Vie professionnelle

Publié le 11/08/2016

Les JA du Sundgau organisent une ferme ouverte le dimanche 14 août à Vieux-Ferrette. L’occasion de découvrir l’exploitation de la famille Schweitzer, mais également la réalité du monde agricole. 

Les jeunes agriculteurs comptent profiter de cette journée pour promouvoir leur métier et le faire découvrir au grand public. Cette journée sera aussi l’occasion de casser quelques préjugés sur l’agriculture d’aujourd’hui et de resserrer le lien entre producteurs et consommateurs. L’objectif de cette ferme ouverte est d’être un moment propice aux échanges sur la ferme de la famille Schweitzer. Le père, Rémy, est le responsable d’une première EARL située à Vieux-Ferrette. Il a repris au milieu des années 1980, hors cadre familial, l’exploitation de la famille Gerster. Aujourd’hui, elle occupe une surface de 85 hectares, avec un élevage de 240 bêtes en moyenne. Le fils, Émile, qui a été président des jeunes agriculteurs du Sundgau et qui en est aujourd’hui le secrétaire, gère une seconde EARL appelée « Le Noyer ». En 2008, il s’est également installé hors cadre familial. « M’installer avec mon père à l’époque, n’était pas possible car la surface de travail ne suffisait pas pour permettre mon installation. J’ai repris une exploitation céréalière située à Diefmatten. Sur 120 hectares, avec mon beau-père qui me donne encore un coup de main, nous y produisons notamment du maïs, du blé et de l’orge », explique Émile. Dans cinq ans, son père Rémy partira à la retraite. Le jeune agriculteur compte alors regrouper les activités, et faire évoluer sa production. « Nous allons arrêter le lait, car sur la totalité du quota de 300 000 litres, nous en produisons encore 200 000. Cela fait des années qu’on en parle. Là, cela va être le moment. Le lait ne rapporte plus rien. Afin de valoriser la surface en herbe, je compte reconvertir le troupeau en vaches allaitantes. Il y en aura une quarantaine. Pour le moment, le cheptel est constitué de croisées limousines. À terme, il n’y aura que des limousines. J’ai opté pour cette race car l’élevage est facile, elle est rustique et produit de la viande de qualité. Ce printemps, mon père a acheté une quarantaine de broutards de race limousine dans le berceau de la race », ajoute Émile. « Il faut arrêter les effets d’annonces » Les graves difficultés auxquelles sont confrontés à l’heure actuelle les éleveurs et le monde agricole tout entier, les jeunes agriculteurs du Sundgau comptent bien profiter de cette ferme ouverte pour en parler avec le grand public, mais aussi avec les officiels qui répondront présents. « Le Sundgau reste un secteur d’élevage. Mais, c’est cependant très compliqué. Le prix du lait se situe actuellement autour de 260 euros les 1 000 litres. Et depuis 18 mois, la baisse est continue. Nous perdons de l’argent, nous travaillons à perte. Ce n’est plus possible. 300 euros seraient le minimum du minimum. Et surtout, l’État ne cesse de faire des effets d’annonces que les médias retranscrivent. L’État a annoncé un déblocage pour les éleveurs de plusieurs millions d’euros. Mais, nous, on ne voit rien venir, ou si peu. Ces effets d’annonces font croire à la population que nous sommes écoutés. Nous allons donc expliquer aux gens que ce n’est pas le cas », explique Sébastien Hell, président des jeunes agriculteurs du Sundgau. Pour autant, les deux professionnels sont toujours passionnés par leur métier. Et, avec leurs collègues JA, ils comptent bien promouvoir l’agriculture lors de cette ferme ouverte. Une journée qui débutera avec la présentation du silo de la Coopérative Agricole de Céréales qui se trouve sur le site de la ferme. Le vin d’honneur et la partie officielle auront lieu à 10 h 30. Les visiteurs pourront ensuite partir à la découverte de l’ensemble de l’exploitation, les bâtiments, les taurillons et les vaches. À partir de 11 h 30, il sera possible de se restaurer sur place. Un marché paysan avec des producteurs locaux, diverses animations comme des structures gonflables pour les enfants, une tombola, une exposition de matériel agricole et enfin, en soirée, la possibilité de déguster des tartes flambées sont encore prévus au programme. Une journée chargée pour les jeunes agriculteurs du Sundgau qui ne manquent pas de dynamisme tout au long de l’année avec l’organisation de l’opération Tellus, une soirée tarte flambée à Riespach et, à venir, des réunions à thèmes cet hiver pour évoquer l’actualité agricole. Ils parleront certainement de la récolte de blé qui n’est guère réjouissante. « Cela fait effectivement des années qu’on n’a pas vu cela. Nous sommes installés depuis 2008 et nous n’avons, nous, jamais eu de tels rendements. Nous espérons maintenant que le maïs va sauver tous ces résultats. Il faut être optimiste pour l’avenir », conclut Sébastien Hell.

Protection du grand hamster d’Alsace

Le dernier lâcher de l’année

Publié le 08/08/2016

Toute la presse régionale s’est déplacée à Griesheim-près-Molsheim pour le dernier lâcher de hamsters de l’année, effectué dans le cadre du programme national d’actions (PNA) hamster 2014-2016, associé au projet LIFE Alister. Une quarantaine de hamsters ont été relâchés dans deux parcelles de blé non récolté.

Chaque année, la mission hamster de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) procède à des opérations de renforcement des populations les plus fragiles par des lâchers de hamsters d’élevage, mis à disposition par l’association Sauvegarde Faune Sauvage. En 2016, près de 500 hamsters ont été relâchés dans la nature, dans des secteurs dont l’habitat a été amélioré par des mesures agrienvironnementales. Trois zones d’action prioritaires, situées au sud-ouest de Strasbourg, ont été délimitées, celles d’Obernai, de Geispolsheim et d’Elsenheim-Jebsheim. L’espèce est présente dans une quinzaine de communes alsaciennes. L’équipe de l’ONCFS est chargée du suivi des populations sauvages de grand hamster d’Alsace. « Nous recherchons des espèces dans l’intégralité des 30 communes qui font partie de la zone de protection stricte (ZPS) », indique Julien Eidenschenck, chef de projet hamster et chargé de coordination LIFE Alister. 400 terriers ont été dénombrés cette année. Un chiffre comparable à 2014, mais en nette progression par rapport à 2015 où il n’en restait que 224, vraisemblablement à cause des conditions climatiques très particulières de l’an dernier, avec un été caniculaire. L’impact du climat est prédominant sur l’évolution des populations, explique Julien Eidenschenck. « L’an dernier, avec la sécheresse persistante, les hamsters n’allaient pas bien du tout. Ce sont des animaux qui ont besoin de verdure pour trouver de la fraîcheur. D’où l’idée des couverts végétaux qui restent verts toute l’année. » Selon les techniciens de l’ONCFS, un hamster sur deux a une chance de survivre et arrive à faire une ou deux portées. La monoculture du maïs et les conditions climatiques ne sont pas les seuls responsables de cette hécatombe : ils sont aussi victimes des prédateurs, oiseaux de proie, renards, martres, moyens-ducs, etc. C’est pourquoi il faut éviter que le sol reste nu une partie de l’année. Un couvert végétal bien pensé On observe une stabilité des populations de hamsters depuis cinq ou six ans. « Ce n’est certes pas satisfaisant, vu le nombre de partenaires impliqués et les efforts déployés. Mais l’érosion semble stoppée et le nombre d’agriculteurs engagés dans le programme est en augmentation. Ils expérimentent de nouvelles techniques agronomiques, sur la base des études menées par le CNRS » (lire aussi notre article paru en page 7 du 15 juillet 2016). Les journalistes ont pu le constater de visu sur les deux parcelles de lâcher, où des terriers artificiels avaient été préalablement creusés. En plein milieu de ces parcelles de blé non récolté, un couvert végétal d’alimentation a été implanté en bandes de 4 mètres de large. Un couvert végétal soigneusement choisi, composé de vesce, de tournesol et de radis fourrager, à la lumière des travaux du CNRS réalisés dans le cadre du projet LIFE Alister. Ces espèces sont favorables au lâcher car les plantes resteront vertes durant l’été, offrant au hamster une protection contre la sécheresse estivale et lui apportant des protéines (vesce) et des acides gras (tournesol), un complément nutritif favorable à la reproduction. Son implantation a été réalisée par Marius Rhinn, agriculteur exploitant ces deux parcelles, avec le semoir de semis direct acquis par la Cuma de la Plaine dans le cadre des mesures agroenvironnementales. Cet essai est conduit par Annabelle Revel, ingénieur des travaux, chargée d’études pour le plan national d’actions (PNA) en faveur du grand hamster, en partenariat avec Tristan Robert, conseiller du service environnement innovation de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il fait l’objet d’un protocole d’évaluation agronomique de la méthode d’implantation des bandes d’alimentation. Pour leur implantation, Marius Rhinn a utilisé le savoir-faire technique développé dans le cadre du projet LIFE Alister. LIFE Alister : enrichir le PNA Le projet LIFE Alister s’inscrit dans une démarche complémentaire et innovante de ces actions. Il a pour rôle de consolider et renforcer les résultats obtenus, en faisant remonter les populations grâce aux lâchers de hamsters et en améliorant les conditions de vie grâce aux cultures favorables à cet animal. Par ailleurs, il s’agit de rendre durable les effets de ces actions de préservation grâce à la mise en place de pratiques qui puissent concilier les intérêts liés à l’environnement et à l’économie. Ce projet associe plusieurs partenaires : la Chambre d’agriculture d’Alsace, le CNRS, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage,le Gepma, Actéon, et la Région Grand Est, chargée de coordonner ce projet.

Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf)

Ne pas remettre en cause ce qui réussit !

Publié le 08/08/2016

Le Synalaf a tenu son assemblée générale en terre alsacienne. Il y a redit sa volonté de défendre les productions fermières sous label de qualité, dont les qualités gustatives sont reconnues par les consommateurs.

Le Synalaf regroupe 17 ODG détenteurs de label rouge en volaille de chair, huit ODG en œufs label rouge, huit groupements en volailles bio et 12 en œufs bios, soit la grande majorité de ces productions en France. La vocation du Synalaf est de défendre et de promouvoir les labels avicoles, mais aussi de coordonner des actions et des programmes de recherche pour améliorer la qualité des volailles fermières label rouge et leur mode d’élevage. Son assemblée générale a été l’occasion de dresser le bilan économique de l’année 2015. La filière volailles de chair label rouge est encore en progression, tirée par les labellisations de poulets (97 millions de poulets labellisés en 2015, + 3 % par rapport à 2014). Les labellisations de découpes de poulet poursuivent leur développement, portées par la demande des consommateurs. Les pintades label rouge continuent de perdre du terrain depuis les années 2000, notamment parce que les abattoirs ont du mal à les positionner en dehors des fêtes de Noël et de Pâques. Par contre, les volailles festives label rouge sont toujours aussi prisées : les ventes progressent de + 6 %, une progression encore plus marquée pour les petites pièces (+ 20 %). La production des volailles de chair biologiques poursuit sa forte progression, si bien que sur dix poulets prêts à cuire (PAC), sept sont labellisés label rouge ou bio. Les exportations de volailles label rouge et bios sont toujours en progression. Les destinations Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse se développent significativement. Un bilan plutôt positif donc, terni par les trop nombreuses promotions pratiquées sur les volailles label rouge dans les GMS, ce qui entraîne des écarts de prix importants. Les filières œufs label rouge et biologiques suivent la même tendance, avec une progression des effectifs de pondeuses alternatives en France en 2015 : 2,5 millions en label rouge et 3,9 millions en bio en hausse de respectivement 6 % et 5 % par rapport à 2014. Ces œufs se vendent bien, surtout les bios, mais leurs prix sont toujours en baisse, surtout les bios aussi, ce qui est inquiétant dans la mesure où les coûts de production sont plus élevés en bio. La filière label rouge pourrait bénéficier d’une campagne de communication dans sept pays européens dans le cadre du soutien à la qualité. Avec un budget de 3 M€ pendant trois ans. « Ces chiffres sont encourageants quant à notre capacité à satisfaire les attentes des consommateurs. Le marché français représente 95 % de nos débouchés. Toute tentative qui viserait à progresser sur d’autres marchés, par exemple en développant des productions spécifiques à l’export, ne doit pas nous faire perdre les fondamentaux qui génèrent cette réussite », a commenté Éric Cachan, président du Synalaf. Défendre une certaine idée du bio Côté défense des labels et réglementation, les membres du Synalaf ne chôment pas. Le projet de nouvelle réglementation européenne sur l’agriculture biologique les mobilise tout particulièrement. Ce projet propose d’imposer l’utilisation de reproducteurs biologiques, ce que le Synalaf considère comme une entrave à la préservation de la diversité génétique actuelle. Le projet prévoit aussi de supprimer la limitation de taille des élevages, ce qui va à l’encontre de l’image que le Synalaf se fait du bio - des élevages de type fermiers et non industriels, ce qui passe par la limitation de la taille des élevages. Plusieurs amendements émanant du Synalaf ont été repris lors des négociations et le syndicat espère qu’ils figureront dans la future loi européenne. « A minima, nous défendons les principes suivants : non-obligation de reproducteurs biologiques ; limitation de taille des troupeaux, des bâtiments et des exploitations, définition d’un âge d’abattage des poulets et définition de la notion de croissance lente ; définition de la région d’origine de l’alimentation ; pourcentage important de lien au sol », a résumé Éric Cachan. Et de prévenir : « En cas d’attaque médiatique, notre syndicat ne défendra pas les élevages dont la taille des bâtiments dépasse nos préconisations. » Non au marketage du « fermier » Le Synalaf mène aussi des actions au niveau national, notamment pour limiter la taille des élevages de poules pondeuses bios, toujours dans l’optique de conserver une production fermière. Autre inquiétude, le développement en cours d’un poulet « sortant à l’extérieur » certifié. Le Synalaf met en garde contre les risques de confusion alors que les critères de production sont très différents. Seuls les poulets label rouge, IGP et bios sont des poulets « fermiers », martèle le syndicat. « Âge élevé, faible densité, taille d’élevage limitée, accès à un véritable parcours… Tous les Français connaissent nos productions fermières avec leurs qualités gustatives ! C’est pourquoi nous ne voulons pas d’un poulet « sortant à l’extérieur », marketé avec des visuels de paysages bucoliques et de poules rustiques : nous le faisons savoir aux opérateurs concernés et nous le dénoncerons auprès des consommateurs si besoin », a déclaré Éric Cachan. Le Synalaf cherche à coller aux évolutions du marché. C’est pourquoi il a proposé à l’Inao des critères de production d’ovoproduits en label rouge. La sélection en danger Au terme de plusieurs présentations sur la production de volailles alternatives dans le monde (dont nous ferons écho dans nos colonnes dans de prochaines éditions), Éric Cachan déclare : « Il n’y a pas de vérité universelle pour définir les productions alternatives, seule la notion de positionnement pertinent sur un marché doit être retenue. » Pour lui, les productions avicoles françaises sous signe de qualité ont de l’avance. Et il souhaite que leurs qualités continuent à être valorisées, ce qui peut passer par l’export de « notre génétique, notre savoir-faire et nos produits finis ». Mais pour ce faire, il faudra tirer les leçons du fait marquant de l’année écoulée : l’épisode d’influenza aviaire.Celle-ci a fragilisé la génétique avicole française. « Le maillon sélection-accouvage fait partie des victimes collatérales de l’épidémie puisque les pays tiers ont fermé leurs portes à leurs productions dès décembre 2015. S’il n’est pas aidé, c’est toutes nos filières qui seront en danger. » Julien Turenne, qui représentait le ministère de l’Agriculture, a annoncé qu’une enveloppe de 20 M€ est prévue pour les accouveurs et les éleveurs du secteur palmipèdes et que d’autres dispositifs de soutien aux volailles non-palmipèdes sont en cours d’élaboration. Les IG : ligne rouge pour le TTIP « La France est très attentive à la préservation de son modèle alimentaire ». C’est pourquoi, dans le cadre du Traité transatlantique (TTIP), la volaille est reconnue comme « un produit sensible » : « Les produits importés devront respecter la réglementation européenne et les indications géographiques constituent une ligne rouge : sans accord sur ce point, il n’y aura pas d’accord transatlantique », a assuré Julien Turenne. Qui voit aussi dans le TTIP une occasion de « promouvoir les normes européennes, les produits labellisés, de haute qualité, qui pourraient trouver des débouchés aux États-Unis. » Il a annoncé la publication d’un décret sur l’utilisation du terme « fermier » au mois d’août, ce qui devrait clarifier les conditions d’emploi de ce terme. Les services de l’État sont en outre en train de travailler sur un décret concernant l’étiquetage : « Les conditions d’application sont en cours de finalisation ».

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