Vie professionnelle

Chambre d'agriculture d'Alsace

Des points à éclaircir

Publié le 11/04/2016

La place de l'agriculture et des filières alsaciennes dans la grande région, mais aussi le paiement des MAEC, a suscité quelques interrogations chez les élus de la CAA.

En attendant de connaître le visage de l'agriculture de demain, les élus de la CAA aimeraient déjà être entendus sur des questions bien plus actuelles. « Nos agriculteurs s'engagent de plus en plus. Mais de son côté, l'État tarde à respecter ses engagements alors qu'il devrait montrer l'exemple. À l’heure actuelle, il y a encore 48 dossiers d'aides au maintien de 2014 qui n'ont pas été soldés », dénonce Véronique Klein. Un retard de paiement observé également sur le paiement des aides liées à la protection du grand hamster d'Alsace. « Et tant qu'on ne sera payés, nous ne poursuivrons pas les discussions sur les MAEC », prévient-on dans l'assemblée. Sur ces points, le représentant du préfet, Jacques Garau, fait amende honorable. « Nous faisons le même constat que vous, et nous le regrettons. Nous avons fait un montage complexe sur les MAEC concernant le hamster. Du coup, cela demande un peu d'adaptation, et ce n'est pas évident. Le préfet et moi-même sommes investis pour faire reconnaître votre travail de terrain et sortir de ce contentieux. » « Restons solidaires » Si la grande région est actée pour l'ensemble des élus de la Chambre d'agriculture d'Alsace, elle n'en demeure pas moins la source de nombreuses interrogations. Paul-André Keller se demande par exemple comment la filière horticole alsacienne pourra continuer à exister dans de territoire, et par extension dans la Chambre d'agriculture régionale. « Nous savons que notre filière doit s'adapter aux nouvelles attentes du marché et du consommateur, et nous devons la structurer à l'échelle de la grande région. Mais avec quels moyens ? Notre petite filière est déboussolée aujourd'hui. » Sébastien Stoessel espère, lui, que le conseil régional continuera l'accompagnement des plans bâtiments, dont plusieurs sont en cours à l'heure actuelle. « Il faut tout mettre en œuvre afin que les gens puissent démarrer leur activité », explique-t-il. Si le contexte n'est pas des plus favorables à l'agriculture, Sébastien Stoessel se veut malgré tout confiant. « Je pense qu'il ne faut pas exagérer. Nous vivons dans une région qui dispose d'une certaine densité. Que les gens continuent de sortir de chez eux et restent solidaires. Et le plus important sera de revenir aux fondamentaux de notre métier : d'abord la technique et l'économique et ensuite la partie réglementaire. » Le « grand cafouillage des SNA », comme l'appelle Jean-Luc Andres, en est un bon exemple. « Des arbres fruitiers et des hautes tiges ne peuvent pas être considérés comme tels alors qu'ils participent au bien-être du cheptel. Ce sont des îlots de biodiversité que nous avons réussi à préserver jusqu’à maintenant. Ne peuvent-ils pas faire l'objet d'un retrait de ces fiches SNA ? » Il a par contre « pris acte » sur le projet d'arrêté interdisant l'épandage de produits phytopharmaceutiques sur les cultures de vignes et arboricoles, à proximité des établissements accueillant des enfants et des personnes vulnérables dans le Haut-Rhin. « Nous souhaitons ne pas être traités différemment dans notre département que dans les autres départements de la région », précise-t-il. De son côté, Jean-Marie Batot espère que la Région maintiendra sa contribution au fonds ADEV bois. Représentant le Conseil régional, Pascale Gaillot a apporté quelques éclaircissements aux interrogations qui ont été formulées. Concernant les MAEC, elle assure qu'une vingtaine de dossiers allaient être étudiés lors de la commission permanente du 22 avril, puis une vingtaine d'autres lors de la commission permanente du 20 mai. « Nos services font tout leur possible pour les instruire au plus vite ». Concernant la modernisation des élevages, la Région compte relancer les appels à projets dès le 31 mars si la commission permanente du 29 mars donne son feu vert. « Concernant l'horticulture, nous vous encouragerons pour que tout soit porté à l'échelle de la nouvelle région », annonce Pascale Gaillot. « Plus globalement, il faut savoir que l'agriculture, la forêt et l'agroalimentaire sont à nouveau des secteurs qui comptent pour tous les élus du Conseil régional, ce qui était peut-être moins le cas auparavant dans les anciennes régions. Des évidences nous sautent aux yeux quand on voit les complémentarités qui existent au sein de nos territoires. Notre idée est d'accompagner toutes les filières, et que les produits de toute la région soient sur toutes les tables. »

Charte d'engagement

Ils ont signé !

Publié le 08/04/2016

Le président du Conseil départemental du Haut-Rhin et député Éric Straumann, les députés Jean-Luc Reitzer, Michel Sordi, Francis Hillmeyer, et les sénateurs Patricia Schillinger, Catherine Troendlé, René Danesi et Jean-Marie Bockel ont signé la charte d'engagement avec les agriculteurs. Retour sur images…

C'est au Conseil départemental du Haut-Rhin à Colmar, le 18 mars dernier, qu'a démarré ce tour de signatures. Éric Straumann, accompagné de son vice-président, Michel Habig, ont été les premiers à recevoir les agriculteurs et à signer la charte. « L'agriculture française et les agriculteurs traversent une crise violente et profonde. Malgré les difficultés financières qui touchent également l'institution départementale, nous entendons continuer à soutenir le monde agricole. Il y a la question de la traçabilité des produits, le problème des prix et de la vente à perte. Nous pouvons agir sur la restauration hors foyer où le département est concerné avec, notamment, notre engagement au sein de l'abattoir départemental à Cernay où nous participons, à notre niveau, au soutien des filières courtes. Concernant les débats nationaux actuels, nous souhaitons peser également. Car, effectivement, les consommateurs sont dans l'attente de produits de qualité. Ils sont sensibles à ces sujets d'actualité. Je signe donc cette charte avec d'autant plus de plaisir et de conviction que je suis d'accord avec vous et que le Conseil départemental du Haut-Rhin est à vos côtés dans ce combat légitime. » Redonner une valeur aux produits agricoles C'est dans sa permanence parlementaire dans son village à Ranspach-le-Bas, et accompagnée de René Danesi, sénateur-maire de Tagsdorf, que Catherine Troendlé a également signé cette charte d'engagement en présence de Denis Nass et de Christophe Bitsch, président des JA 68. « Dans le Haut-Rhin, nous avons identifié 500 éleveurs en très grosses difficultés, avec moins de 4 000 € de revenus par an ! C’est le désarroi dans nos campagnes ! Quand on sait qu’un fermier procure du travail à sept salariés, en moyenne », s'agace Christophe Bitsch. « Le Sénat n’a pas attendu que les paysans se fâchent. En janvier dernier, nous avons voté une proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire, proposition soumise par les sénateurs Les Républicains. Mais ce texte a été rejeté par l’Assemblée nationale. En attendant, il faut vraiment redonner une valeur aux produits agricoles », regrette Catherine Troendlé. Conscients des difficultés des agriculteurs, les deux élus, également premiers magistrats de communes rurales, respectivement de Ranspach-le-Bas et de Tagsdorf, connaissent le terrain et les problèmes de « leurs » paysans. « Des changements sont apparus » La sénatrice Patricia Schillinger a été reçue sur l'exploitation d'Alain Rosenblatt à Kappelen. Pour elle, la signature de cette charte est une action attendue « depuis longtemps ». Elle constate qu'un « changement » est apparu dans le pays. « Aujourd'hui plus qu'avant, les paysans ont envie de participer à la vie quotidienne des citoyens jusque dans leurs assiettes. » En créant ou en recréant un lien plus direct entre le producteur et le consommateur, elle voit aussi des changements en matière de créations d'emplois. Elle est aussi parfaitement consciente de la « souffrance » que vivent les agriculteurs au quotidien. « Le citoyen lambda la voit aussi et en souffre également », estime-t-elle. Ce que le citoyen voit moins en revanche - du moins dans sa grande majorité - ce sont les différences réelles entre un produit agricole français et un produit agricole importé. « Chez nous, on nous interdit de plus en plus de molécules. Soit. Mais si elles sont dangereuses, elles le sont aussi pour le consommateur. Il faut donc interdire les produits importés qui sont traités avec des molécules interdites chez nous. Et si on ne peut pas le faire, alors il faut donner des moyens à la recherche », explique Denis Nass. Pour un choix local C'est ensuite à la mairie d'Altkirch que les agriculteurs ont reçu le soutien du député-maire Jean-Luc Reitzer. Ce dernier a assuré signer cette charte avec enthousiasme. « Je pense qu’on peut être influent et efficace au niveau de la restauration collective », a plaidé Jean-Luc Reitzer qui a annoncé que la collectivité « va devoir revoir l’approvisionnement des repas du restaurant scolaire de l’Association pour l’enfance qui sera bientôt du domaine de compétence de la communauté de communes. Je ferai tout pour qu’il y ait un choix local, même s'il faut payer 10 à 15 cts de plus ». Il a également invité les agriculteurs à frapper aux portes des députés européens qui sont en première ligne en matière de politique agricole. « Je le dis avec conviction car j'ai été très touché lors d'une visite récente d'une exploitation agricole à Gommersdorf. J'ai été pris à partie par des professionnels en colère. Cette dernière est légitime. Il y a un véritable malaise. Pour ma part, j'essaie de privilégier les produits français et locaux et de défendre la profession à l'assemblée nationale », a-t-il conclu. « Notre avenir est accroché à celui des agriculteurs » Le député-maire de Cernay Michel Sordi s'est déplacé sur l'exploitation de René Zimpfer à Soultz, accompagné de Nicolas Dietrich, responsable des JA, et deux représentants de la FDSEA 68, Michel Rohrbach (section lait Grand Est) et Frédéric Meyer (collines sous-vosgiennes). René Zimpfer a tout d'abord présenté son exploitation. Installé depuis de nombreuses années, cela ne l’a pas empêché de « galérer cinq ans » pour pouvoir construire la dernière extension de sa porcherie. « J’ai aussi fait le choix de la filière courte, grâce à l’abattoir de proximité de Cernay. C’est plus facile pour valoriser sa production. Mais pour l’heure, mon fils ne pourrait pas s’installer. » Michel Sordi a signé la charte. « Si on ne soutient pas les agriculteurs, on prend le risque de se retrouver un jour sans blé, sans maïs… Notre avenir est accroché à celui des agriculteurs. Ces derniers vendent à perte et cela ne peut plus durer », a-t-il estimé.

Publié le 07/04/2016

Plusieurs parlementaires haut-rhinois ont signé ces derniers jours une charte d'engagement présentée par la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles et les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. L'objectif est de soutenir l'élevage et les filières agricoles sur nos terroirs.

Certes, cette charte est symbolique. Elle est néanmoins très forte. « Il nous faut un cadre législatif sur la traçabilité de nos produits. Aujourd'hui, les consommateurs sont, au pire, trompés, au mieux, très mal informés. Dans un steak haché, on peut trouver plus de 400 origines de viande différentes ! Dans le même temps, nous constatons tous les jours que nos produits ne sont plus mis en valeur. Ils subissent une concurrence déloyale. C'est notamment le cas dans la restauration collective et dans les cantines où nous avons perdu beaucoup de volume. Nous voulons reconquérir ces marchés. Pour y parvenir, il faut jouer sur la traçabilité, sur la compétitivité. C'est là où nos élus, nos parlementaires ont un rôle à jouer. C'est à eux de nous aider pour reconquérir ces marchés. Les consommateurs doivent faire leur choix en connaissance de cause », explique le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass. En allant à la rencontre des élus pour leur faire signer cette charte d'engagement, l'objectif est d'arriver, à terme, à maintenir durablement une dynamique agricole sur l'ensemble du territoire national et régional pour éviter, notamment une déprise des productions animales. Des engagements Dans cette charte, les élus s'engagent sur plusieurs points. Tout d'abord faire adopter un cadre législatif nouveau obligeant la traçabilité et l'étiquetage pour l'ensemble des produits alimentaires. Ensuite obtenir l'interdiction de vente à perte dans le cadre d'un plan compétitivité pour l'agriculture et l'agroalimentaire. Concernant les négociations commerciales, l'objectif est que le prix de vente payé aux producteurs agricoles ne soit pas inférieur au prix de revient. Ils s'engagent également à soutenir, ou à favoriser l'adoption d'une proposition de loi visant, pour la restauration hors foyer, à l'utilisation de produits agricoles français, à hauteur d'au moins 60 %, sans distinction de filières. Enfin, les élus s'engagent à rencontrer au moins une fois par an les présidents de la FDSEA et des JA, à des fins d'expertise partagée de la situation agricole du département. Cahier des charges trop contraignant Pour Denis Nass, ce soutien des élus est d'autant plus nécessaire que tout le monde sait que les agriculteurs font du bon travail et produisent des aliments de qualité. « La preuve, certains en profitent et cherchent à utiliser notre image pour faire du commerce sur notre dos. Cela ne peut plus continuer ainsi. Cette relation de confiance avec les élus doit également permettre de mieux comprendre comment marchent les appels d'offres dans les cantines et les points de restauration collective. Cela doit nous permettre d'être plus efficace ensuite pour y répondre. Nous devons regagner en compétitivité, en réactivité et promouvoir une agriculture départementale dynamique et de qualité. Nous devons nous organiser différemment dans nos filières. Cela doit s'organiser collectivement. À nous de valoriser nos produits et de nous promouvoir », insiste Denis Nass. La question de la traçabilité des produits et de l’étiquetage est en effet l’un des nerfs de cette guerre que mènent les agriculteurs pour leur survie. « Le cahier de charges des agriculteurs français est bien plus contraignant que celui de nos voisins, c’est pour cela qu’on perd en compétitivité. L'objectif est d'obliger les grandes et moyennes surfaces et les restaurateurs à indiquer clairement l’origine de la viande, la ferme, les méthodes de production », conclut Denis Nass.

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