Vie professionnelle

Publié le 08/07/2016

Premier institut régional de la qualité alimentaire, Alsace Qualité vient de fêter ses 25 ans d’existence. 25 ans durant lesquels elle a accompagné plus des deux tiers des entreprises et filières agroalimentaires alsaciennes.

Une incroyable success-story : c’est ainsi qu’Alsace Qualité définit ses 25 ans d’activité en faveur de la qualité, dans une brochure éditée pour commémorer ce quart de siècle d’existence. L’association, qui tenait son assemblée générale le 23 juin à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim, compte aujourd’hui 160 adhérents, soit plus des deux tiers des entreprises et filières agroalimentaires alsaciennes, souligne Jean-François Vierling, son président. En accompagnant au quotidien les entreprises de ce secteur d’activité, Alsace Qualité se positionne comme un véritable « facilitateur de projets » au service de la valorisation des filières agricoles. Son expertise en matière de démarche qualité est reconnue, se réjouit Jean-François Vierling en louant le professionnalisme de son équipe, « des gens de terrain au contact de tous les acteurs de l’agroalimentaire, les agriculteurs, les transformateurs, les restaurateurs, les distributeurs et les consommateurs ». Désormais, c’est dans le contexte de la grande région qu’Alsace Qualité doit poursuivre son travail. L’année 2015 a été marquée par une « baisse drastique des subventions » versées à Alsace Qualité, souligne Bénédicte Baur, sa directrice. La Chambre d’agriculture d’Alsace a réduit sa contribution de 15 000 € et les Conseils départementaux ont fortement réduit, voire supprimé, la leur, contrairement au Conseil régional d’Alsace qui a continué à soutenir l’association. L’exercice s’achève donc sur un résultat négatif pour Alsace Qualité, qui s’autofinance à hauteur de 57 %. La rigueur budgétaire continuera à être d’actualité en 2016, indique Bénédicte Baur. Plusieurs dossiers ont mobilisé l’équipe d’Alsace Qualité en 2015, comme en atteste le bilan d’activité présenté par Céline Cabanel, Catherine Hammer et Dimitri Droit. Outre l’animation des filières et groupements, Alsace Qualité a été confrontée à l’arrêt de l’IGP « knack d’Alsace » en raison de la problématique des produits comparables. L’instruction de l’IGP « choucroute d’Alsace » s’est poursuivie, note Céline Cabanel, de même que le montage du dossier de modification de l’IGP « miel d’Alsace » dont le cahier des charges remonte à 2004. Ces deux dossiers continueront à occuper l’équipe en 2016. Elle se chargera également d’accompagner Alsace Volaille pour la reconnaissance d’un nouveau label rouge pour le poulet à chair jaune. Un partenariat avec les blogueuses Pour valoriser les filières et les produits, Alsace Qualité s’appuie sur son site internet, dont la fréquentation est stable, et sur différentes manifestations, comme les foires et salons pour lesquels elle a développé de nouveaux outils de communication (quiz interactif, livret pédagogique, livret recettes, goodies). En 2015, l’équipe a assuré 24 jours de présence lors des salons, dont le Salon international de l’agriculture à Paris (SIA), rapporte Catherine Hammer. Cette année, Alsace Qualité participera à la foire de Châlons-en-Champagne fin août. Elle s’est associée au concours de recettes des lycées hôteliers, à la semaine Terroir et qualité, à laquelle participaient une cinquantaine de restaurants, ainsi qu’à des actions de promotion en GMS. Elle a également renforcé la présence d’Alsace Qualité sur les réseaux sociaux en alimentant un compte Facebook et en développant un partenariat avec des blogueuses culinaires alsaciennes. Ce partenariat a notamment débouché sur la réalisation d’un livret recettes lancé au SIA. S’agissant de l’accompagnement des filières et entreprises agricoles et agroalimentaires alsaciennes, Alsace Qualité a animé plusieurs conférences et diffusé des informations via sa newsletter qui compte plus de 300 abonnés. Ses actions collectives et intra-entreprises ont rassemblé plus de 350 participants, sur des sujets aussi variés que les systèmes qualité, l’hygiène et la sécurité des aliments ou l’étiquetage et l’information des consommateurs. Plusieurs nouveaux thèmes seront développés en 2016, indique Dimitri Droit, tels que la maîtrise des allergènes et la maîtrise de ses fournisseurs.

Cuma des quatre saisons à Galfingue

L’aire de lavage inaugurée

Publié le 06/07/2016

La Cuma des quatre saisons à Galfingue fête ses vingt ans. L’occasion d’inaugurer la nouvelle aire de lavage et de mettre à l’honneur Paul-Albert Deguille et Henri Perroy distingués au grade de chevaliers dans l’ordre du Mérite Agricole.

Une centaine de personnes a répondu à l’invitation de la Cuma des quatre saisons de Galfingue pour l’inauguration de la nouvelle aire de lavage et de rinçage des pulvérisateurs et des matériels agricoles. Le président de la Cuma, Paul-Albert Deguille a tout d’abord retracé l’historique de la structure agricole qui a vu le jour au printemps 1996. Le directeur, Henri Perroy, a ensuite détaillé, les différents matériels acquis par la coopérative. « On a pu mettre nos idées au service du bien collectif. C’est en effet le 3 juillet 1996 qu’est née cette Cuma fondée par des agriculteurs de Froeningen et de Galfingue. À l’époque, nous voulions pouvoir répondre à une question essentielle pour nous : comment assurer l’entretien du paysage dans nos communes tout en développant l’activité agricole. Au fil des années, nous avons acheté du matériel pour faciliter les échanges entre les adhérents, mais également pour faciliter nos travaux quotidiens », explique Paul-Albert Deguille. Et le dernier projet est la construction d’une aire de lavage avec Phytobac. Un projet qui date de 2011. « Nous avons tous pris conscience que nous ne pouvions plus laver notre matériel dans n’importe quelles conditions. 18 des 27 adhérents actuels de la Cuma ont adhéré à ce projet qui rentre dans le cadre d’un Plan végétal pour l’environnement », ajoute Henri Perroy. Deux aires séparées François Alves et Olivier Bischoff de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) ont détaillé le projet. Il s’agit de limiter les risques de pollution du milieu en sécurisant le lavage du matériel par le biais de deux aires séparées. La première concerne les phytosanitaires avec un Phytobac qui permet de dégrader les résidus de produits. La seconde est une aire de lavage pour le reste du matériel à l’exception du pulvérisateur. Chaque adhérent possède un code pour accéder à un petit coffret personnalisé avec un automate. On trouve également sur les lieux un bassin d’infiltration des eaux et une réserve d’alimentation en eau avec une fosse de 90 m3. Il a ensuite fallu installer la cuve de stockage des eaux chargées en produits phytosanitaires, les deux débourbeurs et la station de pompage puis mettre en place les différents réseaux de conduites et alimentations électriques. Les travaux ont débuté fin 2015 pour se terminer début 2016 grâce à une météo alors favorable. Innovation et passion La troisième partie de la matinée a été consacrée à honorer Paul-Albert Deguille et Henri Perroy. Ces derniers avaient respectivement choisi comme « parrains » le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger et le maire de Mulhouse et vice-président du conseil régional Jean Rottner. Paul-Albert Deguille a été le premier à être épinglé du Mérite agricole. C’est Laurent Wendlinger qui s’en est chargé après avoir félicité les adhérents de la Cuma « pour l’innovation dont vous avez fait preuve en périphérie de Mulhouse. Vous avez toujours eu une longueur d’avance par rapport aux politiques qui sont en vigueur actuellement. Vous avez su allier efficience économique et efficacité technique ». Le président de la CAA a enchaîné avec un portrait de Paul-Albert Deguille, qui exploite 140 hectares à Galfingue, essentiellement en production céréalière. « Instinct collectif », « sens du partage », « passion pour la gestion », « sens des responsabilités », « courtoisie méticuleuse », « pragmatisme », « engagement », « vision d’avenir » sont autant de qualités du récipiendaire détaillées par Laurent Wendlinger qui a rappelé qu’en « cette période de crise que subit le monde agricole, il est d’autant plus important d’avoir, comme vous, un temps d’avance dans la gestion de nos entreprises ». « Passion » : le terme est aussi employé par Jean Rottner dans son discours consacré à Henri Perroy, avant qu’il n’épingle à son tour le Mérite agricole au « dernier agriculteur de Mulhouse coincé entre ville et campagne ». Exploitant 34 hectares à l’entrée ouest de la cité du Bollwerk, le récipiendaire gère un total 300 hectares de terres agricoles via la société Olagri dont il est salarié gérant. Il gère également le domaine agricole de Heimsbrunn. C’est à « l’ami » que le maire de Mulhouse s’adresse quand il souligne « son côté bonhomme, qui inspire confiance, qui est intéressé par tout ». Pour le vice-président du conseil régional, « Henri Perroy est un diversificateur né, c’est quelqu’un qui a su créer des liens entre la ruralité alsacienne et sundgauvienne, et la réalité de la ville ». À l’issue de cette sympathique cérémonie, les invités et les responsables de la Cuma des quatre saisons ont officiellement inauguré cette aire de lavage qui témoigne une nouvelle fois du bon sens paysan.

Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace

Didier Pettermann, nouveau président

Publié le 01/07/2016

Didier Pettermann est le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). Il succède à Robert Dietrich. Il a été élu lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée vendredi 24 juin dans les locaux de la Maison des vins d'Alsace à Colmar.

Seul candidat, le producteur de Dambach-la-Ville a été élu par douze voix favorables et quatre abstentions issues de la coopération. Il sera entouré pour les trois années à venir de trois vice-présidents : Georges Lorentz (pour le négoce à Bergheim), Christian Kohser (pour la production à Wangen) et Robert Dietrich (président sortant, pour le négoce à Wettolsheim) ; d'un secrétaire général : Pierre Heydt-Trimbach (pour le négoce à Ribeauvillé) ; et d'un trésorier : Pierre-Olivier Baffrey (pour la production à Bennwihr). Les autres membres complétant le bureau du conseil de direction sont Nicole Bott (pour le négoce à Ribeauvillé), Pierre-Étienne Dopff (pour le négoce à Riquewihr), Erwin Moser (pour le négoce à Barr), Jérôme Bauer (pour la production à Herrlisheim), Pierre Bernhard (pour la production à Châtenois) et Georges Wespiser (pour la production à Hunawihr). En préambule, le président sortant du Civa, Robert Dietrich a fait un bilan de son action lors de ces trois dernières années. Il a rappelé qu'à son arrivée, il avait trouvé une situation inédite avec un conseil de direction remis en cause et la nécessité de faire trois assemblées générales pour arriver à faire accepter un comité directeur. À ses yeux, son action a permis au Civa de stabiliser son fonctionnement. « Notre décret exécutif date cependant de 1963. Il faut le réviser, le faire évoluer. Des solutions seront certainement proposées dans les mois qui viennent », a expliqué Robert Dietrich pour qui le Civa repose sur trois pôles opérationnels : technique (renforcé récemment pour la création variétale avec l'Inra), économique (ressources et intelligence économique) et communication ; mais également sur trois pôles fonctionnels : le conseil de direction, les moyens généraux et le service administratif et financier qui seront renforcés avec l'arrivée de Gilles Neusch, en tant que directeur adjoint, à partir du 1er octobre. Robert Dietrich constate par ailleurs que la santé économique du vignoble demeure toujours et encore fragile. Une situation qui est aggravée par « une tension sur les prix avec comme conséquence une baisse des ventes. En l'occurrence, moins 10 %. Les efforts réalisés dans l’Union européenne et les pays tiers se font fort heureusement ressentir. Sur les quatre premiers mois de l’année, les ventes progressent de 10,9 %. C’est une évolution positive. Dans ces pays, on assiste à un intérêt croissant pour les alsaces, d’ailleurs bien mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Maintenant, il y a une autre réalité. Pendant ces trois années, la nature n'a pas été généreuse avec le vignoble. Nous avons tous besoin d'une belle récolte 2016 pour reconstituer nos stocks ». Et de conclure en insistant sur la nécessité de mettre la priorité sur l'image et la valeur des produits avec une amélioration de la lisibilité de la gamme, une meilleure compréhension pour les consommateurs et une visibilité plus claire. « Définir ensemble l'identité des vins d'Alsace » Le directeur du Civa, Jean-Louis Vézien, a ensuite présenté le rapport d'activité. Un document de synthèse constitue la mémoire et les archives de l'interprofession. Néanmoins, cette communication évolue. « Nous sommes tous conscients qu'avec le développement d'internet, des réseaux sociaux, l'information se diffuse largement et rapidement. Nous allons donc également proposer le développement de la communication du Civa dans la Revue des vins d'Alsace pour que tout le monde puisse suivre, chaque mois, en temps réel, nos actions. » Une nécessité qui doit répondre à l'attente des différentes composantes de l'interprofession. Après une tournée politique des sous-régions viticoles, le nouveau président du Civa, Didier Petterman, veut « revoir les fondamentaux des budgets. Il faut que nous définissions tous ensemble un projet stratégique du Civa pour les trois à six années à venir. » Et de préciser que « le projet sera défini collégialement avec toutes les forces vives du vignoble alsacien. Le premier point concernera la valorisation des vins. Nous devons définir ensemble l’identité des vins d’Alsace et leur ADN, la lisibilité de notre gamme. Nous devons augmenter la valeur ajoutée, pour pouvoir continuer à la partager de façon équitable au lieu de vouloir prendre la place ou la part du voisin. Ce défi est à relever collectivement et je compte sur l’implication de toutes les sensibilités. Le second point doit nous inciter à faire face aux évolutions que connaît notre vignoble. Il faut mieux répondre aux préoccupations des viticulteurs (santé du vignoble, recherche sur le matériel végétal), mais aussi à l’évolution qualitative des vins d’Alsace et son inscription dans le moyen et long terme. En matière d'intelligence économique, il faut aider les producteurs dans les prises de décision, les viticulteurs à l’export. Le Civa doit aider à ouvrir ou consolider des marchés pour les opérateurs alsaciens. Enfin, il faut revoir la communication et le marketing autour de nos vins. Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes, et surtout de ce que nous voulons être ». Dans ces perspectives, Didier Pettermann souhaite travailler en confiance avec les services de l'État, les partenaires du Civa, et bien évidemment, les entreprises du vignoble alsacien. « Nous avons six mois pour écrire une feuille de route politique et redéfinir les priorités d’actions de notre Interprofession. Je souhaite que nous ayons des échanges francs et constructifs pour reconsidérer certaines activités historiques, en créer des nouvelles en phase avec les attentes des opérateurs sur le terrain », a-t-il conclu. Un avenant problématique Si l'approbation du rapport financier de l'exercice 2015 et celui concernant un avenant complétant l'accord interprofessionnel 2016-2019 n'ont pas trouvé matière à discussion et ont été approuvés à l'unanimité, cela n'a pas été le cas pour un autre avenant portant sur les contrats de vente. Suite à des abus, le législateur a en effet modifié le plafond légal régissant les délais de paiement entre acheteurs et vendeurs de raisins ou de vrac. Cet avenant prévoit le raccourcissement du délai (un plafond fixé entre 45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires) pour éviter les chevauchements de récolte. Il précise par exemple que ces délais de paiement s'établissent au 15 septembre (au lieu du 15 décembre) dans le cadre d’un contrat pluriannuel, et entre le 15 janvier et le 15 septembre dans le cadre d’un paiement en quatre tranches. Cette disposition a provoqué la colère des négociants. « C’est un scandale. Le négoce paie les pratiques d'entreprises qui ne se situent pas dans la région. C'est irrespectueux par rapport à la profession viticole », s'agace Jacques Cattin de Vœgtlinshoffen. Un premier vote des élus du Civa décide alors de ne pas valider l’avenant n° 2 de cet accord interprofessionnel. Mais cela pose problème. D'abord pour l'administration qui ne fait qu'appliquer la loi, mais également pour la profession. « On ne peut pas aller à un règlement à soixante jours en nous opposant ainsi. La seule solution est d'approuver pour l'instant et d'aller prochainement à Paris pour demander de modifier le cycle de paiement. Nous approuvons, que ce soit clair, contraints et forcés, précise Pierre Heydt-Trimbach. Avec toutefois l’assurance d’une renégociation sur un retour aux conditions qui ont satisfait tout le monde ces 30 dernières années. » Ce deuxième vote est finalement approuvé à l'unanimité, moins une abstention.

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