Champagne
Viteff, un salon en effervescence
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Publié le 08/11/2019
Toutes proportions gardées, les vins de Champagne connaissent une légère récession des ventes à -2,9 % de ventes sur 12 mois glissants. Mais avec 22 500 visiteurs entre le 15 et le 18 octobre, l’effervescence était au rendez-vous au Viteff, salon biennal des techniques de champagnisation à Épernay.
La filière des vins de Champagne rencontre des difficultés. Elle vient de repasser sous la barre symbolique des 300 millions de cols de capacité de mise en marché. Sur le marché français, les ventes en GD sur les 6 premiers mois de l’année, accusent une baisse de 15 à 16 %. Mais « le dynamisme commercial du champagne reste d’actualité sur les pays tiers », notamment en Corée du Sud, au Japon, aux États-Unis, a indiqué Jean-Marie Barrillère, le président de l’Union des maisons de champagne, en marge du Viteff. Le recul sur le premier semestre 2019 est de 3,1 %. Le marché européen des champagnes s’est quant à lui raffermi de 3,8 %, tandis que le marché français a reculé de 6 %, et de 4,2 % pour les pays tiers. Dans ce contexte, comme en Alsace, le débat des rendements a sévi en Champagne. Fixés à 10 200 kg/ha, les vignerons ont rappelé que leur seuil de rentabilité économique est évalué à 11 000 kg/ha. Car le loyer du foncier en Champagne est en rapport avec son prix. Toujours exorbitant. 400 exploitations HVE C’est dans ce contexte que se tenait, du 15 au 18 octobre dernier, le Viteff à Épernay, salon biennal des techniques de champagnisation. Un salon malgré tout très orienté nouvelles technologies, avec en ligne de mire les exigences environnementales posées à la profession champenoise. La feuille de route est assez précise puisqu’elle vise la suppression des herbicides dans un horizon proche. Pour l’heure, 400 exploitations sont certifiées Haute valeur environnementale et 300 sont labellisées Viticulture durable en Champagne, la certification du CIVC. L’interprofession champenoise engage par ailleurs un programme de création hybride de vigne résistante à base de gouais, d’arbane et de petit meslier, des cépages ancestraux, qui côtoyaient aussi il y a fort longtemps sur les terres champenoises des cépages rhénans, tel que le gewurztraminer. Les innovations primées au Viteff s’inscrivent dans ces tendances. Le robot viticole Bakus de la société Vitibot, 100 % électrique et 100 % autonome a reçu la médaille d’or. Cette start-up de Châlons-en-Champagne présentait un chenillard 100 % électrique et autonome. Bouchons sans TCA et muselet à trois pattes En œnologie, la société OenoConcept a été primée pour Remulab, un dispositif qui permet la visualisation du déplacement et du comportement du dépôt dans la bouteille durant tout le cycle de remuage, ce qui permet d’adapter les programmes de remuage en conséquence. Du côté des produits de conditionnement et d’emballage, LBM Industries, également primé, propose une encaisseuse de bouteilles couchées multiformat avec orientation des bouteilles dans le carton et mise en place d’une feuille de protection anti-abrasion pour l’habillage. La société Amorim a profité de cet Viteff pour lancer son bouchon NDTech-vins effervescents, garantissant chaque bouchon sniffé par un nez électronique, avec un taux de TCA non détectable. Enfin, dans la catégorie marketing, services innovants et stratégies de vente nouvelles, la société EOS a mis au point un dispositif qui harmonise la taille des têtes de bouchons et celles des bagues pour jéroboam. Enfin, le jury de l’innovation du Viteff a décerné son Coup de cœur à la Maison Melan Moutet pour son muselet YO « à trois pattes » au lieu de 4 ordinairement, ce qui améliore globalement les aménités environnementales des muselets. En termes de chiffres, cette 15e édition s’est soldée par 22 500 visiteurs, un bon millésime.












