Vie professionnelle

JA - canton de Saint-Amarin/Masevaux

Ferme ouverte le 24 juillet chez Guillaume Bissler

Publié le 22/07/2016

Les jeunes agriculteurs du canton de Saint-Amarin/Masevaux organisent une journée ferme ouverte sur l’exploitation de Guillaume Bissler à Sentheim dimanche 24 juillet. L’occasion de découvrir l’élevage de brebis et d’agneaux, mais également le troupeau de vaches Highland.

Après en avoir été le vice-président pendant six années, Guillaume Bissler est depuis le début de cette année, le président des jeunes agriculteurs du canton de Sain-Amarin/Masevaux. Âgé de 29 ans, Guillaume Bissler, éleveur ovin et bovin est installé hors cadre familial, depuis 2009. Il possède un cheptel de 600 brebis et des agneaux de reproduction, un héritage de son grand-père, mais aussi une quinzaine de vache Highland. « Les brebis pâturent dès le début du printemps dans toute la vallée de la Doller, mais également à Vieux-Thann, à Cernay et au Ballon d’Alsace. Les agneaux, eux, vivent dans leurs cases d’agnelage avec leur mère pendant deux à trois jours, puis ils rejoignent des box collectifs en aire paillée », explique Guillaume Bissler. Le jeune agriculteur a également été le premier dans sa vallée à faire confiance à la race Highland, une race très ancienne. « Elle est très rustique, capable de vivre dans des conditions les plus difficiles mais’adapte également aux climats plus chauds. Elle est capable d’exploiter des pâturages pauvres et peut consommer une grande variété de végétaux de type arbustifs. Ce qui en fait une excellente débroussailleuse », ajoute Guillaume Bissler. Ses vaches Highland sont ainsi au pâturage toute l’année et se nourrissent d’herbe, de ronces et de broussailles. En hiver, elles reçoivent un complément de foin. Au niveau de la commercialisation, le jeune agriculteur pratique la vente directe. Il propose à ses clients des caissettes de viande d’agneau et/ou de bovins sur différents marchés paysans et approvisionne également certains bouchers et magasins de producteurs. Communiquer sur le métier Guillaume Bissler travaille seul sur son exploitation. C’est la raison pour laquelle il cherche à optimiser la gestion de son emploi du temps en ramenant l’ensemble de son cheptel sur un seul site contre trois aujourd’hui. « J’ai pour projet de construire un nouveau bâtiment pour l’ensemble de la bergerie et tout avoir ainsi au même endroit. Ce sera plus facile pour moi et cela optimisera mon travail », précise le jeune éleveur. Cette ferme ouverte permettra au public de découvrir l’ensemble de son cheptel, mais également d’autres animaux que présenteront les jeunes agriculteurs du canton. Il y aura également des chiens de troupeaux, et de nombreuses animations comme des démonstrations de tonte, des promenades en calèches, ou encore des contes pour les enfants. Sans oublier un marché du terroir avec de nombreux produits de la vallée. « Nous voulons communiquer sur notre métier, ses contraintes, ses atouts. Nous voulons également promouvoir notre savoir-faire à travers nos produits. Le monde agricole connaît une période difficile, mais ceux qui ont la chance de pouvoir travailler en vente directe trouvent des débouchés. D’autres arrivent à se démarquer avec des fermes pédagogiques, des gîtes à la ferme, des entreprises agricoles ou encore d’autres activités. Pour ma part, j’ai choisi d’être membre du réseau « Bienvenue à la ferme ». J’ai trouvé une clientèle avec mes caissettes de viande. Il faut maintenant pérenniser le tout pour assurer l’avenir », conclut Guillaume Bissler. Lui et les jeunes agriculteurs du canton de Saint-Amarin/Masevaux invitent le public à venir nombreux, découvrir la réalité agricole lors de cette ferme ouverte qui débutera dès 10 h le matin et se poursuivra toute la journée avec possibilité de restauration sur place.  

Les produits de qualité dans la restauration collective

Le code des marchés publics, un frein ?

Publié le 17/07/2016

Jusqu’ici, le code des marchés publics ne facilitait guère la tâche aux gestionnaires de restaurants collectifs désireux d’utiliser des produits de qualité ou d’origine locale. Ces règles viennent d’être assouplies.

Trois principes régissent le code des marchés publics : liberté d’accès à la commande publique, égalité de traitement des candidats, transparence des procédures. Mais de nouvelles dispositions, introduites très récemment, donnent une plus grande latitude aux acheteurs dans l’élaboration de leurs cahiers des charges. Les acheteurs peuvent par exemple réaliser des études de marché, prendre contact avec les entreprises pour les informer de leurs besoins, c’est-à-dire faire du sourcing. Ils ont également la possibilité d’intégrer dans leur cahier des charges des spécifications techniques, sur l’alimentation de l’animal, la distance parcourue, les économies d’énergie, l’environnement, la lutte contre le gaspillage, sans toutefois indiquer une provenance ou une origine. Les maîtres mots étant « pas de favoritisme, pas de localisme, pas de contraintes trop limitantes, au risque de se faire taper sur les doigts ». Ainsi, explique l’animatrice de FedeLIS, il est possible de demander des produits sous signe officiel de qualité, mais pas de mentionner une AOC ou une AOP particulière, par exemple Volailles fermières d’Alsace. « Mais en introduisant en complément un critère de distance, on peut réduire le champ des possibilités. » Dans le même ordre d’idées, on ne peut pas demander une provenance géographique particulière, comme Viande de France ou Camembert de Normandie ; on peut par contre exiger une SGT comme les moules de Bouchot. Les produits label rouge peuvent être cités, car il ne s’agit pas de localisme et il existe des équivalents européens. La loi offre quelques interstices qui permettent de cibler certains fournisseurs. Ainsi l’article 62 fait référence à la pluralité des critères d’attribution des marchés que l’on peut citer : la qualité, l’accessibilité, la diversité, la disponibilité, l’insertion professionnelle des publics en difficulté, le bien-être animal, la rémunération équitable du producteur, la protection de l’environnement, la vente directe, les circuits courts, la biodiversité. Mais aussi les délais d’exécution, les conditions de livraison, le SAV, la sécurité des approvisionnements. Une seule réserve : ces critères doivent être explicités et pondérés. L’animatrice a livré une botte secrète. Il est possible de réaliser un marché avec des opérateurs privés, dans le cadre d’un « marché à procédure adaptée et négociée ». Ce type de marchés est réservé aux marchés sociaux - la restauration collective en fait partie. Il s’agit, en fait, de transformer un marché d’approvisionnement de denrées en marché de services. Le prestataire étant du domaine privé, il échappe aux contraintes du marché public pour ses achats. Il est plus facile, dans ce cas, de favoriser l’intégration de produits locaux. Du local, du local et du local « Nous avons une volonté politique forte de développer les filières de proximité », indique Joëlle Rohr, chef de service Missions opérationnelles des collèges au Département du Bas-Rhin. Les 51 restaurants des collèges bas-rhinois sont des entités autonomes. Ils adhèrent à des groupements d’achat qui se regroupent pour gérer les appels d’offres. Dans ces appels d’offres, très peu de produits labellisés figurent pour l’instant, mis à part les volailles. « Il y a peut-être une certaine méconnaissance de ces produits, mais c’est surtout une histoire de coût », explique-t-elle. Le Département a mené une expérimentation dans sept établissements scolaires du secteur d’Obernai, avec l’appui de la Chambre d'agriculture d’Alsace qui a mis en relation les producteurs locaux et les chefs de restaurant. « Plusieurs restaurants scolaires achetaient déjà leurs denrées en proximité, mais chacun avait des contraintes différentes (horaires de livraison, quantités). Une fois que tous ces freins ont été identifiés, nous sommes arrivés à les lever en réunissant les acteurs autour d’une même table. » Cette expérimentation a débouché sur la création de la plateforme ApproAlsace. Cette plateforme, qui devrait être étendue à la Région Grand Est, recense l’ensemble des agriculteurs proposant des produits contrôlés par des organismes de certification. Accompagner les chefs de cuisine par la formation Comment sensibiliser les prescripteurs à la qualité et à l’origine des produits qu’ils utilisent ? « Nous accompagnons les chefs et les équipes de cuisine par la formation : avec l’Ariena, nous menons par exemple une action pour lutter contre le gaspillage, explique Joëlle Rohr. Nous en avons déjà formé seize. » Par ailleurs, certains collèges sont certifiés bio et proposent 30 à 40 % de produits bios tout au long de l’année. « Ils n’ont pas attendu notre démarche pour se lancer… » Adjointe au maire de Strasbourg et conseillère eurométropolitaine déléguée en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts, Françoise Buffet a indiqué que le maire de Strasbourg, Roland Ries, a pour ambition de développer les circuits courts. « Nous avons mis en place en 2010 une convention avec la Chambre d'agriculture pour le développement d’une agriculture durable. » Mais pour que les agriculteurs changent leurs pratiques, il faut leur assurer des débouchés, estime la conseillère eurométropolitaine. « Je me suis approchée de ma collègue en charge de la restauration scolaire, et nous avons élaboré un cahier des charges entièrement tourné vers les circuits courts. Nous avons soumis nos prestataires à des contraintes fortes en matière d’empreinte carbone, ce qui suppose un partenariat de proximité. Au fur et à mesure que cette production locale se développait, nous nous sommes orientés vers le bio. Nous sommes partis d’un chiffre assez bas, correspondant à la capacité locale à produire. » Plus de 10 000 repas sont servis chaque jour dans les cantines scolaires de l’Eurométropole, avec une moyenne de 20 % de produits bios, la moitié des sites étant à 40 %. « La mayonnaise a pris » Si on veut développer le label rouge, il faut aussi développer la réflexion sur le bien-être animal, estime-t-elle. « Dans les prochains marchés que nous sommes en train de préparer, de nouvelles notions seront introduites, comme le bien-être animal. Il existe des solutions, aux industriels d’y répondre. Le politique peut insuffler ce genre de réaction en chaîne. » Mais, estime-t-elle, c’est auprès du consommateur qu’il faut agir, là où il fait ses courses. « Le label rouge, il faut vraiment le chercher dans les rayons des supermarchés. » Si on veut sensibiliser le parent d’élève à une hausse du tarif pour intégrer davantage de produits label rouge, il faut un message compréhensible, lié à l’air du temps. Valérie Pieprzownik l’assure, les pouvoirs publics continueront à insuffler cette volonté de manger mieux, de manger local. « La loi sur l’ancrage territorial de l’alimentation a été considérablement « allégée » par les parlementaires, mais nous allons remonter au créneau, réaffirmer ce principe dans d’autres projets de loi à venir. » Pour Françoise Buffet, « la hausse de prix, on peut l’admettre car elle permet la croissance ». Les produits bios connaissent une croissance de 20 % depuis le début de l’année, explique-t-elle. « Il faut raisonner cela de manière globale pour inclure cette augmentation de prix dans le budget. Cela demande une réflexion globale. Nous réunissons nos chefs de restaurant une fois par an. En un an et demi, la mayonnaise a pris et les commandes, notamment sur les fruits et légumes, ont décollé. »

FDSEA - Jeunes Agriculteurs

Restauration hors domicile, ça avance !

Publié le 16/07/2016

Les actions syndicales de l’été dernier autour du « manger français » se traduisent aujourd’hui en plan d’action sur le terrain. À cette occasion, un comité de pilotage portant sur l’approvisionnement de la restauration hors domicile en produits locaux a eu lieu mardi 5 juillet.

Les principaux acteurs de la Restauration hors domicile (RHD) étaient présents au comité de pilotage sur l’approvisionnement en produits locaux, mardi 5 juillet, preuve de l’intérêt que porte toute la filière à cette problématique. Producteurs, grossistes, restaurants collectifs - privés ou publics - étaient réunis pour discuter ensemble des méthodes permettant d’augmenter la part de produits locaux dans les restaurants d’entreprise, cantines scolaires, hôpitaux… Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas Rhin, « il est important de formaliser sur le terrain ce qui est certes une revendication des producteurs, mais avant tout une attente sociétale des consommateurs, qui réclament du local, de la traçabilité. » Un texte de loi prévoit d’ailleurs d’amener à 40 % la part des produits locaux dans les repas des cantines à l’horizon 2020. Parallèlement, la France expérimentera à partir de 2017 l’étiquetage de l’origine sur les produits laitiers et carnés transformés. « La France est à la pointe sur ces questions et en Alsace, nous voulons être leader, car il y a un potentiel fort autour des produits régionaux. » Un marché à mieux comprendre Premier chantier, la mise en place d’un observatoire dont l’objectif sera l’acquisition de données pour caractériser l’offre, les débouchés et les freins à l’approvisionnement local. Chaque acteur a ses contraintes et il faut apprendre à se connaître pour travailler ensemble. Par exemple, en restauration privée les commandes représentent souvent de très petits volumes qui n’intéressent pas toujours un producteur pour un approvisionnement direct, il faudra alors privilégier d’autres méthodes. Cet observatoire peut constituer une mine d’informations importantes, mais il est essentiel que les acteurs jouent le jeu et ne fassent pas de rétention d’informations, a d’emblée fait remarquer François Schricke, secrétaire général adjoint pour les Affaires régionales. Réforme des régions oblige, l’observatoire n’a qu’un statut interdépartemental et fait figure d’expérimentation au sein de la région Grand Est. Les deux départements alsaciens sont en avance sur le sujet, cette expérience a vocation à se diffuser dans les autres départements, a expliqué Patrick Bastian, conseiller régional. Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, espère que ces outils aideront à identifier des marchés potentiels qui pourront ainsi déboucher sur des installations ciblées. Par contre, cela suppose des garanties en termes de volumes et de prix pour viabiliser le projet. Dans un contexte agricole plus que difficile, la question de la valeur ajoutée et du retour au producteur restent primordiaux, a souligné Michel Busch, de la FRSEA Alsace. Direct ou indirect, pourvu que ce soit local ! Vient la question des filières de distribution. Sur ce point, Patrick Cassonnet, directeur régional de TerreAzur du groupe Pomona et président de l’Association des grossistes d’Alsace en fruits et légumes, a tenu à présenter le métier de grossiste. En Alsace, plusieurs groupes se partagent un marché qui vise à 60 % les restaurateurs, les 40 % restants se répartissant entre les supermarchés et les marchés dits de plein vent. Pour le directeur régional de TerreAzur, l’atout majeur des grossistes tient dans la diversité de gamme qu’ils sont en capacité de proposer et la gestion des volumes et des tournées. Un camion peut desservir jusqu’à 30 clients dans la même tournée, allant de quelques cagettes à des palettes entières. Interrogé sur la part de produits locaux vendus chez les grossistes, il a répondu qu’elle oscille autour de 20 %, mais que sur les dernières années ce chiffre à nettement progressé. Autre mode de distribution, les circuits courts (sans intermédiaire). De plus en plus, les agriculteurs choisissent de livrer directement les restaurateurs, ce qui leur permet de garder la main sur les prix. Pour faciliter la rencontre entre producteurs et acheteurs (restaurants notamment), la Chambre d’agriculture d’Alsace a acquis une plateforme nommée ApproAlsace, où 40 producteurs et 100 acheteurs sont déjà référencés. Le lancement officiel de cette plateforme est prévu en septembre 2016 Pour Franck Sander, « que l’agriculteur travaille en direct ou passe par des grossistes, cela reste de la proximité et il y a de la place pour les deux marchés. Notre priorité est de favoriser un approvisionnement local et surtout rémunérateur pour le producteur. »

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