Vie professionnelle

Assemblée générale de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM)

Redorer le blason du maïs

Publié le 27/11/2018

« Diversité et durabilité des territoires maïs ». Tel était le thème de l’assemblée générale de l’Association générale des producteurs de maïs. Soumis à un « maïs bashing » virulent, les producteurs de maïs ont tenu à rétablir quelques vérités.

Le maïs est une culture durable. Tel a été le fil conducteur de l’assemblée générale de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Pourquoi ne le serait-elle pas ? Ou moins que d’autres cultures ? Qu’est ce qui pousse ses producteurs à vouloir ainsi se justifier ? Le fait est que le maïs n’a pas bonne presse. Parce qu’il est parfois cultivé en monoculture ? La vigne aussi. Mais la vigne produit du vin. Parce qu’il est haut ? Le chanvre ou le miscanthus aussi. Parce qu’il est gourmand en eau ? C’est faux. Le maïs est au contraire une des plantes qui valorise très bien l’irrigation. Parce qu’il est gourmand en intrant ? C’est encore faux. Le maïs requiert bien moins de produits phytosanitaires que d’autres cultures. Alors ? La réponse est sans doute ailleurs. Et si le maïs était tout simplement victime de son succès ? Culture rentable, relativement peu exigeante, bénéficiant de débouchés multiples, elle a vu sa sole augmenter. Et le maïs est devenu le symbole de l’agriculture post-révolution agricole. C’est aussi la culture qui a le plus souvent été citée dans le débat ô combien crispant à propos des OGM. Une céréale vitale Aux producteurs de maïs de rétablir quelques vérités donc. La première, revient à Sylvie Brunel, géographe, qui rappelle que le maïs est une céréale vitale pour le monde. Symbole de richesse, elle figure sur la monnaie de plusieurs pays. Elle est cultivée à peu près partout. Et reste un aliment bouclier anti-famine dans les pays les plus pauvres. « Le maïs est devenu la céréale la plus cultivée en Afrique », rapporte la géographe. Malheureusement, dans les pays du Sud, la moitié des récoltes péniblement obtenues par manque de semences tolérantes à la sécheresse, de matériel, ne résiste pas au manque de moyens logistiques et de stockage. « En Afrique, les mycotoxines tuent. » Et pas que le bétail. Les hommes, aussi. À l’avenir, croissance démographique et changement climatique vont provoquer une hausse des importations en maïs des pays en voie de développement. Un « triplement », avance Sylvie Brunel, qui n’hésite donc pas à qualifier les maïsiculteurs de « sauveurs de l’humanité ». L’Alsace, terre propice au maïs Plus localement, et moins emphatiquement, Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin, rappelle : « L’Alsace est une terre propice au maïs, de par son climat, son terroir et sa ressource en eau importante ». Le développement de cette culture - 60 000 hectares actuellement - a amélioré le revenu des agriculteurs, et a donc contribué au maintien d’une agriculture familiale. Denis Nass n’hésite pas à mettre en avant les qualités paysagères - indirectes - du maïs : « Suite à la sécheresse de cet été, le maïs a permis de sauver des élevages, donc de maintenir les surfaces herbagères. Je n’imagine pas l’état des finances des éleveurs sans le maïs. » Aussi Denis Nass est-il « fâché par le maïs bashing incessant ». D’autant que, rappelle-t-il, la filière génère des emplois qu’il s’agit de préserver en maintenant la surface maïsicole. Pour ce faire, il propose d’éviter la surenchère réglementaire, de mieux exploiter le savoir-faire des agriculteurs, et de sécuriser le transport fluvial, notamment sur le Rhin. Mais quelle place occupe exactement le maïs dans le paysage agricole alsacien ? Découvrez-la dans notre vidéo : Sans maïs, pas d’aliment et pas d’élevage Toujours dans le local mais plus dans le bétail, Jean-Michel Schaeffer, président de la Confédération française de l’aviculture, souligne la diversité de productions qui découlent du maïs. Dont celle qui le mobilise : « La volaille, c’est du maïs sur patte », n’hésite-t-il pas à illustrer. Sans maïs pas d’aliment et pas d’élevage, et pas non plus de transition vers des modèles et des pratiques d’élevage plus vertueux. Car pour s’en sortir économiquement, les éleveurs ont besoin de pouvoir répercuter la fluctuation des cours des matières premières sur l’aval de la filière. C’est tout l’objet de la construction d’indicateurs de coûts de production. Jean-Michel Schaeffer profite de son intervention pour dénoncer « le scandale », que constituent certains accords de libre-échange dont les failles juridiques permettent à des volailles élevées dans des pays tiers avec des conditions de production au rabais d’être estampillées « origine UE » en passant la frontière : « Il n’est pas normal d’importer des produits d’élevage qui ne respectent pas les mêmes normes de production que nous. Nous allons continuer à interpeller les pouvoirs publics à ce sujet. » D’autant que ce que Jean-Michel Schaeffer décrit pour l’élevage est aussi une réalité pour les productions végétales, sachant que, dans les pays tiers, cultiver des OGM n’est pas interdit… Création de valeur L’alimentation des vaches laitières, c’est « 40 % d’ensilage de maïs », rappelle Thierry Roquefeuille, président de la Fédération nationale des producteurs de lait. Si cet aliment est plébiscité par les éleveurs laitiers, c’est principalement pour deux raisons : « Il permet de produire beaucoup d’UF/ha et fournit un fourrage stable. » Autre débouché : le maïs doux, une production qui, en France, se concentre dans le Sud-Ouest. Grâce au climat favorable à cette culture, il est possible d’étaler les semis et la récolte du maïs doux sur 90 jours, ce qui permet d’amortir les outils industriels. Et de créer de la valeur : 1 500 emplois directs, autant d’indirects. 80 % du maïs doux produit en France est exporté, ce qui pèse donc positivement dans la balance commerciale nationale. Le maïs constitue aussi une matière première indispensable pour les fabricants d’aliments pour animaux, rappelle François Cholat, président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia). Il cite l’exemple de la filière des volailles de Bresse, nourries avec un aliment élaboré avec du maïs local, cultivé dans le Jura, l’Ain, la Saône et Loire : « Au-delà de 35 jours, 40 % de la ration totale correspond à du maïs, car les volailles valorisent très bien l’énergie disponible qu’il leur apporte. » En 2014, des acteurs des filières d’élevage se sont fédérés au sein de l’association Duralim, dont émanent une charte et une plateforme collaborative pour l’alimentation durable des animaux d’élevage. Objectif : une alimentation durable des animaux d’élevage, qui réponde aux attentes sociétales et aux exigences du marché. Une importante source d’énergie L’énergie contenue dans le maïs peut aussi être valorisée en énergies durables, comme du bioéthanol, du biogaz. C’est ce que rappelle Franck Laborde, secrétaire général de l’AGPM. Il cite l’usine Abengoa de Lacq qui, depuis 2007, produit du bioéthanol exclusivement à base de maïs, soit 13 % du maïs produit dans la région, « et qui a fait les preuves de sa rentabilité ». Il évoque aussi la filière biogaz, dont les perspectives de développement sont « énormes ». L’AGPM a « bon espoir » de développer ce débouché car « le maïs est une plante qui a un fort pouvoir méthanogène, six à sept fois plus important que le lisier, et il existe des variétés de maïs sélectionnées pour ce débouché qui ont un pouvoir méthanogène encore plus important ». En outre, la culture du maïs s’accorde bien avec celle d’une Culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive). Le maïs est donc une culture très polyvalente. Découvrez les débouchés du maïs en images : Une culture d’avenir Et demain, la culture du maïs sera-t-elle encore durable ? François Laborde, chercheur au sein du laboratoire d’écophysiologie des plantes sous stress environnementaux de l’Inra, a montré que le changement climatique ne devrait pas pénaliser le rendement du maïs. « Il devrait rester stable, voire augmenter », précise-t-il. Pour arriver à cette conclusion, il a pris en compte la variabilité génétique et des techniques culturales : « Il ne faut pas transposer les techniques d’aujourd’hui au climat de 2050. Car les agriculteurs vont modifier leurs pratiques. » Et la sélection va progresser. Il y aura peut-être même des variétés dont on pourra déclencher la floraison : « Ce n’est pas pour tout de suite. Mais c’est possible. » Franck Laborde, renchérit, rappelant que le maïs est une plante en C4, ce qui lui confère un avantage compétitif lorsqu’elle est soumise à la sécheresse, à la chaleur. En outre, le maïs produit beaucoup de biomasse. « Or plus une plante produit de biomasse, plus elle capte de CO2, donc, avance Franck Laborde, le maïs peut contribuer à la transition écologique ». Une culture sécurisante Le maïs est donc une culture durable. Même en monoculture ? Certains producteurs le pensent, comme ce maïsiculteur viticulteur des Landes, qui explique qu’il est doublement monoculteur - de maïs et de vigne - et que sans la monoculture de maïs, il n’aurait pas obtenu la certification Haute valeur environnementale de niveau 3. Ou encore Arnaud Tachon, producteur dans les Landes, qui souligne que la monoculture s’impose pour respecter les critères d’isolement, imposés par la production de semences, et que la production de maïs soutien d’autres filières, comme la production de foie gras… Anne-Claire Via, présidente d’Arvalis - Institut du végétal, estime quant à elle que la monoculture de maïs n’est pas incompatible avec la diversité des modèles et que la recherche progresse sur la question. Seul Patrick Bastian, président de la commission agriculture à la Région Grand Est, jette un pavé dans la mare : « La monoculture de maïs n’est pas une solution durable face à la propagation de la chrysomèle du maïs. » C’est pourquoi il plaide pour que des moyens soient injectés dans la recherche de solutions durables de lutte contre les ravageurs. Il estime par ailleurs nécessaire de mieux définir ce qu’est une monoculture, car le terme recouvre des pratiques variées : « Si entre deux maïs l’agriculteur implante une culture intermédiaire, ce n’est plus vraiment de la monoculture. Il faut pouvoir l’expliquer à la société. » Et de conclure : « Le maïs a permis de sécuriser le revenu des agriculteurs alsaciens. On le voit encore cette année : sans maïs, l’année aurait été catastrophique pour les productions animales. »

Publié le 27/11/2018

Ministre de l'Agriculture, présidente de la FNSEA et président de l’AGPM ont conclu cette assemblée générale. Ambiance !

Le ministre de l'Agriculture n’a pas fait le déplacement à Mulhouse pour assister au congrès de l’AGPM. Il avait cependant une excuse valable à avancer, puisqu’au même moment, il défendait le budget du ministère de l’Agriculture. Il s’est tout de même adressé aux congressistes via une vidéo, portant un « message de soutien ». Le ministre s’y dit « confiant dans l’avenir de l’agriculture française », déterminé à lutter contre l’agribashing et « la stigmatisation des agriculteurs, engagés dans une démarche de progrès ». Christiane Lambert pourrait applaudir des deux mains, si le sujet n’était pas si grave. Elle préfère dénoncer : « Le sujet des produits phytosanitaires est très complexe. Et trop polémique. C’est un véritable tsunami dans la société et sur les réseaux sociaux qui s’enflamment tous les jours, alors que le sujet est pris à bras-le-corps par les agriculteurs. Aujourd’hui, cela tourne à l’acharnement. » Elle évoque la publication de « Glyph’Awards » : « Va-t-on tondre publiquement les agriculteurs qui utilisent du glyphosate ? Ce procédé de délation est scandaleux ! » L’agriculture française dans une souricière Didier Guillaume se dit attaché à défendre « la performance économique des agriculteurs, cruciale dans un contexte mondial ». Un objectif que partage largement la FNSEA : « La défense des moyens de production se situe au cœur des combats que mène la FNSEA », rappelle Christiane Lambert, qui cite deux enjeux majeurs : conserver un niveau de compétitivité élevé pour continuer à peser à l’export, et entendre les signaux de la société et des marchés. Le premier passe notamment par la lutte contre les distorsions de concurrence : « À marché unique, règles uniques », plaide Christiane Lambert, qui dénonce : « Les interdictions pleuvent en France. Mais les frontières restent ouvertes. C’est-à-dire que les vannes sont ouvertes à l’importation de denrées qui ne présentent pas les mêmes garanties que celles produites en France. L’agriculture française est prise dans une souricière. » Elle en appelle aux consommateurs : « Si les Français sont exigeants, alors ils doivent être partenaires de leurs agriculteurs ». Européen convaincu, le ministre de l'Agriculture, va défendre un budget de la prochaine Pac au moins égal au précédent et un socle commun d’exigences sociales. Sur ce point aussi, Christiane Lambert rejoint le ministre, en plaidant pour une Pac « réellement commune, avec un budget à la hauteur ». Le ministre va s’attacher à poursuivre la réforme de la fiscalité agricole, encourageant notamment l’épargne de précaution, et prend un « engagement fort sur l’emploi », en promettant des « allégements de charges » Des mesures visant à « inciter les agriculteurs à aller plus loin dans la transition écologique, qui sera irréversible, malgré les difficultés techniques. » Sur le fond, Christiane Lambert ne polémique pas. Par contre, elle dénonce la forme : « La transition oui, mais avec un calendrier et des moyens. Non à l’écologie punitive ! » Elle illustre : « La fin des voitures thermiques est fixée à 2040. Celle des produits phytosanitaires à 2020. Pourquoi ? Nous aussi, nous voulons du temps. Et pas d’interdiction sans solution. Des pistes ont été formalisées dans le cadre du contrat de solutions. D’autres vont sortir. Mais nous ne voulons pas avancer sous le coup de la menace. » Et elle estime qu’en matière de fiscalité et de charges de main-d’œuvre il reste « beaucoup de travail ». « Le stockage de l’eau ne doit pas être tabou » Après une année qui « illustre dramatiquement le changement climatique », Didier Guillaume évoque ce que sera sa politique en matière de gestion de l’eau : « Sobriété des usages, innovations, mise en œuvre de solutions adaptées aux contextes locaux et garantissant l’intégrité des milieux ». Il précise également : « Le stockage ne doit pas être tabou. » Ce qui fait dire à Christiane Lambert que, sur cet aspect, « les planètes sont un peu plus alignées qu’elles ont pu l’être par le passé ». L’irrigation n’est plus autant décriée. Mais « encore faut-il avoir de l’eau », note Christiane Lambert. C’est pourquoi la FNSEA va porter plusieurs projets de stockage d’eau. Peu convaincu par les propos de son ministre, Daniel Peyraube a projeté les questions qui lui avaient été envoyées. Et constate : « Il ne répond pas aux questions que nous lui avions posées. Nous allons donc demander à être reçus au ministère. » Mais avant cela, il lui revenait de clôturer cette assemblée générale. Ce qu’il a fait en citant les défis à relever - « nombreux certes, mais accessibles » - certaines avancées obtenues, notamment en matière assurantielle. D’autres qu’il s’agit encore de porter, comme la Dotation pour aléas (DPA), la prochaine Pac, « avec des mécanismes de gestion des risques plus performants ». Et, surtout, du revenu. « Car sans lui, il est difficile de convaincre les agriculteurs d’investir, de se lancer dans de nouveaux défis qui permettent de répondre aux enjeux sociétaux. » Il cite un sondage révélant l’appétence des Français pour les produits locaux : « Banco ! Mais nous avons besoin de l’accompagnement de la puissance publique. Et chacun de nous doit être militant. »

Publié le 23/11/2018

Le Réseau interrégional international pour la formation et le développement rural a réuni treize jeunes responsables de syndicats agricoles d’Alsace et d’Allemagne, mardi 7 novembre à la ferme Trau d’Ebersheim. Une rencontre censée assurer la relève de ce dispositif de coopération tripartite.

Un speed dating à la sauce agricole. Quatre petits groupes de jeunes sont assis autour de nappes à carreaux rouges et blancs. Les treize Français et Allemands disposent d’un quart d’heure pour faire connaissance. Nom, âge, type d’exploitation, loisirs… Une rencontre organisée en marge d’une réunion du conseil d’administration du réseau interrégional international pour la formation et le développement rural (Ri2), mardi 7 novembre. « Nous voulons passer le flambeau aux jeunes », explique Katja Prinz, en charge des relations internationales à la Chambre d'agriculture de la Sarre et membre du Ri2. Le réseau en charge de la coopération transfrontalière dans le bassin du Rhin supérieur a besoin de renouveler ses effectifs. Dans la salle mitoyenne où se tient le conseil d’administration, de nombreuses têtes grisonnantes. « Au moins deux ou trois élus vont quitter leur poste dans les deux prochaines années », constate Katja. Il y a urgence à apporter du sang neuf. Alors les membres de l’organisme redoublent d’efforts pour motiver les jeunes agriculteurs à s’investir. « On les avait déjà invités, sans grand succès, rappelle Marthe Jacky, conseillère d’entreprise à la Chambre d'agriculture d’Alsace et très active au sein du Ri2. Là, on a établi l’ordre du jour autour de cette rencontre et on a insisté auprès de nos contacts. » Bingo. Quatre élus JA ont répondu présent côté français. Neuf Allemands complètent la troupe. Personne ne comprend comment le voisin fonctionne Retour dans la salle de réception de la ferme Trau. Les jeunes bafouillent en allemand, en français, parfois même en anglais. Katja Prinz et deux animateurs du Ri2 jouent les interprètes. Au fur et à mesure de la discussion, des idées émergent. « On pourrait leur faire part de nos idées pour préparer la réforme de la Pac », lance Julien Koegler, président des JA 67. « Il faudrait aussi qu’on explique le fonctionnement de nos syndicats respectifs », rebondit Ange Loing, à la tête des JA 68. Car personne ne comprend vraiment comment les voisins s’organisent. Les syndicats français et allemands ont peu de points communs. Les « JA » allemands ne représentent pas que les agriculteurs. Ils regroupent tous les jeunes ruraux. Artisans, étudiants, ouvriers… De ce fait, les priorités divergent. Ainsi, quand les JA d’Alsace parlent réforme de la Pac et installation des jeunes, les JA allemands s’intéressent à des rencontres techniques ou festives. Par ailleurs, les syndicats allemands jouent un rôle administratif plus important que leurs homologues tricolores. En effet, les Länder allemands ne disposent pas de Chambres d’agriculture à proprement parler. Une partie des compétences agricoles incombent donc aux organisations syndicales. Vient le moment de présenter son binôme. Les participants se plantent à tour de rôle au milieu des tables disposées en « U ». Ils livrent une rapide biographie de leur nouveau collègue et situent sa ferme sur une carte à l’aide de gommettes. Malgré ses airs de colonie de vacances, l’activité est très sérieuse. « Ça nous permet de briser la glace et de dépasser la barrière de la langue, confie un trentenaire à lunette du Bade Wurtemberg. Sans ça, chacun resterait de son côté. » « L’avenir est entre leurs mains » Retour en petits groupes. Les agriculteurs disposent maintenant de 20 minutes pour proposer de futures actions communes. Une manière de les impliquer davantage dès à présent. Mais l’effort doit venir d’eux, selon Katja Prinz. La responsable est formelle : « On ne va pas leur courir après, l’avenir est entre leurs mains ». Message reçu cinq sur cinq. Les participants fourmillent d’idées. Visites de fermes, conférences communes sur des sujets techniques ou politiques, rencontres informelles… Au final, les JA ont convenu de se retrouver le 3 décembre à Fribourg. L’objet de la journée ? Établir une méthode de travail pour préparer ensemble la réforme de la Pac. Ce front commun subira son baptême du feu quelques jours plus tard, lors de la conférence du Rhin supérieur. Les jeunes présenteront leur plan de bataille aux délégués de l’organisation et à un eurodéputé allemand. Le lobby est déjà sur les rails.

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