Concours du meilleur caviste de France
Du bronze pour l'oenologue
Concours du meilleur caviste de France
Publié le 22/10/2014
Oenologue de formation, Jean-Philippe Venck a repris il y a deux ans «La cave des grands crus» à Guebwiller. Pour sa première participation au concours de meilleur caviste de France, il remporte la troisième place.
Diplômé d'oenologie en 2000 à Dijon, Jean-Philippe Venck est passé par les vignobles de Chablis, du Gers et du Beaujolais avant de (re)trouver l'Alsace. «Comme j'aime à le dire, je viens de l'Est. C'était naturel d'y revenir. Le Chablis c'était déjà extrême !», sourit-il. «J'ai beaucoup voyagé, car mon père était militaire, je peux donc dire objectivement que l'Alsace est la région qui a le plus fort potentiel pour faire les meilleurs vins blancs, et surtout, elle a le meilleur cépage, le riesling.» Arrivé en Alsace en 2002, il passera deux ans chez Immélé à Sigolsheim, sera directeur technique à la cave de Kientzheim-Kaysersberg durant cinq ans, puis chez Lorentz à Bergheim. C'est en 2012 qu'il a «eu vent de la vente de La cave des grands crus à Guebwiller». Il s'y installe en septembre. «Depuis longtemps, j'avais en tête de prendre mon indépendance. Et comme je n'ai pas gagné à Euromillions pour m'acheter un domaine en Alsace ! », ajoute-il toujours sur le ton de l'humour. « Faire venir le client dans la cave » Jean-Philippe Venck envisage son métier de manière technique : «Bien sûr mon approche est commerciale, mais j'essaie de faire venir le client dans la cave. Plutôt que de présenter les producteurs ou les cépages, j'explique comment est fait le produit, un côté que l'on cache parfois. Et les clients en sont friands ». Son parcours ne le destinait pas forcément aux vins. «Je ne viens pas du monde viticole. Au départ, j'ai fait un DUT en biochimie appliquée option agronomie. Je voulais travailler dans l'aquaculture (pisciculture) et, par hasard, j'ai fait un stage à l'interprofession des beaujolais au comité de développement.» C'est là que tout a démarré. Aujourd'hui, il a gardé une grande partie des fournisseurs de son prédécesseur, mais «ne se refuse aucune dégustation» et propose certains vins de manière ponctuelle pour s'adapter à la demande, notamment de la jeune clientèle. Ne faisant pas partie du syndicat des cavistes professionnels au départ, il ne connaissait pas le concours du meilleur caviste de France, «mais je me suis pris au jeu». Il a découvert les épreuves au fur et à mesure. «Ce n'est pas le concours du meilleur sommelier de France». En effet, la dégustation n'est qu'une partie du concours. Il y a des questions sur la législation, le bilan comptable, la marge, le bénéfice. La dégustation consiste à décrire au mieux le liquide et proposer un accord avec un plat, estimer un prix de vente et un prix d'achat. Il a également découvert un type d'épreuve particulier. Entre la demi finale et la finale, un client mystère est venu dans le magasin ; il a demandé à chaque candidat un vin jaune. Le client était équipé d'une caméra cachée pour que le jury puisse estimer la qualité du service proposé par le caviste. «Une épreuve intéressante, car c'est notre coeur de métier.» Jean-Philippe Venck a pris goût à la compétition. «Maintenant je sais ou je vais, et je vais voir jusqu'où je peux aller».












