Vigne

Publié le 26/03/2021

Alors que les annonces d’annulation de salon se multiplient, le Civa a décidé de maintenir Millésimes Alsace sous un nouveau format Digitasting (marque déposée). Une première mondiale où le vin pourra être dégusté par le visiteur, bien que le salon soit virtuel. Plus précisément, du 7 au 9 juin, 100 vignerons et domaines alsaciens proposeront chacun quatre vins à la dégustation. Comment cela va-t-il fonctionner ? Interview de Philippe Bouvet, le timonier de cet événement.

Depuis son arrivée, Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa a adopté une stratégie proactive vis-à-vis de tous les acheteurs potentiels, consistant à aller vers les acheteurs plutôt que d’attendre qu’ils viennent. Car il fallait casser certaines idées reçues sur les vins d’Alsace. En peu de temps, les acheteurs de la GD, les cavistes, les grossistes, les cavistes franchisés ont été démarchés par l’interprofession. Mais en ce début de printemps, les annonces d’annulation de salons de vins se multiplient. Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a décidé pour sa part de maintenir son salon phare Millésimes Alsace dans un format inédit et novateur : si les visites se font en distanciel, la dégustation des vins pourra néanmoins se tenir pendant le salon. Concrètement, les visiteurs inscrits disposeront des échantillons de vins d’Alsace à déguster qu’ils auront reçu préalablement. Et ils les dégusteront donc sur rendez-vous avec et en même temps que le domaine exposant, mais par vidéo interposée. Chacun des 100 domaines exposants proposera à la dégustation quatre vins. Pour le Civa, il s’agit donc de mettre en place une incroyable logistique de sorte que chaque visiteur inscrit reçoive gratuitement avant le 7 juin, soit cinq ou dix coffrets, représentant chacun un domaine, c’est-à-dire 20 ou 40 échantillons de vins d’Alsace. Échantillons qu’il dégustera lors du salon lors d’un rendez-vous vidéo préalablement pris avec le vigneron/domaine sur la plateforme digitale dédiée de Millésimes Alsace. On peine à imaginer la complexité de mise en œuvre qui se joue dans le back-office de ce salon, avec la préparation des 400 échantillons de vin d’Alsace différents packagés en mignonnettes, présentés en coffrets personnalisés par domaine, et expédiés dans le monde entier. Première mondiale : le mot n’est pas trop fort ! Nous avons donc interrogé Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa. Quand avez-vous décidé de maintenir Millésimes Alsace et pour quelle raison ? Philippe Bouvet : « On avait acté en 2020 que Millésimes Alsace ne se ferait pas dans sa version rénovée pour cause de restrictions sanitaires. Rappelons que le salon devait se tenir à Strasbourg avec des cercles itinérants sous une forme extrêmement novatrice. Il y a 2 ans, nous avions d’ailleurs déjà étudié le principe de la dégustation digitale en salon. Ceci pour une raison simple : il n’y a que par la dégustation que l’on casse les idées reçues sur les vins d’Alsace. Cette manière de procéder s’inscrit dans une cohérence de stratégie : la conquête par la preuve, et la preuve par la dégustation. Ça fait 18 mois que je souhaiterais que l’Alsace incarne le renouveau du marché du vin, c’est notre discours et c’est ce qui va permettre de lever les complexes du vignoble. Il ne tient qu’à nous. Il nous faut donc être audacieux, et arrêter de complexer. On se veut avant-gardiste. Le communiqué de presse du salon se veut humble mais conquérant. Pour un vignoble, c’est une première mondiale. »   On imagine la logistique à mettre en place afin que des milliers de visiteurs reçoivent les échantillons d’une centaine d’exposants. Comment avez-vous procédé ? « Ça met en œuvre une énorme logistique de conditionnement de 400 vins différents en mini-flûtes. Tout se prépare avec des acteurs locaux, bien spécialisés dans leurs métiers : le conditionnement en mini-flûte, le co-packing, le cartonnier, les étiquettes, la personnalisation des coffrets, l’expédition en France et à l’export, la conception digitale, la communication avec un communiqué de presse en 20 langues. Nous sommes en train de définir ce nouvel écosystème avec de la conception digitale, du conditionnement œnologique, des fonctionnalités digitales, des processus d’inscription, des kits de communication pour les metteurs en marché. »   Quel est votre plan de communication pour annoncer cet événement ? « Parmi les visiteurs que l’on souhaite faire venir à Millésimes Alsace, nous voulons plus de monde, mais aussi capter les prescripteurs et acheteurs les plus importants et influents. 1 500 coffrets de dégustation sont expédiés à l’export et 3 500 coffrets en France sous forme d’invitation, plutôt qu’un émail ou un carton d’invitation. Nous avons apporté un soin absolu avec nos 15 agences à sélectionner des invités susceptibles d’être acteur en vins d’Alsace, sommeliers, cavistes, journalistes… Ces coffrets d’invitation vont surprendre et interpeller. Nous mettons en place trois réseaux sociaux dédiés au salon sur Facebook, Instagram et LinkedIn. »   Concrètement comment se déroule le salon ? « Dans un premier temps, la plateforme dédiée est ouverte à l’inscription. Les accréditations seront validées une à une. À partir du 29 mars, n’importe quel professionnel pourra naviguer à l’intérieur des 100 domaines. La charte graphique est la même pour tous, avec le portrait photo, la présentation des quatre vins, leur fiche technique, les liens sur les réseaux sociaux du domaine ou encore une vidéo. Un moteur de recherche permet de naviguer parmi les 400 échantillons, selon ses critères de choix : la couleur, le terroir, le cépage, la sucrosité selon la dénomination européenne, le mode de production, éventuellement les réseaux de distribution. Le professionnel visiteur pourra donc commander gratuitement les coffrets dans la limite des stocks disponibles, et prendre un rendez-vous lors du salon. Il aura accès en temps réel au planning du vigneron. Les 100 domaines seront informés de tous les professionnels qui ont commandé leurs coffrets. Chacun recevra les demandes de rendez-vous sous forme de message. Lors du salon, la visioconférence s’effectue dans l’univers Millésimes Alsace. Car nous souhaitons avoir un environnement numérique qualitatif, c’est l’image de l’Alsace qui se joue aussi. »   Mais les vignerons ne sont pas tous adeptes de la communication numérique… « Effectivement, avec Digitasting, le vin d’Alsace est au cœur du rendez-vous, pendant le rendez-vous, pas après le rendez-vous. On veut accompagner au mieux nos opérateurs. Le dispositif a été présenté lors de quatre visioconférences. Nous allons expliquer comment fonctionne la plateforme, comment s’établit la relation avec les professionnels/visiteurs, et donner des astuces pour s’assurer que les conditions de dégustation sont bonnes avec un bon cadre de visioconférence. Pendant le rendez-vous, on présente son domaine, son savoir-faire et son vin, avant de parler de tarif. Nous bâtissons des kits de communication. Chaque domaine aura sa bannière avec « retrouvez-nous au stand X, allée Y » et avec à chaque fois la photo personnalisée, ainsi que des capsules de lien vers les réseaux sociaux du domaine et de quoi personnaliser ses invitations. »   Avec les contraintes sanitaires, mais également de bilan carbone, on imagine que les salons Digitasting vont se développer. Qu’en est-il au Civa ? « Nous passons énormément de temps à bien définir le modèle, un dispositif 100 % alsacien, pour les vins d’Alsace, car il a vocation à être répliqué, dupliqué. Le tout dans une grande fiabilité. La prestation pourra être déclinée à d’autres salons, même en présentiel avec une option pour digitaliser les dégustations. Ce principe d’échanges virtuels accompagnés de dégustations en réel pendant le salon pourra servir à d’autres opérations sur des thématiques précises : les cavistes, importateurs US, le bio, le pinot noir… C’est sans limite. Surtout, cela s’intègre dans la stratégie et les projets entrepris par le Civa jusque-là. Ce modèle est cohérent par rapport à notre feuille de route de création de valeur, en plus de proposer à nos entreprises un cadre qui leur permet de s’accélérer. On ne peut pas faire le boulot à la place des entreprises, mais il s’agit de créer le cadre le plus propice aux affaires. Notre point commun c’est la connexion - client, la dégustation et la connaissance des clients. »   Pourquoi 100 domaines et pas plus, quels profils de vins seront exposés ? « Nous avons pour cette première 100 domaines qui représentent 60 % du courant d’affaires en vins d’Alsace, et 70 % du courant d’affaires export. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a que des gros metteurs en marché. Parmi les 400 vins du salon, 50 % sont en bio ou biodynamie, 20 % sont en conversion, le reste est en HVE ou sous autre démarche environnementale. C’est un message adressé aux visiteurs du salon. Nous offrons la possibilité d’avoir des vins qui expriment des vendanges tardives, mais nous avons poussé pour des vins secs. Nous avons restreint volontairement le nombre d’exposants pour que le projet soit plus acceptable en termes de complexité avec déjà 400 cuvées, 100 visuels et coffrets différents. On travaille en one to one avec les domaines. Ça implique donc une mise en œuvre d’une grande complexité industrielle, logistique et de communication. Pour les visiteurs, c’est aussi une première, il s’agit d’éviter qu’ils se perdent. Nous n’avons à ce stade que peu de retours des domaines qui ne sont pas inscrits. Il y a quelques frustrations, mais la situation est bien comprise. Mais que les absents de Millésimes Alsace se rassurent, l’outil sera dupliqué, et avec lui, la persistance de notre vision stratégique. »    

Anne Simon, présidente de la cave de Pfaffenheim

Travailler pour le collectif

Publié le 25/03/2021

Première présidente d’une cave vinicole dans l’histoire des vins d’Alsace, Anne Simon a déjà une grande expérience du monde agricole et viticole. Donner aux autres ce qu'elle a reçu, tel est son credo.

Elle avait été élue dès 1998, au conseil d'administration de la cave de Pfaffenheim avant de faire une pause, pour des raisons familiales, de 2005 à 2014. « Quand je suis revenue en Alsace, mon prédécesseur, Jean-Luc Hanauer, m'a demandé de le rejoindre dans l'équipe dirigeante. J'ai accepté. J'ai d'abord été élue secrétaire en 2019 et donc présidente depuis le 18 février. C'est un engagement complémentaire. Il est dans la continuité de celui que j'ai pour la cave depuis toujours. Le mien et celui de ma famille », explique Anne Simon. Elle a en effet été élevée dans la « culture coopérative » avec un grand-père qui a été parmi les membres fondateurs de la cave de Pfaffenheim. « Mes grands-parents avaient un petit domaine familial. Pendant que mes parents travaillaient à l'extérieur, j'allais aider dans les vignes. Mon grand-père m'a beaucoup appris. Notamment à bien observer la vigne et à comprendre le métier », ajoute-t-elle. Logiquement, elle effectue des études agricoles. Le lycée de Rouffach lui permet de pousser sa réflexion professionnelle. Mais le véritable déclic arrive lors de son BTS viticulture œnologie et ses études supérieures à l'université de la vigne et du vin à Dijon. « Cela a été la découverte et la compréhension de cette culture du vin dans sa dimension agronomique et scientifique. Ce parcours me permet aujourd'hui d'être formatrice pour adulte au CFPPA depuis mon retour dans la région. Ce côté formateur est essentiel pour moi. Donner aujourd'hui ce que j'ai appris hier », précise celle qui s'est également investie dans le domaine familial. Elle le gère avec sa maman, de 2000 à 2014, année où cette dernière, qui avait repris déjà le domaine de ses parents, prend sa retraite. Son papa donnant un coup de main le soir. Puis sa vie familiale l'a conduite à faire la navette entre son Alsace et le sud-ouest du pays où elle a participé à des animations de vente de vin pour la coopérative du Tursan, forte de 135 adhérents sur 350 hectares de vignes. Elle y a également assuré des formations pour adulte (déjà). Aujourd'hui, Anne Simon co-gère l'exploitation avec son frère Dominique. Des 2,5 hectares du départ, la famille en gère désormais 9 de vignes situées de Buhl à Herrlisheim-près-Colmar. Comme il y a quelques années, elle s'occupe également d'une activité de prestation. « Cela me permet d'avoir une trésorerie complémentaire et de rester dans cette philosophie de formation. J'ai retrouvé des anciens élèves à qui j'ai mis le pied à l'étrier », se félicite-t-elle. Rebondir malgré la crise Après ces belles années, elle a donc fait son retour à la cave de Pfaffenheim. Une entreprise qu'elle connaît bien et qui reste familiale avec ses 160 adhérents pour un peu plus de 350 hectares cultivés sur les secteurs de Pfaffenheim, Gueberschwihr, Hattstatt, Voegtlinshoffen, Soultzmatt et Westhalten. Forcément, la crise sanitaire a actuellement un impact. « Avant l'arrivée du Covid-19, nous étions dans une phase de dynamique et de développement. Depuis nous constatons des méventes et une baisse de 17 % pour l'ensemble du groupe (avec Dopff et Irion) qui reste correcte par rapport à la situation observée dans toute l'Alsace. Le caveau est ouvert. Il l'a toujours été si l'on excepte le premier confinement. Nous sommes une cave qui donne une grande importance à la vente aux particuliers. Heureusement, nous pouvons également miser sur l'export. Il faut désormais nous imposer sur des marchés plus variés et de nouveaux créneaux de développement. Pour y parvenir, nous comptons proposer une communication plus poussée sur les réseaux sociaux. Il faut également proposer de nouvelles actions de marketing pour séduire la clientèle. Nous voulons davantage nous faire connaître dans les GMS même si nos produits et nos prix sont différents », insiste Anne Simon. Pour autant, la politique de la cave avec des produits de qualité et de petits lots doit se poursuivre. « Cette image, nous voulons la conserver, la préserver. Mais cela peut également passer par des produits plus innovants et des nouveautés comme des vins d'assemblage. La priorité reste quoi qu'il en soit de continuer à faire de la haute qualité. Il faut que les vins tiennent la route », prévient la présidente de la cave de Pfaffenheim. Militante un jour, militante toujours Elle suit les débats dans le vignoble alsacien. Elle est en phase avec l'état d'esprit de la coopération qui défend les producteurs. « Nous faisons vivre des familles. Le kilo de raisin produit, c'est le revenu. Or produire qualitativement représente un coût. C'est cette qualité qui permet d'accéder à des produits particuliers. L'appellation appartient à tout le monde. Nous sommes solidaires. Mais la solidarité doit aller dans tous les sens. Pour notre part, nous avons le sentiment de ne pas être entendus », estime Anne Simon. Comme dans ses jeunes années, elle demeure une « militante ». Elle se dit prête à apporter sa pierre à l'édifice à la fédération des caves coopératives. Elle reste attachée au monde agricole et viticole. « Je suis toujours l'activité syndicale. Celle des jeunes agriculteurs notamment. Leurs sujets de discussion sont pertinents. Il y a des jeunes qui ont des idées innovantes. C'est mon rôle d'ancienne présidente des JA de les soutenir s'il le faut. C'est dans cet état d'esprit que je continue à donner mes cours. La formation me permet d'avoir une certaine vision. J'ai aujourd'hui le sentiment que la viticulture est trop enfermée sur elle-même et ne regarde pas assez ce qui se passe dans les autres filières pour en tirer des enseignements », conclut-elle.

Publié le 16/03/2021

Depuis un an, l’annulation de la plupart des salons prive de nombreux vignerons d’un débouché essentiel à l’équilibre de leur exploitation. Et si les salons virtuels représentaient une alternative crédible ?

En novembre et décembre derniers, les Vignerons indépendants de France (Vif) ont remplacé leurs salons de Lyon, Reims, Lille et Paris par des éditions virtuelles. L’opération « Le salon dans mon salon », destinée au grand public, n’a pas eu le succès escompté, reconnaît Florence Corre, directrice de la communication des Vif. Sans possibilité de faire déguster leurs vins, les professionnels n’ont pas réussi à attirer de nouveaux clients, comme ils auraient pu le faire sur un « vrai » salon. Si les habitués ont tout de même passé commande pour les fêtes de fin d’année, ils l’ont plutôt fait directement auprès des vignerons sans passer par le site dédié à l’opération. Quant aux drive prévus pour récupérer les commandes dans les villes concernées, trois d’entre eux n’ont pu ouvrir faute d’autorisation préfectorale. Compte tenu de ce maigre bilan, l’organisation n’a qu’une hâte : pouvoir à nouveau accueillir le grand public, comme elle le fait depuis 40 ans dans les plus grandes villes françaises.  Après une première édition test en mai 2020, le salon virtuel Hopwine, organisé par la start-up bourguignonne du même nom à destination des professionnels, a pris son véritable départ en janvier 2021. Avec une différence de taille par rapport au salon en ligne des Vignerons indépendants : le contact entre viticulteurs et acheteurs potentiels s’y fait certes à distance, sur un stand virtuel hébergé par la plateforme Hopwine, mais la dégustation des vins est bien réelle. L’exposant envoie ses bouteilles avant le salon à la start-up. Celle-ci reconditionne leur contenu en « vinottes », des échantillons de 2 cl, et les expédie après le salon aux visiteurs intéressés, explique Anaïs Laborde, directrice commerciale d’Hopwine. Le reconditionnement se fait sous atmosphère inerte pour préserver la qualité des vins, selon un procédé breveté par Vinovae. Toute la logistique est prise en charge par Hopwine : du reconditionnement à l’expédition des coffrets d’échantillons à travers le monde.    Nous sommes ravis de vous annoncer l'ouverture de la troisième édition de Hopwine ! Venez découvrir nos 100 exposants... Publiée par Hopwine sur Lundi 15 mars 2021   Comme pour tout salon, virtuel ou pas, une bonne partie de la réussite repose sur la fréquentation et sur la qualité des échanges noués entre les professionnels. Hopwine revendique une base de données de 30 000 contacts internationaux. Le salon de février, spécialement dédié aux vins et spiritueux engagés dans une démarche durable, a réuni 4 500 visiteurs, dont les deux tiers étaient des importateurs, des cavistes ou des distributeurs, à 65 % étrangers. Les contacts pris pendant cinq jours ont abouti à l’envoi de plus de 16 000 échantillons dans 39 pays. Deux salons virtuels sont encore inscrits au programme d’Hopwine en mars et avril, après quoi la start-up prévoit une pause, le temps de remettre sa plateforme à plat et d’y développer de nouvelles fonctionnalités. « Notre but initial est de permettre aux viticulteurs de pallier l’absence des salons physiques », souligne Anaïs Laborde. Mais une fois que ceux-ci seront de retour, l’idée est bien de se positionner en complément. « Aller à Wine Paris quand on n’a jamais fait de salon et qu’on n’a pas un panel de contacts très important » peut rebuter certains vignerons. Dans ce cas de figure, passer par un salon virtuel paraît une bonne option pour vaincre les appréhensions et nouer des contacts qualifiés. La directrice commerciale d’Hopwine, qui a longtemps travaillé à l’export, y voit un autre avantage : pouvoir vendre ses vins tout en réduisant les déplacements de prospection, qui coûtent parfois plus qu’ils ne rapportent. Un coup d’essai prometteur Séduit par le concept Hopwine, Frédéric Becht a participé au salon virtuel de janvier, comme sept autres domaines alsaciens. Un coup d’essai prometteur pour le viticulteur de Dorlisheim qui, à l’exception d’une expérience à la Wine Fair de Londres, ne fait habituellement aucun salon. « J’ai beaucoup apprécié le stand virtuel, qui est réalisé de manière très pro à partir de textes et de visuels que nous fournissons. Il donne une chouette image de notre domaine.» Il s’est senti « mis sur un pied d’égalité avec les autres exposants » ce qui n’est pas toujours le cas dans un salon physique, où la visibilité des exposants dépend fortement de leur emplacement et des moyens déployés sur le stand. Frédéric Becht est également satisfait du rapport qualité-prix de la prestation proposée : les frais de participation sont calculés selon le nombre de cuvées et de coffrets d’échantillons réalisés. Pour 35 coffrets de 6 échantillons, il s’est acquitté de 1 899 € HT, ce qui lui semble raisonnable pour pouvoir bénéficier d’une visibilité internationale… sans bouger de chez soi. « La somme engagée comprend tout : la création du stand virtuel, le reconditionnement, l’expédition des échantillons… » Suite à sa participation, il a enregistré une petite trentaine de contacts, dont plusieurs cavistes français, des importateurs étrangers (USA, Canada, Hong-Kong, Australie, Allemagne, Pays-Bas) et des journalistes. Il a échangé par e-mail et par visio avec les visiteurs, a déjà envoyé des échantillons complémentaires à certains d’entre eux. Reste maintenant à concrétiser : pour l’heure, il n’a encore reçu aucune commande ferme, mais il est en négociation très avancée avec un caviste du Sud et fait état de plusieurs contacts « très prometteurs ».

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