Pratique

Ferme Richart Schmidlin à Roppentzwiller

Des distributeurs automatiques et pratiques

Publié le 19/11/2021

À Roppentzwiller, la ferme Richart Schmidlin a installé trois distributeurs automatiques de lait, d’œufs et de viande notamment. Ils sont accessibles tous les jours, 24 h sur 24. L’idée est de valoriser la production tout en libérant du temps de travail pour les associés.

C’est dès 2016 que Denise Schmidlin, éleveuse à Grentzingen, a commencé à travailler avec la famille Richart. Une association qui est devenue officielle en 2018: la ferme Richart Schmidlin. Les deux fermes ont un cheptel d’une centaine de vaches laitières et des génisses, ce qui leur permet de produire du lait, mais également des steaks hachés pour les bêtes à viande. Il y a également un atelier de poules pondeuses et différentes cultures. « On fait pâturer les bêtes le plus possible. Nous essayons de les sortir toutes ensemble en été. Les veaux sont au pré à quatre-cinq semaines même si cela demande de la surveillance. Depuis quatre ans, nous avons également investi dans un séchoir en grange qui nous permet d’optimiser notre travail. Enfin, on est actuellement dans un chantier pour construire une fabrique d’aliments à la ferme. Notre objectif est de nourrir nos poules avec nos propres céréales », explique Denise Schmidlin. Tout le lait produit part en laiterie, sauf celui qui est vendu dans le distributeur. Ce qui représente environ 500 litres par mois. Il est rempli tous les trois jours en moyenne. « Au départ, nous avions investi dans un distributeur automatique de lait d’occasion. Mais, nous avons constaté qu’il y avait une forte demande alors que nous ne faisions pas de publicité hormis le panneau installé juste devant la ferme. C’est le bouche-à-oreille qui a fait venir la clientèle. On a donc fait le choix d’investir dans ce nouveau distributeur automatique qui est accessible aux gens tous les jours, toute la journée. Nous avons installé un petit auvent, une sorte d’abris qui permet aux clients de venir se servir en toute tranquillité », ajoute Denise Schmidlin. Moins de travail et autant de chiffre d’affaires L’installation est simple. Il a fallu mettre en place une arrivée d’eau pour le nettoyage du distributeur, permettre l’arrivée de l’électricité, installer la dalle et donc la couverture. « Il faut relever les températures régulièrement, veiller également au nettoyage et à la désinfection de l’outil. Tout est ensuite automatisé. Les gens paient 8 € de caution pour avoir la clé d’utilisation. Ils l’utilisent et la porte s’ouvre. Ils mettent leur bocal dedans pour le remplir de lait. Une fois que c’est effectué, ils le retirent, ferment et repartent », insiste l’éleveuse. La réglementation précise que pour être en règle, le propriétaire (l’agriculteur donc) doit avoir effectué une formation sur les bonnes pratiques d’hygiène. Une formation de 7 heures qui est accessible aux salariés, aux non salariés et aux exploitants agricoles. « Un distributeur automatique propose des denrées alimentaires et animales. Il y a donc des règles d’hygiènes à respecter scrupuleusement. Des contrôles sont effectués. Il faut également savoir qu’un distributeur est considéré comme un point de vente. Il peut être installé sur un terrain privé ou terrain public, mais pas à plus de 80 kilomètres de son siège. En cas de problème, il faut au minimum un numéro de téléphone en évidence pour alerter », prévient Angélique Lambert en charge du dossier à la Chambre d’agriculture Alsace. À Roppentzwiller, le distributeur automatique a la capacité de fournir 200 litres de lait. « Pour des raisons pratiques, nous le remplissons à hauteur de 100 à 120 litres. C’est pratique et cela demande bien moins de travail qu’auparavant. Comme pour les distributeurs d’œufs et de viande. On voulait remplacer la personne qui ouvrait auparavant le magasin et qui lui consacrait beaucoup de temps. Nous avons constaté que ce nouveau système de vente ne changeait rien à notre chiffre d’affaires, mais que c’était beaucoup plus pratique. Pendant le confinement, nous avons réalisé énormément de ventes. Là, c’est revenu à la moyenne habituelle », note Denise Schmidlin. Simplicité d’utilisation C’est précisément dans l’ancien magasin de vente qu’ont été installés les deux autres distributeurs automatiques consacrés aux œufs, à la viande, mais également à d’autres produits comme des yaourts, du miel, des asperges, des lentilles, des jus de pommes ou encore des jus de raisin. « Une partie est réfrigérée, une autre est à température ambiante et la dernière partie est congelée. L’installation a été conçue par la SARL Filbing Distribution qui s’est spécialisée dans la réalisation et la pose de distributeurs de casiers de produits fermiers. « L’installation est très pratique. Nous pouvons mettre nos produits en valeur. On choisit la taille des casiers. C’est simple d’utilisation. Le paiement est rapide. Celui à la carte bancaire est à privilégier. Ici, il n’y a pas de buée comme sur d’autres appareils. Cette difficulté provient parfois de l’aération et/ou du local », observe Angélique Lambert. Elle invite les professionnels intéressés à s’informer au préalable. Il faut faire une étude de marché pour savoir ce dont on a besoin notamment. Il faut visiter d’autres sites, s’informer. « Il est également important de vérifier les étiquetages, d’afficher les allergènes et surtout de veiller à la climatisation des lieux. Ici, tout est parfaitement suivi. Dans chaque casier, il y a un numéro de suivi », poursuit Angélique Lambert. Dans ce local que les exploitants ont appelé « Le Ladalé », on trouve les œufs bio et la viande bovine de la ferme, mais également les yaourts, miel, farines bio, jus et pains de professionnels associés et/ou partenaires. Il est possible d’en acheter tous les jours en libre-service. Les exploitants sont eux présents le samedi matin.        

Concours Graines d’agriculteurs

Vincent Goetz, la solidarité alsacienne représentée

Publié le 23/08/2021

Après des mois marqués par la crise sanitaire du Covid-19, le concours Graines d’agriculteurs a choisi la solidarité et l’entraide comme thématique de l’édition 2021. Vincent Goetz, agriculteur à Châtenois et membre de l’Afdi du Haut-Rhin, fait partie des finalistes.

Créé en 2011 et organisé depuis 2017 par Terres Innovantes, le fonds de dotation du syndicat Jeunes Agriculteurs, en lien notamment avec le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, ce concours vise à récompenser des agriculteurs nouvellement installés. C’est la seule condition pour concourir. Cette année, sous le signe de la solidarité et l’entraide, les valeurs encouragées chez les candidats sont le sens de l’entreprenariat agricole, la vision à long terme, la démarche durable, l’inventivité produit et méthode, le « business model », la capacité à servir de référence pour d’autres. Un Alsacien candidat Après avoir reçu une cinquantaine de candidatures, le jury a sélectionné dix finalistes, dont un Alsacien. À Châtenois, dans le Centre Alsace, Vincent Goetz, 40 ans, élève des vaches laitières en agriculture biologique. Parallèlement, il est aussi administrateur de l’Afdi (Agriculteurs français et développement international) du Haut-Rhin et travaille en étroite collaboration avec des agriculteurs maliens pour vendre leurs mangues en Alsace. En plus de maintenir son engagement au sein de l’association, il souhaite, avec son associé, développer un atelier de transformation et de vente directe de produits laitiers à la ferme. Comment voter ? C’est maintenant au public de voter en ligne pour leur jeune agriculteur préféré. Les votes seront clos le 2 septembre 2021. Pour élire votre jeune agriculteur préféré parmi les dix finalistes sélectionnés, rendez-vous sur le site demainjeseraipaysan.fr Début septembre interviendra ensuite le jury final qui détermine le ou les lauréats. L’élection se fait par un système de notation qui prend en compte pour 50 % du vote du public et pour 50 % du vote du jury. Les lauréats remporteront une dotation de 3 000 € pour les aider dans leur projet. La remise des prix se tiendra à Corbières dans les Alpes-de-Haute-Provence, à l’occasion des Terres de Jim du 10 au 12 septembre 2021.    

Michel Jourdain, Les cavaliers du rêve

En selle et en scène

Publié le 22/08/2021

Dans la vallée de Villé, un spectacle a fait rêver petits et grands pendant de longues années. « Le rêve d’une nuit d’été » n’existe plus mais des cavaliers ont repris le flambeau. Menés par Michel Jourdain, ils travaillent à un grand spectacle, équestre cette fois, sur les hauteurs de Saint-Pierre-Bois. Rencontre avec un cavalier harnaché à ses rêves.

Michel Jourdain est né en 1953, son premier souvenir de cheval remonte à peu près à cette époque. « Je me faufilais pour aller me coucher sous les chevaux du cirque qui faisait halte non loin… », se souvient-il. Force est d’admettre que, chez certains, cet amour du cheval est inné. « Je suis plus à l’aise à cheval qu’à pied. Je suis fasciné. Je n’ai jamais eu peur…, décrit, songeur, le jeune retraité. Je ne m’explique pas cette attirance que tous les cavaliers partagent. » Cette passion, il n’en fera pas son métier. Mais ce professeur de mathématiques – à qui on doit aussi la mise en place des espaces numériques dans l’académie, comme Scolastance – déborde d’énergie. Alors, sorti de sa classe, il se consacre aux chevaux. Il part pour de grandes randonnées dans les Vosges, avec ses chevaux et ses copains. « Je n’aime pas les cadres. Je n’ai jamais pris de cours. J’ai une monte qui m’est propre, douce, sans cravache », souligne-t-il. Un jour, on lui propose de guider des balades. Puis de participer à un spectacle avec les cavaliers d’Osthouse. De pas en pas, il s’engage de plus en plus dans le monde associatif. Un jour, le proviseur de son établissement le convoque… et lui propose de rejoindre la troupe du « Rêve d’une nuit d’été ». Le souvenir d’un rêve Sur les hauteurs de Saint-Pierre-Bois, l’église Saint-Gilles offre une vue imprenable sur l’entrée de la vallée de Villé. Nous retrouvons Michel Jourdain dans ces prés en amphithéâtre qui ont accueilli pendant près de 20 ans ce spectacle grandiose. Une troupe de 500 personnes racontaient alors, chaque été, en son et lumière, l’histoire de la vallée. Des nuits enchantées qui ont marqué petits et grands. Organisant la partie équestre, les Cavaliers du rêve se structurent en 2007. Michel Jourdain en devient le président. Mais en 2009, l’enthousiasme du grand spectacle s’essouffle. La nuit prend fin, comme l’aube vient, doucement mais inéluctablement. « Pourquoi pas continuer ? » Tenant les rênes, le professeur est soutenu par quelques élus, d’autres associations et amis. Les spectacles équestres tiennent bon, puis s’enchaînent, de quelques centaines à plusieurs milliers de spectateurs rassemblés pour des représentations de plus en plus élaborées. Une troupe magistrale Après plus de 10 ans d’existence, il a rassemblé 80 membres bénévoles autour de lui. Ensemble, ils ont l’ambition de faire renaître un grand spectacle nocturne, toujours en son et en lumière, ici même, au pied de l’église Saint-Gilles. « Le cadre est très beau, de plus nous pourrons assurer la sécurité des spectateurs. C’est le plus important », insiste le président de l’association. Une épidémie passant par-là, le spectacle ne sera montré qu’en 2022. En attendant, le suivant est déjà en cours d’écriture. Un tel projet ne s’improvise pas. Il faut entraîner les chevaux, les habituer à la musique, aux détonations des feux d’artifice… « On emmène les plus peureux avec quelques vieux sages près d’un champ de tir le 14 juillet. Quand ils voient que les anciens broutent tranquillement ou regardent les lumières, alors ils apprennent que c’est sans danger », explique le cavalier. Dans l’association, tous les talents sont présents. Sur les 80 bénévoles, on compte 40 cavaliers, de tous les niveaux. Les autres sont selliers, metteurs en scène, conteurs, voltigeurs, cracheurs de feu… Il faut aussi programmer les lumières, la pyrotechnie, créer les décors, les costumes – pas moins de 300 -, fabriquer les affiches, organiser l’événement, les parkings, la buvette… Les bénévoles viennent de partout et de tous milieux. Un médecin, un restaurateur, un maréchal-ferrant… « Il ne manque plus qu’un véto », s’amuse le papa de la troupe. « C’est magistral », s’enthousiasme-t-il, citant avec admiration les noms de ceux qui donnent de leur temps pour l’association. Michel Jourdain avoue sans peine que s’il donne le rythme, il doit aujourd’hui compter sur l’aide de plusieurs membres piliers qui, il l’espère, prendront la relève. « Seul, je n’y arrive plus. » Les mercis qu’on reçoit L’ambition a un coût. « Le spectacle de 2022 devrait coûter 50 000 euros. On se professionnalise. Il y a quelques gros matériels comme des projecteurs, et donc des groupes électrogènes. On consommera plus d’électricité que toute la commune ! », illustre Michel Jourdain. « Nous sommes beaucoup aidés par la communauté de communes, par les maires alentour… L’agriculteur qui fauche le pré de Saint-Gilles, vient un peu plus tôt pour nous permettre de répéter. » Le spectacle sera ouvert à tous, mais pour faire rentrer quelques sous, les places assises seront mises en vente. « On espère 9 000 personnes en tout, sur trois représentations. Mais le but, ce n’est pas l’argent, insiste-t-il. Il en faut pour monter le spectacle. Mais notre gagne-pain, ce sont les mercis qu’on reçoit. » En attendant de retrouver le parvis enherbé de Saint-Gilles, les cavaliers du rêve se produisent là où ils sont invités comme le Pfifferdaj à Ribeauvillé ou la Fête des remparts à Châtenois (quand ces événements ont lieu). Le prochain rendez-vous est en septembre, au pied des remparts d’Obernai pour BiObernai. Chacun vient quand il peut. Michel Jourdain y tient, il n’y a aucune obligation. « Mais pour le grand spectacle, il faudra du monde ! »     Libre, il cavale encore Notre rencontre touche à sa fin. Michel Jourdain s’apprête à aller faire quelques kilomètres en montagne. Pointant l’autre côté de la vallée, il nous dessine du bout du doigt son itinéraire. « J’ai basculé dans le trail, je fais 30 km en 3 h. Mes chevaux sont aujourd’hui trop vieux pour de longues randonnées. Mais j’ai besoin de sortir, d’être dehors. » La jument Djerba a parcouru des milliers de kilomètres de randonnées. Quant à Mirage, le cheval de sa fille, il participera au grand spectacle. « Ma fille viendra exprès de loin », raconte le père heureux de partager cette passion en famille. En attendant, ses animaux pâturent tout près, à Breitenau. L’exploitant qui propose des pensions, prête aussi son tracteur et du matériel à l’association. « Bien pratique », sourit Michel, toujours ravi de voir l’entraide et les rencontres qui se dessinent autour des cavaliers. « Les chevaux fédèrent des amitiés. » Et de continuer, rêveur, contemplant la vallée : « C’est une sensation de liberté. Je me sens bien à cheval. Être avec des chevaux, c’est la vie ! »

Pages

Les vidéos