Le syndicalisme rencontre Philippe Richert
Une agriculture régionale à co-construire
Le syndicalisme rencontre Philippe Richert
Publié le 28/04/2016
Le président du Conseil régional, Philippe Richert, a reçu officiellement les propositions du syndicalisme du Grand Est, au projet agricole de la grande région. Un échange sur le terrain, à l’issue de la visite d’une exploitation sociétaire de polyculture-élevage qui met en œuvre une diversification dynamique.
« Des Ardennes jusqu’au Sundgau », l’ensemble des composantes de l’agriculture de la grande région était représenté lors de la rencontre avec le président du Conseil régional, le 18 avril, à Vigneulles en Meurthe-et-Moselle. Philippe Richert met pratiquement un nom sur chaque visage des présidents des FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Grand Est (Ge), croisés ce matin-là au Gaec de la Mirabelle. Valeur ajoutée Joël Hospital, président de la FRSEA Grand Est, a « beaucoup insisté » pour pouvoir accueillir le patron de la Région sur le terrain. Avec Thomas Périn, son homologue chez les Jeunes Agriculteurs, il a répété la détermination « du syndicalisme agricole, à apporter sa contribution au projet agricole de la nouvelle région ». Le président de la FDSEA 54, Luc Barbier, soulignait l’importance de se préoccuper de valeur ajoutée « sur un secteur géographique frontalier qui concentre pas loin de la moitié de la population de l’Union européenne » ; en misant sur le développement des circuits de proximité. Des exploitations, Philippe Richert en a déjà visité plusieurs dizaines au cours de sa carrière. Son épouse et lui ont même un lointain passé d’engraisseurs de bovins... Mais le voyage de Vigneulles, dans le Bayonnais, berceau du fruit d’or lorrain, valait le détour. La ferme conduite par Philippe Daniel, Olivier Simonin et Claude Jusnel, avec l’aide de deux salariés et de deux apprentis, offre une diversité des productions très caractéristique de la polyculture-élevage, couplée à des initiatives de diversification dynamique. Les associés valorisent ici 450 hectares à travers quatre productions majeures : 850 000 litres de lait, 208 hectares de grandes cultures, près de 1 900 agneaux de boucherie et 40 ha de vergers de mirabelliers et quetschiers. Sans oublier les quelques ares de vignes « pédagogiques » réhabilités sur le ban communal dont Philippe Daniel est par ailleurs le maire. Le chiffre d’affaires du Gaec se compose, bon an mal an, à parts égales, de chacune de ces orientations. La mécanique s’est toutefois enrayée en 2015, avec le fléchissement du prix du lait. Heureusement une bonne campagne fruitière est venue en partie compenser cet aléa. Outre les employés permanents, l’entreprise se révèle aussi un formidable pourvoyeur d’emplois saisonniers. Le secteur arboricole exige 2 000 heures de taille l’hiver, avec recours à un groupement d’employeurs et 6 500 heures de récolte l’été. Un accord a été conclu avec un autre agriculteur en proximité, pour constituer « un pôle matériel ». Toutes les acquisitions, y compris des tracteurs, sont accomplies en commun et permettent à l’ensemble d’effectuer de la prestation extérieure. Compétitivité et adaptation Le Gaec de la Mirabelle s’inscrit dans les différents plans de modernisation mis en œuvre par la Région. Ce fut le cas, à travers la filière, du projet DAR-DAR, « Dynamisation de l’arboriculture régionale », engagé en 2014 et pour cinq ans sur la Lorraine. Il s’agissait notamment de renouveler le verger et les producteurs, en visant l’implantation de 200 nouveaux hectares, de développer l’outil de transformation et d’accompagner la promotion, l’expérimentation et la formation. L’union de coopérative Véga Fruits, dont Philippe Daniel est le président, « a ainsi pu investir dans la surgélation et l’automatisation du tri par calibreuse à tri optique ». La volonté des acteurs « est désormais de construire un programme similaire à l’échelon du Grand Est ». L’exploitation est par ailleurs engagée dans le Plan de compétitivité et d’adaptation (PCAE), soutenu par le Conseil régional. Une bergerie toute neuve vient d’être construite. L’agrandissement de la salle de traite de 2 x 5 à 2 x 8, l’investissement dans un récupérateur de chaleur sur le tank à lait et dans une pompe à vide et des équipements liés à l’économie d’énergie sont d’ores et déjà planifiés. Un budget global de 175 000 € qui est subventionné à hauteur de 39 % dans le cadre du PCAE. La nouvelle configuration de la Région « nous met dans l’obligation de redéfinir les politiques, à partir de la réalité des trois territoires anciens. Nous devons regarder ce qui a été fait et en prendre le meilleur, a insisté Philippe Richert. Nous nous situons dans un modèle de coopération co-construit, aux côtés de la profession agricole. »












