Concours des crémants
170 participants et 29 médailles d’or
Concours des crémants
Publié le 26/05/2021
Le château de la confrérie Saint-Étienne a accueilli les jurés du 30e concours des crémants le 6 mai dernier, organisé sous la présidence de Charles Schaller. L’occasion d’aborder quelques dossiers syndicaux.
C’est sous l’œil bienveillant et attentionné de membres du service de la répression des fraudes que se tenait le 30e concours des crémants au château de la confrérie Saint-Étienne à Kientzheim. La fédération s’est particulièrement engagée sur la rigueur qui entoure ce concours avec un système d’anonymisation masquant parfaitement tous éléments identifiant l’origine de la bouteille. 170 crémants étaient en lice cette année. Les dégustateurs ont attribué 29 médailles d’or, 23 d’argent et 3 de bronze. On citera les performances remarquées des domaines Frey-Sohler et de la cave de Beblenheim, 3 médailles d’or, puis des caves Arthur Metz, Gruss, Dopff & Irion, Dopff au Moulin, avec deux médailles d’or. C’est sur une note d’espoir qu’Olivier Sohler, le directeur de la fédération nationale et du syndicat des producteurs et élaborateurs de crémant en Alsace, a introduit la dégustation : « Espérons que le déconfinement engagé parvienne à redonner à nos appellations la dynamique nécessaire pour qu’elles retrouvent leurs performances commerciales historiques ! » Ce concours se tenait simultanément dans chacune des neuf appellations productrices de crémant en France et au Luxembourg. L’occasion pour les producteurs de faire plus ample connaissance avec Charles Schaller. Le nouveau président national cultive 8 ha de vignes à Mittelwihr, dont un tiers est dédié aux crémants, soit l’équivalent annuel de 30 000 cols et autant de vins tranquilles. Comme son père, Charles a effectué ses classes à Avize en Champagne. Le domaine familial s’est donc taillé une solide réputation, il a d’ailleurs reçu deux coups de cœur au guide Hachette, l’un en 2020 pour un extra-brut et l’autre il y a 3 ans un crémant chardonnay. Durant son mandat, Charles Schaller aura à trouver la juste mesure sur plusieurs dossiers, notamment la segmentation de l’offre. La fédération s’est récemment rendue dans le Cava, pour visiter Gramona et Freixenet, et en Franciacorta, « le top de l’Italie », pour observer la manière dont ces appellations arrivent à bien faire cohabiter l’entrée et le haut de gamme. Dans l’univers des appellations de crémants, la Bourgogne est la seule à disposer de son propre ODG (Organisme de gestion). Quant aux crémants d’Alsace, leur destin est intimement lié à celui des autres appellations de vin d’Alsace. « Nos conseils sont écoutés, mais avec les rendements différenciés, il va falloir être vigilant. Le conseil d’administration des crémants a quelques pistes pour éviter que les crémants ne deviennent un refuge de l’appellation. » L’idée sous-tendue est « d’éviter que les crémants ne soient une variable d’ajustement. De toute façon, poursuit Charles Schaller, on ne s’invente pas producteur de crémant, tant au plan viticole que vinicole. » Pour l’heure, « on reste sur une certaine flexibilité au niveau de l’affectation des parcelles. Mais sur mon entreprise, les parcelles sont plantées, travaillées et récoltées pour devenir du crémant, avec une densité pas trop élevée, une lutte prophylactique pour éviter la pourriture et l’excès vigueur, avoir un palissage respirant, et des raisins non effeuillés en face sud, ou pas du tout effeuillés ». Charles Schaller aura également à suivre la campagne de promotion des crémants sur le marché britannique. Le syndicat alsacien engage pour sa part 40 000 €/an pendant 3 ans, auxquels s’ajouteront des fonds européens qui représenteront 60 % du montant total.












