Vie professionnelle

Canton de Marmoutier

Quentin Seemann ouvre la voie

Publié le 25/08/2021

Le finaliste du canton de Marmoutier au concours de labour départemental du Bas-Rhin, dimanche, sera Quentin Seemann, 17 ans. Son cousin Nathan, 11 ans, est arrivé deuxième sur trois de la cantonale, le week-end passé, à Zehnacker. Ultra-motivé, Quentin est un modèle.

La compétition, c’est le moteur de Quentin. Le jeune apprenti boucher-charcutier tente les finales de labour en planches, autant que les concours professionnels, depuis trois ans. Son père Geoffroy et son oncle Olivier ont encore beaucoup d’années à tirer sur la ferme. Quentin Seemann ne compte donc pas s’installer tout de suite mais il les aide à développer la vente directe de viande bovine. Malgré son orientation qui l’éloigne de l’étable, il reste très attaché à l’exploitation et a passé le dernier mois dans les champs. Quentin s’est entraîné plusieurs fois par semaine pour la cantonale, puis la départementale de labour, sur les parcelles de Westhouse-Marmoutier. « En 2018, j’étais pour la première fois à la cantonale. J’ai déjà concouru en 2019 à la finale départementale de labour. Je n’étais jamais sur le podium », résume Quentin, qui est syndiqué chez les Jeunes agriculteurs (JA) depuis deux ans. Cette année, il espère bien remonter dans le classement. « Quentin est très soigneux, méticuleux et calme. Mais il ne finit pas toujours dans les temps. Les pénalités le plombent », confie son père, qui s’était essayé au concours de labour plus jeune, « pour le fun ». Il n’a pas poussé son fils à participer. Quentin s’est découvert cette passion seul. « À force d’aller aux fêtes, assister aux finales, j’ai eu envie de tenter le concours moi aussi », explique simplement le jeune homme. « Tout pour réussir » « Moi aussi, depuis que je suis petit, mon père m’emmène aux finales de labour, embraie son cousin Nathan, le fils d’Olivier. L’an passé, mon grand-père et lui m’ont laissé labourer chez nous. J’aimerais faire comme les autres concurrents et Quentin ! » Le futur collégien n’a pas encore l’âge pour participer à la finale départementale de labour de ce dimanche. Mais à la cantonale, il est arrivé deuxième, le week-end dernier, devant un quadragénaire amateur. De quoi, le motiver ! Son principal problème, c’est d’aller droit. Avec les conseils d’Olivier, il prend de mieux en mieux ses repères. « Il tire à gauche », constate le père, heureux d’enseigner à son fils. Les frères Seemann encouragent les deux cousins autant qu’ils les recadrent vertement : les jeunes « rêvent », s’accordent-ils. Leurs pères, aussi, mais, une fois les pieds à terre et bien inspirés, ils pensent tout de suite au côté pratique. « Je suis prêt, si Quentin gagne la finale départementale. Je mets le tracteur sur le camion et je lui amène dans la Meuse pour la régionale. Il a tout pour réussir ! », s’exclame Olivier. Avec son frère Geoffroy, ils ramassent les volailles pour Bruno Siebert. Ils sont donc équipés et pourraient même rouler jusqu’au national, les 11 et 12 septembre, aux Terres de Jim, en Provence, si leur champion les y amenait. Terre de vainqueurs « Le plus difficile, c’est la concentration », admet Quentin. Sa Kverneland a deux socs. « La charrue est de plus en plus sophistiquée », remarque-t-il à l’atelier. « On a flexé, reflexé. On y a passé des heures », lâche Geoffroy, qui s’est pris au jeu, puisque son fils est intéressé. La charrue était réversible à la base. Tous les socs du haut ont sauté. « On apprend et on évolue ensemble », ajoute l’aîné des frères Seemann, qui surfe sur YouTube autant que son fils. Dans le village voisin, le ferronnier qui a modifié la charrue du vice-champion du monde Thomas Debes, aussi du canton de Marmoutier, a travaillé le premier soc de la charrue de Quentin. Mais père et fils le savent, ce n’est pas un gage de victoire. C’est le pilote qui compte, plus que l’engin ! Et les ajustements. « Chez nous, vers Marmoutier, la charrue doit être réglée au mm, sinon ça ne fonctionne pas. La terre est grasse. Si Quentin arrive à labourer ça, ce devrait être plus facile pour lui, dans une autre terre », table Geoffroy. Leur consultant, c’est Denis Meyer, champion de France à 18 ans, du canton de Marmoutier… encore ! Décidément, leur coin, c’est une terre de vainqueurs. Quentin était à Tübingen en 2018 d’ailleurs, voir Thomas décrocher la deuxième place au mondial. « On a de bons laboureurs ici », admet Geoffroy. Quentin et Nathan labourent en planches, « comme leurs papas, souligne Olivier, qui ne connaissent pas le labour à plat ». Le tracteur de Quentin est un Zetor 106. Nathan, lui, a reçu le tracteur de collection du grand-père, un McCormick, et une vieille charrue de ferme, repeinte couleur Kuhn. « C’est super pour débuter. On l’a vite en main ce tracteur. Sa première mise en circulation, c’était 1964 », précise Olivier. « J’ai concouru à la cantonale pour que je sache déjà comment ça se passe, pour voir mon niveau », dit Nathan. Quentin a aussi hâte de se comparer aux autres jeunes. Il sait qu’en départementale, il y a des défauts rédhibitoires. « La rectitude, c’est primordial », rappelle Geoffroy. « Si je suis droit à l’ouverture, ça devrait aller ensuite », enchaîne Quentin, conscient que la compétition se joue à une motte et demie. Faire toujours mieux, arriver le plus loin possible… Quentin est dans son élément. L’ambiance conviviale des FDL ajoute encore à la motivation de tous.

Finale de labour du Haut-Rhin

Un binôme sur les planches

Publié le 12/08/2021

Dimanche 15 août, Benoit Stuber sera le commissaire de Simon Kugler, lors de la finale départementale de labour du Haut-Rhin. Une belle occasion de vivre une nouvelle expérience dans un monde agricole qu’il a quitté pour travailler dans le terrassement en tant que chauffeur de tracteur benne.

Après des études agricoles, Benoit Stuber, 25 ans, a évolué quelque temps sur une exploitation qui était cependant éloignée de son domicile. Il a voulu se rapprocher. Dans un premier temps, il a donc opté pour une nouvelle activité professionnelle tout en gardant un lien fort avec le monde agricole. Il a connu Simon Kugler par l’intermédiaire d’un ami commun. Les deux compères se sont alors intéressés à divers projets à réaliser ensemble. Le concours de labour de dimanche est le dernier d’une longue série. « Nous connaissons les organisateurs. Nous nous sommes dit que le moment pouvait être agréable. Nous allons nous entraîner au dernier moment. Simon sera dans le tracteur. Pour ma part, je vais être là pour l’aider à côté, le conseiller », explique Benoit Stuber. Il sera présent pour régler la charrue, suivre le labour et vérifier s’il est bien construit. « Un bon labour doit être régulier. Pour cela, Simon va devoir être concentré. Il faut qu’il trouve une bonne profondeur et que le labour soit droit du début à la fin du passage. Rien ne doit dépasser et surtout pas de chaume dans la terre. Il doit simplement être beau à regarder. C’est la première appréciation notée par les membres du jury », ajoute Benoit Stuber. Lui également s’inquiète des conditions de travail après une période où la météo a rendu les sols difficiles à pratiquer. « La terre risque de coller. Cela peut rendre le travail complexe. Mais, nous serons là pour nous faire plaisir », insiste Benoit Stuber. Une nouvelle expérience pour celui qui a été concurrent une seule fois. Là, le binôme est l’un des rares à s’être inscrit dans la catégorie « labour en planches ». La charrue versera donc la terre toujours du même côté par rapport à la direction d’avancement et le sens de retournement de la terre changera donc à chaque demi-tour effectué en bout de raie.      

Publié le 29/07/2021

Pierrick Leroux, un Normand de 31 ans, a embrassé la carrière d’agent de remplacement agricole, en intégrant le service de remplacement du Bas-Rhin (SR 67) en CDI, en 2019. Après dix ans à exercer le métier de commercial, il est retourné à ses premières amours, puisqu’il a grandi en travaillant dans un élevage laitier.

« Le monde agricole me manquait et j’en avais ras-le-bol de celui du commerce : de la course à l’objectif, de pousser à l’achat, des négociations. La vente ne me motivait plus », résume Pierrick Leroux, bronzage agricole de rigueur, en ce mois de juin 2021. Sourire épanoui, yeux rieurs, le jeune père de famille est d’autant plus ravi du changement qu’au SR 67, « on me donne mon planning, je ne m’occupe de rien, je fais ce qu’on me demande ». Encore un avantage, comparé à son ancien métier de commercial. Pierrick a retrouvé une occupation manuelle, dans laquelle il excelle, à en croire l’un de ses employeurs. « Il est à l’écoute, concentré, consciencieux. Et c’est primordial, surtout en lapins », souligne Jean Strohl, jeune éleveur à Brumath, qui travaille depuis trois ans avec Pierrick, lors des inséminations et des sevrages. Fils et neveu d’agriculteurs Pierrick est fils d’agriculteur, d’un éleveur de charolaises, plus précisément, gérant de la ferme d’un château, près de Saint-Lô. Mais au divorce de ses parents, il se retrouve bien plus souvent chez son oncle, avec son cousin germain, à flatter les normandes et les jersiaises, près de Cherbourg. Toutes ses vacances, il les passe à l’élevage laitier et aux champs. Lorsqu’il quitte la Normandie pour l’Alsace avec sa bien-aimée, en 2016, à la faveur d’une mutation, il revient encore aider au bercail la première année. Puis il découvre le SR 67. Pendant deux étés consécutifs, 2017 et 2018, il enchaîne les CDD dans le Bas-Rhin. Il finit sa carrière de commercial chez SFR, après plus de dix ans d’expérience, en mai 2018. Il entame alors sa reconversion. En formation pour adultes, il passe un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) au CFPPA d’Obernai. Pierrick n’a aucune intention de s’installer dans l’immédiat mais il acquiert des connaissances théoriques et pratiques utiles. En juillet 2019, à peine diplômé, le SR 67 le convoque pour lui proposer un CDI. Des missions très variées « Je connais mieux le Bas-Rhin que Leslie (sa compagne qui est d’origine alsacienne, NDLR) », fanfaronne-t-il. Pierrick Leroux aime le coin, qu’il a découvert pour la première fois en 2011. Sa vie est ici, en Alsace. Et il est enchanté d’y vadrouiller, lui qui a la bougeotte. « Je me lasse assez vite. Je ne me vois pas toute une vie dans une même ferme, pour l’instant. Grâce au SR, je travaille partout et je rencontre du monde. » Cette liberté et la diversité des missions proposées le comblent. S’il préfère bien sûr la polyculture-élevage, il apprécie toucher à tout. « Quand je me lève le matin, je suis toujours content d’aller bosser. Le suivi de troupeau, les soins aux animaux, la conduite de tracteurs, et même la maçonnerie : l’agriculture, c’est tellement varié ! Encore plus avec le SR. Les activités sont si différentes d’une ferme à l’autre ! J’étais déjà dans les vignes, le houblon, les poulets, dans une pension pour chevaux. Il n’y a que les élevages de moutons et de chèvres que je n’ai jamais expérimentés », constate-t-il. Pierrick Leroux est rarement aux 39 h. Il enchaîne les heures supplémentaires mais il ne travaille pas les week-ends, « sauf si je le décide », précise-t-il. Il loue le SR pour la qualité de vie qu’il lui offre. « J’ai une vie de famille », pointe-t-il. Et amicale aussi ! Sociable, il a créé des liens avec les nombreux employeurs qu’il côtoie. Lui et Jean Strohl, par exemple, se retrouvent régulièrement en dehors des missions de Pierrick. En CDI Pendant une journée type, Pierrick Leroux peut être amené à aller à Jetterswiller, à 6 h 30, pour la traite, par exemple, puis à rouler 40 minutes, jusqu’à Batzendorf, pour initier les vaches laitières aux robots de traite, avant de repartir pour Jetterswiller et la traite du soir, de 17 h 30 à 19 h 30. Parfois, il découvre en arrivant sur place quel sera le chantier du jour. Le jeune homme admire le sens de l’organisation de Marylin Chardonnet, la responsable administrative du SR 67. Actuellement, ils sont quatre à y être embauchés en CDI, dit-il. Selon les périodes, il y a plus ou moins d’agents en CDD. « Il arrive qu’ils soient soixante CDD », relève Pierrick. L’exploitant paie la main-d’œuvre, Marylin établit les contrats. Priorité est donnée aux agriculteurs qui sont malades, accidentés, en congés parentaux. Mais pour un supplément de main-d’œuvre, il est aussi possible de faire appel au SR. Certains exploitants demandent systématiquement le même agent, puisqu’il connaît le travail ou parce qu’il y a des affinités. « Le planning doit être un casse-tête », avance Pierrick, d’autant plus reconnaissant envers Marilyn. Depuis qu’il est au SR en CDI, Pierrick reçoit un salaire fixe, une prime d’assiduité (ponctualité) ; les vêtements sont fournis, tous ses kilomètres sont remboursés, ainsi que son panier-repas, à hauteur de 12,30 euros. Un bon mois, avec les heures supplémentaires, son salaire d’agent de remplacement agricole peut avoisiner celui d’un commercial motivé, pense-t-il. « Mais je ne me suis pas reconverti pour l’argent », enchaîne-t-il, immédiatement. Aujourd’hui, Pierrick vit sa passion.

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