Le Vinopôle est né
Aller plus loin dans la collaboration technique
Le Vinopôle est né
Publié le 20/08/2015
Renforcer les synergies entre tous les acteurs de la recherche-développement en viticulture, tel est l'objectif de la création du Vinopôle qui a été porté sur les fonts baptismaux le vendredi 7 août, lors de l'inauguration de la foire aux vins d'Alsace de Colmar.
Placé sous le signe de l'optimisation des moyens, le Vinopôle est un GIE qui réunit le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), la Chambre d’agriculture de région Alsace, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), l'Institut national de la recherche agronomique de Colmar, les Sillons d'Alsace et Alsace Vitae. « Cette convention atteste notre volonté de travailler en commun, tout en conservant chacun notre indépendance », explique Jean Louis Vezien, directeur du Civa. Un travail collaboratif qui permet d'éviter les doublons. Cela fait plusieurs années qu'une nouvelle organisation de la recherche-développement s'est mise en place dans notre région au niveau des organismes professionnels. Lieu central de débat sur toutes les questions techniques, la commission technique du Civa contribue à la déclinaison concrète des orientations stratégiques élaborée par l'Ava-ODG. Elle réunit les représentants des organismes professionnels (Ava, Coop de France Alsace, Synvira, GPNVA) et des experts (techniciens, chercheurs, œnologues). Gestion du millésime Le groupe de coordination technique, regroupant les techniciens des organismes professionnels (Civa, Cara, IFV, Ava, Fredon, Inao, Opaba, Araa, Eplefpa, Inra) a pour mission de fournir des données techniques sur la gestion du millésime (prévisions de récolte, contrôles de maturité), ainsi que des références techniques issues de l'expérimentation, à l'attention des opérateurs du vignoble. L'association Alsace Vitae, créée en 2009 sur le site du Biopôle de Colmar et axée sur deux thématiques, « vigne et vin » et « agroenvironnement », est associée à ces travaux. Ce rapprochement est le fruit d'une collaboration entamée depuis de nombreuses années. La fusion de l'Entav et de l'IFV s'est accompagnée d'un rapprochement entre les services techniques du Civa et le pôle régional de l'IFV. Une convention signée en 2007 a débouché sur l'embauche d'une technicienne pour les deux structures. Plus récemment, la création de la Cara s'est accompagnée de l'embauche d'une technicienne supplémentaire et le déménagement des techniciens du Haut-Rhin sur le site du biopôle, dans des locaux communs avec l'IFV et le Civa. Deux sites sont donc consacrés à la recherche-développement en viticulture dans notre région : le biopôle de Colmar et l'Adar d'Obernai (antenne de la Cara). Cette mise en commun de moyens a permis d'acquérir de nouveaux équipements : un appareil d’analyse IRTF pour les contrôles de maturité et les analyses courantes à l’Adar d’Obernai et un atelier de microvinification sur le biopôle de Colmar. Ce noyau dur de techniciens travaille en collaboration étroite avec l'Eplefpa de Rouffach-Wintzenheim les Sillons d'Alsace et avec les entreprises privées du vignoble (sociétés d'approvisionnements, laboratoires œnologiques). Il s'appuie sur un outil de diffusion créé par le Civa, vinsalsace.pro, accessible aux 4 500 exploitations viticoles alsaciennes. Dépérissement de la vigne Il reste du pain sur la planche ! Outre les problématiques liées à la gestion du millésime, les signataires ont manifesté leur volonté de participer au programme national qui vient d'être lancé sur le dépérissement de la vigne. Comme l'a souligné Robert Dietrich, président du Civa, lors de l'inauguration de la foire aux vins de Colmar, un rapport parlementaire vient d'être publié sur les maladies de dépérissement de la vigne, présentées comme un fléau comparable au phylloxera du XIXe siècle : ses effets dévastateurs mettent en cause la pérennité du vignoble français. « Les interprofessions régionales, réunies au sein du Cniv, se sont retrouvées le 22 juillet à Paris pour lancer un plan de bataille ambitieux qui exigera de tous les vignobles, y compris le nôtre, un engagement financier important au cours des prochaines années. Mais la survie des exploitations viticoles alsaciennes en dépend », a souligné le président du Civa. Dans le même ordre d'idées, Robert Dietrich a annoncé que la collaboration technique engagée par le passé avec les collègues champenois et bourguignons, dans le cadre du réseau Vignes et Vins septentrionaux, allait être renforcée, afin d'encourager des programmes communs et ainsi de réduire les coûts liés à d'éventuels doublons. Une collaboration qui prend un nouveau sens, à l'aube de la mise en place de la grande région…












