Vigne

Domaine Pierre et Frédéric Becht

Dédicace à Lætitia

Publié le 27/05/2016

Une journée portes ouvertes a permis au domaine Pierre et Frédéric Becht de présenter ses dernières nouveautés et de guider ses clients vers des associations mets-vins originales.

« Nous ouvrons nos portes tous les trois ou quatre ans, dans l'objectif de faire découvrir nos vins sous l'aspect accord mets-vins, indique Frédéric Becht. Nos clients connaissent nos vins, mais ils ne savent pas toujours comment les accorder. » Samedi 21 mai, par une magnifique journée, le domaine Becht a aménagé un parcours gourmand dans ses chais, en partenariat avec deux fermes bas-rhinoises, le Gaveur du Kochersberg-Nonnenmacher à Woellenheim et la ferme Vogelgesang-Jost à Dorlisheim, ainsi que le chocolatier Théo Schreiber, qui a pignon sur rue à Strasbourg mais dont l'atelier est à Dorlisheim. Plusieurs ateliers ont ainsi permis de déguster les crémants, les vins de cépages, les vins de terroir et les « douceurs », en association avec des produits du canard, des fromages, des chocolats, etc. L'occasion était idéale pour présenter officiellement « Dédicace à Lætitia », la cuvée spéciale de la reine des vins qu'une poignée de privilégiés avaient pu vendanger en septembre dernier sur les hauteurs de Mutzig. C'est un assemblage de muscat, de riesling et de gewurztraminer, indique Lætitia, employée au domaine Pierre et Frédéric Becht où elle assure la réception des clients au caveau et la préparation des commandes. « Sur la base du commentaire de dégustation que nous avons réalisé, l'imprimerie Freppel a conçu une étiquette spéciale, avec trois couleurs - jaune, vert et rose - qui reflètent les trois cépages. » Il a été embouteillé dans une bouteille transparente pour mettre en valeur sa couleur, particulièrement belle. Un crémant Divine Sensation D'autres « trouvailles » étonnantes émaillaient ce parcours gustatif. À commencer par une série de bulles, dont un crémant extra-brut à base de chardonnay, et une cuvée Divine Sensation. « Pour élaborer ce crémant, nous récoltons les raisins à 12,5 ou 13 °, donc avec une acidité et des arômes plus mûrs, explique Frédéric. Nous arrêtons la fermentation dès qu'il reste 22 g de sucre pour la prise de mousse. La fermentation continue après la mise en bouteille, sans ajout de sucre. Cela nous permet de faire un élevage plus long, en général de 36 mois. » Avec au final un crémant plus gras, plus riche, plus gastronomique car il est plus facile à accorder avec des plats. « Nous en faisons depuis 2009, mais pas forcément tous les ans. » Autre nouveauté à découvrir, le pinot gris Clémence, du nom de la fille de Frédéric et Christine Becht. « Nous cherchons aussi à mettre en avant les lieux-dits, comme le Stierkopf de Mutzig, dans l'objectif d'obtenir un classement en appellation premier cru », ajoute Pierre Becht. Le domaine Pierre et Frédéric Becht exploite 22 hectares de vigne en production. Outre le patron de l'entreprise, Frédéric, il emploie cinq salariés. « Mes parents sont à la retraite, mais ils sont toujours très actifs », confie Frédéric. En 2009, le domaine s'est équipé de pressoirs entièrement pneumatiques De Franceschi. « Nous venons aussi d'acquérir un nouveau filtre lenticulaire. Auparavant, toutes les opérations de filtration se faisaient avec un filtre kieselgur. Avec le filtre lenticulaire, nous pouvons filtrer des vins plus chargés, plus troubles, et faire des élevages sur lies beaucoup plus longs. C'est un filtre que nous avons fait faire sur mesure par la maison Gauthier, pour qu'il soit facile à utiliser et que la qualité de filtration soit supérieure à ce que nous avions auparavant », explique Frédéric.

Université des grands vins (UGV)

Inauguration de la salle des Prélats

Publié le 27/05/2016

L’UGV dispose depuis le 20 mai d’une salle dédiée à ses réunions. Elle y dispensera notamment ses cours de dégustation géo-sensorielle, dans le cadre du diplôme universitaire de connaissance des terroirs.

La Cave des Prélats à Sélestat, sous l’Hôtel d’Ebersmunster face au parvis de l’église Saint-Georges, au cœur de la vieille ville du Centre Alsace, rappelle que « Schlesstadt » était une ville foncièrement marquée par l'économie du vin d'Alsace. Au Moyen-Âge, à la Renaissance, jusqu’à la fin du 19e siècle, les vins y étaient goûtés et authentifiés par les gourmets avant d’être embarqués pour leur long voyage, parfois jusqu’en Suède ou en Russie. Ville d’art et d’histoire, Sélestat était alors un port vinique, c’était un point de départ central pour l’exportation des vins. En cet endroit chargé de l’histoire des terroirs d’Alsace et comme un retour aux sources, l’Université des grands vins (UGV) proposera une formation qualifiante sur le concept de « terroir », intégrant les notions de dégustation géo-sensorielle. « Avec l’ambition de former les gourmets du 21e siècle, ceux qui sauront nommer les caractéristiques tactiles de chacun de nos terroirs », annonce Jean-Michel Deiss, président de l’UGV. Cette dégustation particulière est en effet centrée sur « les relations tactiles qui unissent le lieu et le goût, dès lors qu’on y pratique réellement une viticulture malthusienne, une viticulture de raisins vendangés à maturité ».  «Ne pas confondre excellence et élitisme » La salle des Prélats sera par conséquent « cet outil extraordinaire » où des vignerons et des amateurs pourront retrouver les descripteurs de chaque cru, « un outil pour discriminer noblement les terroirs et comprendre leur style respectif, participant ainsi à reconstruire l’imaginaire de chaque haut lieu alsacien ». Pour Jean-Michel Deiss, cet imaginaire est un préalable « indispensable au fondement d’une économie viticole d’excellence ». Dans les prochains mois, des producteurs, des entreprises, des syndicats viticoles pourront profiter du lieu et des compétences dédiées pour ce travail sur la compréhension et la caractérisation des terroirs. Dès ce samedi 28 mai à 14 h, puis à 16 h 30, le chercheur Jordi Ballester, spécialiste de la dégustation tactile, « viendra préciser les mots afférents au toucher de bouche des vins blancs, comme deuxième volet de son travail bourguignon sur le toucher de bouche des vins rouges ». Une démarche élitiste ? « Il ne faut pas confondre excellence et élitisme, prévient Jean-Michel Deiss. L’excellence, c’est l’envie de proposer un projet culturel à chacun, avec des valeurs humanistes solides, une ambition viticole réellement collective, intégrant une vision économique rentable à moyen terme. L’élitisme, c’est continuer de faire de la premiumisation du riesling grand cru, où il n’y a qu’un seul vainqueur et beaucoup de déçus, c’est continuer de se revendiquer le meilleur. Ça n’a rien de collectif et ça ne peut pas être un projet mobilisateur pour nos jeunes. »

Publié le 18/05/2016

A Epfig, le domaine Francis Beck et fils fait porter ses efforts sur le lieu-dit Hertenstein qu’il est le seul à revendiquer. Le riesling est le cépage qui y tire le mieux son épingle du jeu.

LE TERROIR. Le lieu-dit Hertenstein couvre un peu moins de 4 ha à l’entrée sud d’Epfig. En légère pente, avec des rangs parallèles à la route, il est orienté au sud. Le sol est un mélange de sables et de cailloux sur une soixantaine de centimètres. Il s’appuie sur une couche d’argile, garante d’une bonne réserve hydrique et, plus en profondeur, sur des galets roulés. Ce terroir de bas de coteau, séchant et léger, à l’abri du vent du nord, se travaille aisément même s’il n’est pas homogène sur toute sa surface. Il porte du muscat, du gewurztraminer, mais essentiellement du riesling. Le domaine Beck y exploite 72 ares depuis des rachats successifs d’îlots effectués à partir du milieu des années soixante-dix. Sur ce total, il consacre 64 ares au riesling. Cette vigne a été plantée à une densité de 5 500 pieds il y a une quarantaine d’années. Les rangs y sont espacés de 1,50 m ou de 1,60 m. Julien leur apporte chaque année 600 kg/ha d’un engrais organique à 3 % d’azote. La productivité est modérée et s’avère assez régulière d’année en année. À l’heure actuelle, le domaine Beck est le seul à revendiquer ce lieu-dit qui figure parmi les candidats à l’appellation « premier cru ». LA CONDUITE. La vigne est taillée en février sur deux arcures avec un objectif de production d’environ vingt raisins par pied. Depuis deux-trois ans, avec l’aide de Francis, son père, jeune retraité, Julien Beck alterne le rang enherbé naturellement afin d’aérer le sol quand il le travaille, d’abord avec des pattes d’oie en avril-mai, puis avec une rotoherse quinze jours plus tard. Il fauche au girobroyeur le rang enherbé, le plus souvent en même temps qu’il rogne. Le cavaillon a été désherbé au glyphosate jusqu’en 2015. Julien palisse à la machine. Il n’a que rarement besoin d’ébourgeonner. Il se contente d’un épamprage manuel et n’intervient pas avec l’effeuilleuse. « Ce sont des vignes assez peu touffues. Et je ne veux pas courir le risque de brûler le raisin et de faire chuter l’acidité. Si nécessaire, j’enlève à la main les feuilles qu’il faut au niveau des grappes » indique-t-il. Depuis deux ans, la protection de la végétation fait entière confiance au couple cuivre-soufre. Les viticulteurs traitent en moyenne sept fois par campagne avec 1 kg/ha (soit 200 g de cuivre actif) de bouillie bordelaise. Ils montent cette dose à 1,5 kg si la pression des maladies augmente. En soufre, ils démarrent à 10 kg/ha et terminent à 5-6 kg. Les rares soucis de vers de la grappe se règlent avec l’application d’une neurotoxine naturelle. La date de vendange est décidée après verdict du réfractomètre, dégustation des raisins et observation des pépins. « C’est une parcelle qui ne connaît pas de problème de maturité » constate Julien. Filtration tangentielle LA VINIFICATION. Les viticulteurs ont récolté en octobre. Ils ont étalé la pressée sur cinq heures à une pression maximale de 1,5 bar. Ils ont sulfité les jus à 4 g/hl avant de les laisser débourber pendant quarante-huit heures à température de récolte (environ 14°). Ils sont partis en fermentation sans aide en cuve inox. « J’ai levuré jusqu’en 2007. À présent je préfère laisser faire les levures indigènes qui font fermenter spontanément et plus lentement. Je trouve qu’elles donnent plus de tenue au vin » précise Julien. « J’avais envisagé de chauffer cette cuvée, mais je m’en suis abstenu. Le vin a arrêté lui-même sa fermentation à une densité de 998 à la mi-décembre avec une malo faite à 20 %. En la laissant se poursuivre, j’aurai obtenu un vin plat » remarque Julien. Le vin a été soutiré à l’air pour rester sur lies fines jusqu’au 8 août 2013. Le viticulteur a ajusté le SO2 à 150 mg en totale et a ajouté 20 g/hl de sorbate de potassium pour éviter tout éventuel départ en fermentation en bouteille. « Une décision prise après une mauvaise expérience » glisse-t-il. Ce riesling clair, qui était l’objectif recherché, a subi une filtration tangentielle par un prestataire pour une mise en bouteille brune fermée par un bouchon liège dont le fabricant garantit l’absence de tout faux-goût. LE VIN. « Ce riesling se caractérise par un nez de fruit bien mûr. Il a de la structure. Il n’est pas totalement sec, mais il se déguste presque sec. Ce millésime est un peu plus rond que d’habitude » commente Julien. « Il commence à être agréable à boire, mais d’ici deux à trois ans il aura développé un côté minéral et des notes de fruits exotiques. Il passe bien en apéritif. Il va avec un poisson en sauce, du saumon fumé ou une volaille à la crème ». Francis et Julien Beck se font un devoir de proposer cette cuvée Louis à la dégustation comme l’ensemble d’une gamme forte de vingt-trois vins, dans leur caveau, leur principal débouché, en direction d’une clientèle qui se compose pour l’essentiel de particuliers.

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