Vigne

Syndicat des vignerons indépendants d'Alsace (Synvira)

Communiquer sur des terroirs d'exception

Publié le 26/04/2016

La sortie de l'hiver est une grosse période pour les viticulteurs. Les vignes bourgeonnent. Et après trois faibles récoltes en rendement, les professionnels attendent beaucoup de celle de 2016. Le vin d'Alsace reste de très grande qualité. D'où ce besoin de communiquer du Synvira qui organise de nombreuses manifestations. La première est fixée le vendredi 6 mai avec la sixième édition de « L'Apéro gourmand ».

Sur les terres du domaine de Jean-Paul Schmitt à Scherwiller, le Syndicat des vignerons indépendants d'Alsace (Synvira) a présenté son plan de communication à une période importante de l'année viticole. « Nous finissons actuellement de tailler et de lier. Les réparations sont quasi terminées. Les remplacements de pieds sont en cours. D'ici quelques semaines, nous allons commencer les traitements dans les vignes. Chez ces dernières, les bourgeons commencent à sortir. C'était une crainte vue la sécheresse de l'année passée. C'est une première satisfaction et un soulagement. Car, nous avons un gros besoin de récolte. La moitié des caves sont vides. Chaque exploitation a un véritable objectif de rendement. Sur trois années, certains ont perdu l'équivalent d'une récolte entière. C'est la responsabilité du Synvira de soutenir ses adhérents pour faire face à de telles situations, mais également face aux tâches administratives », explique le président du Synvira, Pierre Bernhard. Ce soutien passe depuis de nombreuses années par des opérations de communication et des manifestations qui y sont liées. Le Synvira a ainsi su, grâce à sa charte d'accueil qualité « Bienvenue chez le vigneron indépendant d'Alsace » créée en 2004, être un acteur majeur pour l'obtention du label « Vignobles et Découvertes » en Alsace. « Nos opérations œnotouristiques sont reconnues comme des démarches atypiques. Elles apportent une dynamique et permettent d'amener les clients dans nos caveaux pour leur parler de nos vins. Ce sont des moments de partage et d'échanges qui permettent de créer des liens et de les fidéliser. Cette tradition de bien-être, du bien vivre ensemble, de partage, d'engagement et de respect entre également dans une démarche de production qui respecte l'environnement. Ce sont des valeurs fondamentales », ajoute Pierre Bernhard. Et cela marche bien. L'Alsace est une des régions de l'hexagone où la vente directe est la plus importante, avec une moyenne de 25 % des volumes contre 57 % pour la grande distribution, 16 % en cafés, hôtels et restaurants (CHR) et 2 % chez les cavistes. « Nous avons une énorme force avec la vente directe. Mais, nos adhérents demandent des outils complémentaires. D'où ce plan de communication du Synvira », précise Pierre Bernhard. Apéro gourmand le 6 mai Les différentes opérations œnotouristiques ont été présentées par Catherine Schmitt, viticultrice à Ottrott, en charge de ce dossier au Synvira, et par Clémence Wagner, chargée de communication. La première de ces opérations en sera à sa sixième édition cette année. Il s'agit de « l'Apéro gourmand » fixé au vendredi 6 mai à partir de 18 h 30. « Ce soir-là, 32 vignerons indépendants alsaciens ouvriront les portes de leur domaine à toutes celles et ceux qui veulent s'initier aux vins d'Alsace. Ce sera une soirée pour échanger, déguster des accords mets-vins inédits et surprenants. L'objectif est de faire découvrir les vins à travers des mets que chaque vigneron aura choisis en harmonie parfaite avec ses crus. Notre objectif est également de faire découvrir notre univers à la jeune génération de consommateurs. Cet Apéro gourmand est donc l'occasion de partager des saveurs exceptionnelles, de faire rêver, de créer du lien », souligne Catherine Schmitt, dont le domaine fera notamment découvrir ses célèbres vins rouges d'Ottrott. Au même moment, Synvira Pierre Bernhard compte proposer aux visiteurs qui viendront sur son domaine à Châtenois des petits plats indiens accompagnés de vieux riesling et de pinot gris. Pique-nique les 14, 15 et 16 mai Les 14, 15 et 16 mai, soit le week-end de Pentecôte, ce sera une nouvelle édition du « Pique-nique chez le vigneron indépendant ». Née en Alsace en 1995 à l'initiative du Synvira, cette manifestation est devenue un événement incontournable dans la région et attire chaque année plusieurs milliers de personnes. « Son succès a conduit le mouvement des Vignerons indépendants de France à l'étendre au niveau national. Le Synvira l'organise dans les entreprises des vignerons indépendants le long de la route des vins d'Alsace pour changer l'habitude des consommateurs et leur faire reprendre le chemin de nos entreprises en leur faisant partager une journée avec le vigneron et sa famille. L'idée est simple : venir avec ses amis, famille, clients sur un domaine et partager un panier-repas en profitant des vins des domaines participants. Cette année, près de 400 vignerons y participent à travers 31 départements », ajoute Catherine Schmitt. Rappelons que cet événement avait été primé au Prix national de l'œnotourisme en 2009. En Alsace, chaque domaine proposera son programme et ses activités ludiques et culturelles. La manifestation sera suivie en septembre par l'opération « Vendangeur d'un jour » en place pour la quatrième année. Cette prestation participative est construite sur la découverte et permet de repenser la relation entre le touriste et le vigneron, de tisser de nouveaux liens et de réinventer le sens de l'hospitalité. Un nouveau guide œnotouristique Enfin, le syndicat des vignerons indépendants d'Alsace présente actuellement un superbe nouveau guide œnotouristisque. Il s'agit d'un outil de promotion concerté et soutenu par le Conseil régional et l'Agence de développement du tourisme d'Alsace. « Nous l'avons conçu pour faire découvrir des prestations complémentaires pleines de saveurs et de sensations. Au fil des pages, on retrouve des idées parmi les nombreuses activités proposées telles que des ateliers d'initiation à la dégustation, des accords mets-vins, des dégustations comparatives pour comprendre la notion de terroir dans les vins ou encore la découverte de la faune et de la flore. On y trouve également les bonnes adresses pour se restaurer conseillées par les vignerons, et des sites touristiques ou festivités à ne pas manquer », conclut Clémence Wagner. Ce guide a été expédié à près de 400 autocaristes du grand est de la France, des agences de réservation touristique, des tour-opérateurs et des clubs œnophiles. Le guide est aussi consultable par le grand public sur www.alsace-du-vin.com.

Concentration de femmes de vin à Colmar

Toujours aussi divines !

Publié le 21/04/2016

Chacune a une histoire singulière, mais toutes partagent une même passion pour le vin. Lundi 11 avril à Colmar, elles étaient 42 vigneronnes, membres du cercle national Femmes de vin, à présenter les joyaux de leurs terroirs.

Après une présentation prestigieuse dans le cadre enchanteur des Folies Bergère, l'an dernier à Paris, les Femmes de vin ont choisi de se retrouver en Alsace, à la veille de leur assemblée générale, pour faire goûter leurs produits à un public de connaisseurs. 139 échantillons étaient offerts à la dégustation dans les salons du grand hôtel Bristol de Colmar. « La grande nouveauté, cette année, c'est que les Ligériennes nous ont rejointes », annonce Valérie Rousselle, la pétulante présidente de Femmes de vin. Après les Fa'Bulleuses de Champagne l'an dernier, les Dames du cœur de Loire viennent en effet de se constituer en association. « À Colmar, nous sommes donc dix régions à tenir salon, poursuit Valérie Rousselle. Un salon extrêmement bien organisé par les Divines d'Alsace qui ont eu la bonne idée de conjuguer cet événement commercial avec notre assemblée générale. C'est une idée que nous allons garder pour les années futures. Nous avons de beaux projets, en particulier à l'export. Pour la première fois, les Femmes de vin ont tenu un stand au salon Prowein, début mars en Allemagne, et on nous propose d'aller en Chine. Prowein était une première expérience, nous devons partir sur des projets différents, mais maîtrisables. » D'ores et déjà, le cercle envisage d'organiser une nouvelle édition des Folies vigneronnes, au printemps prochain à Paris, annonce Valérie Rousselle. Tout cela dans une très bonne ambiance : « Au fil des événements, une vraie solidarité se tisse entre les femmes, on se connaît de mieux en mieux, on se rend des services. » Proximité oblige, les Divines d'Alsace étaient venues en force (photo 1). À tel point qu'elles ont dû se répartir sur deux stands, ouvrant et concluant cette dégustation. Une dégustation agrémentée par les spécialités de la fromagerie Saint-Nicolas. Les côtes de Provence rosés (photo 2) étaient à l'honneur chez les Éléonores de Provence, même si un blanc (Château Carpe Diem) s'était glissé dans le lot… Au côté de Valérie Rousselle, du Château Roubine, Françoise Rigord, présidente de l'Ordre des dames du vin et de la table, une association créée en 1982 qui regroupe des vigneronnes, des sommelières, des écrivains, des journalistes, pour défendre les accords mets-vins dans la plus pure tradition française. Hélène Beaugrand, Sophie Milesi et Claire Brun, trois ambassadrices de charme pour les Fa'Bulleuses de Champagne (photo 3). Cette association, ont-elles indiqué, se compose de sept vigneronnes de différents secteurs, de la montagne de Reims à la côte des Blancs, du val de Montgueux à la vallée de l'Ardre, en passant par la vallée de la Marne. « Nous produisons toutes les cuvées, 100 % chardonnay, 100 % meunier, 100 % pinot, mais aussi des assemblages, des millésimes, des rosés. » Ensemble, elles ont créé un coffret où chacune a placé une bouteille représentative de son domaine. Les Dames de cœur de Loire font la paire C'est une belle paire de Dames de cœur de Loire (photo 4) qui ont fait le déplacement à Colmar, Catherine Corbeau-Mellot et Sophie Guyollot, respectivement présidente et vice-présidente de la toute jeune association. Celle-ci regroupe une trentaine de femmes des sept vignobles de la région (Sancerre, Pouilly-Fumé, Menetou-Salon, Quincy, Reuilly, Coteaux du Giennois et Châteaumeillant) qui exercent différents métiers dans la filière : vigneronnes, essentiellement, mais aussi œnologues, enseignantes, techniciennes de laboratoire, assistantes commerciales… « Notre objectif premier est de faire connaître les métiers de la filière vin pour susciter des vocations, car il n'est pas facile de trouver du personnel, notamment des tractoristes. Face à cette pénurie de main-d’œuvre récurrente, il faut se bouger. Ce sont des métiers peu valorisés, mais très variés et non délocalisables. Nous intervenons dans les collèges et les lycées, lors de forums, pour encourager les jeunes à s'orienter vers ces filières. C'est fédérateur, cette envie de transmettre ! » À la table des Femmes et vins de Bourgogne, quatre viticultrices étaient présentes. Parmi elles, Anne Parent, ancienne présidente de Femmes de vin (photo 5). À ses côtés, Clotilde Davenne, Anne-Sophie Debavelaere et Françoise de Lostende. « Nous sommes quatre viticultrices, mais nous représentons neuf domaines. » L'association bourguignonne, précise-t-elle, compte 38 adhérentes issues des cinq sous-régions : Chablis, Côte de Beaune, Côtes de Nuits, Côte Chalonnaise et Mâcon. Étaient également présentes les Étoiles en Beaujolais, Femmes Vignes Rhône, So Femmes & Vin Sud-Ouest, les Alienor du vin de Bordeaux et Vinifilles Languedoc Roussillon.

Publié le 18/04/2016

L’autorisation de vente du diméthoate en France, utilisé notamment contre la drosophile en cerise, a été suspendue le 1er février. Sauf harmonisation de l'interdiction du diméthoate en Europe, cette suspension devrait enclencher une clause de sauvegarde nationale. Et bloquer aux frontières les importations de cerises à résidus de ce puissant insecticide organophosphoré. Cette clause pourrait-elle s’appliquer aux autres productions comme les importations de vins espagnols ou allemands ?

Puissant insecticide organophosphoré, le diméthoate est utilisé depuis l’après-guerre. Son efficacité permet notamment de lutter contre la drosophile, insecte ravageur des petits fruits rouges et du raisin, en recrudescence avec le réchauffement climatique. Efficace mais présentant un profil écotoxicologique extrêmement défavorable, le diméthoate est classé comme perturbateur endocrinien, dangereux pour les abeilles. La matière active figurait depuis 2012 sur une liste européenne de retrait programmé du marché en 2016. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), estime que « le diméthoate fait courir des risques inacceptables aux utilisateurs, aux consommateurs et à la faune ». Un plan de contrôle en 2012 avait révélé par exemple que sur 546 échantillons prélevés à la récolte, tout végétaux confondus, 55 présentaient des résultats non conformes. Huit échantillons affichaient une concentration en résidus supérieure aux limites maximales autorisées. Le diméthoate était en cause dans six échantillons de cerises*, mais également dans des raisins. En conséquence, il a été retiré du marché à partir du 1er février 2016 dans l’hexagone. Un avantage technico-économique Mais cette année la pression en drosophile est importante au vu des piégeages d’hiver. Reçues au ministère de l'Agriculture le 24 mars avec la FNSEA, les organisations professionnelles ont demandé une dérogation de 120 jours afin de sauvegarder les productions de cerises, présentes notamment autour du sillon rhodanien, des attaques de drosophiles. Elles ont invoqué le fait que les autres pays européens peuvent toujours utiliser le diméthoate, ce qui leur procure un avantage économique. Les alternatives techniques sont limitées. Les autres insecticides, comme les spinosines ou le cyantraniliprole, ne sont pas aussi efficaces sur les cerises. Les filets anti-drosophile sont efficaces, mais leur coût, entre 20 000 et 30 000 €/ha, est limitant. Déjà très concurrencée sur des dossiers comme les charges sociales et le coût de main-d’œuvre, la profession des fruits et légumes, et notamment les producteurs de cerise, ont fait savoir qu’ils ne survivront pas à cette distorsion technico-économique provoquée par l'avantage donné aux exportateurs de fruits espagnols ou turcs, qui utilisent le diméthoate sans restriction d’usage. Plutôt que de proroger l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) du diméthoate, Stéphane Le Foll a opté pour une autre stratégie : le 29 mars, il a saisi la Commission européenne pour demander l'interdiction immédiate du diméthoate dans toute l'Union européenne sur les fruits et légumes. Ceci afin de préserver les intérêts économiques des producteurs tout en protégeant ceux des consommateurs. À la date butoir du 5 avril, la Commission européenne n’avait toujours pas rendu de décision. Désormais se posent deux choix : soit l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) reconnaît le danger et applique l’interdiction à toute l’Europe, soit la France sera amenée à déclencher une clause de sauvegarde nationale ayant pour effet d’interdire la commercialisation dans l'hexagone de toutes cerises traitées au diméthoate. « S'il est dangereux en France, il l'est dans toute l'Europe » Lors d'une réunion entre les professionnels et le préfet du Vaucluse le 29 mars, ce dernier a reconnu logiquement que « si le produit est considéré comme dangereux en France, il l’est également ailleurs en Europe ». Et il l’est également pour d’autres productions végétales… Cette clause de sauvegarde s’appliquera-t-elle donc in extenso aux autres productions ? « Haricots non écossés, raisins de table, pêches, aubergines, endives, céleri et laitues », liste l'Anses. Par exemple, l’Espagne autorise le diméthoate sans restriction sur les vignes. De même la Suisse, ou même encore l’Allemagne dont le vignoble avait connu en 2014 une attaque sévère de drosophile. En toute logique, si la clause de sauvegarde nationale s'appliquait aux cerises d'importation, elle devrait être étendue à d'autres productions végétales d'importation comme aux vins ibériques ou allemands dont les vignes ont été traitées au diméthoate. En 2013, l’Efsa a renvoyé aux États membres le soin de statuer produit par produit et usage par usage sur le niveau de risque pour le consommateur. Pas d'extension automatique donc sans l'avis circonstancié de l’Anses, qui pourrait cependant être amenée à rendre des avis similaires pour d'autres productions végétales, dont les analyses font état de dépassements chroniques de Limite maximale de résidus (LMR).

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