Vigne

Publié le 14/04/2016

Le groupe de vignerons récoltants-manipulants engagés dans la démarche Terra Vitis tenait son assemblée le 22 mars à Scherwiller. Jean-Paul Ostermann succède à Frédéric Arbogast à la présidence. Mais ce ne sont pas là les seules nouvelles…

L’association Tyflo défunte, les vignerons n’avaient plus de label sur lequel s’appuyer pour avoir un discours crédible auprès des consommateurs. Avec l’aide de Catherine Hammer d’Alsace Qualité, comme cheville ouvrière, ils peuvent depuis 2014 s’appuyer sur un autre label : Terra Vitis. Bien implanté au niveau national puisque 500 vignerons adhérents revendiquent ce label certifié par l’organisme Certipaq. En Alsace, ils sont une trentaine à appliquer le cahier des charges Terra Vitis avec trois nouveaux adhérents en 2015. Sa philosophie : une approche très technique, avec des obligations de moyens sur les méthodes viticoles et d’élaboration, et des objectifs de réduction d’intrants. Au sein de la fédération nationale Terra Vitis, les vignerons alsaciens, fidèles à leur image environnementale, se sont d’ailleurs illustrés en proposant des avancées comme la suppression des herbicides de prélevée, et la limitation à un seul anti-botrytis. Une démarche extrêmement raisonnée donc, sans toutefois s’interdire en année difficile le recours à des matières actives. Engagés à faire connaître leur label Terra Vitis présente en outre la particularité de n’avoir comme adhérents que des vignerons récoltants-manipulants. Terra Vitis s’est retrouvé malgré lui en concurrence avec le label Haute valeur environnementale (HVE, lire en encadré), quand la fédération nationale des Vignerons indépendants de France a opté pour le soutien de ce dernier. Comme la certification représente un coût, « l’idée serait de faire converger les audits de manière à ce que le label Terra Vitis valide de facto la certification HVE », explique le vigneron adhérent Frédéric Arbogast. Cependant, ce projet de convergence se heurte à une difficulté : le label HVE diffère dans sa philosophie, dans la mesure où il repose plutôt sur une obligation de résultat. « Et donc les moyens mis en œuvre ne sont pas aussi cadrés que Terra Vitis qui repose sur un cahier des charges très technique. » « Les consommateurs sont plus attentifs, on a de plus en plus de questions sur les résidus, modes d’élaboration, sur les traitements. Les gens sont soucieux de ce qu’ils mangent », explique le nouveau président Jean-Paul Ostermann, vigneron à Ribeauvillé, qui succède à Frédéric Arbogast. C’est pourquoi, les vignerons de Terra Vitis déploient beaucoup d’efforts de communication pour faire connaître leur label. Une importante délégation alsacienne est régulièrement présente sur les salons internationaux, comme ProWein ou Vinexpo, mais également dans les manifestations viniques plus locales comme le Slow up de la Route des vins d’Alsace, qui se tiendra le 5 juin entre Sélestat et Bergheim.

Publié le 14/04/2016

La libéralisation des plantations autorise les vignobles du sud la France à planter des cépages traditionnels alsaciens. Entre tous, le gewurztraminer rallie le plus de suffrages. Mais selon les vignerons locaux, sans ambition de le sortir de sa niche de marché.

Rappelez-vous l’automne 2008 ! Non pas de sa récolte, mais de l’émoi provoqué dans le vignoble alsacien par la crainte de voir les collègues du Midi de la France planter à tout va, les emblématiques sylvaner, riesling et gewurztraminer ! Dans l’Aude, le domaine expérimental de Cazes inscrit d’ailleurs dès 2009 au catalogue gewurztraminer, pinots blanc et gris. Les techniciens avaient planté ces cépages dès 1995 dans le cadre d’une étude comportementale à une altitude de 300 m et sous un climat à influence océanique. Le riesling qui faisait partie du lot, passe à la trappe. « Peu d’intérêt » juge Thierry Grimal, responsable du domaine. Dans le Gard où il fait l’objet d’un essai à cinq kilomètres des premières plages, il a du mal à mûrir. « La chaleur dégrade trop l’acide malique et son potentiel acide. Le vin est plat et neutre » selon Bernard Genevet, technicien à la Chambre d’agriculture. Le cépage trouve néanmoins grâce auprès de quelques producteurs de l’arrière-pays (voir encadré). Le gewurztraminer séduit le plus. « Moins compliqué à conduire que le viognier », il se comporte bien, même s’il se montre sensible à l’oïdium, récurrent dans la région, et surtout au botrytis contre lequel l’effeuillage est conseillé. « La typicité du cépage ressort même si c’est avec moins de vivacité qu’en Alsace. Le côté gras et les arômes persistent » précise Thierry Grimal. Le gewurztraminer est souvent assemblé, plus rarement vendu en tant que tel. Bernard Genevet perçoit pour lui un « petit engouement » porté par « deux à trois caves coopératives ». Jacques Oustric, responsable du pôle viticulture à la chambre d’agriculture du Gard, complète : « les cépages alsaciens dans le Sud, c’est un micro phénomène. Il n’y a pas eu une explosion des surfaces comme certains l’ont prédit en 2009. Nous avons déjà beaucoup de cépages et nous en avons beaucoup essayé. Ça n’a pas été éblouissant. On n’a pas trouvé le nouveau chardonnay. Aujourd’hui, on a un peu tourné le dos aux cépages français. On recherche plus les variétés résistantes aux maladies ». « Cela change du chardonnay » À Routier, dans l’Aude, Olivier Ambry, directeur de la cave du Razès, voit le gewurztraminer comme une diversification de sa gamme bouteilles et BIB qui trouve son public. « Nous connaissions le cépage et le profil de vin grâce au domaine expérimental de Cazes. En 2010-2011, nous en avons planté 10 ha à une densité de 4 400 pieds. Nous obtenons un rendement de 55 à 60 hl/ha et le millésime 2015 a décroché une médaille d’or en IGP Oc au dernier concours général à Paris. Ce gewurztraminer est sur un côté litchi rose avec une dizaine de grammes de sucre résiduel. Son intensité aromatique plaît. Cela change du chardonnay qui marche bien, mais qui commence parfois un peu à lasser nos clients ». Le nom du cépage figure sur l’étiquette de chaque bouteille affichée départ cave au prix jugé « moyen » de 5,80 €. Il constitue une gamme spécifique baptisée « Nos belles rangées » au sein de laquelle on retrouve un pinot gris à 1 g de sucre résiduel. La surface de gewurztraminer augmentera proportionnellement aux ventes. Si Olivier Ambry pronostique une trentaine d’hectares à terme, c’est bien le bout du monde ! La cave du Razès vinifie annuellement les raisins de 250 adhérents et de 3 000 ha. Sur 230 000 hl produits, elle en écoule à peine 2 000 en bouteilles et en BIB ! En Camargue, Patrick Henry, du domaine de 200 ha de l’Isle Saint-Pierre à Mas Thibert, est un précurseur du gewurztraminer. Il en plante 2 ha à titre expérimental en 1987 et en ajoute 4 ha en 2012. Il taille et vendange mécaniquement et tient le botrytis à l’œil. Patrick Henry veut « avoir de quoi faire 600 hl/an ». Il fait entrer son gewurztraminer à hauteur de 12,5 % dans un assemblage « vin de pays des Bouches-du-Rhône » basé sur le chardonnay et le sauvignon proposé à 5 € la bouteille ou à 25,60 € le BIB de dix litres. Il l’embouteille aussi comme cépage pur en gamme Rippisilve, un « vin de France » à 7,40 € la bouteille. « Même si un bon dégustateur identifie le cépage, je ne veux pas copier l’Alsace. Ce vin n’a aucun rapport avec sa région historique. Il tient très bien en bouteille. Les cavistes locaux le revendent. La clientèle en apprécie la finesse et l’arôme. Je n’en ferai pas plus. Je n’ai pas la structure commerciale pour. Mais je crois que c’est un produit pour l’avenir. Il y a un marché, mais il n’explosera pas. Le gewurztraminer du sud ne va pas faire concurrence au gewurztraminer alsacien. Il y aurait en revanche une complémentarité à rechercher, si nous pouvions comme les vignobles étrangers indiquer le nom du cépage sur l’étiquette. Ce serait un plus sur le marché international ».

Grands concours du monde

Cinq médailles prestigieuses !

Publié le 13/04/2016

16 pays, près de 800 échantillons de vins, la 7e édition des Grands concours du monde à Strasbourg a réuni, du 10 au 11 avril au Palais des congrès à Strasbourg, un jury international d'experts, unanimes sur la très belle qualité des vins en lice, l'Alsace en tête.

L'ambiance en ce dimanche matin était plutôt studieuse au Palais des congrès de Strasbourg, avec les membres du jury international des Grands concours du Monde, organisé par Strasbourg Événements, sur deux journées. Les dégustateurs, venus d'horizons professionnels variés, avaient à déguster près de 800 échantillons, issus des cinq cépages : riesling, pinot gris, gewurztraminer, sylvaner, et pinot blanc. Un concours reconnu mondialement Seize pays ont participé à cette 7e édition, dont l'Union française de sommellerie est partenaire. La présence de la présidente de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), Monika Christmann, tout comme celle du président de la Fédération mondiale des grands concours internationaux de vins et spiritueux (VinoFed), Ghislain K.-Laflamme, confirment la dimension internationale du concours de Strasbourg. Il est associé depuis 2011 à VinoFed, qui regroupe à ce jour 12 grands concours internationaux. Ghislain K.-Laflamme se dit adepte des vins alsaciens, « les blancs les plus vendus au Québec ». Le jury de 70 experts a noté et commenté les échantillons, selon des critères visuels et olfactifs, en prenant en compte l'impression donnée au palais, celle d’ensemble et la typicité du produit. Certaines tables ont connu quelques déconvenues sur leur série de rieslings 2015, « d'une qualité moyenne à correcte », souligne Bernard Martin, grand maître de la confrérie des Rieslinger de Scherwiller. Une observation corroborée par Wolfgang Fehse, œnologue allemand. Sur ce même cépage, en millésime 2013, certaines tables ont trouvé des vins « de belle facture, très agréables ». Pavel Krska, président du Centre national des vins de République tchèque, a regretté pour sa part « une certaine sévérité de sa table de jurés ». Il aurait aimé « plus de médailles », soulignant la qualité des sylvaners, des vins qui ont « quelque chose de différent, un cépage qui fait son come-back ». Des vins fabuleux... L'impression hétérogène laissée par les rieslings s'est améliorée avec la série des pinots blancs, « d'une grande maturité », selon Bernard Martin. « Des vins de 2013 secs, fruités, boisés », de l'avis du dégustateur tchèque, Martin Kalvach. La dégustation s'est achevée sur une série de gewurztraminers, « des vins fabuleux », a déclaré la présidente de l'OIV. Elle a souligné « une magnifique compétition, doublée d'une organisation parfaite, un agrément de l'OIV décerné sans problème ». Le président de la VinoFed a précisé que les connaissances, les savoirs et « le respect du consommateur » font la qualité des dégustateurs. Une sélection bien faite, comme cette édition, « ce sont des vins parfaits dans le plaisir des saveurs qu'ils procurent, pas comme une œuvre d'art au fond du cellier ».

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