut-Rhin ont tenu un marché paysan à prix coûtant mercredi après-midi 19 décembre à Altkirch. Une action originale pour sensibiliser le public à l’importance du « manger local », aux difficultés de la profession, et pour protester contre « l’agribashing ».
Organisée au pied levé, cette manifestation se voulait symbolique. « Après les événements de Strasbourg, nous avons renoncé à mener des opérations « coup de poing. On ne voulait pas créer de tensions supplémentaires, ni de soucis. Même si les dossiers compliqués sont très nombreux et mériteraient largement une manif et d’exprimer notre grogne », explique Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. Pour autant, les professionnels voulaient faire quelque chose, se mobiliser, être visibles. « On tenait à aller à la rencontre du public et discuter avec les gens. Nous voulons montrer que c’est possible de consommer en direct. Nous voulons également dénoncer et stopper ce dénigrement dont nous sommes victimes au quotidien. Cet « agribashing » doit maintenant cesser ! » ajoute Ange Loing, président des JA du Haut-Rhin. Les professionnels ont été entendus. Dès leurs premières prises de contacts avec la municipalité d’Altkirch. Cette dernière leur a réservé un large espace sur la place Xavier Jourdain, devant la Halle au Blé et la patinoire où avait lieu un peu plus tard dans l’après-midi, une démonstration des Scorpions de Mulhouse. « Nous les soutenons. Leurs revendications sont légitimes. Dès qu’ils m’ont contacté, nous leur avons facilité la tâche pour s’installer. Et, ce marché paysan, c’est une bonne idée. Je suis convaincu que le grand public apprécie », réagit le maire d’Altkirch et conseiller départemental, Nicolas Jander. Consommer local Mais organiser un marché paysan à quelques jours de Noël n’a pas été simple. « Nous sommes toutes et tous très occupés. Nous vendons nos produits en direct sur nos exploitations ou sur les marchés. Nos emplois du temps respectifs sont bien remplis. Pour autant, il fallait faire cette action. Nous devons nous montrer, expliquer aux gens comment nous travaillons. Nos détracteurs, eux, n’hésitent pas à raconter n’importe quoi sur nous. Il est temps de rétablir la vérité agricole. Je suis heureux de constater que nous sommes nombreux à être présents », se félicite Sébastien Hell, président des JA du Sundgau. Venus avec quelques tracteurs, les professionnels s’installent et sortent leur marchandise. Des fruits, des légumes, des yaourts, de nombreux produits du terroir. Et du vin chaud. Il est 14 h. Les premiers « clients » arrivent. L’affluence augmente rapidement. « Je suis venu pour soutenir cette action. C’est très compliqué pour eux. Mes beaux-parents sont eux-mêmes agriculteurs. Je connais donc un peu les difficultés du monde agricole. Il était naturel pour moi de venir. Le reste de l’année, je fais mes courses au marché du jeudi matin à Altkirch. Là, je viens d’acheter des œufs, du fromage, des yaourts et une bouteille de vin. Bravo à eux », réagit Bernard Gross domicilié à Hagenbach, un village voisin. Vincent Bondon de Riedisheim est venu spécialement pour soutenir cette action. « J’en ai entendu parler sur les réseaux sociaux. C’est une très bonne façon de se faire entendre et cela encourage les gens à consommer localement. J’explique cela à mes élèves. Je suis professeur d’histoire-géographie à Mulhouse. Il y a quelques années, j’allais consommer dans les grandes surfaces, par facilité. Depuis quelques mois, j’ai décidé de prendre le temps. C’est aussi cela la vraie révolution ». Présent avec son épouse et un couple d’amis, Bernard Raffin, originaire de Strasbourg, est tout d’abord là pour découvrir la forêt enchantée d’Altkirch. Il découvre le marché paysan par hasard. « Je mange local tout au long de l’année. Je partage leurs préoccupations. Ces marchés se multiplient actuellement dans la région de Strasbourg. C’est cela l’avenir ». Les témoignages se multiplient toute l’après-midi jusqu’à ce qu’un épisode pluvieux stoppe l’affluence et la motivation des professionnels. Léon Cochin, domicilié à Altkirch, reste cependant bouche bée. « Je viens de faire mes achats. J’en ai eu pour 5 €. En temps normal, cela me coûte environ 12 €. Cette différence est incroyable. Elle me fait encore mieux comprendre leurs difficultés ». Des difficultés qui, si elles ne trouvent pas d’échos et de réponses, pourraient à nouveau inciter les professionnels à mener de nouvelles actions dès le mois de janvier.












