Vie professionnelle

Abattoir départemental de Cernay

Il fête ses 10 ans 

Publié le 30/06/2016

Créé en 2006 avec le soutien du conseil départemental du Haut-Rhin, l'abattoir de Cernay est devenu un équipement indispensable au développement des filières locales. Il permet de maintenir une activité d'élevage de taille humaine et dynamique dans le département, grâce à une transformation de proximité alimentant une filière courte de qualité. 

C'est en présence du président du comité départemental du Haut-Rhin Eric Straumann, de nombreux élus locaux et de représentants de la profession et de l'administration agricole que s'est déroulée cette réception le 23 juin dernier. La première partie de la matinée a été consacrée à la visite des installations en présence du personnel. L'occasion pour Eric Straumann de questionner le président de l'abattoir, Denis Nass, sur les conditions d'abattage. « Il y a des images qui ont fait beaucoup de mal. Il faut donc rassurer les consommateurs ». Denis Nass le rassure immédiatement et explique le fonctionnement de cet outil de proximité à taille humaine. Un peu plus tard, Eric Straumann précise. « Une commission d'enquête sur les conditions d'abattage en France s'est constituée et travaille actuellement. Il faut en effet avoir un langage clair vis-à-vis des consommateurs, sans, dans le même temps, généraliser les excès. On semble se diriger vers la mise en place de caméras de surveillance pour rassurer tout le monde et permettre aux abattoirs de poursuivre leurs activités. Un abattoir, ici comme ailleurs, n'est pas un lieu connu ». Denis Nass est dubitatif : « L'installation de ces caméras risque de poser des questions sur le "canevas" imposé. Et au niveau technique, cela peut être compliqué ». Développer l'outil L'ouverture de cet abattoir en 2006 faisait également suite à la fermeture de celui de Colmar en 2001. « Il était vital, avec cet outil, de permettre le maintien des activités de l'élevage départemental et, par voie de conséquence, le maintien des surfaces herbagères dans les zones de captage afin de mieux protéger la qualité des eaux, mais également de développer des produits du terroir. Merci au conseil départemental du Haut-Rhin, et surtout à Rémy With et Michel Habig pour leur aide. Notre chiffre d’affaires progresse et la totalité des arriérés de paiement au conseil départemental est soldée. Nous œuvrons maintenant pour développer l'outil et créer de nouveaux services comme la mise en place d'un outil de transformation de charcuterie », explique Denis Nass. La profession considère cet abattoir départemental d'autant plus nécessaire que, dans le Bas-Rhin, celui d'Holtzheim vit des moments difficiles. « C'est la raison pour laquelle nous devons continuer à travailler sérieusement, à structurer nos actions et développer nos services pour permettre, avec la mise en place d'un atelier de transformation de charcuterie, de proposer aux consommateurs une gamme de produits finis plus élaborée, commercialisée sous forme de caissettes, en harmonie avec leurs demandes », ajoute Denis Nass. Des propos complétés, au nom de la Chambre d'agriculture d'Alsace, par Sébastien Stoessel. « La Chambre est aux côtés de l'abattoir pour développer encore davantage cet outil de proximité. Elle est là pour accompagner les producteurs au niveau technique, mais également au niveau de la profession car cela demande un suivi et de la rigueur. Nous devons pérenniser, tous ensemble, cette dynamique et avancer ». Des propos salués par Eric Straumann qui se félicite que cet abattoir fonctionne bien. « Compte tenu de la mission que le conseil départemental remplit en sa qualité de gestionnaire des cantines scolaires, nous profitons de cette journée pour vous informer que nous sommes tout à fait disposés à répondre aux besoins de ces établissements, par des produits issus des élevages locaux, à des conditions financières équitables, destinées à faire vivre décemment nos outils de production de proximité et ceux qui les servent ». Et de rappeler en conclusion que l'abattoir de Cernay, c'est aussi quinze postes de travail créés dans un bassin d'emploi fragilisé, mais surtout quinze professionnels compétents, volontaires et motivés.

Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles

100 % des dossiers éligibles seront financés

Publié le 25/06/2016

Pour financer le millier de projets agricoles déposés dans le cadre du plan de compétitivité et d’adaptation, la Région Grand Est débloque une rallonge de 6,20 M€. Tous les dossiers éligibles pourront ainsi aboutir en 2016.

L’appel à candidatures lancé par la région Grand Est pour le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (Pcea) s’est traduit par le dépôt de plus d’un millier de dossiers éligibles sur les dix départements. 80 % concernent la modernisation ou la création d’ateliers et 20 % ciblent la diversification ou les productions spéciales. « Un immense succès, se réjouit Philippe Mangin, le vice-président du Conseil régional, délégué à la Ruralité et l’Agriculture. C’est plutôt rassurant. Cela montre qu’il existe toujours un espoir dans ce métier, et que certains sont prêts à prendre le pari de la modernisation et de la compétitivité des filières ». Deux priorités érigées en principe de subventionnement par le nouveau Conseil régional. Montant subventionnable de 32 M€ Sur les 1 020 dossiers, 600 émanent de l’ex région Champagne-Ardenne qui s’était moins mobilisée sur la modernisation lors des précédentes mandatures. Il y a donc un certain effet rattrapage. Beaucoup de projets concernent la modernisation des bâtiments d’élevage bovin, laitier, avicole, mais aussi la diversification. L’ensemble représente un montant subventionnable de 32 M€, sur la base d’une répartition Région, État, Europe (Feader), plus certains Départements qui apportent leur contribution. Le hic est qu’il manque 6,20 M€ de cofinancements nationaux pour boucler ce programme sur l’exercice 2016. La Région Grand Est avait prévu 4 M€ à son budget primitif. Le 14 juin dernier, les élus de la commission agriculture et le président Philippe Richert ont décidé de prendre en charge ces besoins supplémentaires. Au final, la Région Grand Est abondera le Pcea afin que la totalité des dossiers éligibles puissent être financés sur 2016. En cette période de doute pour l’agriculture « c’eut été porter un coup fatal à l’élevage régional, si nous avions éliminé beaucoup de dossiers, considère Philippe Mangin. Il s’agit d’apporter une bouffée d’oxygène à ces secteurs qui souffrent ». Au-delà de l’année 2016, la Région travaille aussi à l’élaboration de « sa » politique agricole et rurale pour la mandature. Le 24 février dernier, l’exercice de « co-construction » a été lancé avec l’ensemble des organisations professionnelles. « Nous avons des propositions d’une qualité exceptionnelle émanant des Chambres, du syndicalisme, des filières, des coopératives, des industries agroalimentaires, juge le vice-président du Grand Est. Nous sommes dans une phase de consolidation, avant de nous livrer à des arbitrages ». Une conférence sera organisée avec les partenaires en septembre, au cours de laquelle sera présenté « un document d’orientation de la nouvelle politique agricole régionale ambitieux, et lisible par tous les agriculteurs » conclut Philippe Mangin.

Chambre régionale d'agriculture du Grand Est (Crage)

Pour une agriculture performante et innovante

Publié le 24/06/2016

La Crage a tenu sa session plénière vendredi 17 juin à Sainte-Croix-en-Plaine. L'occasion de faire un premier bilan après six mois d'activité dans cette grande zone géographique, mais également de parler d'avenir et de développement stratégique.

En ouvrant cette session, le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) Laurent Wendlinger s'est voulu positif. Il s'est félicité du chemin déjà parcouru ensemble par les trois régions historiques. En tant que conseiller régional, il a rappelé que le président de la région Grand Est, Philippe Richert, avait rencontré le 24 février dernier les forces vives du monde agricole pour définir avec eux la politique agricole de cette grande région. Il a ainsi assuré que la compétitivité des entreprises agricoles et leur modernisation par le biais de l'innovation et du savoir-faire étaient au cœur des préoccupations du conseil régional. Sur le budget 2016, ce sont plus de vingt millions d'euros qui ont été octroyés pour accompagner les politiques agricoles dont six millions d'euros en faveur des élevages inscrits dans le plan bâtiment. Le soutien du conseil régional passe également par la formation professionnelle, le tourisme, l'environnement ou encore le soutien aux lycées agricoles. « La tâche est grande, mais sachez que la région restera un partenaire fidèle pour affronter avec vous les nombreux défis de demain. La région Grand Est, comme la Chambre d'agriculture, est en ordre de marche pour assurer la continuité de nos politiques », a conclu Laurent Wendlinger. Une motion pour un classement en zone de « catastrophe naturelle » L'actualité agricole du moment est difficile. Du point de vue économique d'une part, mais également par rapport aux conditions météorologiques. C'est ce qu'a rappelé le président de la Crage Jean-Luc Pelletier. « Intempéries et inondations marquent brutalement cette fin de printemps. Nous ne pouvons que ressentir une forte compassion pour nos collègues agriculteurs qui souffrent et j'espère sincèrement que, par nos travaux, nous apporterons notre pierre à la reconstruction de notre profession ». En Alsace, en effet, le volume de précipitations depuis avril est deux fois plus important que la moyenne régionale. Les semis se sont déroulés dans des conditions pénibles. Plusieurs phénomènes se sont conjugués et ont débouché sur des inondations. Les cultures céréalières souffrent. « Et toutes les productions d'élevage de ruminants sont particulièrement touchées. De nombreux éleveurs ont dû rentrer les animaux qui avaient été mis à l'herbe début avril. Les parcelles de prairies submergées ont été malmenées et dégradées par les piétinements. Les récoltes de fourrage sont en train d'être perdues avec des conséquences encore non mesurables sur la quantité et la qualité des stocks actuels et futurs », ajoute Jean-Luc Pelletier. Les vignobles d'Alsace et de Champagne ne sont pas davantage à la fête. Le mildiou et l'apparition de pourriture sur feuilles et grappes sont bien présents. Cette situation difficile s'ajoute à celle déjà compliquée de certaines filières. « Les dégâts causés par les récentes intempéries sont tels que même les assurances ne nous permettront pas de faire face aux difficultés. Et avec les problèmes de l'abattoir d'Holtzheim, les agriculteurs ne savent plus où ils en sont. Il faut réfléchir à de nouveaux outils pour pouvoir les accompagner. Car, vraiment, aucune filière n'est épargnée. Nous devons demander d'urgence aux pouvoirs publics de tenir compte des conditions climatiques exceptionnelles actuelles lorsque seront réalisés les déclarations et les contrôles de la Pac pour 2016. Par ailleurs, je demande l'adoption d'une motion pour le classement en zone « catastrophe naturelle » de toute la région Alsace Champagne Ardenne Lorraine au titre de l'agriculture », explique Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. Une motion, qui a été approuvée à l'unanimité. Pour autant, les représentants agricoles du Grand Est préparent l'avenir et cherchent à avancer. Un gros travail a déjà été réalisé lors de ces six premiers mois d'existence. Le schéma de gouvernance, approuvé en février 2016, se déploie. Les commissions fonctionnent. Les chantiers se coordonnent. À l'image, en interne, de la préparation de la régionalisation des fonctions supports (ressources humaines, systèmes d'information, administration), mais également celui de la préparation du transfert du périmètre régional de la Chambre de région Alsace dans le cadre de la création de la Chambre régionale. Cette dernière sera donc au complet avec les trois fondateurs au 1er juillet prochain. Trois défis En outre, le projet de développement stratégique de la Chambre d'agriculture se construit. L'ambition des élus est de créer les conditions d'une agriculture performante et innovante. « Pour réussir, trois défis s'offrent à nous. Nous devons créer de la valeur dans les exploitations et dans les filières en amont et en aval pour développer la compétitivité, générer de l'emploi. Nous devons également consolider les systèmes de production spécifiques à une région caractérisée par une agriculture très diversifiée, et adaptés au contexte géographique tout en se basant sur les atouts du maillage territorial, sur la force des organisations en place. Nous devons enfin préserver les ressources naturelles et contribuer à l'aménagement équilibré du territoire, au développement des relations villes-campagnes », assure Jean-Luc Pelletier. Une réussite qui passe par le réseau des Chambres d'agriculture (la Chambre régionale et les neuf Chambres départementales et/ou interdépartementales). Quatre axes sont clairement identifiés : assurer le renouvellement des générations, le développement de l'emploi et des compétences ; développer l'innovation et la bio économie au service de la compétitivité et de la préservation des ressources naturelles ; développer le potentiel technique et économique des filières existantes, et accompagner l'émergence de nouvelles filières ; promouvoir une agriculture au service de la dynamique des territoires, facteur d'attractivité de la région. « Le projet agricole pour le Grand Est devra permettre l'initiative et l'expérimentation territoriale infra-régionale de manière à favoriser l'agilité dans l'accompagnement des mutations des diverses filières. La mise en oeuvre de ce projet et la construction de cette nouvelle région nécessite aussi de participer à l'organisation, au niveau Grand Est, de réseaux de partenaires que sont, par exemple, les jeunes agriculteurs, la Safer », a conclu Jean-Luc Pelletier. Transfert du périmètre régional La session a par ailleurs permis de présenter le budget rectificatif de la Chambre d'agriculture, d'évoquer les travaux des différentes commissions et enfin d'évoquer le transfert du périmètre régional de la Chambre d'agriculture d'Alsace dans la nouvelle structure régionale du Grand Est. Ainsi, le transfert des biens et des personnels de la CAA vers la Crage sera réalisé avant ce 30 juin 2016. Il s'agit d'intégrer les effectifs pour mettre en place la nouvelle organisation et préparer à la mise en application du décret sur l'organisation du réseau des Chambres mais également de régionaliser les activités qui sont d'ores et déjà mises en oeuvre à l'échelle des trois trois territoires comme Ecophyto, le maraîchage et Planète Légumes. Ce transfert concerne huit salariés et neuf bureaux pour une valeur immobilière de 282 000 euros.  

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