Vigne

Publié le 02/03/2021

À Landersheim, l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), une école privée, forme depuis 2018 des professionnels capables d’exercer différents métiers liés au commerce et à la prescription des vins.

À l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), février est un mois charnière : les étudiants qui ont commencé leur cursus en septembre - les plus nombreux - sont partis en immersion dans l’entreprise de leur choix, après cinq mois de formation initiale ; les autres s’apprêtent à faire leur rentrée en mars. L’année est particulière, reconnaît Lucas Destouches, qui dirige l’établissement fondé par son père. La crise sanitaire a empêché la venue d’une partie des étudiants étrangers, qui représentaient jusqu’ici 15 à 20 % des effectifs. Elle a aussi obligé l’Aiva à revoir l’organisation pratique des enseignements, et à repousser l’ouverture du restaurant brasserie qui devait ouvrir ses portes sur le site en 2020. Installée dans les locaux de l’ancien siège social d’Adidas, à Landersheim, village situé à 15 km de Saverne, l’Aiva a ouvert ses portes en 2018. Elle a été créée à l’initiative de Dominique Destouches, dirigeant de la société de négoce VPCF (Vins de propriétés et de châteaux de France), implantée près de Saverne. Avec le soutien de l’entrepreneur Marc Rinaldi (domaine Kirrenbourg, Kaysersberg), il a rallié au projet de nombreuses entreprises du monde vitivinicole, bien au-delà de l’Alsace, et des universités, dont celles de Haute-Alsace et de Lorraine. Du diplôme universitaire de sommelier-caviste au MBA (master of business administration) marketing et commerce international en vin et spiritueux, sept formations post-bac d’une année y sont proposées (lire encadré). Elles ouvrent à un vaste éventail de métiers : sommelier, chef de rayon vin, responsable de caveau, responsable marketing, directeur import-export, directeur des ventes, consultant en vins, responsable logistique… « Le vin offre énormément de possibilités et encore plus avec le développement des spiritueux et des bières. C’est un marché porteur où l’on peut faire de très belles carrières », promet Lucas Destouches. La volonté du fondateur a été « de créer une école où l’on forme des gens de métier », grâce à un cursus professionnalisant qui accorde une large place à la pratique. À l’Aiva, le verre à vin est un instrument de travail couramment utilisé. Durant les quelques mois qu’ils passent sur place, les étudiants dégustent 200 à 350 vins, selon le cursus choisi. Des vins de toutes les régions, de tous les pays, mais aussi des spiritueux et des bières, précise Lucas Destouches. L’école possède plusieurs salles de dégustation, dont les murs s’ornent d’une impressionnante collection de flacons vides, ainsi qu’un bar à bières. « La connaissance du produit, c’est fondamental, quel que soit le métier qu’ils vont exercer plus tard », assure le directeur de l’établissement.       La rentrée de mars, c'est pour bientôt ! ? Formez-vous dans les métiers du vin à l'Académie Internationale des Vins ! ... Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mercredi 27 janvier 2021     Un magasin pour apprendre L’Aiva a également ouvert son propre magasin d’application. Ouvert au public, l’Anthocyane - c’est son nom - propose 1 500 références de vins, bières et spiritueux. Justin Levêque, lui-même diplômé de l’Aiva, y forme les étudiants aux différentes facettes du métier de caviste. Grâce aux ateliers qu’il met en place, il les initie aussi bien à la recherche de références, qu’à la négociation de tarifs avec les fournisseurs, à la réception des marchandises, à la gestion des stocks, à la vente et au conseil. Fort des compétences acquises lors de ses expériences professionnelles antérieures et durant sa formation à l’Aiva, il les sensibilise aux qualités requises pour être un bon caviste : « être souriant, serviable, toujours à l’affût des nouveautés » pour tenir compte des évolutions du marché et fidéliser la clientèle. Soucieuse de placer ses recrues « au plus près des réalités du monde professionnel », l’Aiva fait appel, pour la partie pratique des enseignements, à des intervenants du monde vitivinicole possédant pour la plupart une longue expérience dans leur domaine. Les enseignements théoriques - gestion, marketing, management… - sont confiés à des enseignants-chercheurs issus du monde universitaire. La plupart des cursus comprennent un module de professionnalisation incluant visites de vignoble, d’entreprises, et séminaires professionnels. L’immersion en entreprise est la règle : elle est au minimum de 22 semaines et vient conclure les 300 à 600 heures de cours magistraux et de travaux dirigés reçus à l’Aiva. Les étudiants ont même la possibilité de réaliser un projet professionnel durant leur scolarité tout en bénéficiant d’un suivi par l’équipe pédagogique. Une façon pour l’école d’« inculquer la fibre entrepreneuriale » à ses étudiants.       Le savoir faire Alsacien à l'honneur au Caveau l'anthocyane . Venez découvrir les eaux de vie & les whiskies 100% Alsace de la distillerie artisanale Bertrand . ? Publiée par Cave AIVA L'Anthocyane sur Vendredi 19 février 2021    

Débat sur la morphologie racinaire des plants de vigne

Courtes, longues, fasciculées, adventives ?

Publié le 22/02/2021

Le printemps est proche, le débat s’active sur les plants de vigne et en particulier sur la morphologie racinaire. Quelle est la morphologie la plus propice à la reprise du plant ? Faut-il couper les racines des plants ?

La presse viticole et les groupes de réflexions s’intéressent, en cette veille de printemps, aux plants de vigne. La question est de savoir s’il faut laisser des racines longues ou courtes, et si la morphologie racinaire des jeunes plants est bien adaptée, sachant que la vigne est par nature une liane. Pour en savoir plus, la Chambre d’agriculture du Vaucluse a publié les résultats d’un essai comparant une plantation avec des racines de jeunes plants coupées à 0 cm, 4 à 5 cm, 8 à 10 cm, et plus de 20 cm. Il était ensuite question d’observer la qualité de l’enracinement. Résultat : le meilleur volume exploratoire - dans l’essai considéré - est obtenu avec les racines coupées entre 4 et 5 cm. En réalité, les pépiniéristes sont partagés entre deux aspects : d’une part les racines contiennent des réserves nutritives, notamment des sucres, qui permettent la reprise, mais les racines longues augmentent les risques de mauvaise implantation. Trop de chevelus racinaires augmentent « la concentration des racines en un point qui obstrue les flux de sève », peut-on lire. Quoi qu’il en soit, dans cet essai, les pépiniéristes se sont finalement accordés pour considérer que la longueur de 5 à 8 cm avait donné la meilleure disposition racinaire. Ce que confirme Joël Schaffner, à Ergersheim, à nos confrères de la presse professionnelle. Il coupe désormais ses racines « entre 5 et 10 cm », sauf en conditions sèches, où il laisse les racines entre 10 et 15 cm « pour sécuriser la reprise ». Pierre-Marie Guillaume, à Charcenne, en Haute-Saône, opte pour sa part pour 3 à 4 cm. Une bonne colonisation racinaire Mais, après trois années, l’effet taille initiale des racines n’est plus visible « car c’est le facteur pédoclimatique qui s’impose ». Autant donc diminuer la taille des racines car les longues racines de 20 cm « se couchent dans le sillon ». La disposition racinaire initiale jouerait-elle donc un rôle central dans la qualité d’exploration ? En l’état, des pépiniéristes insistent sur une bonne fissuration profonde - à 50 cm ! - pour faciliter une bonne colonisation racinaire. Sur ce point précisément, il y a beaucoup à dire sur la qualité des fissurateurs. Nombre d’entre eux ont des profils de dents et de coutres qui accentuent la compaction horizontale de la terre, malgré la fissuration. « Il faut que la terre coule derrière le soc, et surtout éviter de lisser les sillons », insiste le pépiniériste Jean-Louis Velletaz (1,2 million de plants). Le groupe La Belle Vigne (Konrad Schreiber, Marceau Bourdarias et Alain Canet) est en train d’engager un autre débat sur cette question des racines des jeunes plants. Il considère que la morphologie actuelle des racines de plants n’est pas la bonne. Selon lui, la morphologie conforme à la liane serait une charpente centrale avec des racines adventives de part et d’autre. La forme actuelle avec les racines se concentrant sur un nœud tel qu’on l’observe classiquement, favorise les risques de dépérissement et les problèmes de reprise. Cette morphologie est obtenue par l’hormonage des plants. Difficile cependant, avec l’actuelle configuration des productions en pépinières, de se passer de cette phase de rhizogenèse hormonée dans le temps imparti de production. Mais le groupe semble plutôt considérer l’effet rémanant des hormones.

Dégustation d’attribution des Sigilles

Le château sort (un peu) de son sommeil

Publié le 22/02/2021

Le 11 février, le château de la confrérie Saint-Étienne, à Kientzheim, a retrouvé un peu la convivialité qui l’anime habituellement avec la première dégustation d’attribution des Sigilles de l’année 2021. Un retour très attendu, après une année de pause due à la crise du Covid, qui a pu se dérouler normalement, malgré un protocole sanitaire très strict.

« Cela fait chaud au cœur de renouer avec une activité en présentiel ! » Pour la première fois depuis des mois, le château de la confrérie Saint-Étienne, à Kientzheim, s’anime pour accueillir la traditionnelle et incontournable dégustation des Sigilles. Un rendez-vous qui a en théorie lieu deux fois par an - une fois en février, une fois en juillet - qui distingue à chaque fois le « meilleur » des vins d’Alsace déjà mis en bouteille. Mais, avec la crise du Covid, l’édition estivale de 2020 a été annulée, au même titre que la grande majorité des manifestations qui ont habituellement lieu entre les murs du château : chapitres solennels, ateliers vins mets, dégustation de millésimes anciens, mais aussi les réunions professionnelles, séminaires et autres mariages. « Nous avons vécu une année quasi blanche. Le château a été mis en sommeil », regrette le chancelier receveur de la confrérie, Jean-Paul Goulby. Seule satisfaction, cette accalmie forcée a permis de terminer les travaux de rénovation du château - dont une toiture flambant neuve - dans la sérénité. En attendant de retrouver un rythme d'activité « normal », la confrérie Saint-Étienne a pu se consoler avec la dégustation d’attribution des Sigilles. La manifestation était autorisée en tant qu'évènement à caractère professionnel, non ouvert au public. « Tout le reste est formellement interdit », résume Eric Fargeas, le délégué général de la confrérie Saint-Étienne. Bonne participation, malgré le contexte Une fois n’est pas coutume, la dégustation d’attribution des Sigilles s’est déroulée dans la salle Schwendi, au deuxième étage, plus spacieuse que la salle capitulaire située au premier. Ensuite, chaque dégustateur devait venir avec ses propres verres. Là aussi, c’est une première. La soixantaine de dégustateurs présents était répartie par groupes de trois ou quatre sur des tables rondes d’1m80 de diamètre. À chaque table, une personne était désignée pour faire le service des vins tout au long de la dégustation, sans possibilité de passer la main à une autre personne. À chaque prise de bouteille, désinfection des mains au gel hydroalcoolique et désinfection du goulot de la bouteille. Dernier point, l’obligation d’ouvrir les fenêtres toutes les heures pour renouveler l’air de la pièce. Malgré ces lourdeurs protocolaires, la dégustation s’est déroulée normalement. Seuls les masques posés ici et là rappelaient les conditions inédites de cette première édition des Sigilles 2021. La dégustation portait sur les millésimes 2019 et antérieurs pour les AOC Alsace, les grands crus et les crémants, et, sur les millésimes 2018, et antérieurs, pour les vendanges tardives et sélections de grains nobles. Au total, ce sont 184 vins provenant de 42 maisons qui ont été dégustés, comparés et évalués. C’est un peu moins qu’en 2020 (225 vins pour 51 maisons) mais cela reste une « belle session » malgré la crise sanitaire explique Jean-Paul Goulby. « C’est plus que certaines années précédentes. On peut être très satisfaits de cette participation. » Le terroir : « un choix judicieux » Sans surprise, l’orientation « terroir », prise il y a quelques années, maintenant, par la confrérie, est désormais bien intégrée par les maisons participantes : 36 % des vins en compétition l’étaient sous cette étiquette. Une satisfaction évidente pour le chancelier-receveur. « Nous voulions davantage mettre en avant l’identité des terroirs sur lesquels sont nés les vins. On se rend compte aujourd’hui que cela a été un choix judicieux. » Reste l’étape, pas toujours évidente, d’écarter les vins qui n’auront pas le privilège d’intégrer l’immense œnothèque de la confrérie, véritable « mémoire » du vignoble alsacien étalée sur plusieurs décennies. Pour chacune des catégories en compétition, seuls un tiers des vins peuvent recevoir le Sigille. « C’est un maximum, pas un objectif », rappelle Eric Fargeas. Pour y arriver, chaque vin doit obtenir la note minimale de 7 sur 10 dans chacun des deux critères évalués : la qualité intrinsèque et la typicité dans l’appellation, et le millésime, avec la mise en avant du caractère cépage et ses spécificités, dans la section « cépage » ; et l’identité du terroir, et ses particularités, dans la section « terroir ». Rendez-vous le 22 février pour connaître les heureux élus des premiers Sigilles 2021 de la confrérie Saint-Étienne.   La dégustation d'attribution du Sigille de qualité des vins d'Alsace bat son plein ce matin au château de Kientzheim avec la Confrérie Saint-Etienne. #csealsace #alsacerocks Publiée par Confrérie St-Etienne Alsace sur Jeudi 11 février 2021  

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