Vigne

Cave historique des Hospices de Strasbourg

Foule d'amateurs au rendez-vous !

Publié le 05/01/2015

Le succès des journées portes ouvertes en décembre de la cave historique des Hospices de Strasbourg ne s’est nullement démenti pour celle du 6 décembre. 

Devenues un rendez-vous annuel incontournable de fin d’année, les journées portes ouvertes de la cave historique des Hospices de Strasbourg, organisées durant trois samedis de décembre, ont attiré de très nombreux amateurs pour la première du 6 décembre. Strasbourgeois et touristes ont découvert les vins de sept domaines et rencontré les vignerons qui font mûrir leurs vins dans cette cave exceptionnelle.  Les amateurs de muscat ont dégusté celui du grand cru Markrain 2012 du domaine Fonné à Bennwihr, particulièrement typé ou sur un terroir différent, celui du domaine Xavier Muller de 2011. Ce vigneron de Marlenheim a également proposé dans la gamme cave historique, la découverte de son pinot gris 2012. Les échanges avec ces amateurs, pour certains très éclairés, sont toujours particulièrement intéressants pour ce vigneron. Dans cette même gamme, la cave du roi Dagobert de Traenheim a décliné trois cépages en 2012, le gewurztraminer, le riesling et le pinot gris. Un couple de Japonais a lui été emballé par son riesling grand cru Altenberg de Bergbieten 2011. Dans le grand cru réputé du Rangen, toujours fort sollicité par le public, le domaine Wolfberger a proposé la dégustation d'un pinot gris 2009, un vin complexe qui en a visiblement conquis plus d'un. Un groupe de touristes franc-comtois a été séduit par les vins de Jean-Marie Vorburger-Meyer dont son pinot gris sélection grains nobles 2007 et son riesling vendanges tardives 2007, « vraiment de très belles choses». La cave a également offert la découverte originale de vins d'institutions publiques gérant des domaines viticoles, comme le côtes de Provence cuvée du terroir 2012 de la Légion étrangère. Pour sa première manifestation portes ouvertes, le nouveau responsable de la cave, Thibaut Baltzinger, était ravi de «cette belle affluence», mais aussi d'avoir pu offrir aux amateurs la découverte du meilleur de ces vignerons, avec un espace accueil fraîchement rénové. Une journée réussie, «tout simplement superbe» !

Publié le 12/12/2014

La cave Jean Geiler a récemment fait appel à un tonnelier allemand pour lui fabriquer et installer quatre nouveaux foudres en chêne de 55 hl chacun. De quoi proposer prochainement à ses clients des pinots « plus complexes » et « mieux structurés ».

De ces fûts, plus de vingt siècles de vinification vous contemplent. Utilisés depuis l'époque romaine, les tonneaux en bois cerclés de métal ont été supplantés progressivement, tout au long du XXe siècle, par des foudres en inox ou en béton. Moins coûteux à l'entretien et aussi moins complexes à l'utilisation, ces nouveaux conteneurs de vins permettaient en outre de conserver la qualité du vin. « Cela reste le plus important », fait remarquer le directeur de la cave Jean Geiler à Ingersheim, Pascal Keller. Soucieuse néanmoins d'apporter un peu de nouveauté à sa gamme tout en « redonnant ce côté ancestral » qui caractérise les vins élevés en fûts de chêne, la cave Jean Geiler a récemment fait l'acquisition de quatre nouveaux foudres en bois, d'une capacité de 55 hl chacun, pour un investissement total de 55 000 euros. « Cela représente un mini-événement pour nous. Changer de fût, c'est loin d'être quelque chose que l'on fait tous les jours. La dernière fois, c'était il y a plusieurs décennies », témoigne Pascal Keller. Ces fûts sont typiques de la vallée rhénane de par leur forme ovale. Ils ont été fabriqués par Andreas Hassmann, l'un des rares tonneliers allemands capables de concevoir des fûts de cette envergure. « Nous ne sommes plus que quatre ou cinq dans toute l'Allemagne. On observe pourtant un regain d'activité lié la demande croissante des viticulteurs allemands pour ce type de produit. Ils sont nombreux à rechercher une “meilleure qualité” pour leurs vins », note l'artisan. En Alsace aussi, on remarque une certaine recrudescence pour les foudres en bois. Outre la Cave Jean Geiler, Andreas Hassmann a déjà officié pour de nombreuses autres caves, à Ammerschwihr notamment. « Avec un foudre en inox, il y a des échanges gazeux que l'on ne retrouve pas avec un fût en chêne. Le bois respire, ce qui n'est pas le cas du métal. Pour un même vin, le fût en chêne va apporter davantage de nuances aromatiques et sera plus structuré aussi », détaille Francis Klee, l'un des oenologues de la cave Jean Geiler. « Pour notre part, nous avons prévu d'y élever des pinots, principalement des gris et des blancs, avec l'idée de proposer des vins secs plus complexes. Le côté boisé sera un marqueur dans les premières années.  » Beaucoup de patience et de savoir-faire Il a fallu trois semaines à Andreas Hassmann pour concevoir chacun des fûts. Il les a montés dans son atelier en Allemagne pour ensuite les transporter jusqu'à Ingersheim, les démonter à l'extérieur de la cave, pour ensuite les remonter à l'intérieur comme un puzzle, à raison d'une journée par fût. « Chaque élément pesant une tonne, il était impossible de les faire rentrer d'un seul tenant » souligne le directeur de la Cave Jean Geiler. Pour fabriquer un fût de ce type, il faut s'armer de patience, de beaucoup de patience. Dans un premier temps, le tonnelier doit sélectionner des chênes qui ont au moins 150 ans d'âge. Une fois l'arbre choisi, les planches sont découpées en différentes tailles et épaisseurs en fonction du produit à fabriquer. Reste plus qu'à les faire « sécher » pendant six ans avant de pouvoir enfin s'en servir. « Il y a deux raisons à cela, explique Francis Klee. La première est qu'avec le temps, le bois devient plus flexible et donc plus facile à travailler. La deuxième est d'ordre œnologique. L'aspect boisé du vin serait beaucoup trop prononcé avec du bois pas encore arrivé à maturité. » Le tonnelier doit donc disposer en permanence d'un stock important pour répondre aux demandes qui lui sont formulées. Andreas Hassmann a pu s'appuyer sur le capital accumulé par ses aïeux au cours des dernières décennies. « C'est un savoir-faire que j'ai hérité de mon père et de mon grand-père avant lui. » Comme la plupart des métiers d'artisanat, celui de tonnelier ne s'improvise pas et nécessite des compétences très pointues, avec le marteau et les biceps comme principaux outils. « C'est vraiment d'une minutie extrême », observe Pascal Keller. Le fût doit être en mesure de passer les années sans montrer de signe de faiblesse ou de début de perméabilité. « Ceux installés à la cave Jean Geiler peuvent au moins durer un siècle à condition de bien les entretenir », avance Andreas Hassmann. Pour assurer la longévité de ces foudres, il n'y pas vraiment de solution miracle. Pour le nettoyage, de l'eau froide sans produit chimique. Le reste du temps, il faut juste qu'ils soient remplis en permanence. « L'alcool du vin conserve ! » glisse, amusé, Francis Klee.

Coop de France Alsace

Des évolutions à venir

Publié le 25/11/2014

La loi Économie sociale et solidaire du 21 juillet et la loi d'avenir pour l'agriculture du 13 octobre ont instauré un certain nombre de nouveautés pour les coopératives. Un point sur le sujet a été fait le 21 novembre lors de l'assemblée générale annuelle de Coop de France Alsace.

«Il y a un certain nombre de choses qui vont évoluer dans les prochains temps». Lors de l'assemblée générale de Coop de France Alsace, le 21 novembre à Beblenheim, son président Hervé Schwendenmann a donné la tonalité des mois à venir pour l'organisme coopérateur alsacien. Après une année 2014 marquée par un plan de communication d'envergure nationale - des spots sont d'ailleurs diffusés en ce moment à la télévision et à la radio - c'est le fonctionnement même des coopératives qui va subir quelques changements au cours des prochains mois avec l'application de deux lois votées cette année : la loi Économie sociale et solidaire, adoptée le 21 juillet, et la loi d'avenir pour l'agriculture, promulguée le 13 octobre. «Deux lois qui se résument en cinq axes», résume le directeur de Coop de France Alsace, Patrick Stehlin. Renforcer les spécificités des coopératives Elles ont tout d'abord comme mission de «renforcer les spécificités des coopératives». L'idée est de réaffirmer la spécificité coopérative en clarifiant juridiquement la relation entre le coopérateur et sa coopérative. «Il s'agit d'affirmer le caractère spécifique de cette relation qui se distingue de la vente et du fonctionnement des sociétés commerciales», précise Patrick Stehlin. Afin de mieux enseigner et faire connaître le modèle coopératif, ces nouveaux dispositifs législatifs intègrent un module de formation obligatoire sur la coopération agricole, et l'économie sociale et solidaire dans l'enseignement agricole. Le dernier point consiste à «mieux faire comprendre la particularité coopérative» en définissant la rémunération de l'associé coopérateur composée d'acomptes, de compléments de prix et de ristournes. Renforcer les contrôles Le deuxième axe de ces deux nouvelles lois est articulé autour du «renforcement» du contrôle des coopératives. Pour ce faire, un poste de médiateur de la coopération agricole a été créé. Ses missions sont multiples : litige portant sur la relation entre un associé coopérateur et sa coop, entre coop agricoles et entre une coop/union et union de coop agricoles ; saisine du médiateur par un associé coopérateur, une coop ou une union et le Haut Conseil lui-même ; prises d'initiative de nature à favoriser la résolution amiable des litiges entres les parties. Des conditions de recours sont possibles, mais il faut d'abord que toutes les voies de recours amiable et statutaires soient épuisées. La procédure de médiation suspend, elle, le recours judicaire. Toujours dans cette optique de «renforcement du contrôle», les coopératives devront se soumettre à un contrôle coopératif (ou révision) tous les cinq ans si elles dépassent deux des trois critères suivants : deux millions d'euros (M€) de chiffre d'affaires, 1 M€ total bilan ou cinquante associés coopérateurs. «Il existe aussi de nouvelles possibilités de saisir la révision coopérative lorsqu'elle est demandée : par un dixième des associés coopérateurs ; par un tiers des administrateurs ; par le Haut Conseil de la coopération agricole ; par le ministre en charge de l'Économie sociale et solidaire ou tout ministre compétent à l'égard de la coopérative», détaille le directeur de Coop de France Alsace. Être «plus transparent» Le troisième axe impose aux coopératives d'être «plus transparentes» et de donner «plus d'informations». Il est par exemple obligatoire pour la coopérative de proposer une formation aux administrateurs lors de la première année de chaque mandat. Le président ou le directeur de la société sont aussi tenus de communiquer à chaque membre de l'organe chargé de l'administration de la société tous les documents et information nécessaires à l'exercice de sa mission. Une évolution assez notable quand on sait qu'auparavant, «les statuts prévoyaient une liste définie de documents à la disposition des administrateurs» indique Patrick Stehlin. Vis-à-vis des associés coopérateurs, la coopérative est désormais obligée de leur mettre à disposition un document relatif de l'engagement pris par ces derniers, conformément aux statuts : durée d'engagement, fraction du capital social souscrit, caractéristiques des produits à livrer, modalités de paiement et de détermination du prix. «Il s'agit d'un document non signé des parties, qui a vocation à être actualisé et transmis à l'associé coopérateur régulièrement. L'objectif est la bonne information». Simplifier le fonctionnement Le quatrième but de ces lois et d'apporter de la simplification au fonctionnement même de la coopérative (avec notamment la suppression de l'obligation de délibérer sur les résolutions sans objet), et d'adapter les statuts pour ceux qui «hésitent à tenter l'aventure coopérative». À ce titre, une période probatoire, qui ne peut excéder un an, est instaurée. Pendant cette période, les nouveaux associés coopérateurs ont les mêmes droits et obligations que les autres. «Le conseil d'administration ou l'associé coopérateur peut décider de ne pas continuer à la fin de période», complète Patrick Stehlin. Les coopératives ont également la possibilité de radier des associés coopérateurs, en les supprimant de la base de données, si ceux-ci n'ont plus d'activité avec la coopérative depuis un certain temps. Enfin, un fonds d'investissement dans les coopératives est en cours de montage afin de financer les entreprises de l'économie sociale et solidaire. «Ce fonds sera spécialisé dans le financement en fonds propres pour favoriser la croissance et la transmission des coopératives», ajoute le directeur de Coop de France Alsace.

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