Vie professionnelle

Publié le 21/05/2016

La traditionnelle opération Sourire, organisée par le canton viticole des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, s'est déroulée ce week-end sur la place de l'Ancienne Douane à Colmar, sous d'une météo plutôt capricieuse.

En ce long pont de la Pentecôte, les jeunes viticulteurs, indépendants, coopérateurs ou négociants avaient, comme chaque année, installé leurs chapiteaux en face du Koïfhus à Colmar. Une rencontre sans intermédiaires, du producteur au consommateur, avec comme objectif, la découverte et la vente d'une sélection des meilleurs cépages issus de leurs exploitations. Un grand choix de vins d'Alsace accompagnés des incontournables tartes flambées, kougelhofs et autres bretzels. L'inauguration, le dimanche matin, a réuni entre autres les adjoints au maire, Serge Hanauer et Yves Hemedinger, Lætitia Pantzer, reine des vins, et Joséphine Spannagel, sa dauphine. Pour François Schlussel, président des JA Viti, l'opération Sourire en ce lieu de Colmar est une belle vitrine permettant de communiquer, de promouvoir la profession et de faire partager la passion de leur métier, notamment sur la diversité et la qualité de leurs vins. « En tant que jeunes viticulteurs, nous apprécions la convivialité de l'action, les échanges avec les Colmariens ou les touristes, qu'ils soient de fins connaisseurs ou des néophytes. » François Schlussel a profité de cette tribune, pour sensibiliser l'auditoire à l'actualité qui suscite quelques inquiétudes. Pour la troisième année consécutive, le vignoble a rentré une petite récolte, faisant baisser les disponibilités, et ne permettant pas aux entreprises de faire leurs trésoreries. Le volume total de la récolte 2015 se situe à 985 300 hectolitres, soit légèrement en dessous du million d'hectolitres. Par ailleurs, un bouleversement de la viticulture française et européenne est attendu pour 2016, avec l'entrée en vigueur du nouveau régime libéral des autorisations de plantations. Le danger pour Alsace qui produit des vins de cépage, c'est le détournement de notoriété. « Il est très facile de leurrer le consommateur par l'utilisation de codes identitaires propres à l'Alsace. » Une bouteille rhénane assortie d'une cigogne sur l'étiquette et d'un nom à consonance alsacienne et le tour est joué. Enfin, les députés, réunis à l'assemblée nationale le 24 novembre 2015, ont voté à une large majorité la clarification de la loi Évin. Un vote, qui s'il sécurise l'information journalistique et œnotouristique, ne donne pas pour autant davantage de droits publicitaires.

Caisse d'assurance accidents agricoles du Haut-Rhin

Du très bon et du moins bon

Publié le 17/05/2016

Des sinistres à « bas niveau », davantage d'actions de prévention et une perte financière « exceptionnelle » de plus de 900 000 euros : la CAAA du Haut-Rhin a connu un exercice 2015 contrasté.

Pour la Caisse Assurance Accidents Agricoles du Haut-Rhin (CAAA 68), l'année 2015 peut être considérée comme un remake de l'exercice 2014, où le très bon côtoie le moins bon. Le président de la CAAA 68, Jean-Michel Habig, relève en premier lieu le maintien « à bas niveau » du nombre de dossiers pris en charge, à savoir 961 sinistres déclarés contre une moyenne annuelle de 1 062 sinistres au cours des dix dernières années. Parmi ces 961 sinistres, 875 émanent des populations salariées et non salariées, à savoir le cœur de métier de la CAAA 68. « Il y a à peine quatre sinistres de plus qu'en 2014, année du plus faible nombre d'accidents jamais déclarés. Doit-on voir, dans ce bon résultat, un lien de cause à effet entre ce faible nombre de sinistres et notre engagement en matière de prévention ? », s'interroge Jean-Michel Habig. Les 86 sinistres restants proviennent des élèves des deux lycées agricoles haut-rhinois, dont les déclarations d'accidents ont continué à progresser. Une évolution que le directeur de la CAAA 68, Philippe Pétry, tient à relativiser. « Les jeunes ne sont pas plus exposés aux accidents qu'ils ne l'étaient il y a quelques années. L'évolution de ces chiffres s'explique d'abord par l'évolution des procédures mise en œuvre par les infirmiers et infirmières, qui déclarent désormais le moindre incident. De plus, cette évolution est également à relativiser au regard de l'absence ou de caractère bénin des séquelles, pour la plupart liées à des chahuts ou à des accidents lors des déplacements. » Mais si les lycéens restent finalement peu concernés par les accidents graves, ils pourraient très bien l'être demain en tant que salariés ou non-salariés agricoles. C'est ce qui incité la CAAA du Haut-Rhin et le lycée de Rouffach à mettre en place un enseignement hebdomadaire sur le thème de la « prévention des risques professionnels » à destination des élèves de première Bac pro Agri/Viti (voir encadré). Protéger les attelages agricoles sur la route Des risques que l'on peut rencontrer en manipulant un outil, auprès d'une vache un peu trop nerveuse ou plus simplement en prenant le volant de son tracteur. On ne compte en effet plus les accidents - parfois mortels - qui surviennent sur nos routes départementales entre un convoi agricole et un véhicule de tourisme ou un poids lourd. L'axe routier le plus touché étant la RD83 entre Burnhaupt et Colmar, une voie rapide où les voitures circulent à 110 km/h, voire plus, tandis que les attelages agricoles plafonnent à 45 km/h. Cette situation plus que périlleuse a poussé la CAAA du Haut-Rhin à mettre au point une bâche de pré-signalisation lumineuse pour permettre aux attelages agricoles d'être davantage visibles. « Il fallait un équipement d'alerte, complémentaire aux équipements obligatoires comme le gyrophare, un équipement amovible, autonome dans son alimentation électrique, susceptible d'être accroché à n'importe quel type de remorques ou d'outils, quels que soient leurs matériaux de construction, leur forme ou leur structure, le tout avec un prix ne dépassant pas les 200 euros HT », détaille Philippe Pétry. Après quelques ajustements suite aux retours du ministère, le dispositif a fini par être déposé auprès de l'INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) le 16 novembre 2015 au nom de la CAAA 68. La Caisse étant un établissement public de droit local, elle a dû concéder la commercialisation et la fabrication de la bâche à la société Est Signalisation. Elle a profité de son assemblée générale du 3 mai dernier pour la présenter officiellement au public. Les risques de travaux forestiers L'autre fait marquant de l'exercice écoulé pour la CAAA du Haut-Rhin est le développement des actions de prévention des risques inhérents aux travaux forestiers. Ces actions, menées en partenariat avec la Fédération des forestiers d'Alsace, l'Association des communes forestières d'Alsace, l'ONF ou encore la SVLFG (Sozialversicherung für Landwirtschaft Forsten und Gartenbau), ont toutes au comme objectifs la sensibilisation aux risques, la formation aux enjeux de la sécurité, et les moyens à disposition pour prévenir les accidents d'exploitation. « À ce titre, je tiens à mettre en avant les journées de sensibilisation des chefs d'exploitation aux risques du bûcheronnage qui ont eu lieu au mois de novembre. Nous sommes en effet assez peu nombreux à faire, plus ou moins régulièrement, du bois et à manipuler une tronçonneuse. Mais malheureusement, peu d'entre nous ont pris la pleine mesure des risques encourus, de l'intérêt de disposer d'un matériel en parfait état d'entretien, de porter des équipements de protection individuelle, ou de pratiquer, ne serait-ce qu'une seule fois, un abattage sous la conduite d'un bûcheron formateur », souligne Jean-Michel Habig. Malgré cet état de fait, les deux journées de sensibilisation n'ont pas rencontré le succès escompté, même si le retour des participants a été très positif. « Du coup, le comité directeur a décidé de reconduire cette action à l'automne prochain, vraisemblablement en novembre ou en décembre. J'invite tous les chefs d'exploitation ou d'entreprises agricoles qui font du bois à prendre contact avec le service prévention de la Caisse afin de connaître le déroulement de la journée, et les moyens humains et matériels mobilisés », poursuit-il. Une perte exceptionnelle de 908 000 euros Si l'année 2015 a été riche en points positifs, elle l'a été tout autant en aspects négatifs. La hausse des dépenses de prestations entamée il y a deux ans s'est ainsi poursuivie, que ce soit les prestations en nature inhérentes à la prise en charge des victimes, ou les prestations en espèces (rentes, pensions, indemnités journalières d'arrêt de travail). La CAAA 68 a versé 7,5 millions d'euros de prestations légales, soit une hausse de 122 000 euros par rapport à 2014, les rentes (environ 5,2 millions d'euros) constituant 70 % de ce montant. Petite satisfaction cependant : cette tendance haussière entamée en mai 2014 s'est inversée en octobre 2015. « Depuis, le ralentissement observé semble devoir se confirmer », observe Jean-Michel Habig. Au total, 99 nouvelles rentes ont été attribuées en 2015, dont 42 pour les non-salariés et 57 pour les salariés. « Si ce nombre augmente de quatorze unités par rapport à la moyenne des cinq dernières années, le nombre total des rentes allouées continue de baisser pour descendre en deçà de la barre des 1 900, à 1 881 rentes. Pour mémoire, ce nombre était encore de 1 936 il y a deux ans et demi », note Philippe Pétry. Le résultat comptable 2015 a aussi été impacté par l'entrée en vigueur d'une nouvelle règle de calcul des masses salariales relevant du régime agricole. « Une règle que la Caisse a seulement pris connaissance en janvier 2016 et qui a abouti à une réévaluation du nombre de salariés affiliés au régime agricole. En conséquence, nous avons subi une baisse immédiate du montant de la dotation qui nous est versée en 2015, et la mise en œuvre, de manière rétroactive, d'un rattrapage par rapport à un trop-perçu au titre de 2015 », développe le président de la CAAA 68. Au final, la Caisse du Rhin a dû élaborer son budget 2016 avec 550 000 euros de recettes en moins et devra élaborer les prochains budgets avec le même manque à gagner. « L'exercice 2015 se termine donc par une perte exceptionnelle de près de 908 000 euros », déplore Jean-Michel Habig. Un solde affecté au compte de la réserve statutaire. Réserve qui autorise encore 18 mois de fonctionnement à la Caisse. « Par conséquent, nous avons dû mettre en place des règles d'élaboration du budget 2016 reprécisées. » Si des économies peuvent être réalisées sur les charges sans pour autant nuire à la qualité du service public rendu, le comité directeur de la CAAA 68 a néanmoins décidé d'augmenter les produits avec une revalorisation de 8 % du rôle principal, qui entraîne une augmentation de la cotisation à l'hectare de 1,09 euro. « Cette hausse, spectaculaire dans son pourcentage, fait suite à dix années au cours desquelles la Caisse n'a pas augmenté le rôle principal. Nous avons conscience que cette mesure intervient dans un très mauvais contexte économique. Mais il est apparu qu'une augmentation plus modérée menaçait les principes budgétaires, et le budget lui-même », justifie Jean-Michel Habig.

Rencontres annuelles Groupama

Mieux vaut prévenir que guérir

Publié le 17/05/2016

Malgré sa restructuration à l'échelle Grand Est et sa diversification métier, Groupama tient à garder le contact avec le marché professionnel alsacien et notamment l'agriculture, son métier de base. L'assureur organise chaque année une rencontre avec les représentants du marché pro pour entretenir le lien.

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, est revenu en préambule sur les résultats du groupe (lire en page 7 de notre édition du 1er avril), qui conforte actuellement ses positions stratégiques par son partenariat entre Orange et Groupama banque. Cette opération devrait porter le nombre de clients de Groupama banque de 500 000 à environ 2 millions. « Groupama va devoir investir pour accompagner le développement de cette structure et va bénéficier de la technologie Orange sur les moyens de paiement », notamment sur le marché international. Au niveau régional, Groupama Grand Est recense 405 000 clients et 189 agences. C'est un acteur important de l'économie locale qui réinjecte par l'accompagnement des sinistres chaque année 400 millions d'euros, qui retournent vers les entreprises et les artisans. Leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans Pour un assureur, les meilleurs sinistres sont ceux qui sont évités. La prévention est un enjeu essentiel, comme l'a rappelé Olivier Larcher, directeur général, à travers quelques chiffres. 3 500 personnes meurent chaque année sur les routes en France : ce sont pas moins de 2 500 sinistres corporels par an dans le Grand Est. 11 millions d'accidents domestiques sont répertoriés chaque année et sont à l'origine de 20 000 décès par an, soit la troisième cause de décès : c'est un sujet sous-estimé « auquel on doit s'attaquer notamment auprès des jeunes ». Enfin, on recense 270 000 incendies par an, à l'origine soit de travaux (soudure, meulage), de cigarettes ou de défauts d'installation. Sébastien Court, responsable de la prévention, a rappelé que Groupama était leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans. Précurseur sur les opérations de sensibilisation à la conduite responsable dans les écoles avec l'opération 10 de conduite jeunes en partenariat avec la gendarmerie qui permet de former 2 000 élèves par an sur les 12 départements de Grand Est. Dans les lycées agricoles et les maisons familiales, Groupama organise depuis 40 ans le 10 de conduite rurale. Fort de cette expérience, l'assureur organise également des stages de conduite à l'attention des jeunes, des seniors, des entreprises et des collectivités. Ce sont des formations théoriques et pratiques pour préparer à la conduite en conditions difficiles mais également pour favoriser les réflexes d'écoconduite. Les conseillers de Groupama sont également présents sur site en entreprises et collectivités pour faire de l'analyse de risque en prévention sur les questions d'incendies, de protection contre le vol et la malveillance, les risques environnementaux et sur des nouvelles problématiques, notamment en agriculture comme les installations photovoltaïques et de méthanisation. En Alsace, la prévention est une priorité. Rémy Losser a rappelé que les Caisses locales organisaient de nombreuses réunions de formation et d'information, notamment sur l'utilisation des extincteurs, car « ce n'est pas tout d'en avoir, encore faut-il savoir s'en servir en cas de besoin ! » Groupama a mis en place les jokers de la route, pour convoyer notamment au retour de manifestations les personnes en toute sécurité. Enfin Joseph Ehrhart signale une initiative pilote expérimentée dans le Haut-Rhin avec la Caisse d'assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin : la création de bâche clignotante à apposer sur les remorques pour sécuriser les convois agricoles contraints de circuler sur des axes dangereux en période de récolte. Cette bâche a un coût de 150 € ; la CAAA du Haut-Rhin et Groupama rembourseront 50 € aux 200 premiers acquéreurs. Enfin Groupama soutient avec le SDIS l'opération de prise en charge de dix jours de service de remplacement pour tout agriculteur engagé comme sapeur-pompier volontaire. Les objets connectés, les nouveaux amis de la prévention La prévention bénéficie des apports technologiques des objets connectés. Et là tout reste à faire et à inventer… mais déjà dans l'automobile, il est désormais possible de détecter les pannes, de localiser les voitures volées et d'analyser les pratiques des conducteurs. Ainsi la Caisse régionale est pilote sur le projet « Groupama on board », une assurance pour jeune conducteur qui, par une application, enregistre les pratiques au volant, génère un score, propose des modifications de comportements à adopter pour améliorer sa conduite et se traduit par une réduction de prime jusqu'à 35 % sur la cotisation.  Dans les maisons, ces petits objets peuvent prévenir du vol mais aussi des incendies. Ainsi la « box habitat » de Groupama permet de sécuriser son domicile. Et pour la santé des personnes, ces objets permettent d'observer le bon suivi d'un traitement, d'alerter en cas de problème et ainsi de favoriser le maintien à domicile : Groupama propose d'ores et déjà une montre connectée pour les seniors et les travailleurs isolés qui fonctionne comme une balise de détresse. Les nouvelles technologies doivent aussi faciliter la vie. Ainsi Groupama teste une assurance ultra-simple destinée aux étudiants, à souscrire sur smartphone en quelques clics pour assurer son habitat. Ou encore pour les exploitants agricoles, la perte de production d'herbe peut être assurée en ligne en identifiant les parcelles avec les données satellites. 

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