Vie professionnelle

Ordre du Mérite agricole

Trois nouveaux chevaliers et un officier

Publié le 08/11/2018

Vendredi 26 octobre, Danielle Bras, Marie-Cécile Claudepierre et Joël Janoty ont été nommés au grade de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole lors d’une cérémonie organisée à la Maison de l’agriculture, à Sainte-Croix-en-Plaine. Le monsieur « agriculture » de la DDT du Haut-Rhin, Jean Deffinis, a lui été promu au grade d’officier.

Quatre « poireaux » ont été remis lors d’une cérémonie organisée à la Maison de l’agriculture, à Sainte-Croix-en-Plaine. C’est tout d’abord Marie-Cécile Claudepierre qui a reçu sa médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole des mains du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. Élue à la CAA depuis 2013, Marie-Cécile Claudepierre est engagée depuis près de 40 ans dans l’agriculture. Après avoir travaillé sur l’exploitation familiale, elle reprend, en 1984, la ferme de ses beaux-parents au côté de Gérard, son époux. Une exploitation située à 900 mètres d’altitude, au lieu-dit Faurupt, près du Bonhomme. Partis avec 12 vaches, 8 génisses et 16 hectares, Marie-Cécile et Gérard Claudepierre agrandissent progressivement leur ferme et se spécialisent exclusivement dans la vente directe en 1998. Aujourd’hui, leur cheptel compte 28 vaches laitières et 25 génisses pour une surface exploitée de 74 ha et une production laitière de 170 000 litres, transformée intégralement à la ferme. Leurs produits (tommes et munsters au lait cru) sont vendus en France et à l’étranger, principalement chez des fromagers affineurs (fromagerie Saint-Nicolas à Colmar, fromagerie Tourrette à Strasbourg, ainsi qu’une vingtaine de références à Paris), mais aussi au marché Saint-Joseph de Colmar. Marie-Cécile et Gérard Claudepierre sont parents de trois enfants et grands-parents d’une petite fille née en 2017. « Un des piliers » Laurent Wendlinger a ensuite décoré Danielle Bras, agricultrice à Roggenhouse et vice-présidente de la CAA depuis les dernières élections, en 2013, et élue à la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage), de la médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole. « Lorsque je t’ai sollicitée pour faire partie de mon équipe, tu t’es interrogée. Tu étais inquiète de ne pas être à la hauteur face aux enjeux, face aux responsabilités agricoles que tu découvrais. Aujourd’hui, je peux dire que tu nous l’as bien rendu. Tu es l’un des piliers de notre Chambre d'agriculture d’Alsace. Ton engagement sur les différents dossiers est salué par l’ensemble des acteurs et partenaires avec qui tu œuvres au quotidien », témoigne le président de la CAA. Cela fait dix ans que Danielle Bras pérennise l’exploitation familiale au côté de son époux, Reinhardt, lui-même fils d’agriculteurs basés en Basse-Saxe, à la frontière hollandaise. Ce parcours agricole, « qui ne fait que commencer », fait suite à une première expérience professionnelle en tant qu’aromaticienne dans un laboratoire de recherche et développement dans l’industrie alimentaire. Danielle Bras a par la suite été responsable du laboratoire de contrôle qualité dans le domaine des molécules aromatiques et de la parfumerie au sein de l’entreprise BASF. À la Chambre d'agriculture, Danielle Bras assure la présidence des filières végétales. Elle représente également la profession agricole à l’Institut transfrontalier d’application et de développement agronomique (Itada). Avant elle, son père, Antoine, et son oncle, Pierre, « reconnus en leur temps pour leur implication dans l’agriculture et la viticulture », avaient déjà été décorés du fameux « poireau ». Créateur de logiciels L’ancien directeur de la Chambre d'agriculture du Haut-Rhin, Aimé Lichtenberger, a pris le relais de son ancien président pour remettre l’insigne de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole à Joël Janoty, actuel responsable du système d’information à la Crage et directeur des fonctions supports. Originaire de Gap, rien ne prédestinait Joël Janoty à servir le monde agricole. Diplômé en informatique, il démarre sa carrière professionnelle en tant que technico-commercial dans ce domaine de 1990 à 1996 dans sa région natale. Cette même année, il rejoint la Chambre d'agriculture du Haut-Rhin pour occuper le poste de responsable du système d’information. Au fil des années, il se révèle être un « pédagogue exceptionnel, captivant parce que toujours enthousiaste ». Il n’a de cesse de créer de nouveaux logiciels, dont celui dédié à la gestion commerciale des viticulteurs Winviti. À partir de 2011, il œuvre au profit du réseau national des Chambres d’agriculture en tant que chef de projet technique SIRH. Il encadre, pour le compte de la CAA, une équipe pluridisciplinaire de 14 collaborateurs dans le cadre de l’agrégation des systèmes d’information des Chambres d’agriculture. Il intègre la Crage en 2016 et s’apprête à poursuivre son évolution professionnelle. Le 1er janvier 2019, il rejoindra l’APCA au sein de la Direction nationale des systèmes d’information. Outre sa passion pour l’informatique, Joël Janoty est également un sportif hors pair, excellent nageur, marcheur et cycliste mais aussi « brillant » volleyeur, et adepte des manifestations sportives à vocation caritative. Une activité qu’il partage avec son épouse, Soizick. Il est également père de deux garçons. « Une marque de reconnaissance, voire d’appartenance » Décoré chevalier en 2000, Jean Deffinis a été promu au grade d’officier dans l’ordre du Mérite agricole par le secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin, Christophe Marx. Bien connu dans le monde agricole, Jean Deffinis, est actuellement adjoint au chef du bureau Nature, Chasse et Forêt, à la direction départementale des Territoires (DDT) du Haut-Rhin. Il assure la mise en œuvre des mesures de protection et de développement de la forêt, en particulier l’analyse des conditions de retour à l’équilibre agro-sylvo-cynégétique, tout en assurant l’intérim des fonctions d’adjoint au chef du service agriculture et développement rural. Avant d’intégrer la DDT en 2010, Jean Deffinis a eu un riche parcours professionnel. Il démarre en 1979 au sein de l’antenne départementale de la protection des végétaux d’Annemasse, en Haute-Savoie. En 1983, il revient sur sa terre natale alsacienne en tant que chargé de diagnostics et détection phytopathologique à l’antenne départementale de la protection des végétaux à Colmar. En 1989, il intègre le service agricole de la direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt du Haut-Rhin où il est chargé de la mise en œuvre de la politique des aides aux agriculteurs. En 1992, il est promu technicien supérieur de l’agriculture et prend en charge le déploiement dans le Haut-Rhin de la mise en place de l’importante réforme de la Pac. Il poursuit son évolution de carrière jusqu’en 2010 où il intègre la DDT du Haut-Rhin lors de sa création. En tant que chef du bureau des aides directes et des filières végétales, Jean Deffinis « fait preuve d’un sens marqué de l’analyse de situations complexes ». Il devient l’interlocuteur privilégié de la Draaf, des services de l’État et de la profession agricole. « Vous êtes clairement identifié par le préfet et le DDT comme un référent solide du domaine agricole », souligne Christophe Marx. En 2014, Jean Deffinis ajoute la fonction d’adjoint au chef du service agriculture et développement rural. Un poste « exigeant » avec de nombreux défis à relever, comme la mise en œuvre de TelePac et la gestion du traitement des 57 000 anomalies liées au Registre parcellaire graphique. Et c’est en juillet 2017 qu’il intègre la fonction qu’il occupe actuellement. Au côté de son épouse, Jean Deffinis a tenu à remercier la profession agricole pour avoir proposé d’associer sa remise de médaille à celle de ses homologues du monde agricole. « Pour moi, c’est une marque de reconnaissance, voire d’appartenance à la grande communauté des agriculteurs. »

Publié le 31/10/2018

Jeudi 25 octobre, à l’occasion du salon Agrimax à Metz, Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a annoncé un plan de soutien de 6 millions d’euros à l’attention des agriculteurs les plus en difficulté, suite à la sécheresse exceptionnelle et sans précédent que connaît le territoire du Grand Est.

2018 a été fortement impactée par un long épisode de sécheresse affectant considérablement le rendement des exploitations agricoles du Grand Est et le quotidien de ses agriculteurs. De fortes répercussions pèsent notamment sur la filière élevage, contrainte d’utiliser son stock de foin sans pouvoir le reconstituer d’ici l’année prochaine. Une situation alarmante qui peut conduire, pour certains éleveurs, à la décapitalisation de leurs cheptels pour limiter les besoins en trésorerie nécessaires à l’achat des fourrages manquants. En réponse à cette situation exceptionnelle, la Région, pour apporter son soutien au monde agricole, dégage une enveloppe de plus de 6 millions d’euros afin de venir en aide aux exploitations les plus touchées par des mesures immédiates. Les agriculteurs les plus en difficulté bénéficieront ainsi d’une aide de 500 à 3 000 €. Une aide ciblée sur les éleveurs de bovins, ovins, caprins et équins, qui ont recours à l’achat de fourrages et d’aliments supplémentaires, en raison de déficit fourrager. Par ailleurs, un guichet unique par département va être mis en place pour mettre en œuvre les soutiens régionaux sur chacun des territoires du Grand Est. C’est ce qu’a annoncé Jean Rottner, président de la Région Grand Est, le 25 octobre dans le cadre d’Agrimax à Metz, en présence notamment de Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture et de la ruralité, Philippe Mangin, vice-président en charge de la bioéconomie, de l’agroalimentaire et de la bioénergie, et Patrick Bastian, président de la commission agriculture et forêt. « Et nous allons, ensemble, aller encore plus loin ! Nous allons construire, dans la concertation, des mesures à moyen terme pour accompagner une adaptation au changement climatique : adaptation du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE) en proposant des aides aux bâtiments et aux silos de stockage de fourrages ; aide aux petits investissements dans les filières d’élevage ; réflexion large sur les réserves en eau en Grand Est ; accompagnement des projets de recherche appliquée pour la sélection de nouvelles variétés plus résistantes au stress hydrique et des projets favorisant la résilience des systèmes au changement climatique ; ou encore engagement des filières animales et végétales vers l’autonomie alimentaire des élevages. Le travail aujourd’hui ne fait donc que commencer. » Jean Rottner a souligné l’importance d’agir ensemble et s’est félicité de la mobilisation et de l’investissement de la profession agricole et des Départements. Mais la Région souhaite également que l’État prenne ses responsabilités et appelle à une adaptation des procédures pour les déclarations de calamités agricoles.

Publié le 24/10/2018

Pour aider les éleveurs du Doubs en manque de fourrage à cause de la sécheresse, des céréaliers alsaciens ont accepté de donner gracieusement près de 1 200 tonnes de paille de maïs qui serviront au confort des animaux. Une action de solidarité déjà expérimentée avec succès dans le courant de l’été avec des éleveurs du Sundgau, de l’Alsace Bossue et de la montagne vosgienne.

« Quand il le faut, l’agriculture sait répondre présente. Elle le démontre aujourd’hui. » Face à la presse, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, résume en quelques mots l’action de solidarité réalisée aux côtés de la FDSEA du Bas-Rhin pour venir en aide à des éleveurs du Doubs victimes d’une sécheresse qui n’en finit plus. Tout part d’une discussion il y a quinze jours, à Paris, entre le vice-président de la FDSEA du Doubs, Christophe Chambon, et le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber. « Il m’a fait part des difficultés extrêmes que rencontraient leurs éleveurs, liées au manque de fourrage. De là est née l’idée de monter une action pour leur venir en aide », explique le responsable syndical bas-rhinois. En à peine dix jours, tout se met en place, le temps d’identifier les fermes les plus en détresse et de prendre contact avec des céréaliers alsaciens prêts à mettre à disposition gracieusement leurs cannes de maïs. « Ce n’est pas facile de demander aux gens de donner gratuitement leur matière organique. Pourtant, ils l’ont fait », se félicite Denis Nass. Au total, près de 1 200 tonnes de paille de maïs ont été pressées, mises en meule et chargées par 150 céréaliers alsaciens à destination d’une soixantaine d’éleveurs doubistes. Ces ballotins de paille de maïs serviront au confort des animaux et remplaceront la paille de blé qui sera recyclée dans l'alimentation après avoir été mélangée avec de la mélasse. L’inquiétante décapitalisation des éleveurs La situation est d’autant plus critique dans le Doubs que 97 % des agriculteurs de ce département sont des éleveurs, dont 70 % en AOP Comté où les pâturages sont obligatoires et le maïs ensilage proscrit pour l’alimentation des animaux. « Ce qui dingue, c’est que, habituellement, il y a des secteurs de notre département où l’on doit gérer les problèmes liés aux excès d’eau. Cette année, on n’a pas eu une goutte de pluie depuis début juillet. Et ça continue. C’est du jamais vu », souligne le vice-président de la FDSEA du Doubs, Éric Morel. En effet, même en 1976 et 2013, deux années de grande sécheresse, les précipitations avaient fini par arriver à l’automne. Cette année, toujours rien, alors que le mois de novembre approche à grands pas. Une situation qui inquiète grandement les responsables des FDSEA bas-rhinoises et haut-rhinoises, l’Alsace étant elle aussi touchée de plein fouet par ces problèmes de sécheresse. « Il y a des éleveurs qui décapitalisent. Mais pour vendre les animaux à qui ? Les autres éleveurs rencontrent les mêmes difficultés. Les vendre à l’abattoir ? Le marché de la viande commence à être saturé, sans compter qu’on vend là des animaux qui ne sont pas finis », déplore Denis Nass. Il fait également remarquer « qu’on parle tout le temps de bien-être animal. Encore faut-il pouvoir l’assurer. Aujourd’hui, ce sont les éleveurs en système herbager qui souffrent le plus. Il n’est pas normal que notre ministère de l’Agriculture n’apporte aucune réponse face à cette situation. On ne demande pas l’aumône, on souhaite juste que l’État soit là dans les moments difficiles. » Gérard Lorber enfonce le clou. « Le commissaire européen a mis en place un certain nombre de mesures pour permettre aux États membres de venir en aide aux agriculteurs les plus touchés par la sécheresse. En Allemagne, cela a été fait au début du mois d’août. En France, ça traîne. C’est inadmissible. » 400 tonnes pour les éleveurs d’Alsace Bossue Mais le monde agricole alsacien n’a pas attendu le réveil des autorités pour faire face à cette situation inédite. Même si elles n’ont pas été médiatisées comme l’opération de solidarité avec le Doubs, des actions ont déjà été réalisées à destination d’éleveurs du Sundgau et de la montagne dans le Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, les éleveurs d’Alsace Bossue, dont un tiers est en mode de production biologique, ont déjà pu récupérer des pailles de maïs venant de céréaliers du secteur de Brumath. « Ceux qui n’en ont pas eu assez vont pouvoir bénéficier de cette nouvelle action de solidarité », indique Véronique Klein, agricultrice bio à Ottwiller et vice-présidente de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Ainsi, 400 tonnes supplémentaires de cannes de maïs vont être données gracieusement à plusieurs éleveurs de ce secteur. Aussi efficaces soient-elles, ces actions de solidarité paysannes ne règlent pas la situation à long terme. Les dérèglements climatiques étant de plus en plus fréquents, il est probable qu’une telle situation de déficit hydrique se reproduise dans les années à venir. « Avec un prix de paille qu’on nous annonce à plus de 100 euros la tonne, cela ne va pas être possible. Il va falloir réfléchir à des solutions plus pérennes », estime Véronique Klein. L’une d’elles passera par une politique d’investissement « plus adaptée à la situation actuelle », considère Denis Nass. « Il faut permettre un stockage plus long de fourrage sans fiscalité. Ce serait déjà un bon début. »

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